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Publié le par Florian Rouanet
L’éternel retour du concret. Hein ? Faut l’savoir. C’est écrit dans mon livre !
La transition de la société organique vers la société de contrat a profondément marqué l’histoire sociale, politique, financière et économique de la France et du reste du monde, façonnant les structures et les relations au sein de la Cité.
Cette évolution, complexe et aux multiples facettes, est le résultat de l’histoire et du combat des idées.La société organique, souvent associée aux sociétés pré-modernes, repose sur des liens sociaux et des obligations mutuelles fondées sur la tradition, la religion chrétienne et le principe de hiérarchie. Dans ce modèle, les individus sont intégrés dans des structures sociales préétablies, telles que la famille, la tribu. Leur identité et leur statut sont largement déterminés par leur place au sein de ces structures et classes. Les relations sociales sont souvent basées sur des normes non écrites et des coutumes transmises oralement de génération en génération.
En revanche, la société de contrat, émergée avec l’avènement de la modernité et du libéralisme politique, est fondée sur le principe du contrat social, où les individus consentent librement à former une société organisée et à se soumettre à un ensemble de règles communes en échange de la protection de leurs droits individuels. C’est la notion de patrie et d’égalité, qui unie – avec plus d’abstraction – lorsque la démographie est très haute. Cette transition vers une société contractuelle a été influencée certes par des penseurs tels que Jean-Jacques Rousseau, qui ont souligné l’importance du consentement mutuel et de l’égalité des droits dans la formation de la société élargie.
Précédemment, l’influence de la Renaissance, entre autre vénitienne, avec son système politique et économique novateur, a également contribué à façonner la transition vers la société dite de contrat. Venise était connue pour son gouvernement républicain, où le pouvoir était partagé entre différentes classes sociales et où le commerce et l’industrie étaient encouragés. Cette approche a influencé les idées de gouvernance radicale et de liberté individuelle dans toute l’Europe de l’Ouest.
De même, sous le « règne » de Colbert en France, l’État gallican a joué un rôle central dans la promotion du commerce, de l’industrie et du développement économique. Colbert a mis en œuvre des politiques mercantilistes visant à renforcer l’économie nationale et à accroître la puissance de l’État, tout en cherchant à limiter l’influence des intérêts privés.
Le fascisme, 3e voie s’il en est, qui est une ligne de démarcation entre tradition et modernité, en étant critique des deux et en les rejetant radicalement, afin d’être un contre-révolutionnaire conséquent, admet ces changements de paradigmes, tout en les rénovant en extirpant leurs lubies respectives. En cela, nous rejoignons au moins partiellement le point de vue soralien.
Dans le domaine de l’art, notamment de la peinture, cette transition se manifeste par un changement dans les sujets représentés. Alors que dans les sociétés organiques et médiévales, mettaient en avant les saints, les héros et les références religieuses, dans la société post-médiévale, on observe une tendance à représenter la classe aristocratique ou bourgeoise elle-même, qui se met en valeur à travers des portraits et des scènes de la vie quotidienne ou religieuse (lors de la Renaissance).
Sur le plan démographique donc, cette transition se traduit par l’émergence de grandes sociétés par actions et de marchés financiers où le capital devient un moteur économique majeur, souvent détaché des structures familiales traditionnelles. Face à cela, un réactionnaire, anti-étatiste, souhaitera peut-être un genre de capitalisme anarchique et familial. Cela entraîne une évolution des modes de gestion de la part de la population et des hiérarchies au sein des entreprises, ainsi que des différences marquées entre les classes sociales en termes de richesse et de pouvoir politico-économique.
Enfin, cette transition soulève des questions sur la dépendance des populations envers l’État ou la nation, ainsi que sur les valeurs abstraites ou universelles qui fondent la cohésion sociale et internationale. Alors que dans les sociétés organiques, la loyauté et l’identité étaient souvent liées à des structures traditionnelles et à des valeurs communautaires. Dans la dite société de contrat, l’adhésion à des principes universels tels que la liberté, l’égalité et la fraternité (rime facile remplaçant la justice !) devient de plus en plus importante pour définir l’appartenance sociale et nationale.
Nous ne saurons nous contenter d’une critique conspirationniste lorsqu’il s’agit de remettre en question le monde des « immortels principes de 1789 », bien que anti-maçon, anti-démocrate très officiellement. #maîtreDuLogosAPresqueToujoursRaison
Alain Soral – De la société organique à la société de contrat (extrait)

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