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Publié le par Florian Rouanet
Innocent XI condamnant le quiétisme – Quietisme politique, virus surnaturaliste
Le Jansénisme: querelle théologique et réfutations.
Il s’agissait d’un ultramontanisme, dans le très mauvais sens du terme. L’auteur Blaise Pascal en est, pour commencer à situer la chose.
Et derechef, notre détermination est sans pareil, celle de mettre fin à l’omniprésence des catho-biscottes et autres roi des candaules, adeptes de théories fumeuses et faciles pour ne pas sortir de leur chambre.
Mettons l’accent comme suit sur l’importance de la réactivation du thomisme par l’encyclique Aeterni Patris (le 4 août 1879) par le Pape Léon XIII, corps de doctrine ecclésiale oubliée dans l’après Révolution/subversion française, rappelant l’équilibre entre raison et foi, entre nature et grâce. Ce retard accumulé à donner une école anti-libérale au XIXe siècle davantage « augustinienne » (partant centré sur le surnaturel, sans que cela finisse en hérésie certes !) avec les Mgr Delassus, de Ségur, Gaume et Pie, dont sont friands les Éditions Saint-Rémi.
Notre chanson anti-surnat’ générée par IA à ce sujet !
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Introduction :
Au cœur du XVIIe siècle, la France fut le théâtre d’une intense querelle théologique et spirituelle, le jansénisme, qui opposa certains courants de la foi catholique aux autorités ecclésiastiques officielles. Ce mouvement, marqué par une profonde empreinte dite « augustinienne », fut souvent perçu comme une réponse similaire au quiétisme, par rapport au contexte religieux et politique de l’époque, marqué par la contre-réforme anti-protestante et le centralisme capétien et monarchique.
Origines et Émergence :
Le jansénisme tire son nom de Cornelius Jansen, évêque d’Ypres, dont l’ouvrage posthume, *Augustinus* (1640), fut à l’origine de ce mouvement. Jansen y exposait une vision de la grâce et de la prédestination, insistant sur l’incapacité de l’homme à obtenir le salut sans l’aide divine (apparence rassurante). Ce courant se développa principalement en France, notamment à l’abbaye de Port-Royal, haut lieu intellectuel et spirituel, où les solitaires pratiquaient une foi austère et rigoriste.
Le quiétisme :
Parallèlement, le quiétisme, fondé par Miguel de Molinos et repris en France par Madame Guyon et Fénélon (le félon !), proposait une spiritualité centrée sur l’abandon à Dieu, une passivité de l’âme qui, pour le coup, contrastait avec l’activisme moral du jansénisme. Les quiétistes prônaient une union mystique avec Dieu, minimisant le rôle des sacrements et de l’Église comme médiateurs (crypto-protestant, gnostique…).
Conflits et réactions de l’Église :
L’Église catholique, sous les pontificats de plusieurs Papes comme Innocent X et Clément XI, réagit par une série de condamnations, visant tant le jansénisme que le quiétisme. Ces deux mouvements furent anathémisés pour leurs extrêmes respectifs : le premier pour son rigorisme moral, le second pour son antinomisme spirituel.
Des bulles pontificales, telles que *Cum Occasione* (1653) et *Unigenitus* (1713), dénoncèrent les propositions jansénistes comme hérétiques, notamment sur les questions de la grâce.
Surnaturalisme et absolutisme :
Le jansénisme promouvait un surnaturalisme qui réaffirmait la transcendance de Dieu dans un contexte où le rationalisme, certes avec ses défauts parfois, commençait à dominer la pensée européenne renaissante/post-renaissante. Cette perspective s’opposait également à l’absolutisme royal, percevant dans la centralisation du pouvoir une menace pour l’autonomie de l’Église et pour la spiritualité individuelle. Ce positionnement alimenta des tensions avec le pouvoir royal, notamment avec Louis XIV, qui voyait dans le jansénisme une menace pour son autorité.
Contre-réforme et protestantisme :
Le jansénisme peut être perçu comme une facette de la « contre-réforme catholique », bien qu’il s’en distinguât par son approche de la prédestination et de la grâce. Face au protestantisme, l’Église catholique tentait de renforcer son unité ecclésiale, magistérielle, doctrinale, et le jansénisme, dans son appel à un retour aux sources augustiniennes, proposait une alternative à la fois conservatrice et réformiste.
Conclusion :
Le jansénisme, avec ses implications théologiques, politiques et sociales, illustre la complexité des débats spirituels et doctrinaux de l’Europe post-réforme, mais incarne surtout une hérésie dont les effets ne semblent pas encore morts de nos jours. Loin d’être un simple épisode historique, il a marqué profondément le paysage religieux et intellectuel français, posant les bases de discussions qui perdurent hélas sur la nature de la foi, la grâce et l’autorité ecclésiastique. C’est aussi un sujet d’étude inépuisable pour qui s’intéresse à l’histoire de la pensée européenne.

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