• Antiquités, druides, celtes et christianisme



    Transition européenne du paganisme au christianisme.

  • Voici un documentaire très intéressant et bien sourcé, mais manifestement pas réalisé par des catholiques intransigeants. Il y a des parallèles stupéfiants et réels dans ce reportage (vieux clergé et annonce de Marie chez les païens, occidentaux et Juifs, etc.), mais le récit nous mène au final vers une théorie syncrétiste très dommageable et potentiellement délétère pour un auditoire ignare, voire simplement non-chrétien.

    Après mise en garde, nous pouvons avouer en revanche que : prenant de l’ampleur durant l’Antiquité tardive, les chrétiens, ont bien dû s’inspirer intellectuellement du meilleur (sinon du compatible) qui se retrouvait dans les œuvres des païens qui les ont précédés. Même dans les périodes nouvelles, on ne fait jamais totalement table rase du passé, c’est une lubie de penser le contraire, car il y a toujours des restes et certain continuum dans l’histoire. Et pour l’aspect « culturel », le christianisme s’accommode volontiers du bon dans toutes les cultures puisqu’il est universel.

    Et bien qu’il soit injuste de dire que le christianisme « doit quelque chose au paganisme » (dans le sens où la Parole de Dieu se suffit par Elle-même), nous pouvons reconnaître qu’il y eut un accommodement ou une influence de la culture européenne d’alors (réalisme, surpassement, ordre naturel…) – saint Jérôme ne s’accusait-il pas d’avoir un attachement trop grand envers cette richesse culturelle païenne ?

    Il est aussi d’une richesse inestimable de s’intéresser à ce qui subsiste de cet héritage ancestral à travers le temps, de la même façon que Jean Haudry a remis sur table le thème de la « société tri-fonctionnelle » indo-européenne comme ayant subsisté dans le Moyen Âge chrétien dans les années 80 avec son « Que sais-je ? » (oratores, bellatores, laboratores). Le christianisme transfigurera par la Grâce cette nature saine que nos ancêtres antiques avaient promue.

    Nous avons ouï dire que pour certains néopaïens tout cela n’étaient que des allégations sous prétexte que les textes antiques ont été réécris de multiples fois. Si cela s’avère vrai, il y eut tout de même une relative fidélité de transmission d’une part, et d’autre part c’était aussi un classique même dans le paganisme, y compris chez les indo-européens, d’avoir un dieu qui naissait d’une Vierge : ici Mitra en l’occurrence.

    Enfin, ajoutons à propos de cette transition qu’à la suite de Socrate, de Platon et d’Aristote, et à leurs images, les païens ne croyaient déjà plus trop à la multiplicité des dieux, ou tentaient du moins de remonter à un dieu dont découlerait tous les autres.

    Après tout, comme l’enseignait Pie XII de sa chaire, notre civilisation est d’une constitution fondamentalement helléno-chrétienne :

    « Vous venez de Grèce. Rien qu’à nommer votre patrie, on a l’impression de faire chanter tout un poème d’histoire et de civilisation. L’antique Hellade, ou plutôt le génie de son peuple, a enrichi toute l’humanité des trésors de sa langue et de sa littérature, de ses conceptions et de ses institutions politiques, des merveilles de son art et de sa philosophie, avec une telle profusion, une telle variété, une telle universalité, que l’on a pu, non sans raison, reconnaître dans l’hellénisme la racine et la culture naturelle de l’occident, comme on a reconnu celle de sa culture spirituelle dans le christianisme (…). »

    « Durant l’Antiquité, les druides forment un Clergé païen. Grâce à des textes médiévaux français, on sait que les druides annoncent déjà la venue d’une femme vierge qui doit mettre au monde un dieu.

    Diviciac est le seul druide gaulois bien connu de l’Antiquité. Il participe activement à la guerre des Gaules.

    Grâce à lui, Autun devient la capitale universitaire de l’Occident.

    D’autres figures gauloises s’imposent : les druides Sacrovir et Maric, le général Vindex et la belle Eponine…

    Et Postume le trop méconnu Empereur des Gaules.

    Avec les siècles, la prophétie druidique s’accomplit et l’Empire devient chrétien. Si mon documentaire vous a plu, vous pouvez me soutenir par un don. »

    Description YouTube sur Pro Gallia.

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    « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. »

    Saint Matthieu 5:17.


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  • 1 commentaire




    La continuité du paganisme au catholicisme, tant reprochée à l'Église par les protestants, est le fruit du pragmatisme et un choix excellent : on ne jette pas le bébé avec l'eau de son bain, et les adeptes de la tabula rasa sont des destructeurs. Aussi je souscris à tout votre article, et remarque que certains qui se réclament d'Odin ou d'autres rites défunts, pour être plus aryen que les Aryens, se retrouvent dans la cabale finalement, et prêtent leur concours à tout ce qui détruit notre lien véritable avec notre passé. | Et bien sûr tomner dans l'excès inverse, consistant à assimiler l'Église entièrement au paganisme, c'est revenir à ces ésotérismes et à leur « loge ».


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