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Publié le par Florian Rouanet
« Sous le titre Une Encyclique singulière sous le IIIe Reich (Vrij Historisch Onderzonck, Anvers, 1999), le révisionniste belge Pierre Maximin a publié une étude particulière de l’encyclique Mit brennender Sorge (Avec un souci brûlant) consacrée, en 1937, par le pape Pie XI à l’idéologie nationale-socialiste (non nommée mais désignée). On sait qu’Eugenio Pacelli, futur Pie XII, a fortement contribué à la rédaction du texte de cette encyclique. On peut exprimer des réserves sur l’analyse qu’en propose P. Maximin. En revanche, le même P. Maximin a raison de reprocher au Pape ses silences ou quasi-silences sur tant de crimes perpétrés par les vainqueurs sur les vaincus. Le 2 juin 1945, Pie XII prononce devant le Sacré-Collège une allocution dont P. Maximin a l’heureuse idée de produire le texte (p. 121-123). Cette charge où Pie XII embouche la trompette de la victoire contre un ennemi terrassé est indigne d’un grand pape. Par moments, le ton tient plus de la philippique vengeresse que de l’adresse solennelle (litterae solemniores). On y voit, on y entend Pie XII s’acharner sur « le spectre satanique exhibé par le national-socialisme », sur « le persécuteur » et son « effronterie ». Il accuse Hitler d’avoir été le seul responsable de la guerre mondiale ! Il lui reproche ses camps de concentration (en particulier, Dachau) et des tortures selon « les méthodes scientifiques les plus raffinées » comme si les Alliés, de leur côté, n’avaient pas, au même moment, leurs propres camps de concentration et leurs propres tortures. A la fin, le Pape blâme le vaincu d’avoir grossi « les masses de la révolution et du désordre à la solde d’une tyrannie non moins despotique que celle qu’on a voulu abattre ». Il impute donc à Hitler le succès, en bonne part, du communisme stalinien ! Il le fait à l’heure même où les Alliés peuvent mesurer l’ampleur des conquêtes du bolchevisme, conquêtes qui n’ont été rendues possibles que grâce à Roosevelt, Churchill, de Gaulle et tant d’autres démocrates, et cela avec la bénédiction d’un pape qui, comme on l’a vu plus haut, ayant eu à choisir entre Hitler et Staline, a choisi Staline. Au moment où Pie XII lance cet anathème enflammé contre un mort, des millions de catholiques européens commencent à vivre, avec l’assentiment des Alliés, des horreurs en comparaison desquelles les épreuves subies du fait de Hitler vont leur paraître bien légères. »
Lire l’encyclique Mit brennender Sorge en français.
Analyse nationaliste sur l’Église et le IIIe Reich
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