• L’anti-nationalisme primaire de « Radio Regina »

  • Radio Regina, émission assez novatrice avec une liste de sujets inédits quelque peu intéressante, s’était fait remarquer par son hostilité sans retenu au « camp national » en général ou encore au mouvement des Gilets jaunes, qui au-delà de ses nombreuses imperfections (sans excuser les bêtises et la complicité de notre peuple dans ce qui lui arrive depuis ces 50 dernières années) demeure un mouvement humainement sympathique auquel on ne saurait rester de glace. D’autant que la nécessité d’un changement radical se trace plus nettement. Le premier conflit interne avec les catholiques de constat sédévacantiste (ou comment rester catholique au regard de la crise de l’Autorité) a été en diffusant publiquement la « thèse de Cassiciacum » en en poussant dans ses retranchements l’abbé Belmont, vétéro-guérardien. L’animateur radio  accuse les « sédévacantistes complets » de fidéisme (donc de mauvais surnaturalistes, voire d’hérétiques au moins matériels). Et maintenant ça. Il faut parfois savoir soutenir certains aspects d’une « structure », mais aussi dire quand nous sommes en désaccord, et pourquoi.

    « Le nationalisme, le racisme et l’identitarisme sont de graves pièges historiquement nés à gauche et dans lesquels beaucoup d’âmes baptisées ont sombré, au point de réinventer la théologie et de détourner des passages bibliques comme le font par définition les Protestants, sans s’interroger sur ce que l’Église dit réellement sur tous ces sujets. Ces idéologies, tout aussi hétérogènes soient-elles, nuisent gravement au vrai combat, affaiblissent la Chrétienté au lieu de la renforcer et servent surtout les intérêts du Diable. »

    Radio Regina – 21 février 2019

     

    Nationalisme et universalité :

    Moi même en proclamant mon attachement à ce courant « nationaliste » j’en connais les limites. Maurice Bardèche ne disait-il pas dans « Qu’est-ce que le fascisme ? » : « Le dépassement du nationalisme, seuls les peuvent le faire » ? Encore faut-il en être pour pouvoir prétendre en corriger le tir. Même à la lumière de la doctrine chrétienne on ne peut refuser catégoriquement ces principes comme s’ils ne reposaient sur aucune réalité, surtout quand dans notre situation les problèmes directs sont ses inverses : internationalisme, antiracisme, etc.

    Le Magistère de l’Église est un niveau au-dessus :

    « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine – toutes choses qui tiennent dans l’ordre terrestre une place nécessaire et honorable, – quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi. »

    Mit brennender Sorge.

    Dans le nationalisme, seule l’exagération évidente est condamnée, pas tout type de défense de soi. Autrement ce serait propager la haine de soi, ce qui se rapproche du suicide collectif, en moins choquant. Et quoi de plus logique de défendre sa particularité puisque le monde est universellement fait de peuples particuliers ? Il n’y a un conflit entre nations et universel que par hémorragie des sociétés ou par sophisme idéologique.

    Le nationalisme n’est pas « pareillement condamné » par rapport aux impies libéralisme et communisme qui sont bien plus pernicieux et anti-naturels. Pas besoin d’un dessin pour dire que Viktor Orbàn c’est imparfait, mais mieux que le Parti communiste hongrois. Un catholique peut très bien s’inspirer des systèmes philosophiques dans ce qu’ils contiennent de vrai uniquement. Et la part chimérique contenue dans le nationalisme ne peut être dépassée que par ceux qui en sont. Cela n’aurait aucun sens d’être « 100% nazi doctrinal canal historique », c’est daté et imparfait comme tout courant, mais le national-socialisme demeure une réaction qui contient en puissance plus de vérités captives que dans le reste des autres courants. Aussi, avec le recul l’Europe et les Européens meurent de sa défaite, et avec eux, la pratique de la religion chrétienne.

     

    Nationalisme et souveraineté :

    La nation (vieux terme biblique, ethnique) n’est pas une invention de gauche aussi sûre que la loi sur la gravité est réelle, car la nation représente l’unité sociale naturelle d’une communauté donnée, le nationalisme quand il n’est pas un excès (la sois-disant « souveraineté inaliénable») n’est que la défense de cet état de fait pour une plus grande prospérité. Son courant va au-delà de son terme rattaché au mot nation.

    Mais tout d’abord entendons-nous sur le terme de nationalisme qui comme de nombreux mots est polysémique, au minimum il signifie la défense de la nation devant l’universel, sinon une doctrine politique par rapport à celle-ci. Ce terme fut utilisé en différents points et souvent galvaudés, ce qui est de gauche irrémédiablement, c’est le souverainisme jacobin qui fut défendu par les 5 républiques maçonniques en France comme par un certain François Asselineau et qui tire son erreur du gallicanisme français propagé par la dynastie des capétiens (Raison d’État contre la juridiction de l’Église et contre les provinces ethniques). Ses « apôtres » républicains, conscients de la signification explosive du terme de nationalisme sont allés inventer celui de « nationalitarisme » pour se distinguer de ceux qui voulaient rester fidèles à la loi naturelle et aux normes d’Ancien régime en quelque sorte. Doctrines du nationalisme de Jacques Ploncard d’Assac le détaille très bien (contexte politique contre Maurice Barrès notamment).

    Et non pour répondre à l’animateur, parler de civilisation européenne continentale n’est pas l’apanage de la Nouvelle droite, nous confondants de manière régulière à « l’antenne » en nous envoyant quelques piques à ce sujet. Je ne suis pas sourd. En revanche, je le rejoins volontiers sur la nécessité d’un « nouveau Charles Quint » c’est-à-dire de l’idée d’un impérialisme chrétien, universel et provincialiste. Le centralisme ne peut être utile qu’à cause de la médiocrité des gens. Rien ne dit en effet dans la doctrine sociale de l’Église (DSE) que l’État-Nation est un passage obligatoire pour les sociétés humaines (quoique détaillé par Léon XIII dans différentes encycliques, dont une en particulier). Pour ce qui est de son attente d’une réaction de la Tanzanie « catholique » ou de je ne sais quel pays africain pour obtenir une restauration de la Chrétienté…, soyons sérieux deux secondes s’il vous plait. Que tous les pays soient catholiques c’est entendu, cependant croire qu’il se trouve au « Royaume du Congo » un nouvel Empire romain, non. Vraiment non.

    Notre ligne éditoriale fait que nous sommes nationalistes dans l’ordre de la nation, comme nous sommes impérialistes à l’échelle du continent, et logiquement pourquoi pas universaliste devant l’universel !

     

    Racisme et antiracisme :

    Vincent Reynouard à l’époque où il professait encore la vraie foi (catholique de constat sédévacantiste) avait déjà répondu universellement dans son Plaidoyer pour le racisme, pour ne pas manquer de précisions soulignons que c’est bien le « matérialisme biologique » qui est condamné par l’Église à travers ce terme. Une idéologie qui met la matière physique et biologique au-dessus des lois religieuses, où qui prétend tirer la religion d’une race particulière (un travers de Démocratie Participative en plus de son absence de constat sédévacantiste raisonné). Chose évidemment inacceptable pour la raison comme pour la religion chrétienne. Le spirituel est supérieur par définition, il domine la matière, c’est ce qui guide le corps. Tout comme le « sur-naturel » se greffe et élève le naturel.

    « Le «racisme» a fait dire autant d’âneries à ses ennemis qu’à ses partisans. »
    Nicolas Gomez Davila Nuevos escolios, tome 2, 1986.

    Mais face à cela, que dire de l’antiracisme qui fait dire énormément de bêtise de nos jours (appel à araser les différences tout en prétendants par ailleurs qu’elles sont des richesses. LAUL), en plus d’être une arme de destruction idéologique contre l’homogénéité de nos peuples occidentaux (et des restes de la Chrétienté avec…) ? Il ne faut pas charrier, actuellement c’est l’internationalisme financier qui nous détruit, ce qui n’est pas beaucoup plus compatible avec la doctrine chrétienne. Taux de mélanine assuré ou ironie de l’histoire, en matière politique l’animateur de la « radio en ligne » critique le nationalisme et le racisme comme le dernier des bergogliens, en relativisant même les dégâts de l’immigration, en sachant que celui-ci est réfugié dans un pays européen encore préservé de ces prédations. L’assimilation véritable n’est possible qu’avec une minorité étrangère noyer dans la masse des nationaux, impossible à échelle de millions d’individus, cela ne ferait que troubler nos sociétés.

    Concernant la catastrophe antiraciste ne comptez pas sur Radio Regina pour en toucher mot. Alors que l’enterrement en cours de la génération des boomers dégénérés emportera la France de manière définitive avec elle pour laisser place au chaos « multiculturel » contre les jeunes générations, il a semble-t-il d’autres priorités… La conversion de la Tanzanie peut-être ? Surtout ne défendez pas votre identité, le IVe commandement qui ordonne d’honorer ses parents et par extension sa Patrie tomberait caduc devant l’impérialisme tanzanien universel.

    « Et là dis-donc. Empire Romain Nouveau c’est moi. Vous comprenez ? »

     

    Conclusion :

    L’émission en elle-même est plutôt juste pour un catholique, c’est surtout l’annonce qui est abusive. Autrement, elle appuie trop sur l’anti-nationalisme par rapport aux courants nationalistes, à une époque de l’histoire où c’est le mondialisme qui exagère, qui détruit. Dommage que l’intervenant Théodon qui est bien cadré et avec qui j’ai beaucoup échangé, même beaucoup appris soit usé pour ces basses œuvres. Pour ce qui est de l’animateur, jouer à l’idiot provocateur  avec un accent d’arabe de banlieue belge en se moquant de son auditoire principal au possible (sans apporter grand-chose) ne le mènera à rien sinon à de l’entre-soi dans une cabine téléphonique.

     

    Sans doute n’ont-ils plus qu’à être des roycos lambdas.


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  • 1 commentaire




    […] incarne cette ardeur, symbolisant une forme de patriotisme transformée par la grâce divine. Loin de rejeter l’attachement à la patrie ou l’ardeur militante, l’Évangile montre comment c…. Ainsi, cela témoigne du fait qu’il soit possible, par la Grâce, de se sauver, tout en […]


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