• Discours de S.S. le Pape Pie XII à un groupe de journalistes Grecs (20 avril 1948)



    Hellénisme et Christianisme, les piliers d’Occident.

  • « Recevez de Nous, Messieurs, l’accueil le plus cordial. Vous venez de Grèce. Rien qu’à nommer votre patrie, on a l’impression de faire chanter tout un poème d’histoire et de civilisation. L’antique Hellade, ou plutôt le génie de son peuple, a enrichi toute l’humanité des trésors de sa langue et de sa littérature, de ses conceptions et de ses institutions politiques, des merveilles de son art et de sa philosophie, avec une telle profusion, une telle variété, une telle universalité, que l’on a pu, non sans raison, reconnaître dans l’hellénisme la racine et la culture naturelle de l’occident, comme on a reconnu celle de sa culture spirituelle dans le christianisme.

    Non, certes, que le christianisme soit le monopole d’une forme particulière de civilisation. Il s’adapte aisément à toutes, il les purifie toutes, il leur donne à toutes le fini de leur caractère propre, en les orientant vers Dieu, vers l’autre vie, l’éternelle, et, par le fait même, il les perfectionne toutes selon le sens du véritable et sain humanisme. Il n’en est pas moins vrai que, chronologiquement, c’est d’abord sur cette culture, dont l’hellénisme est la racine, que la religion chrétienne est venue se greffer. Et si, au cours des siècles, elle a réalisé progressivement cette fusion féconde, le point de départ de ce progrès n’est-il pas dans les écrits du Nouveau Testament, dont la langue originale est le grec ?

    Dans la crise dramatique de l’heure présente, dans la lutte dont la culture occidentale est l’enjeu, tout au moins sur le sol européen, est-ce donc par un pur hasard que la Grèce et son peuple se trouvent aujourd’hui sur le front de bandière ?

    Dieu bénisse votre patrie ! Avec toute l’attention de Notre esprit, avec toute la sollicitude de Notre cœur, Nous avons suivi, jour par jour, pourrions-Nous dire, le cours des évènements dont elle est le théâtre depuis 1940, donnant au monde le spectacle de ses souffrances et de sa détresse, de sa résistance et de son héroïsme.

    Qu’une toute spéciale bénédiction descende sur ces familles désolées, sur ces pères et mères, victimes — dans leurs enfants incomparablement plus que dans leur propre chair — d’inhumains traitements ! Que la bénédiction de Dieu soit sur vous-mêmes, pour que, avec son secours, vous puissiez vous acquitter, toujours plus fructueusement et selon sa sainte volonté, des devoirs de votre profession ! »

    Discours et messages-radio de S.S. Pie XII, X. Dixième année de pontificat, 2 mars 1948 – 1er mars 1949, pp. 59-60. Typographie polyglotte vaticane.


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