• La droite alternative et radicale : anatomie du fascisme européen, ou la leçon d’Ernst Nolte



    Dépassement des impostures démocratico-libérales, typologie des révolutions d’ordre, dialectique anti-marxiste et souveraineté christique

  • ⁂ 𝔄rène du discernement historique

    Voyez donc, 𝔬̂ lecteur, ces saltimbanques de la chaire universitaire et ces cuistres médiatiques qui s’épuisent à réduire le fracas de nos temps passés à des devises téléphonées et à des anathèmes de sacristie laïcisée !

    Lorsque s’effondrèrent les trônes chrétiens sous les coups de boutoir conjugués de la subversion maçonnique et des fureurs de 1914, l’Europe vit surgir des mouvements d’une nature inédite, résolus à terrasser l’hydre bolchevique par les armes du siècle. L’historien allemand post-guerre Ernst Nolte eut le singulier mérite d’arracher l’examen de ces révolutions aux jérémiades sentimentales pour en dresser une phénoménologie précise, saisissant l’essence d’une « droite radicale », née de la conjonction du péril rouge et de la crise du système libéral – mais cela ne suffit pas à expliquer le tout.

    Avec la rigueur et la neutralité propres à sa démarche historique, l’historien met en lumière une distinction essentielle : si les fascismes et le bolchevisme présentent des similitudes manifestes dans leurs méthodes et leurs réactions contextuelles ou sociales, ces convergences demeurent purement accidentelles et ne sauraient masquer leur antagonisme de fond, celui de deux ennemis irréductibles.
    Dans cette même perspective lucide, il convient de rappeler que le rejet viscéral du traité de Versailles ne fut nullement l’apanage exclusif du national-socialisme, mais un sentiment unanime partagé par l’ensemble du peuple allemand face aux rigueurs de l’ordre imposé en 1919 – de même que les chinois actuels, à 100% estiment que Taïwan c’est la Chine !

    🎙️ 𝔄ntenna

    ☧ 𝔏exique martial

    Cordage sémantique et arsenal conceptuel forgé pour fendre les ténèbres de l’ignorance contemporaine :

    « ANTICONSERVATISME », masculin, Politique : refus, par un mouvement de droite, de la simple conservation de l’ordre établi et de ses élites traditionnelles, au profit d’une refondation révolutionnaire ;

    « PHÉNOMÉNOLOGIE », féminin, Philosophie : Méthode qui se propose d’analyser la réalité des phénomènes tels qu’ils se manifestent à la conscience, en écartant toute théorie préalable ou jugement de valeur réducteur.

    « PROTO-FASCISME », masculin, Histoire : Ensemble de mouvements, doctrines ou ligues nationalistes antérieurs à 1919 qui préfigurent, par leur style martial et leur refus du libéralisme, les régimes autoritaires de l’entre-deux-guerres.

    « CORPORATISME », masculin, Politique : Doctrine socio-économique qui préconise l’organisation de la société en corps professionnels ou corporations intermédiaires dotés de pouvoirs propres, transcendant la lutte des classes au nom du bien commun.

    ᛟ 𝔄ncienne école

    Paroles des sentinelles de la sapience éternelle :

    « L’attitude de l’Église catholique envers Hitler conserva son ambivalence, mais était en fin de compte fort simple. Lors du référendum sur la Sarre en janvier 1935, l’Église se rangea contre la première mise en œuvre d’un antifascisme communiste et social-démocrate, et même contre une fraction des catholiques locaux, en faveur de l’Allemagne, donc aux côtés de Hitler. Or, à cette époque, la querelle sur le « mythe du xxᵉ siècle » d’Alfred Rosenberg était déjà allumée. C’était un livre en fait bien plus anticatholique que ne l’étaient la conception fasciste et aussi la conception hitlérienne. Il n’en provoqua pas moins de la part des écrivains catholiques une large polémique contre le racisme et l’antiuniversalisme national-socialiste.
    Cette polémique ne pouvait guère être réprimée par les moyens de contrainte policiers, puisque le livre avait été officiellement annoncé comme une « étude privée ». Mais le national-socialisme se sentait directement concerné, c’est ce que montra sa réaction extrêmement vive à l’encyclique Avec un souci brûlant, qui essayait d’établir de prudentes distinctions entre le « néopaganisme », qu’il dénonçait violemment, et l’état national-socialiste. En fait, il en eût résulté une claire définition des rapports de l’Église catholique avec le fascisme, si des lignes de démarcation artificielles n’avaient pas été tracées et si l’encyclique Non abbiano bisogno [sic] avait été rappelée. Mais en fait, cinq jours après, suivit l’encyclique Divini Redemptoris rédigée en un latin solennel et par là particulièrement marquante, elle renouvelait et renforçait la condamnation dogmatique du communisme ; et l’alliance de fait avec le national-socialisme, que la guerre d’Espagne imposait aux deux parties, s’en trouva consolidée. »

    — Les mouvements fascistes. L’Europe de 1919 à 1945, Ernst Nolte.


    Il ne faut pas avoir peur de le dire : La base, c’était qu’on était tous des chrétiens, quand même. C’était la civilisation européenne, chrétienne, et c’est cette civilisation que les communistes voulaient démolir en Europe.
    Qui pouvait arrêter cette invasion communiste sur l’Europe ? Qui était assez fort pour combattre l’armée russe, qui à ce moment-là était la plus forte armée du monde ? Il n’y en avait qu’un, il n’y avait que Hitler. Et le 21 juin 41, il a déclenché Barbarossa, il a attaqué les Russes. Eh bien, puisque c’était le seul à attaquer les Russes, nous nous sommes mis avec lui. […]
    Quand j’ai quitté ma mère, elle pleurait. Je lui ai dit, je me le rappellerai toujours : « Maman, ne pleure pas, ce n’est pas à la guerre que je pars, c’est à la croisade. » À ce moment-là, nous partions à la croisade anticommuniste, exactement comme Godefroy de Bouillon est parti pour aller sauver le tombeau du Christ.
    Source
    – Catholique NS

    — Témoignage de René Delvigne, ancien soldat de la Légion Wallonie, extrait du documentaire Léon Degrelle ou la Führer de vivre (2009)


    — Général Pierre Piquemal, dans Pour Dieu et la Patrie : Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (2019)
    Le témoignage d’un volontaire catholique français engagé dans la Waffen SS contre le bolchevisme

    Les nationaux-socialistes croyaient en Dieu. Pour preuve dans le serment que je devais prêter en tant que soldat de l’Europe nouvelle, devant Dieu, je me devais d’observer dans la lutte contre le bolchevisme une obéissance absolue et donner à tout moment ma vie pour cet idéal. C’était dur à passer et quelle valeur pouvait avoir le serment intérieur que je fis, je ne puis répondre mais il m’apaisa :

    “Je resterai fidèle à ce serment dans la mesure où le national-socialisme vainqueur respecterait ma religion [catholicisme] garante de ma foi, représentant ce que j’avais de plus sacré et de plus cher au monde et pour laquelle en premier lieu je combattais.” […]

    Je regrette […] de ne pas avoir gardé avec moi une lettre de l’abbé Tremplat, mon professeur au collège d’Éauze à qui j’avais écrit juste avant mon départ d’Oberhausen pour lui faire part de mon intention d’aller lutter contre le bolchevisme et des raisons qui m’avaient incité à prendre cette décision. Sa réponse avait été très belle, d’une haute élévation d’esprit ; il me donnait sa bénédiction et prierait pour moi. J’aurais voulu relire ces lignes qui m’avaient réconforté et apporté beaucoup de joie au cœur, je n’en garderai que le souvenir. Je pouvais partir tranquille, qu’importait le jugement des hommes, mes sentiments étaient purs, le bon Dieu lisait dans mon âme où il n’y avait ni haine, ni intérêt mais le seul désir de servir, malgré mes ressentiments (et n’ayant pas le choix) près d’une Allemagne battue mais qui restait encore le seul rempart possible, contre le matérialisme du communisme, qui, s’il était gagnant, serait le véritable vainqueur et étendrait peu à peu son hégémonie sur le monde. […] c’est devenu une guerre idéologique, les russes ne veulent pas d’une paix qui mettrait fin à ces hécatombes ; ce qu’ils veulent c’est accaparer le plus de terrain possible et la peau du national-socialisme. Pour eux le véritable ennemi du communisme, c’est cette doctrine qui est seule capable de mettre en place un autre socialisme, qui peut faire échec au marxisme. Ils savent très bien, les maîtres du Kremlin, que les autres idéologies qui courent par le monde et qui n’ont à leurs yeux d’autres structures que celles qui facilitent la recherche de l’argent, seront une proie facile pour eux, écrasées, balayées dans la lutte finale, prélude à l’instauration du communisme universel contre le capitalisme oppresseur. […]

    J’ai de plus en plus la nette impression qu’en 1944 la Waffen SS est devenue franchement européenne ; dans ses rangs sont engagés des représentants de toutes les nations. L’Allemagne consciente de sa faiblesse arrive peu à peu à la conclusion qu’elle a besoin de ce courant nationaliste européen si ce n’est pour vaincre, du moins pour freiner l’avance du communisme.

    Nous pensions qu’il n’y avait plus guère d’espoir. Un jour fatigué, je faisais la gueule à la suite de je ne sais quel exercice éprouvant ; notre instructeur se méprit et pensa que j’étais démoralisé et m’admonesta :
    “Même quand il n’y a plus d’espoir il ne faut pas être désespéré”.
    Ce à quoi je répondis :
    “Depuis longtemps, je pense qu’il n’y a plus d’espoir et je me suis pourtant engagé ; quant à être désespéré je m’étais si bien préparé en chrétien, que blindé j’étais décidé à attendre avec sérénité (parfois forcée) les événements”.
    Il me demanda :
    “Pourquoi resterai-je fidèle à ma foi avant d’être fidèle en toutes circonstances au national-socialisme ?”
    e répondis : “que mon honneur s’appelle fidélité (devise de la SS) et que ma Foi, première servie, était compatible avec la fidélité à mon engagement”. […]
    […] je passerai la Noël [1944] à Wildflecken, près de Francfort. […]
    La messe de minuit avait été dite par monseigneur Mayol de Lupé, nous étions plus de deux mille à y assister ; c’était pour moi une petite revanche de voir bien des Waffen SS communier, l’Europe nouvelle dans ces conditions-là avait toute mon adhésion.

    Source


    « L’Église proteste par principe contre tous les progrès de la thèse nationale-socaliste. Comme elle est incapable de démontrer le mal fondé des conceptions nationales-socialistes, elle se contente de les assimiler aux principes destructeurs du bolchevisme, tablant en agissant ainsi sur l’habituelle soumission de ses fidèles, pour accepter sans investigations une telle monstruosité.
    Je me borne à vous rappeler ici que le bolchevisme ou le communisme se refusent à toute hiérarchie, qu’ils prétendent établir l’égalité des hommes dans le malheur généralisé, qu’ils font fi de tous les sentiments nobles, qu’ils en appellent aux instincts, qu’ils suppriment les droits de la famille et la notion de religion et qu’ils couronnent cet ensemble d’aberrations par le triomphe de l’hypocrisie et du mensonge.

    Quant au national-socialisme, il suffit pour l’apprécier à sa juste valeur de le regarder vivre et se développer en Allemagne, ce que nombre de vos compatriotes sont en mesure de faire actuellement.

    L’explication de cette hostilité de l’Église contre le national-socialisme est au fond aussi aisée que simple. L’Église pressent que le triomphe du national-socialisme la reléguera dans son domaine spirituel et elle s’élève contre cette perspective à laquelle il lui paraît difficile de se résigner. Elle préférerait de beaucoup voir s’instaurer dans tous les domaines la politique du pire. L’Église, qui croit encore à la pérennité de sa forme actuelle, accepterait même comme une nouvelle épreuve, succédant à beaucoup d’autres, ce bain de sang dans lequel le bolchevisme triomphant a plongé et plongerait derechef ses prêtres et ses fidèles, s’il lui arrivait de dominer en Europe. Le martyre ne lui cause aucune appréhension pour les siens et elle professerait même qu’elle s’en purifie. Par contre, elle appréhende, avec une anxiété qui va grandissant au fur et à mesure que les progrès du national-socialisme s’affirment, l’application des principes selon lesquels la résignation n’est plus une vertu primordiale mais une manifestation de faiblesse. En cela elle est rejointe et soutenue par la partie possédante des démocraties qui trouve dans l’Église, prêchant cette résignation et cette soumission aux malheurs et infortunes de la vie et à ses inégalités, l’auxiliaire rêvé de ses égoïsmes. Ce n’est pas tant l’Église qui recherche l’alliance des ploutocraties, que ces dernières qui se raccrochent à ceux des enseignements de l’Église qui leur sont favorables. L’erreur de l’Église est de tolérer de tels appuis et plus encore de profiter de leurs largesses intéressées.

    Voilà, mes chers auditeurs et mes chers correspondants, dans les grandes lignes, aussi clairement que possible, l’explication de la question religieuse en Allemagne ou plutôt l’explication de l’hostilité de l’Église contre le national-socialisme et contre les progrès qu’il a apportés, qu’il apporte et qu’il apportera au peuple allemand. […]
    L’Allemagne a réalisé l’unité allemande grâce au concours et à la compréhension d’une bonne partie de l’Église, mais aussi malgré l’incompréhension, la mauvaise foi et les tentatives de sabotage d’une autre partie de l’Église. De même la révolution européenne pour l’unité européenne se fera avec le concours compréhensif de l’Église, je l’espère, sans ce concours si elle nous y oblige. Dans une lutte où il y va de la vie et du bonheur de notre continent, nous n’avons pas le choix.
    L’Église dans sa grande sagesse saura, j’en suis certain, choisir le bon chemin car elle a beaucoup à perdre et tout à gagner. »

    — Dr. Fred Dambmann, journaliste, 5 mai 1943 Radio-Paris.

    Σ 𝔓lan d’attaque

    Programme de notre assaut :

    Sommaire

    Ⅰ. 🧭 L’anatomie noltiènne : typologie et genèse d’une droite en armes

    Ⅱ. ⚔️ Rome face au feu des césars : la dialectique de 1937

    Les cuistres de l’antifascisme mondain face au scalpel de la vérité historique


    Ⅰ. 🧭 L’anatomie noltiènne : typologie et genèse d’une droite en armes

    Il nous échoit de constater que le discours historique des traites boomers, abandonné aux scribes stipendiés du politiquement convenu-inconvenant, s’est mué en un tribunal pseudo-moralisateur où l’anathème tient lieu de concept. Contre cette déshérence mentale, les travaux du professeur Ernst Nolte, et singulièrement son maître-ouvrage sur les mouvements fascistes, apportent une salutaire brise de clarté.
    Loin de céder aux facilités d’une diabolisation puérile ou au réductionnisme marxiste qui ne voulut y déceler que la simple garde blanche d’un grand capital aux abois, Nolte entreprit de cerner le fascisme comme un phénomène d’époque, une réaction philosophique et historique indissociable de la catastrophe inaugurée en 1917 par la peste bolchevique.

    Le génie de sa méthode réside dans un refus absolu de l’amalgame grossier. Là où le philistin colle indistinctement son vocable infamant sur tout ce qui récuse le « dogme marchand », l’analyste rigoureux délimite avec soin les contours d’une constellation politique composite. Nolte démontre avec force qu’un élément pris isolément ne saurait conférer la nature fasciste à une formation : ni le culte du chef, ni l’organisation d’une milice paramilitaire, ni le goût de l’uniforme chamarré, ni la doctrine corporatiste, l’antilibéralisme, l’anticonservatisme et la prétention totalitaire, ni même l’antisémitisme ne suffisent, per se, à caractériser le phénomène – quoi que le dernier point semble l’un des plus fondamental, sauf pour le cas italien qui ne le professe qu’à partir de 1938. C’est l’assemblage organique et simultané de ces composantes, soudé par un projet totalitaire de régénération collective et une haine farouche de la transcendance révolutionnaire de gauche abstraite, qui constitue le cœur de ce que l’on nomme le fascisme générique.

    Encore faut-il un terreau. Pour Nolte, le fascisme ne surgit que là où le système libéral, ce que le vulgaire nomme démocratie, entre en crise, lorsque le parlementarisme, figé et impotent, ne parvient plus à gouverner. L’Italie de 1921-1922 en offre l’illustration la plus nette. Giovanni Giolitti, figure de proue du libéralisme péninsulaire, accueillit les fascistes sur les listes des Blocs nationaux, puis accorda sa confiance au premier gouvernement Mussolini, dans l’espoir de briser la paralysie de la Chambre.

    Dès lors, l’historien s’emploie à arpenter le continent pour y tracer de nettes lignes de partage entre fascisme authentique, proto-fascisme et pseudo-fascisme.

    • L’Italie de Benito Mussolini apparaît comme la matrice d’une tentative étatique singulière, où le pouvoir dut sans cesse composer avec deux autorités préexistantes que le Duce ne put ni ne voulut abolir : la Couronne de Savoie et le Siège de Pierre. Dans cette jeune nation un peu centralisée en quête de cohésion, l’appareil fasciste chercha à encadrer la totalité de la vie sociale par le corporatisme et la ferveur civique, mais il demeura bridé par ces bastions séculaires de la tradition romaine.
    • À l’inverse, le national-socialisme allemand se singularise par une doctrine biologique exclusive qui fait de la race, et non de l’État, le principe moteur de l’univers. Ernst Nolte souligne à quel point l’hitlérisme se détache du modèle italien, au point de nourrir une hostilité sourde contre toute conception universelle de la civilisation.
    • Lorsque l’on tourne les yeux vers l’Europe danubienne et orientale, le panorama se complexifie davantage. En Slovaquie, le gouvernement présidé par Monseigneur Joseph Tiso ne saurait être qualifié de fasciste au sens strict : il s’agissait d’un régime pro-fasciste, profondément clérical et national, qui cherchait dans l’alliance germanique la garantie de son indépendance territoriale sans pour autant abdiquer ses attaches catholiques : il lui manquait l’anticonservatisme et la prétention totalitaire qui font le fascisme achevé.
    • De la même manière, le mouvement oustachi en Croatie présentait certes des dehors paramilitaires et des pratiques implacables, mais il relevait d’un nationalisme ethnique et confessionnel exacerbé plutôt que d’un fascisme doctrinal moderne.
    • Plus à l’est encore, la Garde de Fer de Corneliu Codreanu en Roumanie illustre une déviation mystique où le rigorisme orthodoxe s’entremêla d’une fureur terroriste, aboutissant à une législation antisémite plus précoce et féroce que les premières ordonnances du Reich, défiant par là même toutes les grilles de lecture simplistes importées d’Occident.

    Le fascisme n’est point de gauche, quand bien même il emprunte à l’agitation populaire ses méthodes et ses liturgies de masse. Il n’est pas davantage la droite conservatrice, qu’il méprise et prétend supplanter : c’est tout le sens de l’anticonservatisme noltien. Il constitue une droite alternative, née de la crise du système libéral, dressée pour conjurer l’anéantissement matériel et spirituel promis par la barbarie rouge.

    Ⅱ. ⚔️ Rome face au feu des césars : la dialectique de 1937

    Devant la montée en puissance de ces régimes d’acier, l’attitude de l’Église catholique romaine ne fut point celle d’une servilité craintive, ni celle d’un ralliement absolu. L’institution bimillénaire, gardienne incorruptible du dépôt de la foi, observait avec prudence ces révolutions terrestres qui voulaient arracher les peuples à l’anarchie parlementaire. Ernst Nolte a su résumer avec une lucidité remarquable la complexité de ce face-à-face dans une page devenue classique de son grand ouvrage (cf. citation en en-tête de m’article).

    Ce passage lumineux éclaire d’un jour cru le fait de la Papauté sous le pontificat du Pape Pie XI. Il est indéniable que la Curie romaine vit dans la défense de l’ordre social et dans l’écrasement des hordes sans-Dieu en Espagne une nécessité vitale pour la survie du culte catholique en Europe. L’encyclique Mit brennender Sorge, rédigée discrètement et lue en chaire le dimanche des Rameaux de l’an 1937 sur l’ensemble du territoire allemand, constitua une réaction magistrale asséné aux rêveries dites néo-chrétiennes de Rosenberg et à l’idolâtrie de certains au sein du parti brun.

    Et ici, la publication quasi simultanée de Divini Redemptoris vint rappeler que l’ennemi ontologique de la création et du genre humain demeurait le bolchevisme, système d’iniquité absolue et d’athéisme militant avec lequel aucun compromis n’était envisageable. Cette dualité diplomatique traduisait la souveraine liberté de l’Épouse du Christ : capable d’applaudir au retour de la Sarre dans le giron germanique pour préserver l’intégrité nationale d’un peuple chrétien, tout en dénonçant avec sévérité les prétentions hégéliennes et doctrinales de certains révolutionnaires-conservateurs.

    ☩ ℭoup de grâce

    En analysant les vastes terrains qui distinguent le corporatisme transalpin, le semi-messianisme biologique teuton et les sursauts nationaux d’Europe centrale, nous mesurons avec quelle sagacité l’Église catholique tint également la barre au milieu de l’Europe.

    Le gong de la vérité a retenti, envoyant au tapis les sophistes d’estrade et les faux dévots de la modération républicaine. L’ordre universel et hiérarchisé que nous appelons de nos vœux ne s’édifiera point sur des slogans frelatés ou sur la résurrection de cultes barbares, sur la sève éternelle de la civilisation gréco-latine régénérée par le baptême catholique romain.

    Aux nationalistes sincères qui cherchent aujourd’hui les voies de la renaissance dans les ruines d’un Occident avachi, cette leçon impose une impérieuse discipline de l’esprit. L’enracinement biologique, la fierté du lignage et le redressement politique demeurent de sains choix tant qu’ils ne prétendent point s’ériger en religions autonomes en chassant le Verbe incarné de la cité. 

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