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Publié le par Florian Rouanet
Robert Sarah, ou le mirage d'un conservatisme de parade

Énoncé liminaire
La France post-Action française n’a point trouvé son nouveau Roy, mais elle s’est déjà doté d’un nouveau Pape. Le « cardinal Sarah », à la vérité, se montre plus avenant que bien d’autres ; cela s’entend. Toutefois, le vernis conservateur dont il se pare et qui a peu de chances d’aboutir, risquerait surtout d’aveugler des fidèles et, in fine, servir des causes fort néfastes.
Par ailleurs, l’Occident requiert, pour renaître, des figures d’hommes blancs virils auxquels ses peuples puissent s’identifier davantage : pour un Carlus Magnus II, et non un Carolus Anus I.Certes, il sied de reconnaître que l’auguste « prélat africain » n’est point l’un de ces sycophantes déconstructivistes modernes : il professe le rejet du wokisme, magnifie la famille naturelle, et ne rougit point – difficile pour un subsaharien – d’aimer sincèrement l’Europe chrétienne.
Toutefois, le plus élémentaire examen suffit à dévoiler l’imposture : Robert Sarah est, stricto sensu, un rallié entiché du funeste « concile Vatican II », cet œuf de chancre d’où éclorent, en chape multicolore, les abominations dites conciliaires.À l’instar d’un Ratzinger grimé de traits plus affables — là où Ratzinger/Benoît XVI arborait cette mine de hareng frit — Sarah ne propose qu’un rafistolage esthétique d’une fausse Église. C’est ladite « herméneutique de la continuité », complétement « mythonée », avec la Tradition de l’Église.
Car point n’est besoin d’être gauchiste pour n’être pas catholique in actu exercito – dans l’exercice réel. Or, les tradi’ de foire, énamourés, sacrifiant avec une fervente candeur à l’autel de leur prochain « sauveur », versent dans une idolâtrie de carton-pâte, se repaissant de l’illusion d’une « réforme par l’intérieur ».L’actualité récente autour du « cardinal » Robert Sarah, superbement amplifiée par les échos de foire semi-tradi’ fragile, ne saurait être plus « édifiante ».
Non Habemus Regem, sed Habemus Papam ?
Sentences variées
Robert Sarah
Dans une interview accordée à Europe 1 en novembre 2021, Sarah a déclaré :
« J’espère que l’Europe prendra conscience qu’il faut discerner, évoluer avec intelligence tout en gardant ses racines, tout en gardant sa tradition. »
Home ━ The European ConservativeDans une interview de 2021 sur une radio française, il a déclaré :
« Si l’Europe continue ainsi, elle sera envahie par une population étrangère ».Dans une interview accordée à Valeurs Actuelles en mars 2019 :
il a qualifié l’immigration de masse de « nouvelle forme d’esclavage », soulignant que les migrants arrivent en Europe « sans ressources, sans travail, sans dignité ».
Fox NewsLors d’une conférence en Pologne en 2017, Sarah a affirmé que :
« chaque nation a le droit de distinguer entre un réfugié politique ou religieux » et « le migrant économique qui veut changer de lieu de résidence » sans s’adapter à la culture du pays d’accueil. Il a mis en garde contre l’idéologie du libéralisme individualiste qui, selon lui, « promeut un mélange destiné à éroder les frontières naturelles des patries et des cultures ».
Catholic HeraldRobert Sarah, lors du Synode sur la famille en 2015 :
« Les idéologies occidentales de l’homosexualité et de l’avortement, ainsi que le fanatisme islamique, sont aujourd’hui ce qu’étaient le nazisme, le fascisme et le communisme au XXe siècle. »-*-
L’Église contre De Gaulle
De Gaulle exprime déplore le fait que l’Église ait fait le choix du régime pétainiste à Vichy, dans un entretien daté du 22 juillet 1964 :
« L’Église a choisi Vichy. Elle a cru que c’était la France. Elle s’est trompée. »
C’était de Gaulle, Tome II rédigé par Alain Peyrefitte-*-
Franc-Maçonnerie et « Pape François »
L’œuvre du pape François « résonne profondément avec les principes de la franc-maçonnerie ». Luciano Romoli, salue en Jorge Mario Bergoglio un homme qui, « par son magistère et par sa vie, a incarné les valeurs de la fraternité, de l’humilité et de la recherche d’un humanisme planétaire ». Il a « su changer l’Église, remettant l’enseignement révolutionnaire de saint François d’Assise dans l’actualité de l’histoire », assure le grand-maître.
Luciano Romoli Gran, Maestro della Gran Loggia d’Italia, Roma, 22 aprile 2025
Catholiques dits de constat sédévacantiste
Et, en effet, il est, parmi les tristes spectacles de notre époque, un tableau pitoyable où se débattent demi-traditionalistes et sédévacantistes de salon : pauvres hères égarés, incapables de voir que qui ne conclut point conclave, sacrifie au néant. La pitrerie se retrouve couronnée, elle donne créance en supputant sur qui sera leur prochain tortionnaire…
Car moult « sédévacantistes » disent : « pas de Concile, on ne va pas jouer à l’Église » (abbé Dutertre, abbé Rolland, etc.) ! Ainsi, ils font et servent qui et quoi au juste ? Une contre Église ?
En même temps, lorsque l’on ne s’arroge pas l’autorité vraie…, on s’exclue soi-même, littéralement ! On atteint là, les plus haut monts de la forfanterie et de la lâcheté, même s’il faut certes, les pousser en tant que simple fidèles, à s’assumer…La pathologie traditionaliste est aussi identifiable : syndrome de l’imposteur doublé de sado-masochisme spirituel. Ces âmes égarées, plutôt conscientes du mécompte qu’elles subissent, s’évertuent néanmoins à y trouver quelque légitimité, tel l’esclave s’agenouillant pour baiser la main du tyran. Ayant rejeté la nécessité impérieuse du conclave — de cet imperium visible sans lequel l’Église militante dépérit — ils ne sont plus que des Playmobil liturgiques, allant jusqu’à s’effacer gentiment : s’excusant d’exister.
Catholiques traditionalistes
Or, la Tradition, la véritable, exige le courage, la construction et la transmission. Il ne suffit pas de « garder la messe » comme on conserverait un bibelot suranné. Il faut restaurer l’autorité visible, sacrée, hiérarchique, car sans Pape réel, point d’Église militante effective.
C’est ici que cette accroche nous conduit fort justement, évoquons donc également la décrépitude de la Fraternité Saint-Pie X : entre un Mgr de Galarreta malade, un Mgr Fellay peu désireux de sacrer, et un abbé Pagliarani probablement impuissant, devant telle situation.
L’esprit de 1988 — celui de l’urgence du sacre légitime des Mgrs Lefebvre & Ducaud-Bourget — est aujourd’hui affaibli, galvaudé, relégué aux limbes, par la crainte, non des juifs, mais du « schisme » moderniste : quel comble !Scellement sans appel, sinon aux évêques vrais !
En définitive, chers lecteurs, la solution catholique traditionnelle véritable ne réside pas dans l’attente stérile d’un « gentil conciliaire » ; elle consiste dans la nécessité absolue de conclure un vrai conclave : sacrer, élire, universellement, continuer la lignée apostolique, sans compromission aucune.
Tout refus de cette démarche est vaine, elle n’est que vacuité, et même clownerie pour âmes veules.
Trépas de Jorge Mario Bergoglio, alias François zéro — Il n’y a toujours pas de Pape !
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François Asselineau & Idriss Aberkane
Tous deux, n’ignorent point l’existence des personnalités, propos et situations qui suivent :
Gibson père et fils, Mgr Viganò, Vatican II, le sédévacantisme, l’affaire du cardinal Siri faisant suite au trépas de Pie XII, qu’une dizaine de Pape ont été assassiné, l’étatisation du Vatican par les accords du Latran entre Benito Mussolini et Pie XI, mais aussi le fait que le Conclave reste fermé (con clave, avec une clef), par définition.
#KFCdeDroitDivinMaterialiter
À écouter, pour corroborer ces éléments :
ARTICLES
Vraie valeur de l’épiscopat dans l’Église & futur conclave – Lectures catholiques
Accords du Latran en 1929 : Mussolini, romanité & réconciliation nationale italienne
JMLP : foi, Vatican II et anticléricalisme « démocrate-chrétien »
Mgr Giles Butler en exclusivité, O.F.M., un évêque franciscain hors des sentiers battus
Errements du courant dit « Reconnaître et Résister » en 14 points — Abbé Zins
“Pape conciliaire 2/6”, Giovanni Battista Montini alias Paul VI – Ruine des rites de l’Église

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