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Publié le par Florian Rouanet
Ou la contradiction schizophrène du modèle occidental post-Nuremberg
Préambule :
Le libéralisme, dans sa suite, tel qu’il s’est réimposé en Occident après la Seconde Guerre mondiale, est marqué par une dualité fondamentale : d’abord exaltant la liberté individuelle à outrance sous couvert d’émancipation, il finit par revêtir, sous l’effet des tensions qu’il génère, une parure sécuritaire et même autoritaire.
Cette transition, du « libéralisme libertaire » au « libéralisme sécuritaire », a été relevée surtout par divers penseurs de la gauche radicale/marxisante, tels que Michel Clouscard, Jean-Claude Michéa, Guy Debord (situationnistes) – et d’ailleurs popularisé par Alain Soral par rapport au sarkozysme et au sionisme -, lesquels ont dénoncé les contradictions inhérentes à ce modèle imposé aux nations européennes par l’hégémonie américaine et le tribunal de Nuremberg.Nous nous emparons de cette critique en tant que nationaliste français, non pour en partager l’idéologie sous-jacente, mais parce qu’elle met en exergue une vérité fondamentale : le libéralisme anglo-saxon, en sapant les structures traditionnelles des sociétés occidentales, engendre à terme son propre contrepoison sous la forme d’un contrôle accru des populations – que ce soit au nom d’un vaccin ou sous le poids de l’immigration massive.
Cette évolution nous invite à méditer sur le dilemme séculaire entre liberté et sécurité, dont la résolution ne peut être que nationale et enracinée.
En effet, s’il faut de la liberté pour se sentir heureux, il faut à l’homme un minimum de confort et de sécurité, pour pas qu’il craigne pour sa vie, et surtout des êtres qui lui sont chers – femme, enfants.Ce texte a été inspiré lors de ladite tyrannie sanitaire, subie lors de la crise Covid-19, laquelle nous avait marquée !
Repaîtrons-nous des réflexions issues de cette période d’opposition directe !
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Sommaire :
I. Le libéralisme libertaire : une illusion dissolvante
II. L’émergence du libéralisme sécuritaire : un garde-fou nécessaire ?
III. Le dilemme fondamental : liberté contre sécurité
IV. Vers une alternative nationale : restaurer l’harmonie du politique☧
I. Le libéralisme libertaire : une illusion dissolvante
Le libéralisme tel qu’il s’est imposé après 1945, mais dans une fidélité aux courants des révolutions américaine et française, repose sur une apologie des libertés individuelles, devenues absolues et affranchies des cadres naturels.
La sexualité, la consommation, les modes de vie, l’individualisme économique, tout devait être « libéré des contraintes » que représentaient Dieu, le travail, la famille, la patrie.
Michel Clouscard dénonçait cette supercherie comme une simple mutation du capitalisme, où la permissivité des mœurs servait de contrepartie à l’exploitation économique.Guy Debord, dans La Société du spectacle, montrait comment cette liberté n’était qu’un leurre : un consumérisme effréné, présenté comme une libération de l’individu, mais conduisant à son aliénation la plus totale par « le marché » et la publicité.
Quant à Jean-Claude Michéa, il soulignait notamment l’incompatibilité foncière entre un libéralisme sans limites et l’idée de communauté, insistant sur le fait que la destruction de l’ordre social aboutit inévitablement à une demande de contrôle accru de la part de l’État. Cela ne correspond donc pas en un affranchissement honnête de l’homme.
La fin des années 1960, avec Mai 68, en promouvant les thèses libertaires, les droits subjectifs, la contestation permanente des hiérarchies, croyait offrir à l’homme une autonomie totale.
Pourtant, en sapant les cadres institutionnels (famille, nation, religion), cette révolution a laissé un vide abyssal et logique que seul le marché et l’État (vidés d’assises) allaient combler à leur manière.II. L’émergence du libéralisme sécuritaire : un garde-fou nécessaire ?
Loin d’avoir produit l’homme autonome et responsable qu’il annonçait, le libéralisme libertaire a engendré des sociétés atomisées, incapables de se réguler elles-mêmes. Une anomie profonde s’est installée, accompagnée de l’explosion de l’insécurité, du communautarisme et du rejet des structures d’autorité traditionnelles.
Face à cette montée du chaos, l’État, pourtant garant initial de cette dissolution, adopta une posture de contrôle renforcé. L’idéologie permissive laissa place, dans un mouvement dialectique inévitable, à un pouvoir sécuritaire qui prétendait endiguer les excès qu’il avait lui-même engendrés. Ce phénomène est particulièrement visible aux États-Unis et en Europe de l’Ouest, où la lutte contre la criminalité, le terrorisme ou l’immigration clandestine, justifie l’accroissement des dispositifs de surveillance et des atteintes aux libertés fondamentales de la population, de souche surtout.
Cette mutation est l’aveu implicite de son échec : ayant détruit les structures sociales organiques, il se trouve contraint d’intervenir directement et même brutalement pour réguler les tensions qu’il a créées.
III. Le dilemme fondamental : liberté contre sécurité
Le passage du libéralisme libertaire au libéralisme sécuritaire met en lumière l’antagonisme séculaire entre liberté et sécurité.
Si une société accorde trop de libertés individuelles, elle se condamne à une fragmentation qui débouche inévitablement sur une demande d’ordre. À l’inverse, si elle privilégie l’ordre au détriment des libertés, elle risque l’étouffement et la révolte.Cet équilibre fragile est au cœur de la philosophie politique moderne depuis Hobbes et Locke. Hobbes, avec son Léviathan, prônait un État fort garant de la sécurité, tandis que Locke défendait la nécessité de préserver les libertés individuelles contre les empiètements du pouvoir. Mais ces penseurs raisonnent dans un cadre abstrait, ou le libéralisme fait déjà profession de foi, là où la réalité historique montre que seules des institutions enracinées, patriotiques, et aujourd’hui vues comme fascisantes, permettent de maintenir un équilibre stable !
Dans le contexte actuel, cette dialectique se résout presque toujours au profit du libéralisme économique, qui exploite tour à tour l’anarchie et la répression pour mieux asseoir sa domination. Il instrumentalise la liberté lorsqu’il s’agit de briser les résistances collectives et invoque la sécurité lorsque ses propres excès menacent de le faire vaciller.
IV. Vers une alternative nationale : restaurer l’harmonie du politique
Si la critique marxisante, fidèle à elle-même, réduit tout à l’économie et à la finance, soyons complets et plutôt que de dénoncer : un libéralisme économique, dénonçons les fondements du libéralisme philosophique, selon les régions doctrinales de la contre-révolution catholique !
Face à ce double écueil, il convient de restaurer une alternative politique fondée non sur un libéralisme fluctuant au gré des intérêts du marché, mais sur une conception organique et intégrale politique. La seule voie de salut réside dans la restauration des structures traditionnelles de la nation :
- Une réhabilitation de l’autorité légitime, non pas celle d’un État technocratique, machiniste et abstrait, mais celle des institutions enracinées dans l’histoire et la culture d’un peuple.
- Une redéfinition des libertés non comme un absolu individualiste, mais comme une articulation harmonieuse entre droits et devoirs.
- Un retour à une conception du bien commun, où l’économie est subordonnée à la politique, et non l’inverse.
Le nationalisme tempéré que nous défendons ne saurait tomber dans les travers d’un autoritarisme étatique purement technicien, ni céder à l’illusion d’une liberté sans limites. La sécurité et la liberté ne doivent pas être pensées comme des pôles antinomiques, mais comme deux aspects complémentaires d’un ordre juste, où la tradition garantit l’harmonie du corps social.
Σ
Conclusion
Problème : Ainsi, loin d’être inexplicable, la transition du libéralisme libertaire au libéralisme sécuritaire s’explique par la logique propre au système occidental issue de 1789 et post-1945. Loin d’avoir libéré l’individu, il l’a soumis à un double joug : celui du marché et celui de la répression sécuritaire.
Solution : Il nous appartient donc, en tant que nation, de retrouver l’équilibre perdu, en redonnant au politique sa primauté sur l’économique et en rétablissant un ordre qui conjugue liberté et autorité, enracinement et modernité maîtrisée.
Approfondir :
Michel Clouscard, dans son ouvrage Le Capitalisme de la séduction (1981), analyse la transition du capitalisme vers une forme qu’il qualifie de « libéralisme libertaire ». Il y critique la manière dont le capitalisme récupère les aspirations libertaires pour mieux asseoir sa domination.
Clouscard écrit : « Le capitalisme a viré à gauche au niveau politico-culturel et a viré à droite au niveau économico-social. »
Il souligne ainsi la contradiction d’un système qui prône la permissivité culturelle tout en renforçant les inégalités économiques.
Comprendre et lutter contre l’avènement du néo-capitalisme avec Michel Clouscard – Le Comptoir
Jean-Claude Michéa, dans ses essais, dénonce également cette évolution. Il critique le libéralisme culturel de gauche, l’accusant de favoriser l’extension du capitalisme en dissolvant les liens sociaux traditionnels.
Michéa affirme que cette alliance entre libéralisme économique et culturel conduit à une société où les individus, prétendument émancipés, deviennent en réalité des consommateurs isolés, dépourvus de repères communs.
Guy Debord, dans La Société du spectacle (1967), anticipe cette critique en analysant la manière dont le capitalisme moderne transforme toutes les relations sociales en images et spectacles.
Il écrit : « Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image. »
Debord met en lumière la façon dont le capitalisme spectaculaire réduit les individus à des spectateurs passifs, absorbés par des représentations illusoires de la réalité, masquant ainsi les véritables rapports de pouvoir et d’exploitation.
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