• Le Salut des Protestants selon l’enseignement de l’Église catholique



    Cas exceptionnels & possibilité restreinte de la miséricorde divine

  • L’unicité du salut dans l’Église catholique : un dogme immuable
    

    Introduction

    La question du salut des gens non ordinairement dans l’Église catholique, comme les protestants, est une interrogation théologique de haute importance, laquelle a été abordée à plusieurs reprises par le Magistère de l’Église – le cas général n’étant pas nier par les exceptions, confirmant la règle comme nous allons le voir.

    En écartant évidemment « Vatican II », de façon générale, l’Église a toujours enseigné que hors de son sein, point de salut (« Extra Ecclesiam nulla salus »), principe confirmé par de nombreux conciles et Papes. Toutefois, la question des cas particuliers – notamment de ceux qui, sans faute de leur part, se trouvent en dehors de l’Église visible – a parfois donné lieu à des précisions subtiles.

    L’idée est de dire, sans sectarisme aucun, que le cas, dans l’absolu, pourrait s’appliquer aux catholiques d’intension très mal avisés des questions théologiques actuelles, mais qui pratique pieusement et ne s’embrasse pas de concepts fallacieux.
    Toutefois, cela reste délicat tant les effets de « Vatican II » ont retouchés aux rites de l’Église en tout, avec de grandes similarités, et, à la suite des protestants et des anglicans.


    I. L’affirmation dogmatique : « Hors de l’Église point de salut »

    L’Église catholique a toujours proclamé, de manière ferme et répétée, qu’il n’y a pas de salut en dehors d’Elle. Ce principe repose sur les paroles du Christ Lui-même :

    « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné »
    (Marc XVI, 16).

    Matthieu 12, 30 & Luc 11, 23 (Abbé Crampon, 1905) :
    « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’amasse pas avec moi disperse. »

    Le concile de Florence (1438-1445) fut particulièrement catégorique :

    « La Sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche que personne hors de l’Église catholique, ni païen, ni juif, ni hérétique, ni schismatique, ne peut obtenir la vie éternelle, mais qu’ils iront dans le feu éternel […] à moins qu’avant la fin de leur vie, ils ne soient agrégés à elle » (Décret pour les Jacobites, Denzinger 714).

    Le concile de Trente (1545-1563) réaffirme l’absolue nécessité de la foi catholique pour le salut et condamne l’hérésie protestante en tant qu’écart de la foi véritable.

    Saint Robert Bellarmin (1542-1621), docteur de l’Église, explique cette doctrine avec précision :

    « La règle générale est que tous ceux qui sont en dehors de l’Église ne peuvent être sauvés ; mais il existe quelques exceptions à cette règle, qui tiennent aux voies mystérieuses de la Providence divine »
    (De Controversiis).

    Ainsi, l’exclusion des hérétiques du salut est la règle générale, mais le cas particulier doit être analysé selon les nuances apportées par les théologiens et les Papes.


    II. La question des cas exceptionnels : L’ignorance invincible et le baptême de désir

    Le magistère a reconnu l’existence de cas où une personne peut être excusée de ne pas appartenir à l’Église visible, sous certaines conditions bien précises.

    Le pape Pie IX (1846-1878), dans son encyclique Quanto conficiamur moerore (1863), écrit :

    « Il faut tenir pour certain que ceux qui sont dans l’ignorance invincible de notre très sainte religion et qui, observant soigneusement la loi naturelle et ses préceptes gravés par Dieu dans le cœur de tous, étant disposés à obéir à Dieu et menant une vie honnête et droite, peuvent, par l’efficacité de la lumière et de la grâce divine, obtenir la vie éternelle. »

    Il distingue ici ceux qui, sans faute de leur part (invincible ignorance), n’ont jamais eu connaissance du véritable Évangile, mais qui recherchent sincèrement Dieu.
    Ici, c’est une chose qu’il est difficile d’affirmer à une heure où le numérique et le poids de l’histoire permet de faire connaître à tous la Parole de Dieu…

    Toutefois, il précise immédiatement après :

    « Mais il est également certain qu’ils ne pourront jamais être sauvés s’ils vivent et meurent dans cette disposition coupable de se complaire dans leur propre erreur. »

    Le théologien dominicain Garrigou-Lagrange (1877-1964) explique que pour qu’un non-catholique puisse être sauvé :

    1. Il doit être dans une ignorance invincible de la vraie religion.
    2. Il doit désirer implicitement le baptême (baptême de désir).
    3. Il doit vivre selon la loi naturelle et la lumière de sa conscience, avec une disposition sincère à embrasser la vérité s’il la connaissait (point qui était la règle avant la Révélation).

    Ce salut reste néanmoins extraordinaire et exceptionnel, car il repose sur des circonstances où l’âme aurait accepté le Christ, si elle avait eu connaissance de la vraie foi.


    III. L’exemple des protestants pieux : Un espoir strictement conditionné

    Prenons l’exemple d’un protestant sincère, pieux et de bonne foi, élevé dans son erreur sans jamais recevoir l’évidence de la foi catholique. Peut-il être sauvé ?

    Le cardinal Louis Billot (1846-1931) répond dans De Ecclesia Christi :

    « Il est théologiquement certain que si un homme se trouve dans une ignorance invincible, et qu’il suit fidèlement la loi naturelle et la lumière de sa conscience, avec un désir implicite du baptême, Dieu, dans sa miséricorde, ne lui refusera pas les grâces nécessaires à son salut. »

    Toutefois, ces cas demeurent extrêmement rares, car l’hérésie protestante prive ses adhérents des moyens ordinaires du salut (sacrements, enseignement de la vérité, assistance de l’Église). Un protestant pieux et sincère ne pourra être sauvé que si son ignorance est invincible, ce qui suppose qu’il n’a jamais rejeté consciemment la vérité catholique (avoir le désir implicite d’être catholique) lorsqu’elle s’est présentée à lui.

    Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) affirme de son côté :

    « Celui qui se trouve dans l’hérésie par sa faute, qui refuse de reconnaître la vraie Église lorsqu’elle lui est présentée avec évidence, ne pourra être sauvé. » (Theologia Moralis).

    Ainsi, il existe une lucarne de salut pour certains protestants, mais cette possibilité reste une exception compliquée à la règle générale de la damnation de ceux qui meurent en dehors de l’unique Église du Christ.


    Conclusion

    L’enseignement de l’Église affirme que hors d’Elle, il n’y a pas de salut, tout en reconnaissant que Dieu, dans Sa justice et Sa miséricorde, peut permettre que certains âmes échappent à la damnation si elles sont dans l’ignorance invincible et vivent en conformité avec la loi naturelle.

    L’attitude catholique doit donc être celle d’une ferme adhésion à la doctrine tout en cultivant une charité zélée pour la conversion des âmes.

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