• Contre le feeneyisme et mise au point sédévacantiste



    « Père » Feeney sur le Baptême – d’eau, de désir et de sang

  • Résumé introductif :
    Le feeneyisme, né des « enseignements » illégitimes du père Leonard Feeney, rejette les modalités de baptême de désir et de baptême de sang. Cette position, bien que se réclamant d’un zèle pour le dogme « Hors de l’Église, point de salut », a été jugée contraire à l’enseignement constant de l’Église catholique. Cet article démontre, à partir de textes magistériels (pré-1958 évidemment), que le salut peut inclure ces deux formes extraordinaires de baptême, tout en précisant les conditions d’une juste critique du modernisme.


    Sommaire :

    I. Doctrine du père Feeney et ses erreurs fondamentales
    II. Les trois formes de baptême : eau, désir et sang
    III. Enseignement magistériel
    IV. Contre les ambiguïtés dudit « sédévacantisme »


    I. Doctrine du père Feeney et ses erreurs fondamentales

    Celui qui disait qu’avoir une TV à la maison était équivalente à avoir un Juif dans son salon, le père Leonard Feeney, ex-prêtre jésuite américain, n’est pas toujours recommandable !
    En effet, il défendit, par rigidité mal placée, une interprétation erronée du dogme « Extra Ecclesiam nulla salus », soutenant que le salut n’est possible que pour les âmes baptisées d’eau et membres explicites de l’Église catholique. Il rejeta donc catégoriquement les notions traditionnelles de baptême de désir et de baptême de sang. En outre, il est également hétérodoxe sur d’autres sujets comme ses conceptions sur la sainte Vierge…

    Néanmoins, cette position fut condamnée par le Saint-Office dans une lettre adressée à l’archevêque de Boston en 1949. Ce document précisa que, bien que le baptême d’eau constitue le moyen ordinaire de salut, le baptême de désir (desiderium baptismi) et le baptême de sang (sanguinis baptismus) sont des moyens extraordinaires reconnus par l’Église.

    « Il n’est pas nécessaire pour le salut qu’une personne soit effectivement inscrite comme membre du corps de l’Église, mais il suffit qu’elle y soit unie par un vœu ou un désir. » (…)

    « Ce vœu doit toujours être un acte parfait de foi et de charité ; et ce désir ne peut être efficace que si la personne possède une foi surnaturelle. »

    Lettre doctrinale du Saint-Office adressée à Mgr Richard Cushing, archevêque de Boston, en date du 8 août 1949.

    Traduit du latin vers le français.

    En 1953, le père Feeney fut excommunié pour désobéissance après avoir refusé de se soumettre à l’autorité de Rome. Cette excommunication ne portait pas seulement sur des questions de discipline, mais soulignait la fausseté théologique de ses thèses.

    Source plus complète :
    « Décret du Saint-Office excommuniant le R.P. Leonard Feeney, S.J. » (1953). La Porte Latine.


    II. Les trois formes de baptême : eau, désir et sang

    L’Église catholique enseigne que le baptême, nécessaire au salut, peut être reçu selon trois modalités :

    1. Le baptême d’eau (aqua) :
      Forme ordinaire du sacrement, il consiste en l’ablution sacramentelle avec invocation trinitaire, conférant la grâce sanctifiante et rendant l’âme membre du Corps mystique de l’Église.
    2. Le baptême de désir (desiderium) :
      Désigne l’intention explicite ou implicite de recevoir le sacrement de baptême, associée à une contrition parfaite. Saint Thomas d’Aquin précise dans sa Somme théologique (IIIa q.68 a.2) que cette intention peut suppléer au sacrement en cas d’impossibilité.
    3. Le baptême de sang (sanguinis) :
      Reconnu dès les premiers siècles, il concerne les martyrs qui versent leur sang pour la foi avant de recevoir le baptême sacramentel.

    Ces deux formes extraordinaires ne contredisent pas la nécessité absolue du baptême pour le Salut. Elles manifestent, au contraire, l’économie divine du salut, laquelle n’est pas limitée par les sacrements visibles, mais trouve sa source dans le Christ, unique Médiateur.

    Les protestants jouent sur cet aspect surnaturel pour nier les aspects visibles, ce qui n’est pas le cas des catholiques.

    Saint Pierre enseigne effectivement qu’il est possible de recevoir la rémission des péchés et l’Esprit-Saint avant d’avoir reçu le baptême d’eau :

    « Et il [Jésus-Christ] nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester que c’est lui que Dieu a établi juge des vivants et des morts. C’est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage que tous ceux qui croient en lui reçoivent, par son nom, la rémission des péchés. […]
    Alors Pierre dit : Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit-Saint comme nous ? Et il ordonna qu’ils fussent baptisés au nom du Seigneur Jésus-Christ. »

    Saint Pierre, Actes des Apôtres, Chapitre 10, versets 42 à 48.


    III. Enseignement magistériel antérieur à 1958

    En effet, l’enseignement traditionnel de l’Église sur le baptême de désir et de sang est abondamment confirmé par les textes du Magistère.

    1. Concile de Trente (1547) :
      Le concile, dans son décret sur la justification, enseigne que la justification peut être obtenue par le désir du baptême :

      « Si quelqu’un dit que les sacrements de la Nouvelle Loi ne sont pas nécessaires au salut… et que les hommes peuvent obtenir la justice sans le désir de ces sacrements, qu’il soit anathème. » (Sessio VI, cap. IV).

    2. Saint Pie X, Catéchisme (1912) :
      Dans son Catéchisme, saint Pie X explique clairement les conditions du salut pour les non-baptisés :

      « Celui qui, par un désir sincère, cherche à faire la volonté de Dieu, et qui, pour une raison indépendante de sa volonté, n’a pas reçu le baptême, peut être sauvé. »

    3. Pie XII, Allocution à l’Association italienne des sages-femmes (1951) :
      Le Pape Pie XII affirme :

      « Si parfois les parents n’ont pas l’occasion de baptiser leur enfant, ils doivent se confier à la miséricorde de Dieu, qui désire le salut de tous. »

    Ces enseignements condamnent en totalité les thèses hérétiques feeneyistes en démontrant que l’Église, loin de réduire le salut à une réception physique – même si c’est évidement le mode classique et préféré ! – du baptême d’eau, reconnaît des moyens extraordinaires offerts par la Providence divine.

    Source complémentaire complète :
    « Apologétique : baptême de désir et ignorance invincible » (Fidepost). Fidepost.


    IV. Contre les ambiguïtés dudit « sédévacantisme »

    Bien que les catholiques de constat sédévacantiste partage un zèle légitime et bénéfique pour la défense des vérités religieuses et ecclésiales, certains courants sombrent dans des erreurs analogues à celles des feeneyistes.

    En effet, soutenir le dogme de l’infaillibilité pontificale, faire ce bon constat susdit, n’est qu’une partie de la doctrine catholique, objective pour nos jours, mais cela ne vous empêche pas, sur un autre sujet, de tomber dans l’hérésie (car le père Feeney et ses héritiers font ce constat !).

    Reconnaissance légitime de la vacance :
    Le constat de la vacance actuelle du Saint-Siège, depuis le trépas de Pie XII en 1958, repose sur l’absence de Papes enseignant l’orthodoxie catholique. Toutefois, ce constat ne doit pas devenir un prétexte pour rejeter, de « vrais » papes, avec les enseignements traditionnels de l’Église.

    Ainsi, il est impératif d’éviter deux écueils :

    • Le rejet de la doctrine infaillible, sous prétexte de corruption semi-moderniste ou moderniste.
    • La réduction du salut aux seuls sacrements visibles, en contradiction avec la foi catholique traditionnellement enseignée.

    Conclusion

    Le feeneyisme, en niant les modalités extraordinaires de salut reconnues par l’Église, s’oppose à l’enseignement magistériel constant.

    Loin d’être une innovation, le baptême de désir et le baptême de sang traduisent la miséricorde divine et confirment l’universalité du salut offert par le Christ.

    Quant au « catholicisme sédévacantiste », il doit s’articuler autour d’une fidélité intégrale à la Tradition, sans céder à des positions hérétiques ou rigoristes mal placées.

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