-
Publié le par Florian Rouanet
Suivez maturité politique d'un mouvement avec Oswald Spengler & l'irrationnel raisonné avec Joseph Merel
Préambule :
Le fascisme, loin d’être une simple idéologie politique, est une dynamique de force, un mouvement d’âme et d’action. Il ne se contente pas de raisonner froidement sur l’organisation du monde : il mobilise les passions, il exalte l’énergie vitale, il embrase l’irrationnel pour mieux le soumettre à un idéal supérieur. Là où les doctrines libérales et démocratiques veulent anéantir les pulsions naturelles de l’homme, où le stoïcisme voudrait l’éteindre dans une discipline rigide, le fascisme les canalise et les oriente vers un but supérieur.
Comme le dit Joseph Merel, « il est rationnel qu’il y ait de l’irrationnel » dû à l’irascible de la nature humaine : l’homme n’est pas un pur esprit détaché du monde charnel, il est une créature faites aussi de passions et d’émotions, à accepter pour mieux les tempérer. Ignorer cette réalité, c’est se condamner à l’échec individuel et politique !

⁂
Sommaire :
I. L’irrationalité encadrée par un idéal supérieur
II. Une politique d’ordre et de force, loin du pluralisme démocratique
III. Le fascisme catholicisé : équilibre entre action et transcendance☧
I. L’irrationalité encadrée par un idéal supérieur
Loin des doctrines sophistes qui rêvent un homme totalement rationnel ou irrationnel, libéré de toute impulsion intérieure, le fasciste reconnaît que l’irrationnel est une composante essentielle de la nature humaine. Il ne s’agit pas d’être esclave de ses passions, mais de les employer au service d’une cause plus élevée et perçue comme juste.
Oswald Spengler comparerait le premier fascisme des années 1920 à la fougue de l’adolescence :
- Une explosion d’énergie,
- Un désir de conquête,
- Une soif d’ordre et de discipline,
- Une vitalité brûlante, parfois désordonnée.
Toutefois, une fois la stabilité retrouvée, comme l’homme mûrit, le fasciste aussi a évolué. Il a abandonné certaines illusions, il a consolidé sa doctrine, il a compris qu’il devait conjuguer la force et l’intelligence, l’instinct et la raison.
Il n’est donc pas une idéologie de l’excès ou de l’irréflexion, mais bien une structuration des forces humaines pour les ordonner à un bien commun supérieur.
« La vie de la raison s’anticipe dans la vie des passions. »
Joseph MerelLà où la démocratie cherche à étouffer l’énergie sous un vernis égalitariste débilitant, là où le libéralisme prétend réduire l’homme à un simple calculateur économique, le fasciste exalte la volonté et la vigueur, tout en les encadrant dans un projet rationnel et structuré.
II. Une politique d’ordre et de force, à mille lieues du pluralisme démocratique
Le fascisme repose sur la nécessité d’un chef, d’un ordre vertical, d’un pouvoir fort et concentré. Les vérités d’ordre temporelles sont transposées dans le politique.
Tout comme dans l’Église catholique :
- Un seul Pape, garant de la vérité et de l’autorité visible,
- Une hiérarchie inébranlable,
- Un dogme immuable, refusant la contradiction et la pluralité des opinions erronées.
Il en va de même en politique :
- Un chef incarne et cristallise l’unité nationale, car la « vérité » ne peut être multiple.
- Le pluralisme démocratique est une absurdité, car il présuppose que toutes les opinions se valent, ce qui est inexacte.
- Le pouvoir doit être exercé avec fermeté, car une autorité faible ne peut imposer l’ordre.
Le fascisme rejette donc le mythe de la souveraineté populaire, cette illusion démocratique qui prétend que la masse informe serait capable de gouverner par elle-même.
Il affirme que le pouvoir appartient aux hommes d’élite, aux figures de fer, aux bâtisseurs d’empires, et non à une foule versatile manipulée par des loges et des intérêts occultes.
Ainsi, la fougue de la passion populaire est guidée et ordonnée par un chef, et non abandonnée à l’anarchie libéralo-démocratique et marxiste.
III. Le fascisme catholicisé : équilibre entre action et transcendance
Nous sommes à l’âge du fascisme catholique, un stade de pleine maturation où l’énergie du fascisme originel s’unit à une conception politique enracinée dans la foi et l’ordre naturel.
- Le fascisme catholique rejette cléricalisme comme anticléricalisme primaires: il ne se soumet pas à une théocratie, ni ne sacrifie à l’athéisme.
- Mais il fonde son ordre sur les principes du droit naturel et divin.
- Il reconnaît une transcendance, et non un simple « matérialisme nationaliste ».
Comme le dirait en substance l’abbé Du Thail ou bien Mgr Tiso encore :
« Une politique chrétienne sans l’aspect clérical. »
Le fascisme catholique est donc une synthèse parfaite :
- L’autorité, comme dans l’Église mais pour la société humaine.
- L’ordre naturel, comme dans la Création.
- L’exaltation de la force – une violence chirurgicale rappelant la virilité de la foi et du salut -, mais soumise à une finalité rationnelle et transcendante.
Il ne s’agit pas d’un abandon à l’émotion brute, ni d’un rationnalisme stérile, mais d’une alchimie entre la puissance et l’intelligence, la raison et la foi, entre l’instinct guerrier et la sagesse politique.
Σ
Conclusion : Le fascisme, synthèse de la volonté et de l’ordre
Le fascisme n’est ni une utopie technocratique, ni une agitation révolutionnaire stérile – d’une mouche activiste se cognant au carreau de la fenêtre ! Il est un mouvement intégral et organique, enraciné dans la nature humaine « non peccamineuse », qui utilise l’énergie passionnelle pour servir un ordre supérieur.
- Il reconnaît la nécessité du chef et de l’autorité forte.
- Il rejette les illusions démocratiques et le pluralisme destructeur.
- Il concilie force et transcendance dans une vision catholique de l’ordre social.
Le fascisme ne cherche pas à supprimer la passion, mais à la dompter, à l’élever, à la mettre au service d’un idéal inébranlable.
C’est pourquoi, à la suite de la philosophie-politique de Joseph Merel et de Louis Le Carpentier, disons que le fascisme catholique est aujourd’hui l’aboutissement d’une pensée politique cohérente, où la force vitale se conjugue avec la sagesse transcendante, pour bâtir un monde ordonné, juste et puissant.
卍
Renaissance & fascisme : même incompréhension devant raison humaine et ordre chrétien
Fascisme et conclavisme : un décisionnisme, crise et restauration
Le fascisme et ses résultats par Herman de Vries de Heekelingen
Mgr Umberto Benigni et fascisme (Concordat, 1929) 2/3 – Sodalitium
Napoléon Ier & l’Aristocratie du Mérite : à la croisée des chemins

3 commentaires
Réagissez à cet article !