• L’Israël d’Ancien et du Nouveau Testament & antimarcionisme



    Tribus, Église et Paradis – Corpus catholique

  • Sommaire :

    I. Israël dans l’Ancien Testament : peuple élu, prêtres et préfiguration de l’Église

    II. Israël dans la Nouvelle Alliance : Église universelle et vision du Paradis

    III. Anathèmes de l’Église contre le marcionisme et la « coupure » entre les deux Testaments

    IV. Conclusions théologiques et spirituelles

    Traitons en de façon concise et précise !

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    I. Israël dans l’Ancien Testament
    Peuple élu, prêtres et préfiguration de l’Église

    Le nom biblique d’Israël trouve sa racine dans la Genèse (Gn 32, 29 – origine du monde)Jacob (un des 3 patriarches), après avoir lutté avec un ange, reçoit ce nom qui signifie « celui qui lutte avec Dieu ». Israël est ainsi l’appellation du peuple élu de l’Ancienne alliance, issu des descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, auquel Dieu a confié une mission sacrée.

    1. Un peuple de prêtres dans un monde polythéiste

    Dans le livre de l’Exode, Israël est décrit comme une nation consacrée à Dieu :

    « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte »

    (Ex 19, 6, trad. Crampon).

    Cette vocation distingue Israël au sein d’un monde environnant marqué par le paganisme et le polythéisme. Par son culte monothéiste, centré sur l’Alliance mosaïque et les 10 Commandements, Israël incarne la lumière au milieu des ténèbres spirituelles : une barque de Salut (ce que seront Pierre et les apôtres, en un mot, l’Église).

    2. Les douze tribus et la préfiguration de l’Église

    Les douze tribus d’Israël, issues des fils de Jacob, symbolisent l’unité des Hébreux d’alors. Ce nombre, riche de signification, revient dans le Nouveau Testament pour désigner les douze apôtres du Christ, fondements de l’Église :

    « En vérité, je vous le dis, lors du renouvellement du monde, quand le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël » (Mt 19, 28).

    L’Ancienne Alliance, dans ses rites et institutions, annonce déjà la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ.

    Saint Paul le souligne en ces termes :

    « Tout cela leur arrivait pour servir d’exemple, et cela a été écrit pour notre instruction » (1 Co 10, 11).

    II. Israël dans la Nouvelle Alliance
    Église universelle et vision du Paradis

    Avec l’avènement et la réalisation de Notre Seigneur Jésus-Christ, Israël acquiert une signification nouvelle et universelle : le peuple élu devient l’Église, appelée à rassembler tous les peuples dans une conversion et une communion au christianisme.

    1. L’Église, l’Israël spirituel

    Dans la Lettre aux Galates, saint Paul explique que la filiation divine ne repose plus sur la descendance selon la chair, mais sur la foi en Christ :

    « Sachez donc que ceux qui ont la foi sont fils d’Abraham » (Ga 3, 7).

    Israël, dans le Nouveau Testament, est l’Église, qui transcende les limites ethniques et géographiques pour inclure tous les croyants :

    « Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ » (Ga 3, 28).

    2. Israël comme figure du Paradis céleste

    Dans l’Apocalypse, Israël est présenté sous une forme transfigurée, symbolisant le Paradis céleste, puisque le retour du Christ annonce la Parousie.

    La Jérusalem céleste, décrite en Ap 21, 12-14, reprend l’image des douze tribus et des douze apôtres :

    « Elle avait une grande et haute muraille avec douze portes, et aux portes douze anges, et des noms écrits dessus, qui sont ceux des douze tribus des fils d’Israël. […] La muraille de la ville avait douze fondations, et sur elles les douze noms des douze apôtres de l’Agneau. » #12

    Israël, qui était le lieu de la présence divine dans l’Ancien Testament, devient dans la Nouvelle Alliance le modèle de la vie éternelle, où les élus (convertis, morts, en état de grâce) partageront la vision béatifique.

    III. Anathèmes de l’Église contre le marcionisme et la « coupure » entre les deux Testaments

    Il est temps désormais, contre ce néomarcionisme politique du XXIe siècle, prônés par des libre-penseurs hérétiques (Henry de Lesquen) et autres conspirationnistes « antisémites » déraisonné (Alain Soral, Laurent Guyenot…), de défendre la Foi et la Vérité !

    Marcion (vers 85-160) était un hérétique condamné par l’Église « primitive ».
    Le marcionisme, rejette l’Ancien Testament et oppose le Dieu créateur (démurge) de l’Ancienne Alliance au Dieu d’amour de la Nouvelle.

    Les Pères de l’Église, comme saint Irénée dans Contre les hérésies (III, 12), affirment l’unité du plan divin :

    « Le Dieu proclamé par la Loi et les Prophètes est le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’y a qu’un seul et même Dieu, qui nous a donné les deux Alliances. »

    Le Concile de Florence (1439) a (re)formulé un anathème contre ceux qui nient l’harmonie des Écritures :

    « Si quelqu’un enseigne que l’Ancien Testament a été abrogé et n’a aucun lien avec l’Évangile, qu’il soit anathème. »

    L’Église, suite aux Évangiles, proclame que l’Ancien Testament est inséparable du Nouveau. Les prophéties annoncent le Christ, et l’Évangile les accomplit :

    « Tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes doit s’accomplir » (Lc 24, 44).

    Derechef, opérer une coupure entre l’Ancien et le Nouveau Testament revient à nier l’accomplissement des prophéties.

    Comme le rappelle Saint Paul :

    « Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner » (2 Tm 3, 16).

    Autre Père de l’Église, latin s’il en est, saint Augustin souligne enfin que :

    « Le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien, et l’Ancien est manifesté dans le Nouveau. » (Quaestiones in Heptateuchum (Questions sur l’Heptateuque), II, 73).

    (Heptateuque désigne les sept premiers livres de la Bible – de la Genèse aux Juges)

    En condamnant le marcionisme, l’Église catholique défend la continuité sacrée entre les deux Alliances, car elles forment un unique plan de salut voulu par Dieu, car les prophéties de l’Ancienne alliance annonce la Nouvelle, laquelle achève l’Ancienne (achever dans le sens, l’élève et la « tue »).

    IV. Conclusions théologiques et spirituelles

    L’histoire d’Israël, bien loin d’un délire contemporain, illégitime et progressiste, sioniste (nationalisme israélien), telle qu’elle est présentée dans l’Ancien et le Nouveau Testament, est une histoire de vocation et de Salut.
    Le peuple élu de l’Ancienne Alliance, appelé à témoigner de la sainteté au milieu des païens, préfigure l’Église, laquelle rassemble tous les croyants catholiques dans la vraie Foi.

    Dans une acception authentiquement catholique et juste, Israël a eu et a une triple réalité : une historique, une figure théologique et une espérance eschatologique.
    Dans le Paradis céleste, l’appel d’Israël atteint son accomplissement ultime : l’union des âmes avec Dieu.

    Ainsi, selon les paroles de l’Apocalypse :

    « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux, ils seront son peuple, et lui, Dieu avec eux, sera leur Dieu » (Ap 21, 3).

    En revenant aux Écritures et à la tradition des Pères de l’Église, nous comprenons qu’Israël, dans sa double dimension temporelle et spirituelle, incarne le plan de Dieu pour l’humanité, une alliance d’amour et de salut qui ne cessera jamais jusqu’à la Fin des temps.

    Et d’ailleurs, un passage clef des Évangiles où le Christ enseigne depuis la barque de Pierre se trouve dans l’Évangile selon Luc. Ce récit a été interprété par les Pères de l’Église, notamment Saint Augustin, comme une allégorie de l’Église catholique éclairée naviguant dans le monde pécheur :

    « Or il arriva, comme la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.

    Il vit deux barques arrêtées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus pour laver leurs filets.

    Montant dans l’une des barques, qui était à Simon, il pria celui-ci de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque, il enseignait la foule. »

    Luc 5, 1-3 (Augustin Crampon)

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