• L’Espagne du Califat à la Reconquista : 8 siècles d’espérance et d’adversité



    Méditerranée, islam et esclavage des chrétiens

  • Tandis qu’en France, Charles Martel arrête les Arabes à Poitiers en octobre 732, la Reconquista espagnole s'étend précisément de 722 à 1492, couvrant 770 ans d'histoire, avec des périodes de conflit, de trêves, et même de coexistence et d’influence relatives.

    Résumé introductif :
    Du Califat omeyyade de Cordoue jusqu’à la Reconquista, l’Espagne traversa près de huit siècles de domination musulmane. Cependant, malgré l’oppression, l’esclavage et les inégalités entre adeptes de « religions différentes », les royaumes chrétiens et ibériques réussirent à reprendre leur autonomie, illustrant la force de la persévérance.

    Sommaire :
    I. Conquête, Califat et premières résistances chrétiennes
    II. Les injustices et l’esclavage des chrétiens sous Al-Andalus
    III. Huit siècles de lutte : l’espoir de la Reconquista


    I. Conquête, Califat et premières résistances chrétiennes

    La conquête musulmane de l’Espagne débuta en 711, menée par le général berbère Tariq ibn Ziyad, qui s’empara rapidement du royaume wisigoth. Cette domination culmina avec la fondation du Califat de Cordoue en 929 par Abd al-Rahman III, faisant de cette ville un centre politique fort.

    Cependant, la réalité de cette période avec l’image, est médiatiquement trop idéalisée à travers : Al-Andalus. Les « chrétiens mozarabes », tolérés à condition d’êtres infériorisés, furent soumis à un lourd tribut, la jizya, dîme pour goy si l’on veut, et exclus des hautes fonctions publiques. Des persécutions, telles que celles des martyrs de Cordoue au IXᵉ siècle, témoignent de l’oppression islamique faite de réguliers représailles.

    Face à cette domination, les royaumes chrétiens des montagnes du Nord, notamment celui des Asturies, se réorganisèrent sous des figures comme Pélage, qui remporta la bataille de Covadonga (722). Cette victoire, modeste mais très symbolique, est considérée comme le point de départ de la Reconquista.

    Une autre date clef, comme il y en a pleins, est la prise de Tolède en 1085 par Alphonse VI de Castille, laquelle marqua un tournant décisif. L’ancienne capitale des Wisigoths devint enfin un bastion chrétien, rappelant la pérennité de la foi dans une terre marquée par l’islamisation – et que dirions nous aujourd’hui en Europe ! La ville, avec sa caserne stratégique, appelée caserne de Tolède, permit d’affermir la présence chrétienne et espagnole au sud du plateau castillan et de relancer l’unité contre un Al-Andalus affaibli par les oppositions chrétiennes.


    II. Les injustices et l’esclavage des chrétiens sous Al-Andalus

    Malgré le prestige culturel attribué à Al-Andalus, et souvent fantasmé, cette société était marquée par de profondes « inégalités » – ce qui ne semble pas déranger ici nos gauchistes, toujours prompts à disculper les peuples exotiques. Les dhimmis, soit chrétiens et juifs à l’époque, vivaient par définition sous un régime « discriminatoire », soumis à la jizya et mêmes contraints à des conversions pour échapper à la marginalisation. Les juifs, un peu partout, font cependant un choix, celui de préférer l’islam qui présente plus de points communs « sémitiques ».

    L’esclavage des chrétiens constituait une autre facette sombre de cette époque. Les razzias menées en Méditerranée (cela comprenait des italiens et portugais, mais également des français et des britanniques par la voix maritime) et dans les territoires frontaliers fournissaient un flux constant de captifs chrétiens, vendus sur les marchés d’Al-Andalus. Ces esclaves, employés pour des travaux épuisants, quand ce n’était pas la prostitution des femmes, étaient également contraints d’adopter l’islam sous la menace de sévices ou de morts.

    Un exemple particulièrement cruel fut la prise de Murcie en 1265, où des milliers de chrétiens furent capturés et réduits à l’état de marchandise humaine, dispersés à travers les marchés de Séville, Marrakech ou Tunis.

    « La captivité des chrétiens dans le monde musulman demeurait un instrument d’humiliation, mais également un levier pour financer la guerre sainte islamique. »
    — Henri Terrasse, Histoire du Maroc (1952).

    Durant tout le Moyen Âge, on atteste de documents sur la pratique de l’esclavage par le monde islamique. Nombre de documents en langue italienne, notamment conservé au Vatican témoigne de cette répression en Méditerranée. Cela ne prendra pas fin avant la guerre d’Alger par Charles X en 1830.

    Dans son ouvrage « Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) », Robert C. David écrit :

    “Entre 1580 et 1680, la période la plus active de cette course méditerranéenne, on peut accepter une moyenne annuelle de 35 000 captifs vivants répartis, pour la grande majorité, à Alger et, en nombre moins important, à Tunis (6 000) et Tripoli.” 


    III. Huit siècles de lutte : l’espoir de la Reconquista

    La Reconquista, achevée en 1492 avec la prise de Grenade par les Rois Catholiques, Ferdinand et Isabelle, est l’illustration éclatante de la ténacité des royaumes chrétiens d’Europe de l’Ouest, espace civilisationnel par excellence. Durant près de huit siècles donc, ces royaumes surmontèrent les humiliations, les divisions, les défaites et les épreuves afin de restaurer leur autonomie en tant que peuple, que nation constitué et au nom de leur foi.

    Cette épopée historique rappelle que même après des siècles de ténèbres, un peuple peut se relever, à condition de ne jamais renoncer à son identité et à ses principes.

    « La Reconquête, loin d’être un simple triomphe militaire, fut avant tout une affirmation spirituelle et culturelle. »
    — Marcelino Menéndez Pelayo, Historia de los heterodoxos españoles (1880).

    Ainsi, l’Espagne nous enseigne que, face aux oppresseurs et/ou aux envahisseurs, la foi et la persévérance, la communauté et les principes, demeurent les remparts ultimes. Elle offre un exemple éclatant d’espoir pour toutes les nations désireuses de reconquérir souveraineté et liberté.

    Que cette phase de l’histoire espagnole, et du Midi français, nous retrempe et soit un modèle pour les Français à la fois submergés et en partie dégénérés – la submersion n’arrive que parce que la deuxième condition est remplie ! -, puisse renaître et retrouver leur civilisation, leur communauté et rayonner dans le monde.

    Deus Vult !

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    Dans cet article suivant se trouve relaté tout nos papiers doctrinaux sur l’Espagne en sous liens (!) :

    Saint Thomas d’Aquin contre les hérétiques & l’Espagne contre le protestantisme

    L’Homme, la Race et l’État Méditerranéen & De l’Orient et de l’Occident

    + Inquisition & Philippe II d’Espagne à venir

    11 rabbins à propos d’Israël-Occident-Islam


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  • 7 commentaires




    Gloire à Ferdinand d'Aragon, précurseur de la remigration, six millions de fois plus « street-crédible » que l'immonde youpin huileux Zemmour et sa « reconquête » de pissotière (laquelle consiste à rebaptiser Mamadou et Moktar en Jean-Eudes et François pour que la Frönce éternelle puisse renaître de ses cendres par la magie de l'assimilation) : https://vocaroo.com/cNjB1nHwyCQ


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    Quel est votre point de vue à propos de cette considération destinée aux cours doctrinaux de la SS, et qui va jusqu'à vanter le "génie" culturel de l'islam en Espagne contre un christianisme jugé "rétrograde" ou "obscurantiste" ?: "Ce qui unifie les Arabes sans doute jusqu'à un certain point dans leur combat de libération contre la domination étrangère britannique, c'est le nationalisme ardent de même que le désir d'être libre et d'avoir un État indépendant. À l'origine de cela se trouve — certes différente selon les tribus, mais pourtant formant finalement une unité — cette religion qui est devenue, en tant que doctrine du prophète Mahomet, une puissance internationale d'une importance de premier ordre, qui désire se manifester sous des conditions totalement nouvelles et se révèle être actuellement une puissance politique mondiale. Toutefois, lorsqu'on s'interroge sur la nature de ce qui constitue ces forces puisant leur vitalité a cette source intarissable, on doit revenir a l'époque ou l'islam vécut son premier contact avec le monde occidental. Dans ces confrontations entre le monde occidentalo-chrétien et orientalo-islamique qui ont exercé une influence décisive sur toute l'évolution de l'islam, l'Orient était tellement actif jusque vers la fin du XVIIe siècle. Puis se produisit une pause passagère dans les combats jusqu'à ce que Napoléon, de son côté, ait étendu l'ardeur belliqueuse de l'Occident a l'Orient et ait ainsi été à l'origine d'une évolution caractérisée par un combat constant entre l'Orient et l'Occident qui atteint dans la Grande Guerre son point culminant avec la décadence de l'Empire turc d'Osman. Pour la première fois dans l'histoire de la communauté arabe, les années suivantes ont peut-être mit le problème tellement en évidence qu'il est maintenant possible de détenir de façon plus réaliste, la nature des multiples forces de ce mouve- ment et ses émanations dynamiques. n est un fait établi que l'islam a cessé d'être une simple doctrine religieuse et qu'il a plut6t représenté une liaison entre un pur nationalisme et un fanatisme religieux. Mais aujourd'hui, l'univers commun de l'islam est forme plus vivement que jamais par le sentiment d'une communauté de destin orientalo-islamique naturellement hostile a tout ce qui est occidental. II trouve sa plus forte et plus puissante expression dans cette opposition à l'Occident et au christianisme. On doit cependant faire une parenthèse : cette communauté de destin du monde arabe sur arrière-plan islamique n'a rien a voir avec la prétendue idée panislamique telle qu'elle fut propagée autrefois par les califes turcs et qui visait a la création d'un grand Empire islamique uni. Surtout durant l'époque d'avant-guerre, ce mouvement formait un 616ment avec lequel il fallait compter politiquement puisqu'il était précisément le fruit de raisons liées a une nécessité politique. Mais il se décomposa avec la chute de l'Empire d'Osman, lorsque les revendications des tribus et les mouvements nationaux multiples se ravivaient parmi les Arabes, les musulmans se combattant mutuellement quand cela devait servir leurs objectifs politiques. Le souvenir de la « guerre sainte » est encore partout vivace, a laquelle l'avant-dernier sultan appela les croyants en Mahomet contre les Allies et qui fournissait un piètre témoignage d'une idée panislamique. II serait beaucoup plus judicieux aujourd'hui, a la place d'un mouvement panislamique dans l'esprit de celui du sultan, de parler d'un nationalisme islamique qui, certes, a des origines aussi différentes que celles de chaque tribu, mais qui partout — et en cela réside son importance décisive — représenté la même alliance entre des forces nationales et religieuses. Mais cette corrélation s'exprime sans doute mieux dans cette partie du monde islamique qui est aussi devenue le point de départ de la doctrine de Mahomet : dans l'espace vitale arabe du Proche-Orient (dans ce contexte, on ne peut oublier que les adeptes de l'islam ne sont pas seulement arabes, mais qu'il y en a aussi en Inde, au Japon, dans les Indes néerlandaises, les Balkans, etc., qui ne possèdent du reste pas le moindre rapport racial avec les Arabes islamiques !). Et ici, dans le monde exclusivement arabe, l'islam a crée un mouvement lié aux idées nationales que l'on a appelé panarabisme et où s'exprima le front intensif le plus fort ou plus précisément l'hostilité la plus violente envers l'Europe et le christianisme qui soit parti de ce territoire depuis la progression des Maures en Espagne (du reste, comparons les monuments culturels et les trésors artistiques admirables que les Maures ont produit en Espagne avec les traces misérables laissées par le christianisme, fruits d'une volonté artistico-culturelle provenant d'esprits et de sensibilités totalement dérangés !)." (Cahier de la SS, n°2, 1939, Alfred Püllmann).


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    […] d’État destinée à maintenir l’orthodoxie catholique dans les royaumes espagnols, notamment en surveillant les convertis soupçonnés de judaïser ou d’islamiser. Elle était sous contrôle royal, bien qu’approuvée par Rome, et se démarquait par son […]


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