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Publié le par Florian Rouanet
Hérétique de Freud ? Labyrinthe des mots ? Famille traditionnelle et éducation ?
Préambule :
Les questions qui se posent ici sont les suivantes :
- Qui est Lacan et dans quel contexte s’inscrit-il ?
- En quoi est-il contre Freud ?
- A-t-il vraiment inventé des centaines de mots ?
- Et enfin, à quel moment situe-t-il la rupture entre la mère et l’enfant ?

Nous allons y répondre point par point, en mettant en avant les apports de Lacan à la psychanalyse, ses divergences avec Freud, ainsi que ses innovations conceptuelles et le rôle familial.
Nous apprécions d’autant plus le fait d’en parler qu’il était un des penseurs qui ont influencé – en plus de Georges Dumézil et Robert Faurisson – notre paternel, Marc Rouanet, ayant écrit notamment sous la plume de Pierre Pithou, .⁂
Sommaire :
I. Jacques Lacan, un psychanalyste hors norme
- Son parcours et son influence
- L’inscription dans le contexte psychanalytique du XXᵉ siècle
II. En quoi Lacan s’oppose-t-il à Freud ?
- L’inconscient comme langage
- La relecture du complexe d’Œdipe
- Le stade du miroir
- Une critique du moi freudien
III. Lacan, inventeur de concepts et néologiste prolifique
- Une terminologie singulière
- Des jeux de langage au service de la psychanalyse
- Exemples de néologismes marquants
IV. La rupture entre l’enfant et la mère
- Le rôle du stade du miroir
- L’importance du Nom-du-Père
- La séparation progressive et la structuration du sujet
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I. Jacques Lacan, un psychanalyste hors norme
Né en 1901, Jacques Lacan fut l’une des figures majeures de la psychanalyse du XXᵉ siècle. Psychiatre de formation, il s’est intéressé très tôt aux travaux de Freud, qu’il relut avec une approche influencée par la linguistique, la philosophie et la logique.
Il évolua dans un contexte où la psychanalyse freudienne, institutionnalisée, tendait à se rigidifier. Lacan, en quête d’une fidélité renouvelée à Freud, s’opposa aux simplifications ds psychanalyses américaine et post-freudienne.
Son enseignement, dispensé sous forme de séminaires entre 1953 et 1980, fit de lui une figure renommée de la psychanalyse. Il fut à l’origine d’un véritable mouvement intellectuel, influençant philosophie, littérature, linguistique, anthropologie et même : la politique !
II. En quoi Lacan s’oppose-t-il à Freud ?
Si Lacan se revendique plutôt freudien, il en propose toutefois une lecture innovante et souvent en rupture avec ses interprétations classiques : il revient aux textes originaux de Freud, s’éloignant des simplifications de la psychanalyse américaine ou de la seconde génération freudienne.
L’inconscient comme langage
Lacan affirme que « l’inconscient est structuré comme un langage », une thèse qui transforme radicalement la conception freudienne. Alors que Freud envisageait l’inconscient comme un réservoir de pulsions refoulées, Lacan insiste sur le fait que les désirs inconscients se manifestent à travers des signifiants linguistiques.
La relecture du complexe d’Œdipe
Freud interprète le complexe d’Œdipe comme un drame affectif structurant l’enfant autour du désir de la mère et de la crainte de la castration par le père. Lacan, lui, dépasse cette perspective en introduisant la notion de Nom-du-Père, qui symbolise l’interdiction et introduit l’enfant dans l’ordre du langage et du social.
Le stade du miroir & L’entrée dans l’ordre symbolique
Lire en chapitre III.
Une critique du moi freudien
Alors que Freud valorise le moi (Ego) comme une instance de médiation entre les pulsions et la réalité, Lacan le considère comme une illusion aliénante. Il distingue le je, qui est une construction imaginaire, et le sujet véritable, qui est divisé par le langage et habité par un manque structurel.
Un livre sur la question juive
Le présent livre donne la raison, jusqu’à présent occultée, du schisme de 1964 qui a irrémédiablement divisé le mouvement psychanalytique. La cause de cette rupture, Lacan la désigne du nom de « péché originel de la psychanalyse », péché en ceci que « quelque chose dans Freud n’a jamais été analysé » : son rapport au judaïsme. Or, insiste Lacan, « remonter à cette origine est tout à fait essentiel si nous voulons mettre l’analyse sur ces pieds ».
En reprenant tous les textes qu’il consacre à question juive, mais aussi en révélant des informations inédites sur le très secret commerce de Lacan avec la culture biblique, l’auteur dévoile, avec humour et conviction, l’ampleur de ce « péché originel » qui n’aurait rien de véniel. Il pose aussi cette question : dans sa propre confrontation au judaïsme, Lacan ne se serait-il pas à son tour fourvoyé, entraînant dans l’impasse ses disciples ?
Le Péché originel de la psychanalyse. Lacan et la question juive – Gérard Hadad – Fnac
Ce propos se mêlant imitant le langage catholique pour des choses absolument profanes est proprement scandaleux et tout à fait « moderne » – entendre : dégénéré.
Lacan, un peu à l’instar de Jung, opère dans la psychanalyse une césure, au moins relative, avec le judaïsme, ne serait-ce que parce que ce sont des…, goyim ! Et les juifs ne méconnaissent pas ces distinctions.
III. Lacan, inventeur de concepts et néologiste prolifique
Une terminologie singulière
Lacan est souvent accusé d’avoir rendu la psychanalyse plus obscure en multipliant les termes complexes. Si cela peut s’entendre, en réalité, son langage se veut être au service d’une pensée qui cherche à dépasser les simplifications par une conceptualisation plus poussée.
Des jeux de langage au service de la psychanalyse
Il emprunte à la linguistique et à l’étymologie pour créer des concepts inédits. Il joue avec l’homophonie et la polysémie pour souligner des articulations fondamentales de l’inconscient.
Exemples de néologismes marquants
- Forclusion : Désigne un rejet du signifiant fondamental, distinct du refoulement freudien.
- Nom-du-Père : Homophone de « non-du-père », symbolisant la loi et l’interdit fondateur.
- Sinthome : Variante du symptôme, qui met en évidence une fonction de jouissance dans la structure psychique.
- Objet (petit) a : Concept central du désir, reprenant et transformant l’objet freudien.
- Lalangue : Terme désignant la langue maternelle comme un réservoir de signifiants organisant l’inconscient.
Ses formules percutantes, telles que « Il n’y a pas de rapport sexuel » ou « Le désir est le désir de l’Autre », « L’Autre, c’est le lieu où se constitue le je qui parle avec celui qui l’écoute. », sont devenues emblématiques de sa pensée.
IV. La rupture entre l’enfant et la mère selon Lacan
Le rôle du stade du miroir
Freud décrit le développement du moi comme une succession d’identifications progressives. Lacan, quant à lui, théorise le stade du miroir (entre 6 et 18 mois), un moment où l’enfant se reconnaît dans son reflet et anticipe son unité corporelle, une image unifiée de lui-même, bien qu’il ne la maîtrise pas encore. Cette identification imaginaire constitue le fondement du moi chez le bébé, qui reste fusionné avec la mère sur le plan psychique – identité encore imaginaire.
L’importance du Nom-du-Père
Vers 2-3 ans : cette rupture véritable intervient, dans l’ordre symbolique, avec l’introduction de la Loi du Père à travers le Nom-du-Père, qui fonctionne comme un signifiant organisateur du langage et de la séparation d’avec la mère. À ce moment-là, l’enfant comprend qu’il n’est pas tout pour la mère, qu’un tiers existe (la figure d’autorité avec le père, généralement, et ce dernier le signifiera naturellement) et qu’il doit s’inscrire dans un ordre symbolique où le désir circule différemment.
La séparation progressive et la structuration du sujet
Lacan insiste sur le fait que cette rupture est progressive. L’enfant comprend peu à peu qu’il n’est pas le centre du désir maternel et qu’il doit s’inscrire dans un réseau de signifiants et faire sa personne propre.
Conclusion
Jacques Lacan, en réinterprétant la première partie de Freud, et en ne tombant pas dans une judéolâtrie pourtant courante, déjà à l’époque, à travers la linguistique et la philosophie, a profondément transformé la psychanalyse. Loin de simplement s’opposer à Freud, il en a révélé des dimensions souvent ignorées, mettant au centre de son œuvre la question du langage et la structure du sujet.
Ses théories, parfois hermétiques, ont néanmoins marqué de nombreux champs intellectuels et restent aujourd’hui des références incontournables pour comprendre les mécanismes de l’inconscient et du désir humain en psycologie.
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Pour approfondir :
- Article détaillé : « Lacan et la psychanalyse : une relecture de Freud » – Medium
- Ouvrage recommandé : Écrits, Jacques Lacan, Seuil, 1966.
C’était aussi…, un original ! #théâtralisme
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