• Simon le Zélote : nationalisme et zèle, au service du Salut



    Diversité des apôtres, zélotes et choix christique

  • Résumé
    Dans le choix de ses 12 apôtres, le Christ manifeste une volonté divine de rassembler des hommes aux profils forts divers, y compris des patriotes et des hommes ardents dans leur zèle pour la foi et la nation.
    Simon le Zélote, qui n’est pas Simon/Pierre, en particulier, incarne cette ardeur, symbolisant une forme de patriotisme transformée par la grâce divine. Loin de rejeter l’attachement à la patrie ou l’ardeur militante, l’Évangile montre comment ces dispositions peuvent être mises au service du Royaume de Dieu. Ainsi, cela témoigne du fait qu’il soit possible, par la Grâce, de se sauver, tout en étant « nationaliste ».
    Cela est une preuve supplémentaire que l’Église ne condamne pas, d’office et intégralement, l’amour de la nation, sinon des excès, souvent doctrinaux : comme placer la nation au-dessus de tout (idolâtrie païenne, absolutisation contre le reste).

    Les Zélotes étaient les membres d’un mouvement politico-religieux juif du Ier siècle, incitant le peuple de la province de Judée à se rebeller contre l’Empire romain et à expulser les Romains par la force des armes.

    Wikipedia


    Sommaire

    I. Simon le Zélote : « patriote » au service du Christ
    II. Ardeur des apôtres : entre patriotisme et zèle
    III. Diversité des tempéraments
    IV. Patriotisme sanctifié : exemple pour notre temps


    I. Simon le Zélote : « patriote » au service du Christ

    Parmi les Douze, Simon le Zélote se distingue par son surnom. Le terme « zélote », traduit parfois par « cananéen » (non pas en référence à la région de Canaan, mais au terme hébraïque qanai, signifiant « zélé »), suggère une appartenance antérieure au mouvement des Zélotes, groupe militant opposé à l’occupation romaine, notamment sous Ponce Pilate.

    Simon est l’exemple d’un homme dont le zèle pour la patrie et la Loi mosaïque fut transcendé par la rencontre avec le Christ. En lui, le patriotisme n’est pas rejeté, mais intégré et ordonné à une mission plus haute : la proclamation du Royaume céleste. Ainsi, son parcours révèle que l’amour de la patrie, lorsqu’il est purifié, peut contribuer à notre vertu, au bien, sans empêcher la sanctification.


    II. Ardeur des apôtres : entre patriotisme et zèle

    Le choix des apôtres illustre une diversité de tempéraments, mais aussi une unité dans le zèle pour le Christ. Si Simon le Zélote est explicitement lié à un patriotisme ardent, d’autres apôtres manifestent des traits qui évoquent ce même esprit.

    1. Pierre : le défenseur fougueux
      Simon Pierre, chef des apôtres, futur 1er Pape, montre une passion militante, notamment lorsqu’il brandit l’épée pour défendre Jésus lors de son arrestation (Jean 18:10). Bien que son zèle ait été maladroit, cet épisode illustre une volonté de combattre pour ce qu’il perçoit comme juste et sacré.
    2. Jacques et Jean : les fils du tonnerre
      Les surnommés Boanergès (Marc 3:17) manifestent également une ardeur intense. Leur demande de faire descendre le feu céleste sur un village samaritain (Luc 9:54) montre une impulsivité comparable à celle des zélotes, marquée par une soif de justice et un désir de défendre la dignité du Messie.
    3. Judas Iscariote : une vision dévoyée
      Certains exégètes suggèrent que Judas Iscariote nourrissait des attentes politiques à l’égard de Jésus, à l’instar des juifs anciens, espérant qu’il serait un libérateur temporel d’Israël. Sa trahison pourrait alors s’expliquer par sa déception de l’approche d’un Royaume spirituel, incompatible avec ses aspirations , pour le coup « nationalistes » dans le mauvais sens du terme.

    III. Diversité des tempéraments

    Le groupe des apôtres inclut des hommes aux origines et aux sensibilités variées : pêcheurs, publicains, et même un ancien zélote. Cette multitude représentative démontre que le Christ n’appelle pas des hommes parfaits ou uniformes, mais des personnalités différentes, unies par leur foi en Lui.

    Ainsi, saint Matthieu l’évangéliste, aussi appelé Lévi, fut un collecteur d’impôts collaborant avec Rome au contraire, et il se trouve dans le même cercle que Simon le Zélote, son opposé idéologique direct. Cette cohabitation témoigne d’un dépassement des divisions humaines au service de la mission divine : chaque apôtre apporte ses talents et son histoire, contribuant à l’édification de l’Église.


    IV. Patriotisme sanctifié : exemple pour notre temps

    Le message de Simon le Zélote et des autres apôtres zélés résonne particulièrement dans un monde où l’attachement à la patrie est parfois mal compris. Le Christ ne condamne pas le patriotisme ; Il le transforme, Il le sublime, Il le met au service du Royaume spirituel.
    L’amour de la patrie devient, sous l’influence de la grâce, une expression de la charité chrétienne, ordonnée au bien commun et à la gloire de Dieu.

    « De doctrina christiana », Livre I, chapitre 26 (ou chapitre 27 selon les éditions), saint Augustin :

    « L’ordre de l’amour exige donc que nous aimions plus ce que nous devons aimer davantage. Et nous devons aimer Dieu plus que tout, et nous-mêmes, et notre prochain, dans cet ordre. »
    (De doctrina christiana, I, 27).


    Conclusion

    Le choix des apôtres, et particulièrement celui de Simon le Zélote, montre que même les passions les plus ardentes peuvent être sanctifiées par le Christ. Loin de rejeter les tempéraments patriotiques ou zélés, l’Évangile les intègre dans une mission universelle, rappelant que chacun, quelle que soit sa disposition naturelle, peut trouver le salut en mettant ses dons au service de Dieu.
    Cette leçon demeure une invitation pour les chrétiens contemporains à œuvrer pour leur patrie tout en gardant les yeux rivés sur l’éternité.


    Citation illustrant le propos :
    « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
    (Matthieu 22:21, traduction Crampon)

    Cette parole du Christ résume le juste équilibre entre devoir terrestre et fidélité céleste.

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    […] d’enseigner les nations, sans les nier, mais en les surélevant par le message christique, ce qui n’empêchait pas, par ailleurs, le « nationaliste zélote » d’exister et pratiq… […]


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