• Analyse : « Théorie du racisme » de René Binet (Florian Rouanet)



    Manifeste succint et rude sur l’homme

  • Mise au point :

    Ceux qui nous suivent le savent, nous nous caractérisons par une certaine liberté de ton, sans être trop pamphlétaire, mais faisant pour le coup preuve d’une véritable ouverture d’esprit. Le pilpoul, le deux poids deux mesures, le double jeu et le billard à trois bandes ne font guère partie de notre culture.

    En effet, le sujet n’empêche pas que notre universalisme affiché soit sincère, car celui-ci n’empêche pas la particularisation des peuples et des races, au contraire, comme dans la philosophie thomiste en matière de Bien commun, les parties complètent le tout. Nous apprécions sans opposition aucune à la fois le nationalisme des fascistes, et l’universalité de l’humanisme français.

    Seulement voilà, c’est que de nos jours, plus rien n’existe (« tout devient relatif », c’est la seule chose absolue) : les races, les sexes et les nations ont vocation à disparaître, à se fondre dans le néant. Plus rien n’existe, excepté une « certaine chambre » ou le covid19 évidemment. Le relativisme gangrène donc tout, sauf précisément les quelques points névralgiques du système politique actuel.

    Toutefois, s’il est fort courageux de s’affirmer raciste après 1945, nous rejetons les explications trop mono-causales qu’elles soient de cette nature, complotiste ou pro-éducative (les gauchistes, croyant être rousseauitste, n’ont que l’éducation et la « kulture » à la bouche). Le fascisme est déjà plus complet dans sa réponse multi-factorielle, naturelle et politique.

    N’ayons pas une grille de lecture réductrice en ne retenant qu’une seule caractéristique humaine, au risque de se planter lourdement dans notre analyse globale. Les choses sont souvent complexes lorsque l’on parle de société politique, à cause de la part accidentelle des choses, de la multiplicité des contextes et des mentalités. Et s’il existe des cloisonnements raciaux, ceux-ci ne sont pas aussi absolus pour autant.

    Auteur :

    René Binet, tout en jouissant d’une certaine renommée au sein de la Nouvelle droite, n’est pas aussi connu que Robert Brasillach ou que Maurice Bardèche, mais il ne demeure pas des moindres parmi les auteurs de type « révolutionnaire conservateur » si vous me permettez un abus de langage. On repense ici à son « Socialisme national contre marxisme ». C’est un homme est passé du trotskysme au fascisme, ayant vécu 10 ans avant Pierre Sidos et ayant connu l’après-guerre également. D’ailleurs, les deux hommes se sont un peu pratiqués. R.B. se révèle être un raciste collectiviste en chef, un Tsar Rouge, un néo rouge brun, assez paganisant dans ses réflexes.

    Sa bibliographie est néanmoins digne d’intérêt et rendrait de signalés services aux tenants de la gauche radicale.

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    Analyse de l’ouvrage :

    C’est une sorte de manifeste et il est donc trop succinct par définition. Nous n’en partageons pas tout le contenu, loin de là. Cependant, le tout demeure très intéressant à décortiquer.

    Binet ne rejette pas la dialectique marxiste de façon épidermique, il pense juste adopter un point de départ plus vrai, plus juste, plus organique. Avant la classe, où l’outil le travail, il y a l’homme – qui est notamment un inventeur d’outil. Il apporte une preuve probante de cette imposture par ce biais, mais nous allons pousser ce point.

    Ainsi, nous retrouvons dans cet ouvrage une critique non malveillante du marxisme et une philosophie politique en faveur du vitalisme sans le nommer. L’auteur pense par ailleurs que la lutte des classes se substitue faussement à la lutte des races – pensée marquée comme perpétuelle dans l’histoire humaine – à la façon du génie rhétorique d’Alain Soral qui se plaignait du dépassement de la lutte des classes par ladite lutte des sexes dans les premières années 2000 à la télévision.

    Il s’agit d’un fascicule qui nous rappelle à nous les principes de « racisme universel » que défendait Reynouard dans l’un de ses anciens « plaidoyers » même si le traitement y est très différent. Toujours est-il qu’il s’agit de valeurs très masculines (les femmes étant naturellement plus poussées au matérialisme et à l’a-patriotisme, ne demandant que la protection et la stabilité d’un foyer pour « mettre bas » lorsqu’elle n’est pas dégénérée).

    Le fond du texte est assez zoologique et darwinien – inspiration de la biologie XIXe germanique entre autres. Ici, on pourrait justement ajouter que selon une pure logique de Darwin – notions de survie des espèces – que la race blanche est littéralement au quatrième sous-sol gauchiste, suicidaire, et que sa place, si elle ne se réveille pas bientôt, en revenant à des principes sains, solides et naturels, est vouée à disparaître définitivement de la surface de l’Occident (en particulier en Europe de l’Ouest).

    Une lecture des larges périodes de l’histoire est effectuée de l’Antiquité au monde post-45 (années 50), mais là aussi il y aurait à redire tant on ne saisit pas toute la quintessence de la pensée de l’auteur à cause des vues accélérées à propos de l’Antiquité, du Moyen-Âge, de la Renaissance, de la Révolution ou de l’industrialisation du XIXe. On sent bien que l’auteur se défend et rejette tout à fait les émules de 1789 et la fausseté de la bourgeoisie conservatrice – doublement à juste titre –, toutefois on ne décèle pas toujours la cause qu’il tente de dénoncer dans son opposition à l’anti-racisme en règle générale. Effectivement sinon, c’est bien la cerise sur le gâteau, lorsque Binet flingue les bourgeois conservateurs, on croyait retrouver Démocratie Participative à l’égard de la droite antiraciste actuelle style Valeurs actuelles ou Philippe de Villiers.

    Ce qui change la donne aussi, en ce qui concerne la société post-moderne (structuralisme, déconstructivisme), c’est que ce ne sont plus les meilleurs anthropologiquement qui sont promus et présents aux bons postes. C’est d’ailleurs ce qui est exprimé dans diverses réflexions, mais le positionnement exprimé reste simpliste et un peu trop victimaire, nous avons l’impression que le capitalisme ne venait pas des Blancs, que c’était accidentel, mais que certains en ont profité tout en broyant et brocardant les sociétés naturelles.

    À propos de notre déchéance, préférons l’analyse de Veysseyre concernant la destruction de l’exigence sociale et éducative comme moyen d’implosion des sociétés traditionnelles post-45. Sa théorie faite d’amertume et de réalisme selon laquelle la destruction méthodique a été opérée dans ce pays par des sous-prolétaires montés trop vite en grade pendant les 30 Glorieuses, sans satisfaire les exigences anthropologiques traditionnelles nécessaires (culture, conscience des héritages, bon goût, vertueux) donc, est à impatroniser au sein de la droite radicale.

    Il y a quelques remarques subtiles ou violentes, parfois exactes, à l’égard des Juifs et des « métèques de toute sorte ». Pour des raisons de contexte, il n’est pas directement question de guerre civile et raciale, mais l’auteur sentait venir le problème pareillement. Il évoque aussi l’avenir et les soucis démographiques, ce qui lui donne de nouveau une actualité.

    Cela fait un peu célinien sur le fond, en moins littéraire et en plus doctrinal cependant. C’est un inégalitariste pur jus, en faveur du rétablissement de la valeur du travail, et il est pour une forme d’auto-détermination – ce qui est louable. Bien qu’il ne connut pas l’ère transhumaniste, il la pressentait peu ou prou, et il pose des bases qui en étaient la négation d’avance ; idem pour le Great Reset économique, intrinsèque à la logique capitaliste entrée en crise.

    À la fin, Binet traite de social, de littérature et de science à sa façon. Il cerne bien qui sont les destructeurs qui vont amener avec eux de lourds évènements de déperditions comme mai 68. Enfin, il y a un certain scientisme chez lui, même si bien sûr, le sien reste plus concret que celui de n’importe quel barjot contemporain et déconnecté. Il termine en une série de conclusions combattives de bon aloi aussi. Son petit programme de conclusion n’est pas celui du « Rassemblement National 2022 » c’est le moins que l’on puisse dire, et cela va bien plus loin qu’une simple inversion des flux migratoires lesqueniste également.

    Dernier point positif : les faibles et les sensibles, qui disent subir le racisme tous les jours, pourront in fine découvrir dans ce cas ce qu’est un véritable raciste et suprémaciste assumé. Le discours de René Binet est en plus assez hitlérien, y compris dans ses formes.

    Ce que nous avons adoré c’est son rejet original du capitalisme, voilà qui est digne d’intérêt. Le meilleur du contenu est lorsque les lois naturelles, et en particulier la famille, sont défendues avec véhémence.

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    La suite en citations (livre) !


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