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Publié le par Florian Rouanet
L’honnêteté intellectuelle à l’épreuve du complotisme...
Donnons, pour une fois, un peu de place aux potins d’extrême droite. Ce milieu, théâtre de la fidélité trahie, regorgeant « d’érudits », de trésors insoupçonnés et de querelles d’anthologie où l’anathème se retrouve être plus rapide que l’ombre de Lucky Luke….
Les rivalités y atteignent un degré de raffinement quasi-byzantin, entre géopolitique et égos surdimensionnés. Ainsi, le triptyque du perdant reste le suivant : pureté doctrinale, ennemis et auto-excommunications.Mais passons, en effet, suite à une critique de Pierre Hillard par Alain Soral – « Au commencement était le Maître du Logos ! » – certains cercles conspirationnistes « activistes » ont jugé bon de (re?)dénoncer l’hebdomadaire Rivarol, l’accusant notamment de complaisances marcionnistes.
Toutefois, ces derniers se sont bien gardés de mentionner la mise en garde de La Rédaction, ce qui relève d’une pratique « proprement déshonnête ».Nous touchons ici au cœur du complotisme : l’absence de charité, envers ce qu’ils considèrent comme l’ennemi. Or, nul ne saurait combattre l’adversaire par le mensonge et l’omission, comme le ferait le dernier des pharisiens et autres vils scribes.
Évangile selon saint Matthieu, 7,3-5, traduction de l’abbé Crampon :
« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? […] Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »Voici la coupure de presse qui a largement circulé :

La critique adressée à Pierre Hillard apparaît d’autant plus malhabile qu’elle revient, en définitive, à attaquer sa fidélité à la profession de foi catholique. S’il est un terrain où l’on peut légitimement le critiquer, arguments à l’appui, ce n’est certes pas celui-ci, et encore moins sur ses diplômes (Rochette), ou sur son postérieur (Amalek).
Plutôt, faudrait-il examiner son inclination pour un surnaturalisme à la manière du Marquis de la Franquerie, couplé à un complotisme judéo-maçonnico-centré – fût-il exact sur bien des points ! – ainsi qu’éventuellement, l’esprit de boutique ambiant – et non l’inclination au Bien commun –, chez lui comme chez tant d’autres.Et voici, enfin, la mise en garde du directeur de publication, Jérôme Bourbon :
[1] Qu’Alain, pour lequel j’éprouve la plus profonde considération du fait de son courage, de sa lucidité, de sa ténacité, de son intelligence, de sa culture, de son grand talent, de ses fulgurances conceptuelles exceptionnelles, me permette de n’être pas d’accord avec lui sur ce point.
S’il peut en effet être extrêmement dangereux de lire l’Ancien Testament de manière personnelle et littérale – c’est pourquoi l’Église en a longtemps interdit la lecture aux fidèles ! –, en revanche, s’il est lu et interprété, comme il doit l’être, à la lumière du Nouveau Testament, alors on s’aperçoit que de nombreuses pages nous parlent du Christ, de son avènement, de sa naissance à Bethléem (prédite par le prophète Michée), de sa Passion et de sa mort (voir entre autres les magnifiques pages d’Isaïe à ce sujet), de sa résurrection et de son triomphe à Pâques (dont le passage de la mer Rouge était une figure, tout comme l’agneau pascal annonçait l’Agneau immolé qui efface le péché du monde), etc.
C’est l’Église catholique qui est le nouvel Israël et il en va du peuple juif comme de la chrysalide vis-à-vis-du papillon. Quand le papillon naît et prend son envol, la chrysalide disparaît. Les juifs, peuple artificiel créé par Dieu, n’ayant pas, pour la plupart d’entre eux, reconnu le Messie qu’ils avaient pourtant la mission d’annoncer et de reconnaître, le judaïsme talmudique (tant dans sa dimension religieuse que politique et sociétale) est depuis deux mille ans, comme l’enseignent les Pères de l’Église, l’instrument privilégié par Satan pour détruire les nations, la morale, la civilisation, la vraie religion et conduire les âmes en enfer. Et c’est ce que l’on voit plus que jamais aujourd’hui sous nos yeux.
Jérôme Bourbon – Entretien paru dans le numéro 3645 de Rivarol du 22 janvier 2025
P.S. Mention depuis le Repaire de Monsieur K :

Le retour sur le ring – Entretien avec Alain Soral dans Rivarol

(Néo)Marcionite : naufrage théologique et imposture politique
La correction qu’apporte l’aumônier de Civitas aux élucubrations « théologiques » d’Alain Soral

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