• Cardinal Baudrillart sur Jacques Doriot : IIIe Reich, Révolution nationale, Église & croisade du XXᵉ siècle



    En tant que Français et clerc : d’opposant au Reich à fervent partisan

  • De l’anticommunisme à la bénédiction du combat antibolchévique,
    par l'exemple d'un cardinal académicien et d’un ancien communiste reconverti en croisé nationaliste.

    ⁂ Arène de combat

    Ô lecteur non conformiste,
    Voici un de ces épisodes que l’historiographie officielle, servante fidèle d’une mémoire univoque et désossée, s’efforce de gommer sous la poussière des archives. Le cardinal Alfred Baudrillart, prélat d’Église, académicien de renom et recteur de l’Institut catholique de Paris, figura un moment rare d’embrasement politico-religieux, lorsqu’il apporta son suffrage au combat national-socialiste mené contre le bolchevisme sous l’étendard d’une France rénovée.

    En la personne de Jacques Doriot, ancien communiste converti à un fascisme d’ordre et de croix, le prélat vit s’incarner une sorte de miles Christi, à la fois moderne et archaïque, ressuscitant la ferveur des Croisades sous l’uniforme du volontaire de la LVF, voici le chevalier des temps modernes !

    Cette missive politique, prononcée en des temps où la France geignait sous le poids de la guerre, où les âmes oscillaient entre résistance, attentisme et collaboration, révèle un pan de la logique historique, où foi et nation se confondaient dans la lutte contre le spectre rouge. La parole du cardinal n’est point l’égarement d’un insensé, mais bien l’adhésion d’un homme de clergé et de lettre à un camp qu’il a su observer comme étant porteur de salut pour la Chrétienté.

    Cas d’école : En février 1942, alors que Germaine Tillion cherche à obtenir du cardinal Baudrillart un appui pour ses amis résistants arrêtés et condamnés à mort par les Allemands et que ce dernier lui a demandé de s’adresser à Tricot pour sa requête, il déchire devant elle sa lettre et refuse de voir le cardinal user de son influence pour leur venir en aide, estimant que ses amis « n’ont que ce qu’il méritent » car « ils ont travaillé contre les Allemands.

    Le cardinal a appartenu au comité d’honneur du groupe Collaboration (association collaborationniste lancée par Châteaubriant avec le soutien d’Otto Abetz). Il a adhéré au Parti populaire français du fasciste Jacques Doriot. En 1941, il apporte tout son soutien à la création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme.

    ⚔️ Glaive sacré de la collaboration cléricale : retournement d’alliance entre Église et Nation


    ☧ Bandage lexical

    COLLABORATION Subst. fém.
    Action de collaborer, de travailler ensemble pour une œuvre commune. Spécialement, sous l’Occupation, désigne l’attitude de coopération avec les autorités d’occupation allemandes.

    CROISADE Subst. fém.
    Expédition militaire et religieuse menée par les chrétiens d’Occident du XIᵉ au XIIIᵉ siècle pour délivrer les Lieux saints. Par extension, désigne tout combat idéologique intense ayant une dimension quasi sacrée.

    ANTIBOLCHÉVISMESubst. masc.
    Opposition (d’origine fasciste) radicale à la doctrine marxiste-léniniste, à son internationalisme, à ses méthodes subversives et à son athéisme d’État.


    ☩ Vielle leçon érudite

    Ce n’est que trop vrai : en ce moment, nous avons besoin des Allemands chez nous pour rétablir un certain ordre.
    Cardinal Alfred Baudrillart, Carnets, 23 juin 1940

    La politique de Vichy est ambigüe. Elle perdra ainsi toute force active, et n’inspire plus aucune confiance. Le résultat risque d’être nul.
    Cardinal Alfred Baudrillart, Carnets, 29 juillet 1941

    Hitler n’est évidemment pas un pur catholique, mais il lui reste un fond religieux et des tendances catholique. Ainsi, après son premier grand succès politique, il téléphone à un prêtre et lui demande de célébrer pour lui une Messe, à laquelle il assiste.
    Cardinal Alfred Baudrillart, Carnets, 30 juillet 1941

    Les fascistes […] sont les sacrements de Dieu.
    Cardinal Alfred Baudrillart, Carnets.


    Déclaration du cardinal Alfred Baudrillart publiée dans le journal hebdomadaire du PPF L’Émancipation nationale, le 12 décembre 1941 :

    « Contre les puissances démoniaques, l’Archange Michel brandit son épée vengeresse, brillante et invincible. Avec lui sont unis et marchent les vieux peuples chrétiens et civilisés qui défendent leur passé, leur avenir aux côtés des armées allemandes…

    […] Je sais aussi que la Légion [des volontaires français contre le bolchevisme] est présentement en ligne contre les armées rouges, devant Moscou. Ce n’est pas seulement l’honneur militaire de la Patrie que la Légion défend. N’oubliez pas que les Volontaires aident aussi à maintenir la puissance spirituelle de la France et que, combattant pour leur famille et pour leur patrie, ils combattent en même temps pour la civilisation chrétienne de l’Occident, menacée depuis longtemps par la barbarie communiste. Comment ne pas savoir gré à ces hommes d’accomplir un tel sacrifice ? […]

    Comme prêtre et comme Français, j’oserai dire que ces légionnaires se rangent parmi les meilleurs des fils de France. Placée à la pointe du combat décisif, notre Légion est l’illustration agissante de la France du Moyen Âge, de notre France des cathédrales ressuscitées et je dis, parce que j’en suis sûr, que ces soldats contribuent à préparer la grande renaissance française.

    En vérité, cette Légion constitue à sa manière une chevalerie nouvelle. Ces légionnaires sont les croisés du XXe siècle. Que leurs armes soient bénies ! Le Tombeau du Christ sera délivré !

    De même, je désire que vous sachiez que j’ai toujours suivi avec le plus grand intérêt la carrière de M. Jacques Doriot, à Saint-Denis.

    Même lorsque M. Doriot avait des idées opposées aux miennes, il était visible qu’il était sincère et que ses idées intéressaient uniquement un bien-être supérieur des ouvriers. J’ai estimé, comme tous les chrétiens conscients du danger communiste, les efforts considérables accomplis par M. Doriot et ses partisans contre le bolchevisme et le marxisme, la franc-maçonnerie. Il faut considérer que ces efforts énergiques ont été très utiles à la France.

    Le fait que Doriot a rompu ouvertement, en 1934, avec le Komintern (en expliquant aux ouvriers POURQUOI il agissait ainsi), constitue un acte de courage. Je n’ignore pas d’ailleurs que, pendant de longues années, M. Doriot s’opposa aux volontés de Moscou avant 1934.

    J’ai toujours apprécié la générosité de caractère de M. Doriot. Aussi bien aujourd’hui qu’il est parti avec les soldats français dans cette lutte suprême, donnant tout de lui-même, offrant sa vie dans la croisade qu’il a, en quelque sorte, prêchée, on ne peut qu’admirer ses actes et les montrer en exemple. »

    Source originale – RetroNews


    Σ Plan d’attaque par manche

    💂 I. Du clerc antimoderne au partisan du glaive : Baudrillart face à l’effondrement

    🎖 II. Le mirage Doriot : de la faucille à la croix de guerre

    🩸 III. Une chevalerie nouvelle : la Légion, le sang et l’autel

    📯 IV. Collaboration ou croisade ? Dialectique sacrée du ralliement


    Le corps d’article suivra en détaillant l'évolution intellectuelle de Baudrillart,
    l'itinéraire singulier de Doriot, et la collaboration catholique

    💂 I. Du clerc antimoderne au partisan du glaive : Baudrillart face à l’effondrement

    Le cardinal Alfred Baudrillart, docte figure du clergé français, n’était point homme à se commettre en vaines mondanités. Recteur de l’Institut catholique, membre de l’Académie française, il appartenait à cette caste de prélats où se mariaient intelligence spéculative, conscience historique et foi ardente.

    Son hostilité initiale à l’encontre de l’Allemagne national-socialiste ne relevait ni d’un réflexe démocratique, qu’il abominait, ni d’un cosmopolitisme dégénéré, mais bien d’un attachement viscéral à l’Europe, à la France : monarchique, catholique, lettrée. Mais ce basculement d’ex-vilipendeur est commun, regardez les cas de Georges Claude, de Joseph Darnand, de Philippe Henriot, de Marcel Déat !

    Jusqu’en 1940, son regard porté sur l’Allemagne hitlérienne demeurait empreint de défiance, notamment patriotique, voire de réprobation. Il voyait probablement dans le IIIᵉ Reich une machine païenne et néo-teutonique, potentiellement subversive pour l’ordre catholique romain.

    Toutefois, suite à l’écroulement de la IIIᵉ République et l’arrivée de Pétain à Vichy, et surtout suite à la débâcle militaire, une relecture s’imposa à ses yeux comme une nécessité : l’ordre divin semblait se reconstituer, à rebours du parlementarisme pourrissant. Le chaos de l’Occupation laissait entrevoir, sous la férule d’outre-Rhin, la promesse d’un redressement moral et doctrinal, potentiellement fécond.

    C’est dans cette lumière que s’inscrit son adhésion progressive, puis enthousiaste, à l’action du Parti populaire français et de son chef Jacques Doriot. Ce ralliement ne fut point subit. Il résulta d’un discernement, aussi lucide que tragique, que la guerre n’était point entre nations, mais entre civitas Dei et civitas diaboli — entre l’Église et la bête marxiste.


    🎖 II. Le mirage Doriot : de la faucille à la croix de guerre

    Jacques Doriot, ancien député communiste, tribun de Saint-Denis, portait sur son front le sceau de la trahison, aux yeux des siens. Mais pour Baudrillart, il fut le modèle même de la conversion, à l’instar d’un Saul de Tarse moderne, renversé non sur le chemin de Damas, mais sur celui de Moscou. En rompant avec le Komintern en 1934, en expliquant son geste aux ouvriers sans céder à l’opportunisme, Doriot ne commit point une simple volte-face, mais une rectification fondamentale de trajectoire.

    Ce que le cardinal discerne en lui, c’est un tempérament sacrificiel, un homme de caractère, dont la vigueur — fût-elle parfois à rebours des siennes — valait mieux que l’apathie molle des républicains-libéraux. La guerre contre le communisme fut leur point d’union. Là où tant d’intellectuels versaient dans le pacifisme verbeux, Baudrillart vit dans Doriot un croisé actif, un homo viator au service d’une cause supérieure : préserver la civilisation occidentale.

    Le miracle d’un communiste devenant combattant national et chevalier d’une France restaurée avait valeur de parabole. Il préfigurait, dans l’optique du cardinal, la possibilité d’un renouveau français blanc, appuyé non sur les vieilles castes usées, mais sur des hommes neufs, passés par la fournaise de l’erreur et du combat.


    🩸 III. Une chevalerie nouvelle : la Légion, le sang et l’autel

    À l’hiver 1941, tandis que la Légion des Volontaires Français se formait, nombre de prélats hésitaient encore, prisonniers de leurs prudences. Baudrillart, lui, bénit les armes. Il ne s’agissait point d’une adhésion bassement politicienne, mais d’un acte liturgique, quasi sacramentel. Il sacralisa le geste des partants, leur conférant une auréole.

    Ces mots évoquent la Reconquista, la défense des Lieux Saints, la guerre juste. Ils plongent dans l’imaginaire des chevaliers francs, des pèlerins d’armes, où la fidélité au Christ s’exprime par le combat. Le vocabulaire est sacré : chevalerie, sacrifice, civilisation chrétienne. Il ne s’agit pas d’une collaboration impure mais d’un service d’autel, en armes, face à l’Antéchrist soviétique.

    Le communisme était l’incarnation de la gnose perverse, d’une religion noire. À ce titre, dans ce discours martial, toute guerre menée contre lui devenait croisade. Doriot et la LVF, dans ce contexte, constituaient une sorte d’Ordre du Temple du XXᵉ siècle — voué non à l’or, mais au sang versé pour la Foi et la Patrie.


    📯 IV. Collaboration ou croisade ? Dialectique sacrée du ralliement

    Le cardinal fut-il un naïf ? Un instrument ? Un zélé partisan d’un ordre nouveau païen ? C’est là le reproche sommaire de l’historiographie républicaine. En vérité, Baudrillart fut d’abord un homme d’Église, et un Français, mû par une conscience eschatologique, et non un doctrinaire du compromis.

    La collaboration à ses yeux ne valait que si elle servait une fin supérieure : éradiquer la menace communiste, restaurer l’autorité, raviver la liturgie, purger la France des effluves maçonniques. Il n’adhéra point par inclination germanophile de longue date, mais par gravité du discernement : ce que les armes allemandes écrasaient à l’Est, c’était l’antichambre de l’enfer bolchévique.

    Sa figure se détache du lot habituel des collaborateurs veules ou calculateurs. Il ne quémanda point les faveurs du Reich, il apporta l’onction. Cette nuance est capitale. Elle le rend plus inquiétant pour l’historien, pour le pisse-froid, mais plus noble dans sa cohérence. Car il conçut la guerre comme une guerre religieuse.

    Sa dernière parole en ce monde, peu avant 1942, n’appela point à la reddition ni au retour à l’ordre bourgeois, mais évoqua la délivrance du Saint-Sépulcre. C’est tout dire.


    🛎 Frappe chirurgicale inflige KO
    Avant-goût de l’estocade finale

    Son Éminence & Mantra de guerre

    Ce cardinal, tantôt en retrait dans l’arène des joutes, tantôt au-devant de la mêlée militaire, jeta son poids dans le plateau de l’histoire. À rebours du prêchi-prêcha à deux francs six-sous, il incarna l’ultime espoir d’un sursaut sacré. Et si l’Histoire, aveugle matrone, le juge sans procès, il sied toutefois d’en exhumer la profondeur, de rouvrir le coffre scellé de ses intentions. C’est là toute la vertu d’une étude sérieuse – que de redonner aux voix tues leur chair doctrinale, leur souffle historique.

    Ainsi donc, le cardinal Baudrillart, prélat d’allure augustinienne, fit du champ de bataille un sanctuaire, et de Jacques Doriot un brave pénitent devenu croisé. Loin des caricatures d’après-guerre, cette convergence à première vue « improbable » entre un ex-prolétaire marxiste et un prince de l’Église nous révèle combien le XXᵉ siècle fut un temps où la fidélité se chercha où la lumière emprunta parfois les chemins les plus restreints.

    Ce n’est point dans les salons feutrés des chancelleries qu’émergea ni qu’émergera la croisade, mais bien sur les routes, ici gelées de Russie, dans les colonnes de feu de la LVF, adoubées par un cardinal en soutane noire.

    Post-Scriptum : Le cardinal mourut avant l’épuration. Il échappa aux outrages des procès, mais comme nous tous à termes, son âme dut affronter un autre tribunal, plus sévère encore. Là, nous l’espérons, lui fut comptée sa fidélité au Christ.


    📚 Pour approfondir

    La Rédaction / Pugiliste lettré

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