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Publié le par Florian Rouanet
Nous vous présentons un document utile contribuant à mieux saisir le compliqué auteur Joseph Merel, résultant d’un mélange d’homme disparu entre la scolastique du XIIIe siècle et l’idéalisme allemand.
Hegel, bien que de croyance protestante, offre quelques éléments d’intérêt et sommes toutes, fascisants, pour la doctrine politique.
En résumé : le principe du dépassement chez Hegel, souvent désigné par le terme allemand « Aufhebung », est une notion clé de sa philosophie. Il décrit un processus dialectique où une thèse et son antithèse sont transcendées pour former une synthèse. Cette synthèse dépasse et intègre les aspects de la thèse et de l’antithèse, tout en préservant certains de leurs éléments. Ce processus permet ainsi une progression dans la pensée et dans la réalité, menant à une compréhension ou à une réalité plus élevée et plus complète.…
Il a admirablement traité de cela pour ses contemporains, dans des termes hélas peu intelligibles. Et nous retrouvons certes cette formulation, souvent galvaudée, chez les « orweliens » conspi’ à deux balles cinquante, toutefois, dans une toute autre et – très – faible acception.
Le danger reste toujours d’assembler à soi des choses hétérodoxes certes, c’est pourquoi il nous faut demeurer, avec une volonté ferme, dans les sentiers du Bien commun et de la vérité, lorsque l’on use d’une telle aspiration/inspiration à retenir le meilleur de chaque chose, comme a pu le faire Benito Mussolini avec l’antiquité, le médiéval et la période contemporaine !
Il nous semble d’ailleurs que des références et prélats plus orthodoxes que Henri de Lubac (pré-moderniste), aient tenté aussi ce rapprochement, ou du moins cette acception acceptable dans l’hégélianisme pour des catholiques. Un système complet existe aussi par les thèmes aristotélo-thomistes de la puissance à l’acte.
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Voici un très modeste aperçu de certains points de la philosophie de Hegel :Georges Guillaume Frédéric Hegel est né à Stuttgart en 1770 et décède en 1831.
Un des points cruciaux pour comprendre son cheminement philosophique, c’est sa rencontre avec le futur poète Hoderlin et le « futur » Schelling. Ils vont être tout les trois boursier du Stift de Tubinguen, pour un séminaire protestant destiné à la formation du clergé évangélique. À cette même époque, le culte de la raison est déjà en route avec la Révolution française, ainsi que le culte Robesperiste de la déesse raison. Hegel suivra les événements de son temps et en tirera la leçon suivante:« Partant des besoins subordonnés des hommes, j’ai dû me pousser à la science, et l’idéal de la jeunesse a dû se transformer en une réflexion, en un système. »Les croyances de la jeunesse sont mis à mal par les événements post-révolutionnaires. En effet, il constate les méfaits d’un idéalisme romantique poussé à l’extrême:« l’impossibilité d’une réalisation immédiate de son état idéal peut le jeter dans un état d’hypocondrie, ainsi si il ne veut pas succomber à l’époque, l’homme doit reconnaître que le monde n’est absolument pas quelque chose de mort et d’immobile, mais un être qui progresse en se conservant. » #dslJeanSurnat’ (anti-surnaturalisme)Ainsi, le romantisme cherche à nier le rationalisme moderne, lequel aliène le monde, la raison ne pouvant traité l’autre que comme un ennemi. Les trois destins de Hegel, Schelling et Hoderlin illustrent la problématique posée, tout trois vont y répondre à leur manière :- Hoderlin répond à la modernité par la poésie, il n’effectue pas la dialectique, car comprenant et voyant plus de chose, il détourne le regard et ne peut assurer ses visions.
- Schelling s’engouffre dans le formalisme.
- Hegel effectue le sursaut, il multiplie l’agressivité de Fichte, supprime les oppositions solidifiées. Il occupera à Berlin jusqu’en 1818 la chaise d’université de Fichte, d’ailleurs Schopenhaueur (son ennemi juré) n’aura de cesse de l’appeler « Professeur » pour se moquer de son académisme bien planqué….!
Sur le plan philosophique même, Hegel c’est d’abord la notion de négativité comme passage pour un sursaut dialectique. Hegel la conscience comme le refus de l’inertie, de toute satisfaction limitée, la pensée trouble, l’absence de pensée, et son inquiétude détruit cette vérité.Si au premier stade, nous avons l’être et l’égo sum qui sum, c’est en réalité le stade le plus faible, car en se niant, l’être devient néant abstrait, mais met au jour un nouveau concept plus riche, c’est ici le principe du concept, c’est à dire mettre à jour constamment un nouveau concept enrichie. Si le concept se définie comme un engendrement subjectif, une donnée humaine, il introduit la notion de divin, car si Dieu le Père, dont la pensée est inquiétude, mobilité et négativité, seul l’homme avec ses capacités données, peut « réaliser le divin ». La vérité apparaît à la fin (finalité), non au départ, et ceux par un travail de négation, pour dépasser le donné. J’ose dire qu’on est dans une théodicée inversée.
Le Dieu substance signifie l’abolition de toute nostalgie, de toute aspiration vers un autre, toutes les fins, les sentiments concrets ont été abolis et ont disparus (comme le Dieu Substance du déterministe absolu Spinoza présent dans toutes choses, « transfuge progressiste » de la communauté juive durant la Renaissance). Penser la contradiction, c’est donc investir la nécessité pour arriver à la liberté, dû au fait que chaque éléments d’un tout n’est pas distinct et isolé, mais son être est son rapport avec les autres pour continuer sur la notion de négation avant d’aborder la politique.
Ainsi, la négation comme prédicat de l’être, permet le passage du monde de l’essence où l’immédiat disparaît pour devenir apparence. exemple fameux pour illustrer ce fait:« Tout arbre est contenu dans le gland selon son idéalité. Quand le gland s’est développé pour devenir arbre, nous avons devant nous la réalité du gland: le gland est le concept, l’arbre la réalité ».P.-S. Un autre exemple dialectique concret existe avec :
le passage du cocon au papillon par la chrysalide.La négation s’inscrit aussi pour illustrer la condition première de l’homme.
Expliquons:
Le vivant se livre à une continuelle négation du monde extérieur. Il peut exister en niant la choséité qu’il transforme en simple moyen de satisfaction de ses besoins et d’affirmations de soi, ainsi la primauté du sujet sur l’objet est réel. L’animal par exemple dévore les choses et prouve par là qu’il n’est pas absolument indépendant, l’animal dévore les choses et les détruits. en ce sens, il demeure prisonnier de cette objet. Il existe cette noblesse chez l’animal accomplissant sa nature (ordre naturel et grâces), noblesse disparue chez les gauchistes et les surnaturalistes, et non dans le fascisme. La réapparition du désir perpétue l’altérité, seul l’homme peut nier adéquatement l’objet, sa « porte de sortie » étant le travail.
Le ora et abora : anéantir le monde, grâce à la réalisation d’une conscience de soi rationnelle, l’action est le vrai être de l’homme, il cesse de présupposer et passe à l’action pour le transformer (Praxis).Ce qui amène à la notion de liberté, comme réconciliation du sujet avec le monde extérieur, la conscience de soi ne peut réaliser pleinement son concept que si l’extérieur répond à son intérieur.
Sur le plan collectif, donc politique, pour reprendre Hegel dans la Phénoménologie de l’esprit:« la conscience de soi peut atteindre la satisfaction que dans une autre conscience des soi ».Exemple: l’amour dans le cercle familial, la reconnaissance mutuelle comme socle du foyer.Ainsi reconnaître l’autre comme un soi, revient à la lutte pour la reconnaissance, car comme nous avons dit auparavant, la tendance mutuelle à la chosification (le fameux homo homini lupus), l’homme s’humanise dans le désir d’être reconnu par l’autre.
Hegel synthétise cela par la description des deux premières figures de la conscience, c’est à dire de l’esclave et du maître. Le premier existe par soi, car il assure le néant et la mort, il s’est élevé au dessus de la vie, l’esclave est celui qui a préservé la vie en s’arrêtant de combattre, il est devenu la chose du maître, l’esclave ayant connu l’angoisse, peut reconquérir la liberté par le travail.
Le développement social se fonde sur le désir de reconnaissance de chacun comme personnes libres (on l’a vu auparavant, est libre celui qui reconnaît sa conscience dans l’autre), dans le cas contraire, comme dans le monde naturel, guerre règne et s’interrompt par de courtes périodes de paix prévue par le « contrat social » des très grandes sociétés contemporaines, Hegel dialectise tout ceci en formulant la nécessité d’un citoyen universel, qui évidemment renvoie plus tard à Kojève/Schmitt et son Etat universel.Voilà, quelques mots de la pensée d’Hegel qui est bien plus riche ; très lourde et passionnante pour qui veut s’y plonger et c’est amusant, car il est influencé hautement par la pensée germanique, moins chaude et ensoleillée que la littérature latine…Nous nous en apercevons : il en résulte une angoisse profonde, tel est le prix à payer pour celui qui affronte le réel comme Hegel.
De plus, il est aujourd’hui très difficile de trouver des dynamiques contradictoires, à cause des technologies, c’est un peu comme si la bataille avait eu lieu et qu’il fallait trouver l’endroit et l’activité qui nous donne le maximum de paix, et là c’est un combat : non à la critique, oui à la création. #virtuositéDuLogos!Toujours charrier l’amour au fond soi, entretenir sa flamme, c’est la seul lumière qui ne peut s’éteindre, car une fois perdu, c’est un trou sans fond qui occupe l’être.Amitié,
David.
Un très vieux dessin de Hegel

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