• Action catholique & Ordre familial sans “familiarisme” déplacé ?



    Famille, nation & État : dépasser le mythe du tout-familial

  • Bases politiques, Duce, Vatican & cas traditionaliste contemporain

    Préambule

    La famille est une institution essentielle, la cellule fondamentale de la société. Mais faut-il en faire l’axe premier, voire l’unique horizon politique ? Certains milieux catholiques tombent dans une forme de « familiarisme » exagéré, surtout par crainte de l’engagement, de la répression, en se reculant sur le plus petit cercle, quant, brochant sur le tout, ce n’est pas légitimé par un inepte surnaturalisme invertébré.
    Mais ainsi, l’action sociale et politique se réduirait à un entre-soi familial sanctifié, incapable de concevoir une structure politique plus large et un Bien commun total, supérieur.

    Ce repli, même animé des meilleures intentions, méconnaît l’ordre naturel, comme peut le concevoir le thomisme par exemple. Car la famille — aussi importante soit-elle — est une partie de la société, non un tout, et elle doit s’intégrer dans un ordre national plus vaste.

    En effet, la politique, au sens noble du terme, relève de l’agir dans la Cité, ainsi fonder un foyer est éminemment politique, nonobstant le fait que le travestissement ou réductionnisme de cette noble définition subit de lourdes charges à cause du cirque démocratique moderne.

    Certes, notre foi et force de frappe catholiques ne respirent hélas plus la force des grands empires et l’intransigeance du passé, mais cela ne s’arrangera pas, si les pratiquants les plus assidus gardent de grandes faiblesses et confusions doctrinales.
    Et s’ils n’osent pas s’affirmer, c’est qu’au fond ils ne se sentent pas assez légitimes. C’est ce qui va expliquerait tout ce qui va suivre !

    Sommaire

    I. L’ordre naturel : la famille comme élément important, non comme totalité
    II. L’erreur du « familiarisme » : fuite devant le politique
    III. L’action catholique & ses potentielles limites : entre piété & naïveté
    IV. Le cas Mussolini : conflit révélateur ?

    I. L’ordre naturel : la famille comme élément important, non comme totalité

    La famille est la cellule de base de toute société oui, mais elle n’est pas une société parfaite en tant que tel, et au sens aristotélicien. Elle trouve son achèvement dans la Cité et ne peut suffire à elle seule à structurer un ordre social complet ; en effet, un père de famille ne saurait être, à plein temps et à la fois : artisan, paysan, commercial, docteur et chef militaire !

    Louis de Bonald, dans La constitution essentielle de l’humanité, rappelle que la société repose sur un triptyque essentiel :

    1. L’individu (fils, citoyen, sujet)

    2. La famille (père, patriarche, éducateur)

    3. L’État (souverain, nation, ordre supérieur)

    Toute pensée politique doit articuler ces trois niveaux, et non s’arrêter au seul modèle familial. Et encore le schéma est résumé, car nous pourrions parler des échelons communaux et provinciaux également.

    C’est le principe de totalité. Si un « capitalisme familial » (formule de l’AFS) peut être souhaitable à la limite, elle ne saurait dépasser la paix civile, l’État-nation…

    Il reste que cela n’est pas charitable de laisser crever la patrie sous prétexte de sauver sa famille ou quelques unes !


    II. L’erreur du « familiarisme » : fuite devant le politique

    Certaines tendances catholiques, traditionalistes notamment, refusent — ou absolutisent le fait — d’envisager une vision politique large. Ce repli traduit une peur du monde, une volonté de « vivre entre (certains) catholiques »…, sans trop d’engagement, voire sans aucun engagement dans les pire des cas.

    Il en résultat essentiellement deux écueils majeurs :

    • Une réduction du politique à la sphère privée et familiale — faisant écho aux excès des oligarchies, mais dans un autre ordre —, oubliant derechef la nécessité d’un ordre social supérieur.
    • Une conception quasi-libérale de l’action catholique, où l’on oppose la famille à l’État-nation, fut-il maçonnisé, dans une logique de capitalisme familial contre l’autorité politique donc.

    III. L’Action catholique & ses potentielles limites : entre piété & naïveté

    L’Église est infaillible en matière de foi et de mœurs, mais cela ne signifie pas qu’elle soit à l’abri d’ambitions humaines.

    L’Action catholique d’antan, et aujourd’hui les écoles Fraternité Saint-Pie-X a souvent fonctionné comme une structure entièrement contrôlée par des prêtres, confisquant toute initiative aux laïcs et risquant de réduire — devant des fidèles volontairement castrés — l’engagement politique à une sphère purement surnaturel, pour ne pas dire surnaturaliste.

    S’il faut respecter les ministres du Seigneur, certains naïfs croient en une mythique « immaculée conception » des hommes d’Église, lesquels seraient — contre la logique divine même — sans péché et même sans responsabilité dans les châtiments qui se sont abattus sur l’Europe et l’Église depuis 1945.

    Cette naïveté explique pour une bonne part les conflits récurrents entre l’Action catholique et certains régimes et/ou mouvements politiques cherchant à structurer un ordre national, parfois indépendant de l’hégémonie cléricale directe, mais non forcément dirigée contre elle, tant qu’elle rempli son rôle d’apostolat.


    IV. Le cas Mussolini : conflit révélateur ?

    Le familiarisme, le capitalisme familial (cf. Action familial et scolaire) avec un penchant s’écartant de la « haute politique » se base largement sur un « isolationnisme surnaturel » délétère et exécrable.

    Mussolini, en son temps, s’opposa certes avec excès à l’Action catholique — naissance de l’État moderne italien, force politique sur-affirmée —, notamment pour des raisons contextuels.

    Mais un problème majeur se posait :

    • Des subversifs, hostiles au régime fasciste se réfugiaient dans des cercles catholiques, profitant du « surnaturalisme politique » de l’Action catholique, qui se pensait uniquement sous supervision ecclésiastique, perçu comme échappant au contrôle de l’État, notamment par les Accords du Latran.

    Ce conflit révèle des tendances problématiques : certains milieux fascistes furent anticléricaux de principe quelque soit le contexte, et inversement, certains milieux catholiques refusaient d’admettre le terrain légitime de l’ordre temporel, croyant que toute structures extérieures ne peut être qu’anticatholique.

    Or, il ne s’agit pas ici de remettre en cause ni le fascisme ni l’Église, mais bien de reconnaître les dérives d’un pouvoir mal ordonné et d’ajuster pour notre temps, une juste entente entre les deux ordres, temporel et spirituel.

    Conclusion : vers une politique catholique bien comprise

    La famille est une base essentielle, mais elle ne doit pas devenir une idéologie dogmatisé. L’ordre naturel repose sur l’articulation de la famille, de la nation/empire et du gouvernement.

    L’action des catholiques, lorsqu’elle se replie sur une vision surnaturaliste, familiariste, s’interdit toute efficacité réelle à termes, et idéalise sa propre structure, certes d’essence divine, mais composé d’hommes pécheurs.

    Toute pensée politique catholique doit être organique et ordonnée, intégrant la famille comme socle, mais sans oublier le tout, ainsi que la verticalité nécessaire.

    C'est exactement comme avec les simps qui viennent râler quand on décrit les déprédations des femmes.
    Les simps sont les émissaires et les agents de l'orgueil des femmes, dont ils sont les esclaves. Là, nous pouvons avoir affaire à de dangereux prêtres et de leur orgueil qui ne souffre pas qu'on leur impose une juste limite et encore moins que l'on blâme leur conduite.

    N.B. Pareillement, ne laissons point passer les fils des démocrates-chrétiens, ces agents de Vatican II, conciliant l’Église avec le monde, prétendant réconcilier Dieu et Satan.

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