• Duel d’interprétations, réformes et liturgie – Lavagna VS abbé Gleize



    Conciliabulaires, traditionnalistes et Nous

  • Sommaire

    I. Octogone pour « Monsieur Lavagne » et l’abbé Gleize !
    II. Utilités mais nominalisme chez « M. Lasagna »
    III. Insuffisances de Jean-Frat ?
    IV. Échanges & vidéos
    V. Nos anciens articles sur Matthieu Lavagna

    La mitraille à vue !

    I. Octogone pour « Monsieur Lavagne » et l’abbé Gleize !

    Ah ! Quelle comédie digne d’un théâtre absurde que ce duel fratricide entre le « catholique conciliaire », ardent défenseur de Vatican II, et le « traditionaliste », fier rejeton de la non-autorité Vatican II ! Le premier, armé de documents conciliaires qu’il interprète à sa guise, ne cesse de crier à la « nouvelle Pentecôte », louant des réformes qu’il confond avec un aggiornamento perpétuel non contradictoire.

    Tout change, même l’immuable, semble-t-il croire ! En oubliant que l’Esprit ne souffle pas là où l’erreur s’étale. L’autre, campé sur son bastion de résistance, jure fidélité à la Tradition tout en contorsionnant sa logique, tel un rabbin amphigourique, pour reconnaître des clercs qu’il méprise ou désavoue par ailleurs. Il invoque la continuité, mais pratique la rupture sous prétexte de la sauvegarder, jonglant entre obéissance en paroles et désobéissance en actes…

    Et voici le spectateur lucide, le catholique intégral, qui regarde ce manège en retenant un sourire fatigué. Il sait que la foi catholique n’est ni une mode à réinventer, ni une relique à idolâtrer, hors du temps et des réalités. Il professe l’autorité là où elle est, sans l’ériger en tyrannie ou la réduire à un simulacre. L’Église ne se divise pas en factions idéologiques : elle est le Corps vivant du Christ, hiérarchique, enseignante, toujours fidèle à son dépôt sacré, où chaque pierre – concile, saint ou tradition – trouve sa place dans l’édifice divin. Qui, parmi les deux antagonistes, veut entendre cette vérité ? Peu sans doute. L’un est trop occupé à démolir les murailles pour faire entrer le monde ; l’autre à bâtir une forteresse où il règne seul, en exilé volontaire, contre l’ensemble des évêques professant la foi et ayant autorité afin de choisir un chef visible à l’Église.

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    II. Utilités mais nominalisme chez « M. Lasagna »

    Matthieu Lavagna, alias Lasagna, lequel présente bien et s’améliore sur la forme, évolue petit à petit, semble-t-il, mais pas la FSSPX. Et ce qui est intéressant chez Lavagna, c’est qu’il nous donne de la matière contre sa position – tout comme avec le guérardisme ou le sédévacatisme acéphal. S’il a ce problème fondamental d’identifier la secte avec l’Église, tout ce qu’il utilise est intéressant pour nous, qui distinguons bien les « tendances ». Et il présente bien, y croit vraiment et se « bonifie » (sur la forme) avec le temps.

    Son défaut le plus lourd, malgré ses diplômes (ou en raison de ses diplômes !) et son habileté,  dans l’intervention est son horrible nominalisme, dans lequel, il estime que tous les rites sont bons, car les bons mots y sont employés : sacrifice, immolation, présence réelle – mais dont on a détruit la signification profonde !

    Si la messe catholique est un sacrifice, cela ne suffit pas à définir une sainte messe. En effet, un sacrifice d’action de grâces, ce qu’est aussi la messe catholique, ne suffit pas. Les calvinistes ont aussi  cette conception. La présence réelle ne suffit pas non plus à définir la messe catholique, car le Christ se dit aussi présent, réellement, dès lors que deux ou trois se rassemblent en son nom, les calvinistes affirment la présence réelle à leur « messe », la présence est aussi dans les espèces consacrées (de manière consubstantielle et non transsubstantielle). Le rite montinien est justement un genre de rite calviniste/synaxe protestante.

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    III. Insuffisances de Jean-Frat ?

    L’abbé Jean-Michel Gleize est professeur d’apologétique, d’ecclésiologie et de dogme au Séminaire Saint-Pie X d’Écône. Il est le principal contributeur de la revue mensuelle du Courrier de Rome. Il a participé aux discussions doctrinales entre Rome et la FSSPX entre 2009 et 2011.

    Le Rassemblement national, euh, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, ayant certes contribué à sauver le sacerdoce, reste le sas de décompression par excellence pour le fidèle moyen, dont les erreurs se réduisent à quatorze points selon l’abbé Zins.

    L’abbé Gleize s’attarde et s’attaque faiblement sur l’aspect subjectif du célébrant lors des messes modernistes.


    IV. Échanges & vidéos :

    Dans le numéro du mois de novembre (Courrier de Rome), l’abbé Gleize a répondu à Matthieu Lavagna.

    La réponse consiste à faire la distinction entre affirmer la défaillance de principe de tous les actes de l’autorité et affirmer la défaillance de fait de quelques actes de cette autorité. Autrement dit  : admettre la défaillance de quelques actes de l’autorité dans l’Eglise n’est pas nier l’indéfectibilité de l’Eglise ; or, la position de la Fraternité Saint-Pie X sur la liturgie équivaut à admettre la défaillance de quelques actes de l’autorité dans l’Eglise ; donc la position de la Fraternité Saint Pie X sur la liturgie n’équivaut pas à nier l’indéfectibilité de l’Eglise.

    Matthieu Lavagna vient de publier un long texte dans lequel il réfute celui de l’abbé Gleize. Voici un extrait, qui répond directement à l’extrait précédent :

    Encore une fois, Monsieur l’abbé représente mal ma position. Je n’affirme pas qu’admettre la défaillance de certains actes de l’autorité de l’Église impliquerait en soi de nier son indéfectibilité. En théorie on peut tout à fait soutenir que l’autorité peut poser des actes mauvais en eux-mêmes, sans nier l’indéfectibilité. Dire que certains actes ou certaines décisions papales ont été mauvaises, inopportunes, voire franchement choquantes est parfaitement compatible avec la position selon laquelle un pape ne puisse pas promulguer une liturgie intrinsèquement mauvaise pour l’Église universelle. Ainsi nous sommes tout à fait d’accord avec la conclusion de l’abbé Gleize « affirmer que l’Église est indéfectible ne doit pas conduire à nier que, dans les faits, les hommes revêtus de l’autorité dans l’Église puissent ne pas se montrer à la hauteur de leur tâche, voire défaillir, en certains de leurs actes. » (p.10). Personne n’a jamais prétendu le contraire ! La réponse est donc hors sujet car elle ne réfute pas directement ma prémisse initiale.

    Indéfectibilité de l’Église : débat entre Matthieu Lavagna et l’abbé Gleize (FSSPX) :

    V. Nos anciens articles sur Matthieu Lavagna

    ARTICLES « CONCLAVISTES » EXPLICATIFS À PROPOS DE NOTRE POSITION CATHOLIQUE

    Améliorer (sic!) la « messe Paul VI »… – Matthieu Lavagna

    Sédévacantisme, plausible ? Lavagna, Abauzit & abbé Veyron

    Riposte catholique : utile, mais en sueur !

    Contre le post-modernisme du Vatican pour débuter 2025

    Bergoglio s’attaque au Sacré-Cœur – Adrien Abauzit

    Validité thomiste des sacres de Mgr Thuc contre « Archidiacre »

    Le Grand rabbinat pharisaïque de Cassiciacum ? (satire et ça tire !)

     

     

     

     

     

     

     


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