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Publié le par Florian Rouanet
Méritocratie, corporatisme et verticalité sociale : vision organiciste ni bourgeoisie apatride, ni collectivisme totalitaire
Préambule
Projet social méconnu et méprisé, à tort
En héritier du Saint Empire, les années 1930 en Allemagne, virent l’émergence d’un programme socialo-économique profondément anti-libéral, articulé notamment autour du Front Allemand du Travail (Deutsche Arbeitsfront, DAF).
Sous l’impulsion de figures telles que Robert Ley et Reinhard Rohn, cette réorganisation visait à réconcilier l’ouvrier et l’employeur dans une dynamique nationale, rejetant tant le capitalisme individualiste que le marxisme révolutionnaire.De même, les sections d’assaut (SA) jouèrent un rôle actif majeur dans la dénonciation du libéralisme économique, adoptant une posture évoquant la doctrine sociale de l’Église et les critiques classiques d’auteurs catholiques comme Mgr Delassus.
Leur journal, « Die SA », regorge de développements sur leur conception d’un « socialisme allemand », bien éloigné des dogmes marxistes et dudit « socialisme » français, notamment par l’impulsion de Werner Sombart.Définition
« La Révolution conservatrice allemande a émergé comme une contre-réaction au libéralisme et à la modernité, prônant un retour aux valeurs communautaires et à une culture romantique. »
Citations mises en parallèle
Chez les contempteurs du libéralisme, il y a un moyen de réunir la critique catholique et dite nationaliste :
« On sait aussi comment, instruit par sa propre expérience et éclairé de la lumière divine, Pie IX pulvérisa le libéralisme, c’est-à-dire le Maçonnisme avec le marteau du Syllabus.
« Nous sommes socialistes, et ennemis du système économique capitaliste actuel, qui exploite les économiquement faibles, avec ses salaires injustes, qui évalue un être humain selon sa richesse et ses biens et non selon la responsabilité et la performance, et nous sommes déterminés à détruire ce système à tout prix. »

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Sommaire :
I. Front Allemand du Travail : organisation sociale et corporatiste rénovée
II. Critique du libéralisme par les SA : entre nationalisme et justice sociale proche de l’Église
III. « Socialisme allemand » : une alternative au communisme et au capitalisme
IV. Vision aristocratique et organique du travail
V. Une réponse nationaliste structurée à la crise du libéralisme sous Weimar☧
I. Front Allemand du Travail : organisation sociale et corporatiste rénovée
Le Front Allemand du Travail (DAF) fut fondé dès 1933, après la dissolution des syndicats traditionnels par Adolf Hitler. Son objectif était d’unifier les forces du travail au sein d’une structure nationale, dépassant les « conflits de classes » hérités du libéralisme et du marxisme, pour un plus grand respect du Bien commun.
- Robert Ley : son principal dirigeant, alors Ministre du travail, prônait une collaboration organique entre les travailleurs, employés et employeurs, sous la tutelle de l’État, garant de l’ordre social harmonieux.
- Le programme : « La force par la joie » (Kraft durch Freude), organisé toujours sous l’égide du DAF, visait à améliorer la condition ouvrière à travers des loisirs encadrés, des vacances accessibles et une politique de bien-être.
- L’idée centrale : chaque individu, du patron à l’ouvrier, appartient à un même corps ethnique et national, où tout un chacun joui de droits, à condition de remplir son rôle avec devoir, honneur et discipline.
Le DAF rejetait le principe des syndicats de classe, et leur logique de confrontation permanente, car cela désunissait le peuple. Son approche se voulait verticale, hiérarchisée ET organique, à rebours du modèle libéral, voire vieux royaliste, fondé sur la lutte des intérêts privés.
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II. La critique du libéralisme par les SA : entre nationalisme et justice sociale proche de l’Église
Les Sections d’Assaut (SA), bien que souvent réduites à leur rôle paramilitaire, jouèrent un rôle doctrinal fondamental. Leur journal, « Die SA », publiait régulièrement des articles critiquant le capitalisme sauvage, la lutte des classes marxistes, tout en défendant une vision sociale inspirée de l’ordre traditionnel, non sans actualisation bénéfique.
- La SA rejetait l’individualisme libéral et la dissension de classe communiste qui, dissolvait les liens communautaires et favorisait la domination d’une oligarchie financière sans attaches nationales.
- Elle dénonçait le libéralisme économique en des termes rappelant l’école antilibéral des Mgrs Delassus, de Ségur, Gaume et bien d’autres penseurs catholiques traditionalistes, qui voyaient dans la modernité une entreprise de désagrégation sociale et morale.
- Le capitalisme matérialiste était présenté comme une force dissolvante, détruisant la solidarité nationale au profit du profit immédiat.
La SA ne prônait pas pour autant un collectivisme marxiste. Elle défendait une économie nationale régulée, respectueuse des traditions et des hiérarchies naturelles, où le travailleur ne serait ni un esclave du capital, ni un simple rouage prolétaire anonyme d’une machine étatique.
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III. « Socialisme allemand » : alternative au communisme et au capitalisme
Le terme « socialisme », en Allemagne dans les années 1930/40, ne correspondait en rien à la définition socialiste démocratique et laïque française : idem quant au collectivisme marxiste ou à l’étatisme bureaucratique.
Il s’agissait plutôt d’une volonté d’harmonisation entre les classes sociales dans un cadre national unitaire pour le bien de la Cité.- Le nationalisme et socialisme allemand prôné par le DAF et les SA mettait l’accent sur la communauté – biologique et enracinée -, l’honneur du travail et le dépassement des égoïsmes de classe.
- Contrairement au marxisme, il ne niait pas les différences sociales, en les opposant radicalement, mais les considérait comme des éléments naturels d’une organisation sociale bien ordonnée.
- Contre le capitalisme libéral, il insistait sur le rôle social de l’entreprise et sur l’importance de l’État comme arbitre et garant de la justice économique.
Cette vision s’opposait radicalement à l’individualisme dissolvant des Lumières maçonniques et à l’égalitarisme niveleur du communisme.
Elle cherchait à restaurer une hiérarchie fonctionnelle et fidèle, où chacun, du dirigeant à l’ouvrier, aurait sa place et son honneur, tant que ses compétences et sa responsabilisation le permet – ancêtre du SCRUM.☧
IV. Vision aristocratique et organique du travail
Loin de la lutte des classes marxiste, le DAF et la SA développaient une conception aristocratique du travail, inspirée des modèles médiévaux et corporatistes, remis au goût du jour, tant la « modernité » avait détruit ce cadre naturel et bénéfique.
Il s’agit de permettre au peuple de se hisser, certes tant qu’il obtient les mérites pour, en termes d’instruction, de valeur, de vertu et d’engagement personnel et collectif !- Le travail était vu comme bon et un devoir envers la nation, et non comme un simple moyen d’accumulation personnelle ou familial. Cela fait écho au charpentier saint Joseph, ou encore à la règle de saint Benoît.
- L’honneur professionnel était essentiel : chaque corps de métier devait cultiver la fierté de sa fonction, cela faisait remplir sa mission sociale à un membre concerné de la société, selon des principes proches des anciennes guildes médiévales.
- L’encadrement hiérarchique, loin d’être une vile oppression illégitime, était appliqué et considéré comme une nécessité organique pour garantir la stabilité allemande, et ce, du haut vers le bas, sans mépriser le bas.
Cette conception, faite d’amitié virile fort louable, s’opposait radicalement au modèle bourgeois libéral, où le travailleur, « machinisé », n’est qu’une variable d’ajustement économique. Elle rompait également avec le délire marxiste historique, qui réduisait l’homme à un simple acteur de la production matérielle, les deux communiant dans un même matérialisme exécrable.

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V. Une réponse nationaliste structurée à la crise du libéralisme sous Weimar
Héritier direct du Saint Empire romain germanique, l’Allemagne, avec le Front Allemand du Travail et la SA, incarnèrent une tentative réussie de refondation sociale, dépassant les oppositions stériles entre peuple et entreprise, capitalisme et marxisme.
Le socialisme allemand, à rebours de celui français d’époque, ne visait pas à abolir les classes sociales, mais à les harmoniser dans une structure ordonnée et nationale. Cette approche contient des éléments de réflexion encore pertinents de nos jours pour nous, face à un monde moderne rongé par l’individualisme, l’athéisme, ainsi que la dissolution des structures traditionnelles et familiales.
Ainsi, l’étude du DAF comme les écrits des SA permettent de retrouver certaines intuitions fondamentales du combat anti-libéral et anti-rouge, qu’il convient d’analyser et certes d’adapter aux réalités contemporaines, de l’organicisme à l’économie orientée, en passant par les corps intermédiaires.

Critique catholique suite :
« Le socialisme est la forme aiguë de l’antilibéralisme. Il consiste en son fond, et en quelque variété ou sous-variété qu’on le considère, à désirer que tout soit fait par l’État, que tout soit réglé par l’État et qu’il n’y ait que l’État. »
Émile Faguet, cité dans Wikibéral. « Le libéralisme n’a pas seulement pour défaut d’être né à l’étranger. Il est surtout erroné en tout : dans sa conception de la société, dans sa conception de l’homme, dans ses définitions de la liberté et de l’égalité – autant d’erreurs issues de ce qu’il s’appuie sur une idée aberrante, l’individualisme. »
— René de La Tour du Pin, cité dans « René de La-Tour-du-Pin et l’idée de constitution nationale » sur Jus Politicum. 
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