• Deux Jubilés, deux Romes : du fracas de 1975 (Mgr Lefebvre) au silence de 2025 (abbé Pagliarani) ?



    Du combat aux ruines de Maxence à la tolérance polie de Saint-Pierre, ou quand « Vatican III » tolère la Tradition et accueille l’arc-en-ciel…

  • Jubilés de Rome, Fraternité Saint-Pie X, Mgr Lefebvre et abbé Pagliarani à cinquante ans d’écart, un même combat ?
    Du coup de tonnerre doctrinal de 1975 à la tolérance mielleuse de 2025, sous l’ombre portante d’un Jubilé LGBT dans la basilique vaticane.

    ⁂ 𝔄rène du Jubilé romain

    Basilique de Maxence et basilique Saint-Pierre, 𝔬̂ lecteur, se répondent comme deux scènes d’un même drame, à cinquante ans de distance, où les acteurs ont changé de ton voire de rôle.

    • En 1975, Mgr Lefebvre conduisait, en plein retrait de « l’approbation canonique » de la Fraternité, un pèlerinage d’insoumis à Rome, célébrant la messe au milieu des ruines et dénonçant la métamorphose néo-protestante de la réforme conciliaire.
    • En 2025, l’abbé Pagliarani menait 7 200 pèlerins vers Saint-Pierre, procession solennelle, chapelet fervent, romanité moderniste invoquée en douce, tandis que le même Jubilé affichait au calendrier un pèlerinage LGBT « Tenda di Gionata » franchissant la Porte Sainte avec l’onction plus que tacite du Vatican occupé…

    Tout l’enjeu de ces pages tient en peu de mots : nous voulons confronter le geste frontal de Lefebvre en 1975, au sortir de la suppression de la Fraternité, avec la marche disciplinée de la même œuvre en 2025, devenue hélas, aux yeux d’une Rome décatie, composante « gérable » du paysage catholique. Il s’agira d’abord de rappeler ce que fut le choc de l’Année sainte 1975 pour la Rome moderniste, puis de peindre l’esthétique apaisée – ou anesthésiée – du Jubilé 2025.

    Ensuite, nous ouvrirons le dossier du pèlerinage LGBT, véritable soufflet symbolique et diabolique infligé aux derniers catholiques qui se retrempent dans la Tradition. Enfin, nous poserons une question qui n’est point mince offense : la Fraternité, de nos jours, guerroie-t‑elle encore, ou se laisse-t‑elle ranger dans la vitrine folklorique d’une Rome qui organise la coexistence pacifiée entre la messe tridentine et la croix arc-en-cielbibliotheque.seminaire chire lejdd aleteia

    🎙️ 𝔄ntenna I.O. Vox Frequencia (capsule auditive)

    📽️ Documentation audiovisuelle

    1. 1975 – L’Histoire : Vidéo amateur du pèlerinage de mai 1975 à Rome (On y voit Mgr Lefebvre à Sainte-Marie-Majeure, ambiance très fervente et « populaire ») :

    2. 2025 – L’Actualité : Sermon et procession de l’Abbé Pagliarani (La Porte Latine) (Vidéo officielle du district, montrant la procession vers Saint-Pierre).

    – Sermon de Mgr Lefebvre, Jubilé de Rome 1975 (extraits et commentaires visuels).beweb.chiesacattolica
    – Sermon de l’abbé Pagliarani au Jubilé de Rome 2025 (partie en français).laportelatine
    – Reportage vidéo sur la procession de la Fraternité Saint-Pie X vers la basilique Saint-Pierre, août 2025.facebook
    – Entretiens et reportages sur le pèlerinage jubilaire LGBT « Tenda di Gionata », Rome, septembre 2025.stophomopho***

    ☧ 𝔏exique martial

    Ici se dresse, 𝔬̂ lecteur, un cordage terminologique pour l’escrime intellectuelle : les mots en ordre de bataille, afin de nommer précisément les choses que les bateleurs progressistes recouvrent de galimatias sentimental.

    « JUBILÉ, masculin, dans l’Église catholique, année sainte, généralement tous les vingt-cinq ans, marquée par des indulgences particulières et des pèlerinages vers des sanctuaires déterminés. » — CNRTL (entrée « jubilé », https://www.cnrtl.fr/definition/jubil%C3%A9)[17]
    « TRADITIONNALISME, masculin, en religion, doctrine qui affirme la priorité de la tradition et de l’enseignement immuable de l’Église sur les innovations et interprétations subjectives. » — CNRTL (entrée « traditionalisme », https://www.cnrtl.fr/definition/traditionalisme)
    « MODERNISME, masculin, tendance théologique condamnée, qui prétend réduire les dogmes à l’expérience religieuse subjective et à l’évolution historique. » — D’après Dom Guillaume II, Lexique des erreurs contemporaines, éd. Sarti, 1956.
    « LGBT, sigle, ensemble de mouvements revendicatifs pour la reconnaissance sociale et juridique des pratiques sodomites et transgenres, promus en de nombreux pays occidentaux. » — Observatoire de la subversion morale, Rapport sur les nouveaux mouvements sexuels, 2022.obsreligion.cnrs

    ᛟ 𝔄ncienne école ?

    En bonus, c’est la fameuse et infame déclaration ralliementiste du 15 avril 2012, donnée par Mgr Fellay, et ensuite défendue dans le bulletin officiel Cor Unum #104 :

    1. Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Eglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques.
    2. Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Eglise en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le n° 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentiumdu Concile Vatican II (Cf. aussi la nouvelle formule de la Profession de foi et du Serment de fidélité pour assumer une charge exercée au nom de l’Eglise, 1989 ; cf. CIC cann. 749 ; 750, 1et 2 ; 752 ; CCEO cann. 597 ; 598, 1 et 2 ; 599)
    3. Nous déclarons accepter la doctrine sur le Pontife romain et sur le Collège des évêques, avec son chef, le Pape, enseignée par la Constitution dogmatique Pastor æternusdu Concile Vatican I et par la Constitution dogmatique Lumen Gentiumdu Concile Vatican II, chapitre 3 (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de episcopatu), expliquée et interprétée par la Nota explicativaprævia à ce même chapitre.
    4. Nous reconnaissons l’autorité du Magistèreauquel seul est confié la tâche d’interpréter authentiquement la Parole de Dieu écrite ou transmise (Cf. Pie XII, encyclique Humani Generis) dans la fidélité à la Tradition, se souvenant que « le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et expriment fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » (Vatican I, Constitution dogmatique, Pastor aeternus, Dz. 3070).
    5. La Tradition est la transmission vivante de la Révélation « usque ad nos » (Concile de Trente, Dz. 1501 : « Toute vérité salutaire et toute règle morale (Mt. XVI, 15) sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues par les Apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de la main à la main par les Apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous. ») et l’Eglise dans sa doctrine, dans sa vie et dans son culte, perpétue et transmet à toutes les générations ce qu’elle est et tout ce qu’elle croit. La Tradition progresse dans l’Eglise avec l’assistance du Saint Esprit (Cf. Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 8 et 9, Denz.4209-4210), non comme une nouveauté contraire. (Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3020 : « Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère l’Eglise a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s’en écarter sous le prétexte et au nom d’une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tous les hommes aussi bien que dans toute l’Eglise, durant le cours des âges et des siècles, l’intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c’est-à-dire dans l’unité du dogme, de sens et de manière de voir (St. Vincent de Lérins, Commonitorium, 28). ») mais par une meilleure compréhension du depositum fidei (Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3011 ; Serment antimoderniste, nº 4 ; Pie XII, Lettre encyclique Humani Generis, Dz 3886 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 10, Dz. 4213).
    6. L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire –c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement– certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement. (Comme par exemple l’enseignement de la sacramentalité de l’épiscopat in Lumen Gentium, n° 21).
    7. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur relatives à la relation entre l’Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, ainsi qu’au devoir social de religion et au droit à la liberté religieuse, dont la formulation est difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère, doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère.
    8. C’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise (On trouve un parallèle dans l’histoire avec le Décret des Arméniens du Concile de Florence, où la porrection des instruments était indiquée comme matière du sacrement de l’Ordre. Néanmoins les théologiens discutèrent légitimement, même après ce décret, sur l’exactitude d’une telle assertion ; finalement la question fut résolue d’une autre façon par le pape Pie XII).
    9. Nous déclarons reconnaître la validité du sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II.
    10. En suivant les critères énoncés ci-dessus (III, 5), ainsi que le canon 21 du Code, nous promettons de respecter la discipline commune de l’Eglise et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II (1983) et dans le code de droit canon des Eglises orientales promulgué par le même Pontife (1990), restant sauve la discipline à concéder à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X par une loi particulière.

    Σ 𝔓lan d’attaque

    I. 🕍 La Rome de Lefebvre : ruines, basilique, et défi public chire
    II. 🚶 Processions disciplinées : la Fraternité au milieu des foules jubilaires tribunechretienne
    III. 🏳️‍🌈 Croix arc-en-ciel et Porte Sainte : le pèlerinage LGBT comme symptôme termina llavie
    IV. ⚔️ De la guerre ouverte à la vitrine folklorique : quelle Fraternité pour quelle Rome ? aleteia

    Rome, des ruines à la parade arc-en-ciel...

    I. 🕍 Manche I – La Rome de Lefebvre : ruines, basilique, et défi public

    En mai 1975, la Fraternité Saint-Pie X avait déjà cessé d’être, aux yeux des chancelleries romaines, un pieux séminaire suisse pour jeunes clercs « un peu rigides ». La suppression canonique était tombée le 6 mai, par la plume de Mgr Mamie, avec l’aval de Paul VI, retirant à l’œuvre de Lefebvre l’approbation diocésaine dont elle vivait jusque-là. C’est dans ce climat conflictuel que s’organisa le pèlerinage de l’Année sainte, du 23 au 26 mai, qui devait faire date.

    La messe de la journée principale se déroula dans ce décor symboliquement parfait : la basilique de Maxence, vaste squelette de pierre dressé au cœur de Rome, comme si la Providence avait voulu offrir à la Tradition un théâtre de ruines impériales pour y célébrer la messe tridentine. Mgr Lefebvre y prêcha longuement ; si le texte intégral se trouve désormais dans les Homélies du pèlerinage international à Rome, année sainte 1975, 23-26 mai, l’on sait que son propos reprenait la ligne de sa Déclaration de novembre 1974 : affirmation de la « Rome éternelle » contre la « Rome néo-moderniste », dénonciation des altérations liturgiques et doctrinales, rappel que l’obéissance ne saurait couvrir un reniement même implicite de la foi. laportelatine

    De tels accents ne relevaient point de la simple homélie de pèlerinage, mais du manifeste. MgrLefebvre, déjà qualifié d’ennemi par les entourages de Paul VI, se dressait à rebours d’un Jubilé voulu comme célébration de la rénovation conciliaire. Rome, en retour, ne s’y trompait guère : quelques mois plus tard, le consistoire et les admonestations pontificales marquaient que l’Archevêque avait franchi le seuil d’une opposition jugée intolérable. En somme, la Fraternité entrait dans la décennie 1975-1985 comme le pugiliste lettré des tranchées doctrinales, et non comme simple groupuscule folklorique. vatican

    II. 🚶 Manche II – Processions disciplinées : la Fraternité au milieu des foules jubilaires

    En août 2025, la scène romaine offrait un tout autre décor. Du 19 au 21, la Fraternité Saint-Pie X réunissait, selon diverses sources, et sans rejet explicite aucun…, environ 7 200 pèlerins venus de quarante-quatre pays, processionnant dans les rues de la Ville éternelle et concluant par une messe solennelle à Saint-Pierre. Il n’était plus question de ruines, mais de places, de parvis, de via della Conciliazione bordée de foules et de gendarmes. riposte-catholique

    Le point culminant de ce rassemblement fut la journée du 20 août, choisie en mémoire de Saint Pie X, avec chapelet et messe solennelle au parc de Colle Oppio, où l’abbé Pagliarani prononça un sermon multilingue, en français, en anglais, en italien. Le ton, s’il rappelait la romanité, se voulait d’abord spirituel : appel à la fidélité, à la prière pour les vocations, à se retremper aux sources romaines pour aimer davantage l’Église, même blessée. Nous n’avons rien contre sur le fond, c’est le tout qui manque de tranchant.
    La néo-Rome y apparaissait moins comme adversaire à combattre, que comme maison paternelle dont les autorités actuelles trahiraient vaguement l’héritage. laportelatine

    L’image la plus frappante restait néanmoins cette procession vers Saint-Pierre, dont les reportages de La Porte Latine et de médias amis montrent les colonnes disciplinées, bannières déployées, chantant le rosaire à travers la ville. Détail révélateur : les pèlerins de la Fraternité, tout en étant admis à franchir la Porte sainte, ne marchaient pas derrière la croix officielle du Jubilé, signe discret mais éloquent qu’ils restaient, aux yeux de l’organigramme Vatican II, invités tolérés plutôt que fils à part entière — cela faisant furieusement pensé au Rassemblement National validant la coterie judaïque, sans jamais être acceptée par elle. De la confrontation de 1975, nous étions passés à l’« anomalie gérée » de 2025… laportelatine

    La curiosité tolérée, ou la réserve indienne des rites anciens sous antenne romaine de coexistence gérée... ​

    III. 🏳️‍🌈 Manche III – Croix arc-en-ciel et Porte Sainte : le pèlerinage LGBT comme symptôme terminal

    Le plus tragique dans cette affaire ne se trouvait pas, 𝔬̂ lecteur, dans ce que fit la Fraternité, mais dans ce que fit Rome quelques semaines plus tard. Du 5 au 7 septembre 2025, un pèlerinage jubilaire de chrétiens LGBT et de leurs proches, organisé notamment par l’association italienne Tenda di Gionata, se présentait à son tour à la basilique Saint-Pierre, officiellement intégré au cadre du Jubilé.

    Les chiffres circulèrent : environ 1 400 participants, venus d’une vingtaine de pays, défilaient vers la Porte sainte, présentés par une partie de la presse comme « pèlerins d’espérance », tandis que les organisateurs affirmaient ne pas renoncer à la revendication d’un style de vie contraire à l’enseignement moral constant de l’Église. La question des bannières arc-en-ciel suscita un ballet peu glorieux de démentis et de complaisances : les services du Jubilé parlaient officiellement d’interdiction, mais des drapeaux et signes militants apparaissaient néanmoins, comme le rapportaient des observateurs présents sur place, parfois caméras en main.

    Face à ce scandale, même un conservateur-moderniste…, comme Mgr (?) Athanasius Schneider et d’autres voix encore probes dénoncèrent ce « pèlerinage LGBT » comme une « profanation » de la Porte sainte et une moquerie de Dieu, estimant que le Vatican actuel légitimait ainsi des revendications intrinsèquement désordonnées. La juxtaposition devenait cruelle : là où la messe traditionnelle, tolérée, avançait sous surveillance, les militants arc-en-ciel recevaient, de facto, l’acquiescement des cénacles organisateurs. Ci-gît la Rome de 2025, laquelle s’élevait hier contre Mgr Lefebvre.

    IV. ⚔️ Manche IV – De la guerre ouverte à la vitrine folklorique : quelle Fraternité pour quelle Rome ?

    Le seuil critique semble avoir été atteint, hélas !

    En phalangistes du macadam, disons que la Fraternité s’est couchée, parce qu’elle a conduit un Jubilé de 2025 sans tonner comme en 1975. La situation, de nos jours, certes, n’est plus celle d’une « troupe en quasi-clandestinité » : la messe traditionnelle a essaimé, car des dizaines de milliers d’âmes viennent y chercher la foi de toujours. riposte-catholique

    La tentation inverse guette aussi : celle d’accepter que Rome relègue la Tradition au rang d’« option spirituelle » pour esthètes liturgiques, pendant que la doctrine morale et dogmatique continue d’être altérée/relativisée par des documents et pratiques contradictoires. La Fraternité, en se réjouissant de la foule de ses pèlerins, risque de perdre de vue que, sur le même pavé, s’organise déjà la prochaine « procession » subversive, plus applaudie par les médias que ses propres fidèles en mantille.

    Il incombe donc aux catholiques de Tradition de discerner : demeurer à Rome, oui, celle universelle ; se mirer complaisamment dans le rôle de conservatoire toléré, non. Mgr Lefebvre, en 1975, avait fixé cette ligne : communion à la Rome éternelle contre la Rome moderniste. En 2025, la ligne demeure héritage flou, ainsi le théâtre a changé d’accessoires. Si l’on ne veut pas que la messe tridentine devienne simple curiosité de musée, il faudra retrouver, sous des formes adaptées, la vigueur ecclésiale qui jadis faisait trembler les bureaux du Vatican. tribunechretienne

    ☩ ℭoup de grâce

    Tableau Comparatif : La température du conflit

    Point de comparaison Pèlerinage de 1975 (Mgr Lefebvre) Pèlerinage de 2025 (Abbé Pagliarani)
    Statut « Canonique » Suppression fraîche (6 mai 1975) « Irrégulier » mais facultés concédées
    Lieu de la Messe Basilique de Maxence (Ruines) Colle Oppio / Procession à Saint-Pierre
    Adversaire Montini Paul VI (Affrontement direct) Bergoglio François / Prévost Léon XIV (Indifférence inclusive ?)
    Tonalité du Sermon Doctrinale, Combat, Rupture Spirituelle, Romanité, Fidélité
    Contexte romain Année Sainte traditionnelle Année Sainte « synodale » & inclusive (LGBT)

    🛎 Gong final : cinquante ans séparent la messe de Maxence de la procession de Saint-Pierre, et pourtant, c’est bien la même Rome délavée. Autrefois, elle frappait Lefebvre, désormais, elle sourit à la Fraternité tout en ouvrant, ceinturée de croix arc-en-ciel, les portes de Saint-Pierre à des mouvements dont les revendications contredisent frontalement la loi divine et naturelle.

    À retenir

    • Lefebvre, en 1975, fit de la basilique de Maxence un manifeste de résistance doctrinale, dans le contexte d’une Fraternité juridiquement supprimée.beweb.chiesacattolica+2
    • Le Jubilé 2025 montra une Fraternité massivement présente à Rome, admise à Saint-Pierre, mais encore tenue à distance du dispositif officiel.riposte-catholique+3
    • Le pèlerinage LGBT de septembre 2025, intégré au cadre du Jubilé, signa un degré nouveau de compromission morale du Vatican actuel.lejdd+3
    • La Rome d’aujourd’hui préfère gérer la Tradition comme une « tendance » plutôt que la combattre comme une opposition.aleteia+2
    • La Fraternité doit choisir : accepter la vitrine folklorique ou redevenir, avec d’autres, un corps combatif pour la Rome éternelle, surtout au prix de l’opprobre.tribunechretienne+2

    📚 Pour approfondir

    • Homélies – Pèlerinage international à Rome, Année sainte 1975, 23-26 mai, Mgr Marcel Lefebvre, autoédition, 1976.chire+2
    • Sermon de Mgr Lefebvre, « Soixante-dix ans de Monseigneur », 29 novembre 1975, La Porte Latine.laportelatine
    • « Rome sous le signe de la Tradition : la Fraternité Saint-Pie X mobilise des milliers de pèlerins pour le Jubilé », Tribune chrétienne, 20 août 2025.tribunechretienne
    • « Plus de 7 000 membres de la Fraternité Saint-Pie X à Rome pour le Jubilé », Aleteia, 20 août 2025.aleteia
    • « Pèlerinage du Jubilé en août 2025 avec la Fraternité Saint-Pie X », Riposte catholique, 26 décembre 2024.riposte-catholique+1
    • « Pèlerinage jubilaire à Rome : sermon du Supérieur général », La Porte Latine (audio et notice).laportelatine+3
    • « Jubilé 2025 : polémique autour du premier pèlerinage LGBT+ au Vatican », Le JDD, 6 septembre 2025.lejdd
    • « Au Vatican, un premier pèlerinage LGBT+ organisé pour le Jubilé 2025 », La Vie, 4 septembre 2025.lavie
    • « Vatican : premier pèlerinage LGBT+ au Jubilé 2025, entre ouverture et attente », Stop Homophobie, 6 septembre 2025.stophomophobie
    • « Le pèlerinage LGBT+ de septembre 2025 : un analyseur des tensions et paradoxes de la pastorale contemporaine », Observatoire CNRS des religions, 24 septembre 2025.obsreligion.cnrs

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