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Publié le par Florian Rouanet
La proposition qui suit est un extrait du Journal d’un homme occupé de Robert Brasillach. L’auteur s’y surpasse avec éclat : ces lignes comptent parmi les plus belles de toute son œuvre. Il nous conduit au plus près de sa pensée, de son regard intérieur, et parvient à tout y résumer sur le thème du titre, avec une rare concision lumineuse.
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Par Sieur Robert Brasillach.
À notre cher Robert Brasillach qui, malgré sa jeunesse, avait compris certaines choses bien avant les autres. À celui qui avait su voir l’essence même de la vie des peuples.
« Ce n’est pas seulement l’Allemagne que nous sommes allés chercher là-bas, mais aussi notre temps tout entier, l’unité de notre temps. De même qu’il n’y a pas de solution de continuité entre l’Allemagne ancienne, ses palais, son baroque attendri, et l’Allemagne moderne, débordante de vitalité créatrice, de même il n’y a pas de fissure ni de solution de continuité dans notre temps, qui ne fait qu’un. Une tradition ne représente rien si elle est un objet de musée, si soigneusement entretenu soit-il. Une tradition, pour être valable, doit se continuer dans un élan toujours présent, tendu vers l’avenir, même si les formes en sont différentes. On est en droit de ne pas goûter certaines formes de l’esthétique contemporaine en Allemagne – j’avoue être, pour ma part, extrêmement sensible à la beauté et à la puissance des fêtes nationalistes, – mais on ne peut refuser de comprendre la vitalité qu’elle, la continuité qu’elle symbolise avec la vitalité du passé. Et cela, nous pouvons le faire nôtre, non point par une copie ni par une imitation inutiles, mais par la connaissance plus approfondie de ce que nous sommes. Notre tradition ne doit pas devenir un musée, elle doit se prolonger dans la vie contemporaine et dans la vie de demain, elle doit être un chaînon de la chaine française. Et la leçon est valable pour tous les pays.
Quelle que soit la façon dont on la juge, l’Allemagne moderne, voilà des années que nous le répétons, aura donné à notre temps un enseignement de jeunesse. Non seulement par ses stades, par ses chantiers, par ses groupements, par cette gloire constante de l’adolescence qui frappe à chaque pas dans ce pays, mais encore plus par l’esprit qui l’anime. Par la jeunesse physique et réelle de tant de ses dirigeants à l’intérieur du parti, dans les régions, dans les administrations. Par la hardiesse de tant de ses conceptions. Par la volonté qu’elle a de vouloir continuer son passé et de s’incarner dans les nouvelles formes. Par l’absence de »pose », par la simplicité de ceux qui ont le pouvoir de créer et qui n’en sont point accablés, qui, au contraire, acceptent ce poids avec allégresse, comme on accepte précisément dans l’adolescence tous les fardeaux et tous les avenirs. Chaque pays à son visage particulier, qu’il n’est point question de rendre semblable aux autres : mais au-delà des différences, il y a quelques lois universelles. La plus rigoureuse d’entre elles est la nécessité de conserver, si l’on veut vivre, l’esprit éternel de la jeunesse créatrice. »
Robert Brasillach. Je suis partout, 8 novembre 1941.
Augustin.

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