• Bon et mauvais larrons, ou comment revivre l’épisode christique



    Méditation sur la Justice et Miséricorde Divine avec Gestas & Dismas

  • Ou la rencontre des deux chemins opposés, sur le bois de la Croix

    Résumé introductif :
    Le récit évangélique des deux larrons (le bon et le mauvais), crucifiés aux côtés du Christ, illustre l’opposition radicale entre l’orgueil de l’impénitence et l’humilité du repentir.

    La tradition catholique, éclairée par les Pères de l’Église et le magistère de l’Église, offre une lecture poussée de ce drame unique, où justice et miséricorde de Dieu se manifestent pleinement.


    Sommaire :

    I. Avant la Crucifixion : deux vies parallèles
    II. Sur la Croix : le dialogue entre ciel et terre
    III. L’héritage spirituel : le bon larron comme modèle de conversion


    I. Avant la crucifixion : deux vies parallèles

    Dismas, le bon larron, et Gestas, le mauvais larron, sont des figures emblématiques de l’humanité pécheresse. Bien que l’Évangile ne détaille pas leur passé, la tradition chrétienne et les commentaires des Pères de l’Église nous en offrent une esquisse édifiante.

    Gestas, symbole de l’homme endurci, aurait mené une vie de violence et de révolte, s’opposant au bien et méprisant la loi divine.

    Quant à Dismas, bien que lui aussi coupable de méfaits, des récits apocryphes comme l’Évangile de Nicodème laissent entendre qu’il nourrissait une certaine conscience de ses péchés.

    Saint Ambroise, dans son commentaire sur la Passion, rappelle :
    « Les deux larrons avaient également transgressé la loi, mais l’un d’eux, frappé par la lumière divine, se détourna de l’iniquité pour s’attacher à la justice. »

    Ainsi, avant même la Crucifixion, les choix spirituels de ces deux hommes se dessinent : l’un persistant dans l’aveuglement, l’autre prêt à s’ouvrir à la grâce – il fait même une profession de foi public.


    II. Sur la croix : le dialogue entre ciel et terre

    L’Évangile selon saint Luc (23, 39-43) nous livre un échange mémorable entre les deux larrons et le Christ, véritable apogée de ce drame. L’abbé Augustin Crampon traduit ainsi ces versets :

    Gestas – « L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait, disant : “N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même et nous aussi.”

    Dismas – Mais l’autre, le reprenant, dit : “Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même peine ? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal.”

    Et il dit à Jésus : “Seigneur, souvenez-vous de moi, lorsque vous serez entré dans votre royaume.”
    Et Jésus lui répondit : “En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.” »

    Ce passage manifeste un contraste saisissant : Gestas, plein de mépris et de défi, incarne l’orgueil d’Adam, ou de Satan, refusant de reconnaître sa faute. Dismas, quant à lui, devient l’archétype du pécheur repentant, reconnaissant la justice divine et implorant la miséricorde.

    Les Pères de l’Église virent dans ce dialogue une leçon éternelle. Saint Cyrille d’Alexandrie affirme que le bon larron, en confessant ses péchés, reçut la grâce du baptême spirituel, lavé par le sang du Christ qui coulait sur la croix.

    Saint Augustin, dans son Sermon sur la Passion, ajoute :
    « Celui qui fut voleur sur terre devint héritier du ciel, car il vit dans l’Homme crucifié un Roi, et dans sa croix un trône. »


    III. L’héritage spirituel : le bon larron comme modèle de conversion

    L’histoire de Dismas résonne à travers les siècles comme un appel à l’espérance, car sa conversion, survenue dans les derniers instants de sa vie malsaine, témoigne de l’immensité de la miséricorde divine.

    Le bon larron est devenu un saint dans la tradition chrétienne. Dismas est souvent invoqué par ceux qui désespèrent de leur Salut.

    Son exemple nous enseigne trois vérités fondamentales :

    1. Le salut est un don gratuit de Dieu, mais il exige l’humilité et la foi.
    2. Le repentir sincère peut effacer les péchés les plus graves.
    3. La justice divine n’est jamais séparée de la miséricorde.

    Saint Thomas d’Aquin, dans sa Somme théologique, souligne à propos que :
    « L’humilité du bon larron lui fit mériter la rémission totale de ses péchés, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais donne sa grâce aux humbles. »


    Puissions-nous, à son exemple, nous tourner vers le Sauveur avec un cœur contrit et confiant.

    Gestas, exemple contraire et à ne pas immiter, mérite l’Enfer, dans l’infini justice de Dieu, si celui-ci ne s’est pas repenti jusqu’au dernier instant !

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