• Église catholique en Chine, face au régime communiste (1949…)



    «Constitution civile du clergé», fidélité ou massacres

  • Contre ladite Association patriotique catholique chinoise…

    Résumé : L’histoire de l’Église catholique en Chine sous le régime communiste illustre une lutte acharnée pour la foi. Parallèle aux épisodes de gallicanisme français – avec un pouvoir temporel exacerbé –, mais surtout à la Constitution civile du clergé de 1790 en France, le Parti communiste chinois (PCC) a cherché à imposer un contrôle total sur le catholicisme. Malgré des persécutions brutales et l’isolement par rapport au Vatican, les catholiques chinois, aidés par des clercs ingénieux et fidèles, ont préservé la foi et les sacrements.

    Sommaire :

    I. Contexte historique : le communisme au pouvoir

    II. Une « constitution civile du clergé » à la chinoise : l’Association patriotique catholique

    III. Persécutions et figures de résistance

    IV. Clercs locaux et communication clandestine

    V. Parallèle avec la Révolution française et Pie XII

    VI. Ouvrages de référence

    Introduction

    Saint Thomas en tant qu’apôtre missionnaire selon la Tradition

    Selon la tradition catholique, dans les temps primitifs de l’Eglise, saint Thomas, également appelé Didyme, a été l’un des apôtres les plus actifs dans l’évangélisation des nations éloignées. Connu pour son incrédulité initiale envers la Résurrection (Jean 20, 24-29), il témoigne d’une foi profonde et devient un apôtre zélé. Cette foi transformée le pousse à proclamer l’Évangile aux confins du monde connu de l’époque, ce qui inclut, des régions aussi éloignées que l’Inde et même la Chine.

    Un passage évangélique significatif

    Jean 20, 27-28  :
    « Puis il dit à Thomas : Avance ton doigt ici, et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté ; cesse d’être incrédule et deviens croyant. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! »

    Saint Thomas et l’évangélisation de la Chine
    Son apostolat en Inde (notamment dans le sud où les « Chrétiens de saint Thomas » existent encore aujourd’hui), la Tradition enseigne que saint Thomas a également atteint la Chine. Des récits apocryphes et des traditions locales rapportent qu’il aurait prêché dans des régions de l’Extrême-Orient avant de retourner en Inde, où il subit le martyre. Ces entrefaites s’appuient notamment sur des témoignages de voyageurs chrétiens des premiers siècles, comme les récits syriaques d’une évangélisation avancée en Asie, avant tout vestige dit « nestorien »…

    En résumé, saint Thomas incarne le zèle missionnaire de l’Église primitive, portant l’Évangile au-delà des frontières de l’Empire romain, jusqu’aux confins de l’Orient, témoignant de l’universalité du message chrétien.

    Le christianisme est arrivé dans l’empire chinois par des vagues successives de missionnaires dès le VIIe siècle ; après les « nestoriens », les franciscains, jésuites et lazaristes (essentiellement italiens et portugais) jusqu’au XIXe siècle.

    A l’époque, entre Chine et Japon, d’un point de vue spirituel, nous retrouvons deux sociétés très diaboliques : cannibalisme, rituels, magie, tatouages, scarifications, percing, ébat sexuels, consommations de stupéfiants, mutilation des femmes; avortement surtout des filles, suicides (par désespoir chez le chinois et par honneur chez les japonais) et un orgueil démesuré !

    Mais passons à notre analyse !

    I. Contexte historique : le communisme au pouvoir

    En 1949, sous la direction de Mao Zedong, le Parti communiste chinois (PCC) établit la République populaire de Chine. L’Église catholique, par patriotisme « confucéen et marxiste » et désir de pouvoir, est perçue comme un relais des puissances occidentales et devient ainsi une cible prioritaire du régime, et ce, malgré son universalisme propre, n’empêchant pas la culture chinoise d’être et de s’épanouir.

    « Je suis confucianiste, parce que cette philosophie morale, dans laquelle je fus élevé, pénètre profondément dans la nature de l’homme et trace clairement sa ligne de conduite vis-à-vis du Créateur, vis-à-vis des parents et vis-à-vis des semblables : personnes et sociétés.
    Je suis chrétien et catholique, parce que la Sainte Église, préparée dès l’origine de l’humanité, fondée par Jésus-Christ, Fils de Dieu, éclaire et soutient divinement l’âme de l’homme et donne les réponses définitives à toutes nos pensées les plus hautes, à tous nos désirs les meilleurs, à toutes nos aspirations, à tous nos besoins. (…)
    L’Église chrétienne et catholique, la Sainte Église romaine, est le complément divin, merveilleux et irremplaçable de tout ce que je possédais, de tout ce que je pressentais, cherchais et désirais et des institutions fondamentales de mon peuple. »
    Asie et Occident : « Le problème des relations internationales n’est pas, au premier chef, d’ordre politique : il est, avant tout, de caractère intellectuel et moral (…). Au milieu du désordre mondial actuel, il est temps de songer à la rencontre des humanités (…). La Chine et l’Occident, tous deux humanistes, le confucianisme et le christianisme, pourraient-ils encore remettre de se rencontrer ? »

    Dom Lou Tseng-Tsiang, patriote chinois confucéen, converti au Christ et moine bénédictin

    Pie XII (Pape de 1939 à 1958) condamne le communisme dans son encyclique Divini Redemptoris (1937) comme « intrinsèquement pervers » (sic) et encourage les fidèles chinois à refuser toute compromission.

    Le régime communiste entreprend l’expulsion des missionnaires étrangers, parmi lesquels figurent les jésuites et les lazaristes, qui avaient fondé des institutions éducatives et médicales influentes. Des figures comme l’évêque jésuite américain Thomas Tien Ken-sin, premier cardinal chinois, furent particulièrement visées.

    Sous de Mao, environ 1 million de catholiques ont été tués.

    II. Une « constitution civile du clergé » à la chinoise : l’Association patriotique catholique

    En 1957, Mao Zedong établit l’Association patriotique catholique chinoise (APCC), une Église nationale sous contrôle étatique.

    Ce système rappelle fortement la Constitution civile du clergé imposée sous la Révolution française, qui cherchait à soumettre l’Église à l’État tout en la coupant de Rome, en termes de communication et d’esprit.

    Les fidèles, prêtres et évêques chinois durent choisir entre rejoindre cette organisation, ou entrer dans la clandestinité.

    La séparation avec le Saint-Siège fut officielle, et tout lien avec le Pape Pie XII, qualifié d’« agent de l’impérialisme », interdit. Cette volonté de contrôle s’inscrivait dans une stratégie visant à remodeler « les religions » en Chine selon les idéaux socialistes dans ce cas.

    III. Persécutions et figures de résistance

    Les catholiques fidèles à Rome subirent des persécutions violentes :

    • Arrestations massives de prêtres, évêques et laïcs. Le cardinal Ignatius Kung Pin-mei, évêque de Shanghai, fut emprisonné en 1955 pendant plus de 30 ans, pour avoir refusé de collaborer avec l’APCC. Il devint un symbole de la fidélité à la Catholicité.

    • Les missionnaires étrangers furent expulsés ou exécutés. Par exemple, plusieurs membres des Missions étrangères de Paris furent tués ou emprisonnés, notamment à Guangzhou et dans les provinces rurales.

    Le régime rouge ne se limita pas à des persécutions directes : il promulgua une propagande visant à discréditer le catholicisme et détruire les églises traditionnelles.

    IV. Clercs locaux et communication clandestine

    Malgré l’isolement imposé par Pékin, de nombreux prêtres et évêques locaux, trouvèrent des moyens ingénieux et catholiques afin de préserver la foi :

    • Des réseaux clandestins furent mis en place pour ordonner de nouveaux prêtres, souvent formés en secret (légitimement, à cause de l’autarcie provoquée, et c’est l’exception qui confirme la règle !).

    • Des messes furent célébrées dans des caves ou des maisons privées, avec des livres de prières reproduits à la main.

    • Certains clercs risquèrent leur vie en maintenant des communications avec le Vatican, utilisant des lettres clandestines et des relais dans les pays voisins comme Hong Kong ou Taïwan (cette dernière étant devenue une destination privilégiée pour les chinois de « droite traditionnelle »)

    Ces efforts héroïques furent souvent nourris par les directives du Pape Pie XII, qui exhortait les fidèles chinois à résister tout en maintenant la charité chrétienne.

    V. Parallèle avec la Révolution française et Pie VI

    La politique religieuse de Mao Zedong présente des similarités frappantes avec celle de la Révolution française :

    1. Une tentative de soumission complète de l’Église : L’APCC, comme la Constitution civile du clergé, voulait détacher l’Église locale de l’autorité romaine.

    2. Un clergé fidèle persécuté : Tout comme les prêtres réfractaires sous la Révolution, les évêques chinois restés fidèles à Pie VI furent emprisonnés ou exécutés.

    3. Un idéal de conformisation idéologique : Là où la Révolution française voulait propager les idéaux libéraux, le régime communiste chinois cherchait à imposer une pensée socialiste uniforme – toutes deux matérialistes, bien qu’opposées en apparence.

    VI. Ouvrages de référence et dernier parallèle actuel

    Enfin, un autre parallèle, toute proportion gardée est que, sans qu’il y est de persécutions trop directes, les catholiques fidèles à la fois depuis Vatican II, se retrouvent parfois dans de délicates situations, sans un chef visible légitime, depuis le trépas de Pie XII. Ces fidèles s’efforcent de rester fidèle à la Rome éternelle, malgré la Rome moderniste traîtresse et acatholique actuelle, ainsi contre une non-hiérarchie moderniste.

    Pour approfondir cette période troublée, deux ouvrages se distinguent :

    1. La Longue Marche des catholiques de Chine (Yves Chiron) :

    Ce livre retrace l’histoire de l’Église catholique chinoise, des premières missions jusqu’à l’accord provisoire entre le « Saint-Siège » et la Chine en 2018.

    Problème : les trois quarts de l’ouvrage concernent le Vatican post-Vatican II, laissant peu de place à Pie XII et à l’époque héroïque de la résistance. Toutefois, le livre reste une source riche en enseignements.

    Yves Chiron a également écrit sur André Lesage et Padre Pio.

    2. La Chine et l’Église catholique : une relation difficile (collectif) :

    Cet ouvrage collectif explore les tensions historiques entre la Chine et le Vatican, avec un accent particulier sur les périodes de crise, y compris l’ère de Mao Zedong.

    Ainsi, l’Église catholique chinoise sous le communisme offre un témoignage poignant de fidélité et de résistance. À l’image des prêtres réfractaires en France, les clercs chinois ont su, malgré des conditions terribles, préserver les sacrements et transmettre la foi catholique, illustrant la force du catholicisme contre les régimes oppressifs de l’histoire.

    -*-

    La question, sur laquelle nous reviendrons est, quelque soit le contexte, comment être « catholique malgré Rome » (que ce soit en Chine communiste ou bien lorsqu’il y a usurpation moderniste d’identité !) ?


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  • 3 commentaires




    […] La même année, Mao Zedong faisait sa révolution et son Association catholique et patriotique de C…… Également, dans le Tiers-Monde, les révolutions nationales et décoloniales, en Algérie comme en Afrique subsaharienne, ou en Amérique latine, se nourriront de marxisme (FLN, Thomas Sankara, etc.) jusqu’à nos jours. […]


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