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Publié le par Florian Rouanet
Les méthodes de travail telles que l’agilité, le sprint, ou encore Scrum, sont perçues comme des innovations récentes, issues du développement des technologies, du numérique et des besoins d’efficacité dans l’entreprise moderne.
Cependant, ces pratiques sociales et collaboratives trouvent leurs racines dans des traditions organisationnelles bien plus anciennes, corporatives, notamment celles des cultures germaniques et prussiennes, où l’efficacité, la flexibilité locale, et la discipline collective étaient déjà valorisées.
Au cours du XXe siècle, et plus particulièrement pendant la Seconde Guerre mondiale sous le régime NS Allemand, ces concepts ont été récupérés et développés, dans un cadre autoritaire, aristocratique et populaire.Cet article propose une exploration des origines anciennes des méthodes de travail modernes et une analyse de leur application pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cette idée peut retracer l’idée d’une démocratie organique, ou du moins un fascisme populaire, à la fois respectueux des classes sociales et des hiérarchies.
Partie I – Origine ancienne des méthodes de travail modernes
Le « Thing » germanique : une #collaboration avant l’heure
Les sociétés germaniques anciennes reposaient sur des structures communautaires où la participation active de chacun aux décisions collectives était essentielle. L’institution du « Thing », assemblée locale des membres de la communauté, permettait de débattre et de trancher des affaires publiques ou privées de manière collaborative.
Ce concept de prise de décision collective, avec un fort sens de la participation et de l’engagement, peut être considéré comme un précurseur des méthodes modernes de travail agile. En effet, ladite agilité favorise une approche collaborative où les équipes travaillent « de manière horizontale » (plus ou moins) pour résoudre des problèmes et s’adapter rapidement à de nouvelles situations.
Le « Mission Command » prussien et l’efficacité militaire
En Allemagne, au XIXe siècle, l’armée prussienne avait développé un principe appelé « Auftragstaktik » (ou « mission command » en anglais), qui laissait aux officiers subalternes une grande liberté d’action dans l’exécution des missions, tout en respectant les objectifs fixés par les supérieurs.
Ce concept est un modèle d’efficacité, qui met en avant une organisation hiérarchique souple, où les individus sont responsabilisés pour atteindre des objectifs en fonction de leur situation locale. Cette approche prussienne, qui valorisait l’autonomie dans le cadre d’une structure claire, a influencé les pratiques modernes de gestion de projets, où les équipes agiles sont autonomes mais orientées vers des objectifs communs.
Les guildes médiévales germaniques : l’apprentissage par cycles
Durant la large période médiévale, les guildes d’artisans germaniques fonctionnaient selon des cycles d’apprentissage rigoureux, où les apprentis travaillaient sous la supervision des maîtres pour progresser dans leur maîtrise des métiers. Ces cycles d’amélioration progressive et d’apprentissage collectif peuvent être rapprochés des cycles itératifs utilisés dans les méthodes Scrum ou Agile, où des rétrospectives régulières sont effectuées pour évaluer les résultats, tirer des enseignements et s’améliorer.
De plus, l’accent mis sur la qualité et la rigueur rappelle la quête de perfection qui sous-tend le travail d’équipe dans ces méthodes modernes.L’héritage industriel allemand
L’Allemagne, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, a marqué le monde par ses avancées industrielles et technologiques. Des entreprises comme Siemens ou Krupp, à la pointe de la technologie, se sont inspirées de la discipline prussienne et de la rigueur germanique pour optimiser leur production.
Ce souci de l’efficience organisationnelle s’inscrit dans une longue tradition de rationalisation, qui a trouvé un nouveau souffle dans les méthodes agiles contemporaines, où la gestion du temps et des ressources est essentielle pour maximiser la productivité.
Partie II – Application des principes organisationnels sous le IIIe Reich
Le « Führerprinzip » et l’autonomie contrôlée
Sous le IIIe Reich, le Führerprinzip (principe du chef) était la doctrine clef de l’organisation sociale, politique, et économique. Ce principe, basé sur une obéissance stricte et hiérarchique, ne semble au premier abord que peu compatible avec l’agilité, qui favorise la flexibilité.
Cependant, dans les faits, certaines applications de ce principe donnaient une autonomie limitée aux subordonnés pour exécuter les tâches selon leur propre initiative, tout en respectant les objectifs globaux fixés par la hiérarchie (tandis que les Länder n’étaient plus que nominaux, les cercles disparates avaient une certaines autonomies d’actions entre la SS, les SA, etc.).
Cette approche rappelle le « mission command » prussien et, à certains égards, les pratiques modernes de gestion, où les équipes sont laissées libres dans l’exécution des objectifs à court terme.L’effort de guerre et la rationalisation industrielle
L’une des contributions majeures du IIIe Reich dans l’organisation du travail réside dans la rationalisation de l’industrie de guerre sous la direction d’Albert Speer, Ministre de l’Armement à partir de 1942. L’optimisation des processus industriels pour soutenir l’effort de guerre est un exemple frappant d’une gestion centrée sur l’efficacité et l’amélioration continue, sans compter l’organisation du Ministère du Travail.
Des principes comme l’utilisation rationnelle des ressources, la gestion des délais et l’accélération des cycles de production rappellent les objectifs des méthodes agiles, qui cherchent à livrer des produits fonctionnels de manière itérative et rapide.
La décentralisation contrôlée et la flexibilité locale
Bien que le régime NS ait été « totalitariste », l’organisation de l’économie et de l’industrie a parfois fonctionné sur un modèle de décentralisation contrôlée. Les entreprises, bien que soumises à la planification centrale, avaient souvent la liberté d’organiser leurs processus internes de manière à répondre efficacement aux exigences de production.
Ce modèle, paradoxalement ou pas, préfigurait certains aspects des pratiques agiles actuelles..
Technocratie et productivité : la gestion par les ingénieurs
Sous le IIIe Reich, la gestion technocratique des entreprises par des ingénieurs a joué un rôle clé dans la productivité industrielle. Des entreprises comme IG Farben ou Siemens, mobilisées et même avant l’effort de guerre, ont dû adopter des méthodes de gestion innovantes pour maximiser la production dans un contexte de contraintes urgentes et extrêmes.
Cette approche basée sur la technocratie rappelle la façon dont les entreprises modernes s’appuient sur des équipes d’experts pour organiser le travail de manière itérative et agile, avec des processus d’adaptation rapide en fonction des résultats obtenus.
Conclusion
Les méthodes de travail contemporains, bien que formalisées récemment, sous une direction américaine, s’inscrivent dans une tradition ancienne de gestion flexible, collaborative et hiérarchique à la fois, que l’on retrouve dans la culture germanique et ledit Moyen Âge.
Le IIIe Reich, tout en imposant un modèle autoritaire, a développé des pratiques organisationnelles basées sur l’optimisation des ressources et une certaine autonomie locale, qui résonnent avec certaines méthodes contemporaines comme l’agilité.
Toutefois, si les mécanismes peuvent sembler comparables, les objectifs idéologiques et les contextes dans lesquels ces pratiques ont émergé sont profondément différents, ce qui limite l’analogie à des considérations humaines, techniques et structurelles.
« On peut même dire que tout le management moderne est issu des méthodes allemandes de cette époque.
(…) Il manquait un nom, car ce nom est tenu pour la synthèse de toute la science allemande du management moderne développée d’après les principes énoncées dans l’article et cet homme a formé dans son académie tous les cadres des grandes entreprises allemandes et d’Occident jusque dans les années 80, dans la mesure où on a donné ensuite dans les années 80 un autre nom à ses enseignements qui se résument dans ce principe : » le management par délégation de responsabilité ». Ledit nom c’est Reinhard Höhn qu’Arminn Mohler range dans la Révolution conservatrice allemande, car il fut le numéro 2 du Jungdo d’Arthur Mahraun. Ce surdoué typiquement allemand des années 20 et 30 avait de l’énergie à revendre. Après-guerre il a créé en 1956 à Bad Harzbourg l’académie célèbre de management, qui fut en quelque sorte la meilleure école de commerce du monde: Die Akademie für Führungskräfte der Wirtschaft, « l’académie pour les cadres de l’économie ».
Son école a eu un succès fou jusque dans les années 70 jusqu’à ce qu’on commence à s’intéresser à son passé et à ses engagements passés. La chute fut ensuite immédiate, mais ses théories sont aujourd’hui universelles et le management moderne doit tout à Höhn.
D’ailleurs l’analphabète, l’inculte et le bon à rien Chaputot s’est intéressé à Höhn et a écrit un livre sur lui en disant que tout le management moderne en Occident était « nazi ». »
David Veysseyre, missive du jour.

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