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Publié le par Florian Rouanet
🤝 L’amitié, de la demeure au monde, puis de la cité au cloître ✝️ L'amour envers une femme, l'amitié communautaire entre hommes
⁂ 𝔄rène du quadrilatère — Le cœur, la demeure, la rue, l’autel
ℭher lecteur, il est un sujet qui retrempe et raffermit, alors permettez que nous entrions dans le ring de la pensée. Nous avions, auparavant, consulté Platon le sublime, Aristote le probe, Cicéron le citoyen, et Hans Blüher le scrutateur des Männerbünde (amitié masculine).
Qu’il nous échoie, à présent, de hausser le ton vers Abel Bonnard, chantre d’une certaine noblesse d’âme qui s’agrège en bannières, et vers le clerc Ælred de Rievaulx, abbé du monde médiéval, lequel couronna l’amitié d’un nimbe christocentrique.🏟 Ouvrez un front liminaire, place à la marche spartiate. Les ordres naturel et surnaturel s’écrivent en baston : foyer féminin comme âtre, monde masculin comme route et phalange, amitié comme pont entre domicile et campagne — contre la complicité rouge —, charité comme sommet théologal.
Nous ne parlons point ici de camaraderie floue ni d’alliances de circonstances, plutôt d’échelons : de l’utilité au plaisir, de la vertu à la charité, du foyer à la cité, de la cité à l’autel.Nota bene. Les communistes ne sont jamais des amis, mais des complices (telle une association de malfaiteur !), parce que le but de leurs actions de groupe n’est pas pas bon (thomisme) il n’y a pas ainsi, de vrai lien d’amitié — ou de charité — entre ces hommes. Les complices d’ailleurs, souvent s’entre-dévorent, se trahissent, se méprisent et s’excluent à la moindre « déviance idéologique » du Parti. La gauche en général est incapable de comprendre l’amitié entre hommes, sinon comme une relation contre nature…

🎙️ Antenna I.O. Vox Frequencia
☧ 𝔏exique de cogneur
🪢 Semons clair : ce lexique évite l’écueil du flou, fournit les clefs doctrinales pour le combat et la vie quotidienne.
AMITIÉ, s. f. — « Affection réciproque entre deux personnes qui ne sont ni de la même famille ni unies par l’amour. » — https://www.cnrtl.fr/definition/amitie
COMPLICITÉ, s. f. — « Entente profonde entre personnes ; participation secrète ou tacite à une action ou à un sentiment. » — https://www.cnrtl.fr/definition/complicite
FOYER, s. m. — « Lieu où l’on fait le feu ; par méton., maison, famille ; centre rayonnant. » — https://www.cnrtl.fr/definition/foyer
MASCULIN, adj. et subst. — « Qui est propre à l’homme en tant que mâle ; qui présente des caractères traditionnellement attribués à l’homme (force, courage, virilité). » — https://www.cnrtl.fr/definition/masculin
VERTU, s. f. — « Disposition habituelle à faire le bien ; excellence morale. » — https://www.cnrtl.fr/definition/vertu
DIEU, s. m. — « Être suprême, créateur et maître de l’univers, objet d’un culte dans les religions monothéistes ; puissance transcendante. » — https://www.cnrtl.fr/definition/dieu
SYMBIOSE, s. f. — « Association intime et durable, généralement à bénéfice réciproque. » — https://www.cnrtl.fr/definition/symbiose
ᛟ 𝔄ncienne école éprouvée — 📜 Sentences d’autorité
« Les vrais amis sont les solitaires ensemble. » — « Être amis, c’est avoir les mêmes drapeaux. » — « Un ami est un compagnon de noblesse. »
— Abel Bonnard, L’Amitié, Paris, Hachette, 1928 — Gallica (BnF).« Ecce ego et tu, et spero quod tertius inter nos Christus sit. » / « Me voici et vous ; j’espère que Notre Seigneur Jésus‑Christ est le troisième entre nous. »
« …in Christo inchoari, et secundum Christum produci, et a Christo perfici debeat. » / « Toute amitié doit commencer dans le Christ, se poursuivre selon le Christ, et s’accomplir par le Christ. »
« Qui manet in amicitia, in Deo manet, et Deus in eo. » / « Celui qui demeure dans l’amitié demeure en Dieu, et Dieu en lui. »
« Amicitia ergo secundas res splendidiores facit, adversas partiens, communicansque leviores. » / « L’amitié rend donc les prospérités plus éclatantes, et partageant les adversités, les allège en les rendant communes. »
« Optimum ergo vitae medicamentum amicus. » / « L’ami est donc le plus salutaire des remèdes de la vie. »
« Amicitia igitur ipsa virtus est… » / « L’amitié, par conséquent, est elle-même une vertu… »
« Nihil in amicitia fide praestantius. » / « Rien n’est plus excellent dans l’amitié que la fidélité. »
« Solus omnino est, qui sine amico est. » / « Est véritablement seul celui qui n’a point d’ami. »
« In amicitia nihil fictum est… » / « Rien n’est feint dans l’amitié… »
— Ælred de Rievaulx, De spirituali amicitia — Wikisource (latin)« Il est des individus nés mercenaires qui ne font aucun bien à leurs amis ou à leurs proches, parce qu’ils le doivent ; tandis qu’en rendant service à des inconnus, ils en recueillent un gain d’amour-propre : plus le cercle de leurs affections est près d’eux, moins ils aiment ; plus il s’entend, plus serviables ils sont. »
— Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835, éd. Michel Lévy frères, Paris, t. I, p. 30« L’Éros de l’homme possède deux domaines d’activité : la famille et la société masculine. » — « Nous saisirons la société masculine, nous déchiffrerons les ligues masculines. » — « La maison des hommes et les ligues masculines ne sont point de simples édifices… » — « La société masculine est la condition de vie de son membre actif. »
— Hans Blüher, Die Rolle der Erotik in der männlichen Gesellschaft, II, Jena, Eugen Diederichs, 1920 — Internet Archive : https://archive.org/stream/bub_gb_W9IvAQAAMAAJ/bub_gb_W9IvAQAAMAAJ_djvu.txt — https://archive.org/stream/bub_gb_hTk2AQAAMAAJ/bub_gb_hTk2AQAAMAAJ_djvu.txt« Car nul n’eût choisi de vivre sans amis… » — « Trois motifs d’aimer : utile, plaisant, bon ; donc, trois amitiés. » — « L’amitié parfaite est celle des hommes de bien, semblables par la vertu. » — « L’ami est un autre soi‑même. » — « Il faut vivre ensemble en communauté de paroles et de pensées. » — « Les amitiés d’utilité ou de plaisir se délient aisément. » — « L’amitié tient même les cités. »
— Aristote, Éthique à Nicomaque (VIII–IX) — Scaife, Bywater, Wikisource.« L’Amitié n’est rien d’autre qu’un accord sur toutes choses divines et humaines… » — « L’Amitié rend plus splendides les prospérités… » — « Sans vertu, point d’amitié. » — « Un ami, un alter idem. » — « Sans amitié, la vie n’est rien. »
— Cicéron, Laelius de amicitia — Wikisource, Latin Library.« Éros est des dieux le plus ancien… » — « Deux Aphrodites, donc deux éros… » — « Chacun cherche sa moitié… » — « L’amour, désir de posséder toujours le bien… » — « Enfantement dans la beauté, selon le corps et selon l’esprit… »
— Platon, Symposion (Banquet) — Éditions et traductions classiques.
Σ Plan d’attaque par manche — Programme, riposte, percée
- I. 🧭 Des seuils de l’amitié — utilité, plaisir, vertu (Aristote & Cicéron)
- II. 🏠 Le foyer féminin — l’âtre, l’enracinement, la demeure
- III. 🛡️ Le monde masculin — phalange, maison des hommes, Männerbund (Blüher)
- IV. 🚩 Les mêmes drapeaux — Abel Bonnard et la chevalerie du cœur
- V. ✝️ « Ecce tertius Christus » — Ælred et l’échelon spirituel
- VI. 🏛️ Cité et Éros — Platon, Aristote, Cicéron, harmonie civique
I. 🧭 Des seuils de l’amitié — utilité, plaisir, vertu
Des bouses et des bannières ! Cette ère décadente flatte la camaraderie en récusant la communion sous tous ses aspects. On s’y commet volontiers à l’utilité variable, on se gargarise d’une convivialité grasse — fêtards, utilités matérielles, jeux vidéos en ligne —, mais on maugrée contre la fidélité ; on confond le foyer avec un dortoir.
À l’inverse, l’ancienne sapience enseignait l’élévation : des seuils nets, une échelle d’exigence, une montée — du bien commun au souverain Bien. Aristote avait distingué trois formes : l’utile, l’agréable, l’excellent. Les deux premières, frugales et fragiles, se dissolvaient dès que la cause venait à cesser (soyons donc aristotélo-thomistes !) ; la dernière, parfaite, se scellait dans la vertu partagée, dans le Bon Dieu. Cicéron, citoyen romain, confirma : accord sur les choses divines et humaines, par quoi l’alter idem devenait possible.
Dès lors, l’échelon se dessinait : servir et se réjouir peuvent amorcer, vouloir le bien de l’autre pour lui‑même accomplit.
Ainsi, les amitiés d’utilité et de plaisir ont leur place, certes, mais qu’elles ne prétendent point au trône…II. 🏠 Le foyer féminin — l’âtre, l’enracinement, la demeure
Le foyer, autrefois domaine d’Hestia, établit la stabilité, et cette vérité est éternelle. La femme y présidait non en captive mais en fée du logis, gardienne des fins et de la mémoire. Par elle, et quand tout est à sa place, l’homme trouve demeure et repos, l’enfant recevait langue, culture et rite. Ce centre rayonnant propageait une chaleur, laquelle était force silencieuse.
Dans cette citadelle domestique, une forme particulière d’amitié se met à l’épreuve : loyauté envers la « cheminée », souci de l’honneur commun, patience dans la quotidienneté. Là se décidait l’aptitude à l’amitié parfaite : tenir par le cœur ce que l’on tient par la vérité.
III. 🛡️ Le monde masculin — phalange, maison des hommes, Männerbund
Blüher, à l’époque national-socialiste allemande, voire la précédant, identifia avec rudesse ce que tant d’éducateurs oublient : l’Éros masculin possède deux champs — famille et société d’hommes. La maison des hommes (le Männerhaus) et le Männerbund ne furent point caprices d’adolescents, mais institutions où la vertu civique s’endurcissait : courage, fidélité, service.
C’est une chose que la femme, incapable de solidarité véritable, ne saisira jamais.Ainsi, hors le foyer protégé, la route appelle : mission, monde extérieur, métiers, armes, cité. L’amitié s’y éprouve dans la durée et la dangerosité. L’homme véritable, phalangiste du macadam si l’on veut, est compagnon de marche.
Le foyer n’abolit point la communauté ; la communauté n’humilie point le foyer. L’un enracine, l’autre expose ; l’un accueille, l’autre commande.IV. 🚩 Les mêmes drapeaux — Abel Bonnard et la chevalerie du cœur
Abel Bonnard en son traitemetn nomma les choses avec cette élégance aristocratique peu commune : les amis sont des solitaires ensemble, et l’on est ami quand on arbore les mêmes drapeaux, les mêmes symboles : lesquels doivent être bons en eux-mêmes, car, chez lui, les drapeaux désignent des fins : vrai, bien, beau.
La formule, d’un trait, rompt le sentimentalisme abstrait et l’individualisme forcené :- Nous sommes compagnons de noblesse et chevaliers d’un même principe
- et non pas des jouisseurs soixante-huitards d’affinités sporadiques, perdus et situés quelque part entre le libéralisme et le marxisme.
Ainsi chez lui comme chez tous nos auteurs classiques susmentionnés, tenir par le cœur ce que l’on tient par la vérité : ce n’est point sentimentalisme béat, c’est ordre du Verbe qui débouche en charité. À ce niveau, l’amitié devient symbiose des principes, ou mieux : communion des âmes en ordre.
SOIXANTE-HUITARD (CNRTL), Adj. et subst.
Celui qui a participé aux événements de mai 1968. Henry Dougier, 40 ans, « très marqué par mai 68 », a toutes les qualités sans les défauts des soixante-huitards (Elle, 5 déc. 1977, p. 11, col. 1).
Relatif aux événements de mai 1968, qui relève des idées de mai 1968. Contestation, flambée, révolte soixante-huitarde; esprit, gauchisme soixante-huitard. Mai 68, c’est le plus grand truc, le mois le plus étonnant que j’ai vécu. Je prépare actuellement une émission de six heures sur mai 68 pour la télévision. Ce que je déteste c’est l’idéologie soixante-huitarde (Elle, 12 sept. 1977, p. 7, col. 4).V. ✝️ « Ecce tertius Christus » — Ælred et l’échelon spirituel
Dans l’abbaye cistercienne, le pieux Ælred porta l’échelle au sommet : le surnaturel. Il écrivit que l’amitié devait commencer en Christ, être conduite selon le Christ, et parachevée par le Christ — de même que l’on restaure tout en Lui selon l’Évangile. Dès lors, deux amis deviennent trois : le Christ pour milieu vivant.
Cette virtus amicitiae ne feignait rien : rien de fictum, rien de simulatum. L’ami, meilleur remède de la vie — de même que le Bon Dieu est Médecin surnaturel de la vie par la grâce sanctifiante —, rendait splendides les prospérités et légères les adversités. Surtout, l’amitié est une vertu, une douce dilection qui unit les âmes en unum de pluribus. Voilà l’échelon spirituel : la fidélité y règne, Dieu y demeure.
En guise, d’aparté « monastique », disons que de la bande virile à la communauté religieuse, il y eut moins rupture que transfiguration : ce qui avait été discipline, devint charité infusée. En effet, c’est sur une nature saine et propice, que se greffe une foi sainte.
VI. 🏛️ Cité et Éros — Platon, Aristote, Cicéron — du foyer au cloître, de la rue à l’autel
- Platon, dans le Banquet, montra l’échelle du Beau : de la beauté sensible à la beauté intelligible, l’amour enfante dans le beau.
- Prenant son relai, Aristote décela que l’amitié tient ensemble la cité, au point que des hommes vraiment amis n’auraient guère besoin de justice.
- Cicéron, praticien des lois, corrobora : l’accord sur les choses divines et humaines fonde l’utilité la plus haute et incontestée.
Ainsi, cette dite amitié civique couronne l’amitié domestique et s’adosse à l’amitié virile et ultimement divine ; toutes, quand elles se retrempent à l’autel, deviennent charité ordonnée.
Et voici donc, l’échelle qui en ressort :
- Foyer féminin — enracinement, fins, mémoire.
- Männerbund masculin — action, risque, fidélité.
- Cité — bien commun, justice secourue par l’amitié.
- Cloître — charité qui parachève l’amitié, Christ au centre.
Au croisement, Bonnard dresse les drapeaux ; au sommet, Ælred introduit le Troisième.
L’ami devient autre soi‑même ; mieux, prochain in Christo.
☩ 𝔖entence par KO — 🔔 Foudre scripturale
📄 Post‑scriptum — Qu’il se sache enfin, l’amitié n’est point vil divertissement de centre de loisirs décadents, mais une voie de d’amélioration, de bien-être et de sanctification. À qui prétend le contraire et s’en fiche, qu’on offre un miroir : il n’y verra qu’un fieffé inculte.
Nous avons frappé méthodiquement ! Des bouses libéralo-marxistes aux vagues sentimentales, nous sommes passés à la bannière, avec Saint Thomas d’Aquin régnant en maître durant tout notre propos à la fois actualisé et enrichi. Qui persévérera, trouvera remède et splendeur.
Que l’on élise domicile sous de bons drapeaux, et Notre Seigneur fera le reste !
📚 Pour approfondir
- Banquet de Platon — Dialogue sur l’amour et recherche du beau : https://integralisme-organique.com/2025/02/banquet-de-platon-dialogue-sur-lamour-et-recherche-du-beau-2/
- Ælred de Rievaulx — De spirituali amicitia (texte latin & études) : The Way (PDF), The Latin Library, Documenta Catholica Omnia (PL 195), IntraText.
- Abel Bonnard — L’Amitié (1928) : édition Hachette — exemplaires et scans sur Gallica (BnF).
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