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Publié le par Florian Rouanet
Préambule :
Si le loisir studieux trouve grâce aux yeux des sages (lectures, dessins, etc.), le divertissement (jeux, écrans, etc.), lui, traîne une réputation plus sulfureuse. Pourtant, nul ne saurait vivre d’un labeur ininterrompu sans voir son esprit s’émousser !
Dès lors, comment distinguer le délassement bien ordonné du passe-temps stérile ? L’Aquinate & Cicéron nous offrent quelques lumières à ce sujet.
Nazis, Hitler en soucoupe sur Mars fait des live en go pro, Gobbels freestyle dans les pyramides, lune creuse et terre plate zbrrr !
Sommaire :
I. Le loisir, nécessité de l’âme
II. L’excès, chemin vers l’oisiveté
III. Jeux anciens & divertissements modernes
I. Le loisir, nécessité de l’âme
Dans un monde où productivité et efficacité sont devenues les maîtres-mots, il peut sembler suspect d’accorder du temps aux plaisirs gratuits. Pourtant, Cicéron nous met en garde contre une rigueur excessive :
« Il nous est permis d’user du jeu et des amusements, mais comme on use du sommeil et de tout autre délassement, après avoir satisfait à nos affaires graves et sérieuses. »
De même, Saint Thomas d’Aquin, toujours prompt à équilibrer rigueur & bon sens, affirme :
« La sagesse demande que l’esprit se repose après s’être appliqué aux choses que l’on doit faire. Or, on se procure ce repos de l’esprit par des jeux, soit en paroles, soit en actions. Il est donc permis quelquefois à l’homme sage et vertueux de s’accorder ces délassements. »
[Source : http://jesusmarie.free.fr/2a2ae_q168.htm]Ainsi, le jeu n’est pas en soi un mal, mais doit être un repos bien ordonné, nécessaire au bon fonctionnement de l’esprit. À condition toutefois qu’il ne devienne pas le but principal de l’existence, et surtout, que l’on remplisse en priorité son devoir d’état – on ne va pas s’allonger et se prélasser tandis que le robinet fuit pendant des heures !
De même, si vous avez étudié des choses (professionnelles, culturelles, religieuses, etc.) une demi-heure dans la semaine, mais que vous aviez « grillé » cent heures sur Super Mario, posez-vous des questions ! 😉
II. L’excès, chemin vers l’oisiveté
Le piège se referme lorsque le loisir se transforme en fin en soi, & non plus en simple pause récréative. À ce titre, les jeux vidéo & les réseaux sociaux d’aujourd’hui partagent une curieuse parenté avec les spectacles (du pain et des jeux, corrida, etc.) & jeux de hasard d’autrefois : chronophages, ils aspirent le temps comme un gouffre sans fond, très isolant, et sans être d’une grande utilité à l’homme !
Il est bien facile de céder à l’illusion qu’une heure de divertissement ne prête pas à conséquence, jusqu’à ce qu’on réalise que le soleil s’est couché & que nos devoirs sont restés en souffrance – compétence métier, étude de philo et théologie, prières quotidiennes, etc.
L’apôtre saint Pierre, scrupuleux parmi les scrupuleux (le travers inverse serait une insouciance incontrôlée !), n’a peut-être pas tort de s’inquiéter : combien prient cinq minutes mais jouent trois heures ?
S.S (Sa Sainteté, on vous voit venir les SS !), le Pape Pie XII, dans son encyclique sur le cinéma (Miranda Prorsus), mettait en garde contre ce même déséquilibre entre autres choses.
III. Jeux anciens & divertissements modernes
Là où jadis trois gladiateurs se livraient à une partie de latroncules entre deux combats, aujourd’hui, un jeune homme de vingt ans peut passer une après-midi entière à « cramer Rayman 3D » en multiplateforme.
Sans même s’en rendre compte, il troque un loisir intelligent & mesuré contre un divertissement qui ne le nourrit ni l’édifie…De même, préférez le sport, ou encore les jeux de société classiques, et en famille ou entre amis (communauté), à ceux virtuels, au pire, utilisés seul, et en ligne, à perte de vue et de temps…!
La question n’est donc pas de bannir toute forme de jeu, mais d’en fixer la juste mesure. Car s’il est permis – et c’est même un besoin légitime ! – de rire & de se détendre, il est bien sot de sacrifier à l’autel du numérique, et de consacrer aux futilités plus de temps qu’aux choses sérieuses. Après tout, le loisir n’est vertueux que s’il demeure un serviteur – & non un maître.
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