• Hitler et la question de la succession du chef par conclave



    L’organisation de l’autorité du chef.

  • Adolf Hitler et le modèle de la Papauté comme succession du Chef politique :

    « Hitler est un produit du nationalitarisme du XIXe siècle. C’est en quoi il diffère essentiellement de Mussolini pour qui l’État vient en premier lieu comme élément créateur de l’Empire au sens romain du mot, alors que pour Hitler, c’est la communauté de race qui forme l’État et l’État ne peut pas la dépasser « Ein Reich, ein Volk, ein Führer ».

    Son aversion pour la monarchie, pareillement, ne viendra pas bien entendu de ce qu’elle peut représenter d’autorité, mais de ce qu’elle introduit de sang étranger dans la Maison Royale. Lorsqu’il songera au problème de la succession du Chef, il est curieux de voir qu’il envisagera comme les meilleures solutions celle de « la papauté avec son choix du successeur par un conclave de cardinaux » et celle de « la république vénitienne des doges, avec son oligarchie bien hiérarchisée. » Le meilleur régime, dira-t-il, est « une république sous un Führer (1) autoritaire » avec une représentation populaire et un Sénat comme conclave pour la désignation du successeur. » (2).

    Doctrines du nationalisme, deuxième édition, Jacques Ploncard d’Assac.

    (1) Mot désignant « dirigeant », « chef » ou « guide » en allemand.

    (2) Walter Gorlitz et Herbert A. Quint – Adolf Hitler, (Paris 1953), p.184 & Commentaires tirés de Doctrines du Nationalisme de Jacques Ploncard d’Assac p.132-133.

    -*-

    Nous ne partageons pas toutes les vues du « père Ploncard », mais ce « point de détail de l’histoire » a le mérite d’être signalé !

    Sans qu’il soit question de mentalité partisane de parti unique ou de quoi que ce soit, nous pensons qu’un pouvoir collégial aristocratique choisissant le successeur du chef est une chose bonne et juste.

    Cela dit, cela c’était avant la menace internationale et la réaction de tonton lorsqu’il désigna dans son testament politique le très habile Großadmiral Karl Dönitz comme son successeur à la tête du Reich, avec le titre de « Reichspräsident ».


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  • 9 commentaires




    […] […]


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    Le père Ploncard, paralysé par des réflexes maurrassiens, rangeait, un peu vite, selon moi, le national-socialisme dans le genre des nationalitarismes. D'abord, le nationalitarisme n'est pas, « primo et per se », le caractère d'un régime qui se proposerait d'accoucher de la nation déjà présente dans les flancs de l'Histoire et de l'appétit naturel des peuples, dont la seule hostilité des nations voisines, qui plus est, a compromis la naissance. Le nationalitarisme est une idéologie démocratique qui ne porte l'étendard de la nation que pour se soustraire à l'autorité des dynasties et plus généralement à toute autorité, et qui se résout dans la négation du principe national lui-même. Le nationalitarisme est démocratique en ce sens que, sans exiger que toutes les nations adoptent un régime démocratique, il pose le principe de l'égalité politique des nations dans le concert international de la vie des peuples, et exclut qu'une quelconque autorité autre que celle des nations, ainsi désignées comme sources de tout droit et comme autant de souverains, puisse être le principe de toute autorité internationale. Les personnalités nationales sont ainsi, à l'égard de la communauté internationale, comme les citoyens d'un État démocratique à l'égard de leur président qui n'est que le délégué de la volonté populaire. Mais en fait le principe des nationalités appelle de lui-même la démocratie à l'intérieur de chaque nation, car d'une part ceux qui en appellent à un tel principe se réservent le droit de créer une nation ex nihilo, par-là présupposent l'idée, intrinsèquement démocratique, de contrat social ; d'autre part parce que l'idée d'une égalité entre nations ne se comprend au fond que si les hommes en général sont réputés égaux : car déclarer l'égalité des nations, c'est déclarer l'égalité des systèmes de valeurs dont elles sont autant d'incarnations, et cela n'a de sens que si la valeur des valeurs est elle-même suspendue à la valeur supposée égale des auteurs de ces valeurs. Et il est bien clair que Hitler n'a jamais défendu, sinon par rhétorique diplomatique (comme les deux premiers points du programme du NSDAP entre-autres) qui ne trompait personne (et surtout pas lui), le principe d'une égalité des nations. Il n'a par ailleurs nullement prétendu défendre la thèse d'une création, d'une production ex nihilo, de la nation allemande. Cette nation existait en puissance, et en puissance active. Et Hitler fut sereinement anti-démocrate. Pour ce (vrai) dictateur, il existait des nations faites pour commander et des nations faites pour obéir. Il fut authentiquement nationaliste, tout simplement, et ne saurait donc être qualifié de « nationalitariste » primairement.


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    Surtout pas pour contredire (je suis toujours disposé à vous donner la croix de chevalier, et avec feuilles de chêne en plus !), mais pour dire ce que je crois, je regrette l'utilisation faite généralement dans ce que certains appellent « nos milieux » des mots aristocratie et démocratie dans des acceptions que je crois imposées par les classes dirigeantes actuelles, acceptions redoutablement fallacieuses. Le peuple (τò δῆμος) est la nation, et tout régime démocratique (au sens premier) est national, ou même nationaliste. Les régimes actuels sont, en dépit du suffrage universel (qui n'a fait qu'en ralentir l'évolution quand il remplaça le suffrage censitaire, qui est aristocratique au sens originel), des régimes oligarchiques et ploutocratiques (donc des aristocraties selon le sens fallacieux imposé par la culture dominante, mais des démocraties selon le nom que leur donne pourtant cette culture dominante !). Je crois qu'il y a là une telle ambiguïté qu'il vaudrait peut-être mieux se garder d'employer ces notions, si on peine du moins à discerner les changements de sens d'un mot dans un même raisonnement. | Mein Kampf, I, XII : « 2° L'éducation nationale de la masse ne peut être réalisée que par le moyen indirect du relèvement social ; c'est en effet par ce moyen seul que peuvent être obtenues les conditions économiques de base qui permettraient à chacun de prendre sa part des biens culturels de la nation. » | Ibid., II, II : « L'État est un moyen de parvenir à un but. Son but est de maintenir et de favoriser le développement d'une communauté d'êtres qui, au physique et au moral, sont de la même espèce : il doit maintenir, en premier lieu, les caractères essentiels de la race, condition du libre développement de toutes les facultés latentes de celle-ci. De ces facultés, une partie servira toujours à l'entretien de la vie physique et une autre partie à favoriser les progrès intellectuels. Mais, en fait, le premier est toujours la condition nécessaire du second. | Les États qui ne visent pas à ce but sont des organismes défectueux, des créations avortées. Le fait qu'ils existent n'y change rien, pas plus que les succès obtenus par une association de flibustiers ne justifient la piraterie. | Nous autres nationaux-socialistes, qui combattons pour une autre conception du monde, nous ne nous plaçons pas sur le célèbre 'terrain des faits', d'ailleurs controuvés. Nous ne serions plus alors les champions d'une grande idée neuve, mais les coolies [porteurs] du mensonge qui règne de nos jours. Nous devons faire une distinction bien tranchée entre l'État qui n'est qu'un contenant et la race qui en est le contenu. Ce contenant n'a de raison d'être que lorsqu'il est capable de conserver et de protéger son contenu ; sinon il n'a aucune valeur. | Par suite, le but suprême de l'État raciste doit être de veiller à la conservation des représentants de la race primitive, dispensateurs de la civilisation, qui font la beauté et la valeur morale d'une humanité supérieure. Nous, en tant qu'Aryens, ne pouvons nous représenter un État que comme l'organisme vivant que constitue un peuple, organisme qui non seulement assure l'existence de ce peuple, mais encore, développant ses facultés morales et intellectuelles, le fait parvenir au plus haut degré de liberté. | Ce qu'on cherche aujourd'hui à nous imposer comme État est le produit monstrueux de l'erreur humaine la plus profonde, suivie d'un cortège d'indicibles souffrances. | Nous autres nationaux-socialistes savons que le monde actuel considérera cette conception comme révolutionnaire et qu'elle nous flétrira de ce nom. Mais nos opinions et nos actes ne doivent pas résulter de l'approbation ou de la désapprobation de notre époque, mais de l'obligation impérieuse de servir la vérité dont nous avons conscience. Nous pouvons être convaincus que l'intelligence plus ouverte de la postérité non seulement comprendra les raisons de notre entreprise, mais encore en reconnaîtra l'utilité et lui rendra hommage. | Ibid., infra : « Sur ce point, l'Église catholique peut servir d'exemple et de modèle. Le célibat de ses prêtres la force, puisqu'elle ne peut pas recruter son clergé dans ses propres rangs, à puiser continuellement dans la masse du peuple. Beaucoup méconnaissent l'importance du célibat à cet égard. C'est à lui qu'il faut attribuer l'incroyable vigueur dont est douée cette institution si ancienne. Car, recrutant sans interruption l'immense armée de ses dignitaires ecclésiastiques dans les dernières couches du peuple, l'Église ne maintient pas seulement sa liaison d'instinct avec l'atmosphère des sentiments populaires ; elle s'assure aussi la somme de vigueur et d'énergie qui se trouvera éternellement à ce degré dans la masse populaire. De là seule l'étonnante jeunesse de ce gigantesque organisme, sa souplesse intellectuelle et sa volonté d'acier. | Le système d'enseignement adopté par l'État raciste devra veiller à ce que les classes cultivées soient continuellement renouvelées par un apport de sang frais provenant des classes inférieures. L'État a le devoir d'opérer une sélection faite avec le plus grand soin et la dernière minutie dans l'ensemble de la population, pour en tirer le matériel humain visiblement doué par la nature et le mettre au service de la communauté tout entière. La raison d'être de l'État et des offices d'État n'est pas de fournir des revenus à certaines classes, mais de remplir les tâches qui leur incombent. Mais cela ne leur est possible que si l'État forme systématiquement des personnalités capables et énergiques pour remplir ces charges. Ce principe ne vaut pas seulement pour tous les emplois publics ; il s'applique aussi à la direction morale qui doit être, dans tous les domaines, donnée à la nation. La grandeur d'un peuple est fonction de la réussite de ce plan : former les cerveaux les plus capables dans tous les domaines de l'activé humaine et les mettre au service de la communauté. Quand deux peuples, dont les dons naturels sont de valeur égale, se trouvent en concurrence, celui-là emportera la victoire chez lequel les hommes les mieux doués exercent la direction générale et morale, et celui-là devra succomber dont le gouvernement n'est que le râtelier commun pour certaines classes, sans qu'il soit tenu compte des capacités innées de chacun de leurs membres. | Il est vrai qu'une pareille réforme semble tout d'abord impossible dans notre société actuelle. On nous objectera immédiatement qu'on ne saurait exiger du fils chéri d'un haut fonctionnaire qu'il ne devienne, disons, qu'ouvrier manuel, parce que quelque autre, dont les parents sont eux-mêmes des ouvriers, aura plus de dispositions que le premier. Cette objection peut être fondée en raison de l'opinion qu'on a actuellement sur la valeur du travail manuel. C'est pourquoi l'État raciste doit partir d'un tout autre principe pour apprécier l'idée de travail. Il lui faut, quand même il devrait consacrer des siècles à son œuvre d'éducation, mettre fin à l'injustice qui consiste à mépriser le travail corporel. Il devra avoir pour principe de juger l'individu non pas d'après son genre de travail, mais suivant la qualité de ce qu'il produit. Ce principe pourra paraître monstrueux à une époque où le plus stupide écrivain à la ligne est plus prisé que le plus intelligent des ouvriers mécaniciens qualifiés, simplement parce que le premier travaille avec une plume. Cette fausse appréciation ne vient pas, nous l'avons dit, de la nature des choses ; c'est un produit artificiel de l'éducation, qui n’existait pas autrefois. L'état contre nature dans lequel nous nous trouvons actuellement fait partie de ces phénomènes morbides généraux qui caractérisent la décadence matérialiste de notre temps. » | On retrouve cette même conception chez Gœbbels, comparant un peuple à un arbre, dont les racines seraient la plèbe, et l'élite, les feuilles ; la sève est la culture, elle fait vivre l'arbre tant qu'elle vient de la racine et se gorge de lumière dans les feuilles, pour repartir nourrir l'arbre et plonger dans les racines. L'élite n'a de fonction que parce qu'elle est la meilleure expression de la plèbe, de la glèbe même, et le travail du plus inconnu des prolétaires est la substance même qui nourrit le peuple, donc la nation.


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    Et bien sûr l'idée de création d'une nation est en effet entièrement opposée aux principes d'Hitler. Il n'était pas statolâtre (contrairement à Mussolini).


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    Benito Mussolini, La Doctrine du fascisme : « 6. Conception éthique et réaliste Le fascisme est une conception historique, dans laquelle l’homme n’est ce qu’il est, qu’en fonction du processus spirituel auquel il concourt, dans le groupe familial et social, dans la nation et dans l'histoire à laquelle toutes les nations collaborent. D’où la haute valeur de la tradition dans les mémoires, dans la langue, dans les mœurs, dans les lois de la vie sociale. En dehors de l’histoire, l’homme n’est rien. C’est pourquoi, le fascisme est contraire à toutes les abstractions individualistes, à base matérialiste, du genre du dix-neuvième siècle ; c’est pourquoi aussi il est contraire à toutes les utopies et à toutes les innovations jacobines. Il ne croit pas à la possibilité du “bonheur” sur la terre, comme le voulait la littérature des économistes du dix-huitième siècle ; aussi repousse-t-il toutes les conceptions téléologiques d’après lesquelles, à un certain moment de l’histoire, le genre humain parviendrait à un stade d’organisation définitive. Une telle doctrine est contraire à l’histoire et à la vie, qui est mouvement incessant et perpétuel devenir. Le fascisme veut, politiquement, être une doctrine réaliste ; pratiquement, il n’aspire à résoudre que les problèmes qui se posent historiquement d’eux-mêmes et qui, d’eux-mêmes, trouvent ou suggèrent leur solution. Pour agir sur les hommes, comme sur la nature, il faut entrer dans le cours de la réalité èt se rendre maître des forces en action. | 7. Anti-individualisme et Liberté Anti-individualiste, la conception fasciste est pour l’État, et elle est pour l’individu, en tant que celui-ci s’harmonise avec l’État, conscience et volonté universelle de l’homme dans son existence historique. Elle est contre le libéralisme classique, né du besoin de réagir contre l’absolutisme et qui a terminé sa fonction historique, depuis que l’État est devenu la conscience même et la volonté même du peuple. Le libéralisme niait l’État dans l’intérêt de l’individu ; le fascisme réaffirme l’État comme la véritable réalité de l’individu . Et, si la liberté doit être l’attribut de l’homme réel, et non du fantoche abstrait auquel pensait le libéralisme individualiste, le fascisme est pour la liberté. II est pour la seule liberté qui puisse être chose sérieuse, la liberté de l’État et de l’individu dans l’État. En effet, pour le fasciste, tout est dans l’État, et rien d’humain ni de spirituel n’existe et a fortiori n’a de valeur, en dehors de l’État. En ce sens, le fascisme est totalitaire, et l’État fasciste, synthèse et unité de toute valeur, interprète, développe et domine toute la vie du peuple. | 8. Antisocialisme et Corporatisme Ni individus, ni groupes (partis politiques, associations, syndicats, classes) en dehors de l’État, Le fascisme s’oppose donc au socialisme, qui fige le mouvement historique dans la lutte des classes et ignore l’unité de l’État qui fond les classes en une seule réalité économique et morale; et de même, il est con tre le syndicalisme de classe. Mais le fascisme veut que, dans l’orbite de l’État, les exigences réelles qui donnèrent naissance au mouvement socialiste et syndicaliste soient reconnues ; et il les fait valoir dans le système corporatif où ces intérêts s’accordent avec l’unité de l’État (16). | 9. Démocratie et Nation Les individus forment des classes, selon les catégories d’intérêts; ils sont syndiqués selon les diverses activités économiques coïntéressées ; mais ils sont, avant tout et surtout, l’État. Celui-ci n’est ni le nombre ni la somme des individus formant la majorité d’un peuple. Le fascisme est par là opposé à la démocratie qui assimile le peuple au plus grand nombre d’individus et le rabaisse à ce niveau. Il est cependant la forme la plus pure de la démocratie. Du moins, si le peuple est conçu, ainsi qu’il doit l’être, sous l’aspect qualificatif et non quantitatif, s’il signifie l’idée la plus puissante parce que la plus morale, la plus cohérente, la plus vraie qui s’incarne dans le peuple comme conscience et volonté d’un petit nombre ou même d’un seul, tel un idéal qui tend à se réaliser dans la conscience et dans la volonté de tous : de tous ceux qui, en vertu de la nature ou de l’histoire, forment ethniquement une nation, suivent la même ligne de développement et de formation spirituelle, ont une seule et même conscience et une seule volonté. Il ne s’agit ni de race, ni d’une région géographique déterminée, mais d'un groupement qui se perpétue historiquement, d’une multitude unifiée par une idée qûi est une volonté d’existence et de puissance: idée que nous appellerons aussi conscience de soi, ou personnalité. | 10. Conception de l'Êtat Cette personnalité supérieure s’identifie avec la nation en tant qu’État. Ce n’est pas la nation qui‘crée l'État, comme .dans la vieille conception naturaliste, qui servait de base aux études des publicistes des États nationaux du dix-neuvième siècle. Au contraire, la nation est créée par l’État, qui donne au peuple, conscient de sa propre unité morale, une volonté, et par conséquent une existence effective. Le droit d’une nation à l’indépendance n’est pas fondé sur la conscience littéraire et idéale de sa propre existence, et moins encore sur une iituation de fait plus ou moins inconsciente et inerte, mais sur une conscience active, sur une volonté politique agissante et prête à démontrer son droit : c’est-à-dire sur une sorte d’État déjà « in fieri ». L’État, en tant que volonté éthique universelle, crée le droit. » | Ainsi peut-on constater que la conception hitlérienne et la conception mussolinienne, si semblables par ailleurs, s'opposent sur le rapport liant la nation à l'État. | Voyons maintenant le reproche des maurrassiens quant au « nationalitarisme ». | ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalitarisme ) « Le terme nationalitarisme est un néologisme forgé en 1918 par René Johannet. Il désignait par nationalitaire une politique basée sur le principe des nationalités. | Toutefois, l'existence de ce néologisme est également attestée dans d'autres contextes qui ne semblent liés à l'usage qu'en ont fait certains penseurs appartenant à la mouvance du maurrassisme. | (…) | Emploi du terme selon certains nationalistes et maurrassiens Le terme a été repris par Thierry Maulnier dans un ouvrage coécrit avec Jean-Pierre Maxence et Robert Francis intitulé Demain la France (1934) et il renvoie à une conception du nationalisme considéré non seulement dans son aspect matériel, mais comme “la permanence d'une manière d'être individuelle”. Une telle forme de nationalisme récuse l'idée de “particularisme” au point de suggérer – selon François Huguenin – que la France y a même “la prétention d'identifier sa cause à celle de l'humanité”. | En 1972, la distinction nationalisme/nationalitarisme est reprise par l'écrivain maurrassien Jacques Ploncard d'Assac, pour désigner les mouvements favorables à ce même principe des nationalités (comme le Risorgimento), apparus au dix-neuvième siècle contre les monarchies conservatrices, et souvent liés aux idées libérales : “Les nationalistes sont les tenants de la nation-héritage ; les nationalitaires sont les sectateurs de la nation-contrat.” Ce terme est selon lui négatif, car ces mouvements auraient une conception réductrice de la nation (ex. : critères exclusivement géographiques, voire ethniques selon les cas, qui peuvent donner prétexte aux politiques expansionnistes, comme ce fut le cas avec le pangermanisme), sans tenir compte de sa formation historique. » | La notion de « nationalitarisme » ainsi définie me semble spécieuse. Elle est destinée à faire de la conception du nationalisme des milieux français de l'entre-deux-guerres la seule qui serait étrangère à la tradition révolutionnaire. Or s'il est à peu près inévitable que des considérations stratégiques imposent que les frontières des États ne soient souvent pas rigoureusement celles des peuples, en revanche le principe d'héritage aboutit je crois à la définition de la nation par le F.·. Renan, laquelle rejoint de fait contrat social et ne s'y oppose pas. En ce sens, la conception nationale selon le critère ethnique me paraît plus éloignée de la définition révolutionnaire de la citoyenneté (qui n'était nullement ethnique) que celle de Renan. Il me semble même qu'on devrait déduire qu'elle est la seule qui ne s'y rapporte pas. | Une analyse certes non nationaliste mais instructive des nuances du sens du mot nationalisme : https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1965_num_15_3_392858


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    Benito Mussolini, La Doctrine du fascisme : « 6. Conception éthique et réaliste Le fascisme est une conception historique, dans laquelle l’homme n’est ce qu’il est, qu’en fonction du processus spirituel auquel il concourt, dans le groupe familial et social, dans la nation et dans l'histoire à laquelle toutes les nations collaborent. D’où la haute valeur de la tradition dans les mémoires, dans la langue, dans les mœurs, dans les lois de la vie sociale. En dehors de l’histoire, l’homme n’est rien. C’est pourquoi, le fascisme est contraire à toutes les abstractions individualistes, à base matérialiste, du genre du dix-neuvième siècle ; c’est pourquoi aussi il est contraire à toutes les utopies et à toutes les innovations jacobines. Il ne croit pas à la possibilité du “bonheur” sur la terre, comme le voulait la littérature des économistes du dix-huitième siècle ; aussi repousse-t-il toutes les conceptions téléologiques d’après lesquelles, à un certain moment de l’histoire, le genre humain parviendrait à un stade d’organisation définitive. Une telle doctrine est contraire à l’histoire et à la vie, qui est mouvement incessant et perpétuel devenir. Le fascisme veut, politiquement, être une doctrine réaliste ; pratiquement, il n’aspire à résoudre que les problèmes qui se posent historiquement d’eux-mêmes et qui, d’eux-mêmes, trouvent ou suggèrent leur solution. Pour agir sur les hommes, comme sur la nature, il faut entrer dans le cours de la réalité èt se rendre maître des forces en action. | 7. Anti-individualisme et Liberté Anti-individualiste, la conception fasciste est pour l’État, et elle est pour l’individu, en tant que celui-ci s’harmonise avec l’État, conscience et volonté universelle de l’homme dans son existence historique. Elle est contre le libéralisme classique, né du besoin de réagir contre l’absolutisme et qui a terminé sa fonction historique, depuis que l’État est devenu la conscience même et la volonté même du peuple. Le libéralisme niait l’État dans l’intérêt de l’individu ; le fascisme réaffirme l’État comme la véritable réalité de l’individu . Et, si la liberté doit être l’attribut de l’homme réel, et non du fantoche abstrait auquel pensait le libéralisme individualiste, le fascisme est pour la liberté. II est pour la seule liberté qui puisse être chose sérieuse, la liberté de l’État et de l’individu dans l’État. En effet, pour le fasciste, tout est dans l’État, et rien d’humain ni de spirituel n’existe et a fortiori n’a de valeur, en dehors de l’État. En ce sens, le fascisme est totalitaire, et l’État fasciste, synthèse et unité de toute valeur, interprète, développe et domine toute la vie du peuple. | 8. Antisocialisme et Corporatisme Ni individus, ni groupes (partis politiques, associations, syndicats, classes) en dehors de l’État. Le fascisme s’oppose donc au socialisme, qui fige le mouvement historique dans la lutte des classes et ignore l’unité de l’État qui fond les classes en une seule réalité économique et morale; et de même, il est contre le syndicalisme de classe. Mais le fascisme veut que, dans l’orbite de l’État, les exigences réelles qui donnèrent naissance au mouvement socialiste et syndicaliste soient reconnues ; et il les fait valoir dans le système corporatif où ces intérêts s’accordent avec l’unité de l’État. | 9. Démocratie et Nation Les individus forment des classes, selon les catégories d’intérêts ; ils sont syndiqués selon les diverses activités économiques coïntéressées ; mais ils sont, avant tout et surtout, l’État. Celui-ci n’est ni le nombre ni la somme des individus formant la majorité d’un peuple. Le fascisme est par là opposé à la démocratie qui assimile le peuple au plus grand nombre d’individus et le rabaisse à ce niveau. Il est cependant la forme la plus pure de la démocratie. Du moins, si le peuple est conçu, ainsi qu’il doit l’être, sous l’aspect qualificatif et non quantitatif, s’il signifie l’idée la plus puissante parce que la plus morale, la plus cohérente, la plus vraie qui s’incarne dans le peuple comme conscience et volonté d’un petit nombre ou même d’un seul, tel un idéal qui tend à se réaliser dans la conscience et dans la volonté de tous : de tous ceux qui, en vertu de la nature ou de l’histoire, forment ethniquement une nation, suivent la même ligne de développement et de formation spirituelle, ont une seule et même conscience et une seule volonté. Il ne s’agit ni de race, ni d’une région géographique déterminée, mais d'un groupement qui se perpétue historiquement, d’une multitude unifiée par une idée qui est une volonté d’existence et de puissance : idée que nous appellerons aussi conscience de soi, ou personnalité. | 10. Conception de l'Êtat Cette personnalité supérieure s’identifie avec la nation en tant qu’État. Ce n’est pas la nation qui‘crée l'État, comme .dans la vieille conception naturaliste, qui servait de base aux études des publicistes des États nationaux du dix-neuvième siècle. Au contraire, la nation est créée par l’État, qui donne au peuple, conscient de sa propre unité morale, une volonté, et par conséquent une existence effective. Le droit d’une nation à l’indépendance n’est pas fondé sur la conscience littéraire et idéale de sa propre existence, et moins encore sur une situation de fait plus ou moins inconsciente et inerte, mais sur une conscience active, sur une volonté politique agissante et prête à démontrer son droit : c’est-à-dire sur une sorte d’État déjà « in fieri ». L’État, en tant que volonté éthique universelle, crée le droit. » | Ainsi peut-on constater que la conception hitlérienne et la conception mussolinienne, si semblables par ailleurs, s'opposent sur le rapport liant la nation à l'État. | Voyons maintenant le reproche des maurrassiens quant au « nationalitarisme ». | ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalitarisme ) « Le terme nationalitarisme est un néologisme forgé en 1918 par René Johannet. Il désignait par nationalitaire une politique basée sur le principe des nationalités. | Toutefois, l'existence de ce néologisme est également attestée dans d'autres contextes qui ne semblent pas liés à l'usage qu'en ont fait certains penseurs appartenant à la mouvance du maurrassisme. | (…) | Emploi du terme selon certains nationalistes et maurrassiens Le terme a été repris par Thierry Maulnier dans un ouvrage coécrit avec Jean-Pierre Maxence et Robert Francis intitulé Demain la France (1934) et il renvoie à une conception du nationalisme considéré non seulement dans son aspect matériel, mais comme “la permanence d'une manière d'être individuelle”. Une telle forme de nationalisme récuse l'idée de “particularisme” au point de suggérer – selon François Huguenin – que la France y a même “la prétention d'identifier sa cause à celle de l'humanité”. | En 1972, la distinction nationalisme/nationalitarisme est reprise par l'écrivain maurrassien Jacques Ploncard d'Assac, pour désigner les mouvements favorables à ce même principe des nationalités (comme le Risorgimento), apparus au dix-neuvième siècle contre les monarchies conservatrices, et souvent liés aux idées libérales : “Les nationalistes sont les tenants de la nation-héritage ; les nationalitaires sont les sectateurs de la nation-contrat.” Ce terme est selon lui négatif, car ces mouvements auraient une conception réductrice de la nation (ex. : critères exclusivement géographiques, voire ethniques selon les cas, qui peuvent donner prétexte aux politiques expansionnistes, comme ce fut le cas avec le pangermanisme), sans tenir compte de sa formation historique. » | La notion de « nationalitarisme » ainsi définie me semble spécieuse. Elle est destinée à faire de la conception du nationalisme des milieux français de l'entre-deux-guerres la seule qui serait étrangère à la tradition révolutionnaire. Or s'il est à peu près inévitable que des considérations stratégiques imposent que les frontières des États ne soient souvent pas rigoureusement celles des peuples, en revanche le principe d'héritage aboutit je crois à la définition de la nation par le F.·. Renan, laquelle rejoint de fait contrat social et ne s'y oppose pas. En ce sens, la conception nationale selon le critère ethnique me paraît plus éloignée de la définition révolutionnaire de la citoyenneté (qui n'était nullement ethnique) que celle de Renan. Il me semble même qu'on devrait déduire qu'elle est la seule qui ne s'y rapporte pas. | Une analyse certes non nationaliste mais instructive des nuances du sens du mot nationalisme : https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1965_num_15_3_392858


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    Sous cette forme-ci je crous que mon commentaire ne causera pas de problèmes au site qui l'accepterait. | À propos du mot « extermination », choisi par le commentateur (brillant) qui est intervenu plus haut, je citerai le plus réputé des antirévisionnistes, Raul Hilberg (entretien accordé à Mlle Laufer, publié dans un article disparu mais dont j'ai gardé copie) : « J'ai choisi le mot destruction parce que c’était un mot neuf et juste. Je ne voulais pas de mot qui porte accusation d’un côté, ni ces mots qui en anglais impliqueraient que les Juifs sont des sous-hommes. Il y a un problème linguistique avec le mot extermination lequel en anglais fait référence à la vermine. Il y a des entreprises spécialisées dans l’extermination des cafards ou des rats et qui sont appelées des entreprises “d’extermination”. Le mot a un sens différent en italien ou en français. Puisque j’écris en anglais, j’ai rejeté le mot extermination. » | Hilbert se trompe sur le sens différent qu'en français (et aussi me semble-t-il en italien) il atttibue à « extermination », mais qui est le même rigoureusement qu'en anglais, et a évolué de la même façon (par les traductions de textes), de sorte que les raisons qui le poussèrent à rejeter ce mot en anglais imposeraient de le rejeter aussi dans notre langue. | On pourrait d'ailleurs trouver ces raisons peu convaincantes. Mais à se tenir à l'avis d'Hilberg on gagne une exigence de rigueur aux conséquences utiles pour la réflexion. | En allemand, exterminer se dit « 𝑣𝑒𝑟𝑡𝑖𝑙𝑔𝑒𝑛 », et, comme en français, il peut se rapporter à des êtres ou à une entité abstraite (on trouve chez Littré, comme chez certains hauts responsables du Reich, la notion d'extermination de vices) ; anéantir se dit « 𝑣𝑒𝑟𝑛𝑖𝑐ℎ𝑡𝑒𝑛 » et peut aussi s'appliquer à des êtres ou à des entités abstraites ; extirper se dit « 𝑎𝑢𝑠𝑟𝑜𝑡𝑡𝑒𝑛 », et, de même, peut se dire d'êtres vivants ou d'entités abstraites. Exterminer et extirper signifiaient au départ expulser et déraciner respectivement, et, de là, s'enrichirent d'un sens second, pouvant impliquer la mise à mort. À l'inverse, anéantir siginifiait d'abord détruire, et s'enrichit d'un sens second au contraire atténué. | Voyons maintenant ce qu'Adolf Hitler disait du communisme (Mein Kampf, I, 6 - Munich, dans sa version traduite avec l'aide de ce qui était alors la LiCA) : « Dans les années 1913 et 1914, j'exprimai pour la première fois, dans différents cercles, dont une partie est maintenant au nombre des adeptes fidèles du mouvement national-socialiste, la conviction que le problème de l'avenir de la nation allemande, c'est le problème de la destruction du marxisme. » (version originale : « In den Jahren 1913 und 1914 habe ich denn auch zum ersten Male in verschiedenen Kreisen, die heute zum Teil treu zur nationalsozialistischen Bewegung stehen, die Überzeugung ausgesprochen, daß die Frage der Zukunft der deutschen Nation die Frage der Vernichtung des Marxismus ist. »). On comprendra le sens de ce que signifie ici l'anéantissement du marxisme (𝑉𝑒𝑟𝑛𝑖𝑐ℎ𝑡𝑢𝑛𝑔 𝑑𝑒𝑠 𝑀𝑎𝑟𝑥𝑖𝑠𝑚𝑢𝑠) en rappelant cette partie du témoignage d'Hans Fritzsche à Nuremberg, devant le « T.M.I. » (T.M.I, XVII, 140/1 ; cité, je crois, par M. Vincent Reynouard) : « Je ne suis venu au Parti qu'après mon entrée au ministère de la Propagande […]. Je n'ai pas été au parti national-socialiste par son programme, ni par la lecture du livre de Hitler, Mein Kampf. Je n'y suis pas non plus venu du fait de la personnalité de Hitler dont on a évoqué ici même et à plusieurs reprises la force de suggestion que je n'ai pas éprouvée quant à moi […]. Lorsque je suis arrivé au parti national-socialiste, je ne croyais vraiment pas devenir membre d'un parti au sens réel de ce mot, car le parti national-socialiste ne possédait pas de théorie de parti au sens où les partis marxistes possédaient une théorie mûrie et élaborée. Tous les théoriciens du Parti étaient contestés. Les théories de Gottfried Feder avaient été interdites. Le théoricien (Alfred) Rosenberg a été et est resté jusqu'à la fin discuté au sein même du Parti. Le manque de théorie dans le Parti était si grand que l'impression même du programme, si restreint que fut le programme du Parti, fut interdite dans les journaux allemands. Oui, les journaux allemands, pendant les quelques années qui ont suivi 1933, se virent interdire de publier de leur propre chef des passages de Mein Kampf de Hitler. Je ne croyais pas, par conséquent, à ce moment, appartenir à un parti étroitement délimité, mais je considérais que j'adhérais à un mouvement, un mouvement qui réunissait dans son sein des contrastes tels que ceux de (Robert) Ley et de (Walter) Funk, ceux de (Alfred) Rosenberg et de l'évêque du Reich, un mouvement qui était absolument souple dans le choix de ses moyens, qui à un moment donné interdisait le travail des femmes et un autre jour préconisait ce même travail. Je croyais être membre d'un mouvement, parce que, au sein du parti national-socialiste, un groupe ne voyait dans le drapeau à croix gammée pas autre chose qu'une nouvelle combinaison, qu'un assemblage nouveau des couleurs noir, blanc et rouge, tandis qu'un autre groupe de ce même parti y voyait le drapeau rouge avec une croix gammée. Et c'est ainsi qu'il existait des groupes entiers d'anciens nationalistes allemands ou d'anciens communistes au sein du parti national-socialiste. J'espérais,par conséquent, trouver dans ce mouvement extrêmement vaste, le forum d'une discussion spirituelle qui ne se déroulerait plus sous le signe de l'animosité criminelle qui avait régné en Allemagne jusque-là, mais qui s'exprimerait précisément avec une certaine discipline et sous la primauté de l'idée nationale et sociale. »


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    […] Tableau du Tradiland, Règle du conclave par Mgr Joseph Guthlin, précédent historique de Constance, 5 modalités par l’abbé Jaqumin, néo-pisannisme un conclavisme sectaire, universalité du concile, les catholiques sont tous “conclavistes”, CGI en France, CGI selon le père Hecquard, Mgr Guérard et rejet guérardien, historique lefebvriste et conclavisme, Mgr Juan José Squetino Schattenhofer, rejet partiel du terme sédévacantisme, philosophie décisionniste, imagerie transposée en politique… […]


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