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Publié le par Florian Rouanet
Ou, morale et conduite des hommes
Conception de l’amitié masculine aristotélicienne
Présentation générale
L’Éthique à Nicomaque est l’œuvre majeure d’Aristote sur la morale et la conduite de l’homme. Elle répond à une question fondamentale : quelle activité donne sens à la vie de l’homme ? Selon le « Maître de ceux qui savent » (Magister scientiarum #nousSachons), l’humain, être rationnel par nature, se situe entre la bête (émotion, instinct) et le divin (raison, spiritualité).
C’est en exerçant sa raison et en poursuivant la vertu qu’il peut atteindre le bien suprême : le bonheur.Aristote nous entraîne ainsi dans une réflexion sur l’éthique, les vertus, les responsabilités des hommes et les relations sociales, qui résonne encore comme un guide intemporel de la sagesse pratique.
Actualités
Missive du 22/12/2024 de David Veysseyre :
Une vraie amitié et le monde en général ne peuvent que reposer sur la rationalité et la vérité, et non sur des inepties.
Certes, le complotisme est tolérable, et il en faut un peu dans une publication pour des raisons commerciales et politiques, car il faut bien des lecteurs, mais on attire en même temps des gens malsains et vicieux, prompts à te poignarder dans le dos à la première occasion, car les conspi’ ne peuvent pas se blairer entre eux, ils trouvent l’autre jamais assez conspi’, et quand on raconte n’importe quoi, on n’a aucune morale. Seul leur importe leur boutique comme tout conspi’ sans foi ni loi qui se respecte.Condamnations et corrections
Saint Thomas d’Aquin, tout en admirant Aristote et en intégrant une grande partie de sa pensée dans la théologie catholique, a également rejeté ou corrigé certains aspects de sa philosophie, conformément à la Révélation chrétienne.
Voici quelques points clés :
L’éternité du monde
L’immortalité de l’âme individuelle
La finalité de l’homme et la béatitude
La Providence divine
La conception de Dieu
L’éthique et la grâce
L’esclavage naturelSommaire
I. Le Bien Humain Suprême
II. La Vertu
III. Consentement, Décision et Responsabilité
IV. Les Vertus Morales Particulières
V. La Justice
VI. Les Vertus Intellectuelles
VII. Les Travers Moraux
VIII. Le Plaisir (I)
IX. L’Amitié
X. Le Plaisir (II)
XI. Le Bonheur
XII. L’Éducation au Bien et la PolitiqueI. Le Bien Humain Suprême
Pour Aristote, le bien suprême (eudaimonia) est le bonheur. Mais ce bonheur ne se réduit pas au plaisir ou à la richesse matérielle : il est l’accomplissement de l’homme rationnel dans la vertu.
« Le bien est ce vers quoi tout tend », affirme-t-il.
L’homme trouve sa finalité dans l’acte juste et raisonnable, qui réalise pleinement sa nature humaine.
II. La Vertu
La vertu, chez Aristote, est une disposition acquise, un juste milieu (mésotès) entre deux excès :
« La vertu est un milieu entre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut. »
Elle s’acquiert par l’habitude (expérience, répétition, bon habitus) et l’éducation. Aristote distingue les vertus morales, liées aux passions et à l’action, et les vertus intellectuelles, propres à l’esprit.
III. Consentement, décision et responsabilité
L’homme, en tant qu’être doué de raison, agit volontairement. Toute décision juste résulte d’une délibération rationnelle.
« Nous sommes responsables de nos actions si elles procèdent de notre consentement », écrit le « Péripatéticien » (surnom lié à son école de pensée).
C’est dans la capacité à choisir le bien que réside la liberté humaine.
Cela fonctionne d’ailleurs en confession dans la religion catholique, selon la connaissance que l’on a du péché et la volonté délibérée de l’avoir commis !
IV. Les Vertus Morales Particulières
Courage, tempérance, générosité… Aristote développe un catalogue des vertus essentielles qui orientent l’homme vers la perfection morale. Chaque vertu, par sa mesure, équilibre les passions. Le courage, par exemple, évite aussi bien la lâcheté que la témérité.
Ce panel de vertus sera surélevé de la grâce (corrigé/complété) dans le corpus thomiste.
V. La Justice
« La justice est la plus parfaite des vertus », affirme Aristote.
Elle régule les rapports entre les hommes et garantit l’harmonie sociale. Aristote distingue la justice distributive, qui répartit équitablement les biens, et la justice corrective, qui rectifie les inégalités. La justice, vertu éminemment politique, est le fondement de la cité.
D’ailleurs, ne dit-on pas, de façon populaire, entre autre chose, que les bons comptes font les bons amis ?!
VI. Les Vertus Intellectuelles
Les vertus intellectuelles, telles que la prudence (phronèsis) et la sagesse théorique (sophia), perfectionnent l’esprit. Tandis que la prudence guide l’action morale, la sagesse conduit à la contemplation de la vérité, qui est la forme la plus élevée du bonheur.
VII. Les Travers Moraux
À l’opposé des vertus, se trouvent les vices, excès ou défauts qui corrompent l’âme. Le lâche, par exemple, manque de courage, tandis que le téméraire en abuse. Aristote invite à éviter ces écarts, sources de désordre et d’aliénation.
C’est ainsi que l’on parle de juste milieu, un équilibre dans ces vertus naturelles (celles théologales ne sont pas limitées en ce sens : foi, espérance, charité).
VIII. Le Plaisir (I)
Le plaisir, rejeté et méprisé par les stoïciens, trouve chez Aristote une place raisonnable.
« Le plaisir perfectionne l’activité, » dit-il.
Il n’est pas mauvais en soi mais accompagne naturellement l’exercice de la vertu.
IX. L’Amitié
L’amitié (philia) occupe une place centrale dans l’éthique aristotélicienne. Aristote distingue trois types d’amitié : par intérêt, par plaisir et par vertu. La véritable amitié repose sur la bonté et l’échange moral :
« L’ami est un autre soi-même. »
L’amitié parfaite est rare, mais essentielle à la vie heureuse. Ce langage ne déroge pas au message chrétien concernant le prochain, bien au contraire ! Nous retrouvons ce thème de développé de l’amitié concrète dans la bouche/sous la plume de Cicéron.
X. Le Plaisir (II)
Dans ce second examen, Aristote précise que le plaisir n’est ni le but ultime ni un mal en soi. Il est complémentaire au bonheur lorsqu’il naît d’une activité vertueuse.
En effet, si le Stagirite se distingue de la froideur stoïcienne, il fait de même avec l’hédonisme philosophique en subordonnant le plaisir à la vertu : il ne le considère pas comme une fin en soi, mais comme une conséquence naturelle et accessoire d’une vie droite et rationnelle (tout comme l’abbé Clop, plutôt critique du jeu vidéo).
XI. Le Bonheur
Le bonheur, ou eudaimonia, est le but ultime de la vie humaine. Pour notre grand philosophe, il découle de l’exercice parfait de la raison dans une vie vertueuse et contemplative. La sagesse théorique (theoria) représente ainsi l’apogée de l’existence humaine.
XII. L’Éducation au Bien et la Politique
La vertu ne s’acquiert pas naturellement, mais par l’éducation et l’habitude. La politique, pour Aristote, a pour fonction d’orienter les citoyens vers le bien commun et de cultiver la vertu dans la Cité.
« Le but du législateur est de rendre les citoyens vertueux. »
« Vivre bien et agir bien, c’est la même chose que vivre heureux. »
Un cycle de conférence de l’abbé Billecocq , existe sur la pensée aristotélicienne, utilisée par le christianisme :
Conclusion
L’Éthique à Nicomaque demeure un chef-d’œuvre intemporel où « le Sage d’Athènes » éclaire le chemin vers une vie harmonieuse.
La quête de la vertu, du juste milieu et du bonheur résume l’aspiration naturelle de l’homme à s’élever, par sa raison, vers sa finalité propre.
L’amitié, la justice et la contemplation de la vérité en sont les piliers.
« Le bien, disons-nous, est ce à quoi toutes choses tendent ; mais il y a une certaine diversité dans la manière dont elles tendent vers lui : les unes s’accomplissent en acte, d’autres en puissance. Si donc il y a une fin pour toutes les actions humaines, cette fin sera le bien suprême, et si elle est atteinte, elle suffit pour donner à la vie humaine son plein accomplissement. C’est ce que nous appelons le bonheur (eudaimonia), qui consiste en une activité de l’âme conforme à la vertu parfaite, et, si plusieurs vertus coexistent, conforme à la meilleure et la plus complète des vertus, dans une vie qui s’épanouit pleinement. »
« L’Encyclopédiste de l’Antiquité »
(Éthique à Nicomaque, Livre I, Chapitre 7)

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