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Publié le par Florian Rouanet
Par surnaturalisme, dans le bon sens du terme, le Pape Pie XII entendait les choses qui ont attraits à la surnature. Ici, nous entendons l’erreur surnaturaliste qui consiste à exagéré le rôle du surnaturel contre l’ordre naturel, de même qu’il existe, à l’inverse, un naturalisme.
C’est un grand sujet de notre ligne éditoriale et nous vous recommandons notre mise au point concernant les sédévac-autistes de Rosarium, ou encore les émissions d’Oremus.
Pourtant, la controverse entre Bossuet et Fénélon (le félon !) est très bien racontée par Paul Hazard dans la « Crise de la conscience européenne ». ; et c’est bien Mgr Bossuet a qui l’Église donna raison contre Fénélon et Madame Guyon.
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Les erreurs théologiques passées du quiétisme et du jansénisme, toutes deux surnaturalistes et condamnées, sont des fléaux, surtout en France où l’on se targue d’être la « fille aînées de l’Eglise », ce qui mène à une judéo-morphie et à la paresse politico-spirituelle que connaissent également les milieux dits traditionnalistes.
Les articles cités ci-dessous remettront les idées en place, dans « nos milieux », religieux nous entendons, forts pusillanimes, lesquels sont gangrenés par ces extravagances expliquant deux siècles d’inaptitude et d’inertie politiques. Jean Vaquié et sa « Bataille préliminaire », ou encore Louis-Hubert Rémy, étaient de cette tendance : tentative de justification de l’attente indéterminée des événements !
À titre personnel, nous n’en pouvons plus d’étendre parler de prophéties/apparitions non reconnues par l’Église, de Grand Monarque et de Saint Pape, tombant tous deux, du Ciel en « position Jean-Claude Vandamne » pour nous sauver… Le B.A-Ba de l’anti fascisme est contenu dans cette mentalité repoussoir.
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Il y a un article très intéressant sur ce sujet de Stageirites. Voici ce qu’en dit la partie 2.
L’auteur définit le quiétisme politique comme :
« une attitude consistant à ne croire possible la restauration politique de la Cité, le « salut de la France », que par une intervention divine. En pratique, cela consiste surtout à ne pas agir en politique. »
Elle se manifeste notamment par :
« les révélations privées, la question de la Providence et la position catholique sur l’abandon à cette dernière. »
Il développe en écrivant :
« Le quiétisme, dans l’acceptation la plus générale du terme (du mot quies qui signifie repos), est une fausse doctrine spirituelle. C’est l’erreur de ceux qui se guident par la maxime suivante : « tout notre travail pour arriver à la perfection consiste à supprimer le plus possible nos actes sauf le cas d’une intervention manifeste de Dieu. Le minimum d’action personnelle devient ainsi l’idéal de la sainteté. »[5]
Molinos présente sa doctrine ainsi : « Vouloir agir activement, c’est offenser Dieu, qui veut être lui-même le seul agent »
« Le quiétisme politique se caractérise par une préférence pour l’inaction devant le devoir politique[7] et par un mépris pour les structures de la vie en société. Il est la réalisation psychologique de la peur engendrée par la force du système et par le surnaturalisme latent très répandu chez les catholiques depuis plusieurs siècles. Ainsi nait la conception quiétiste en politique : il n’y a plus rien à faire en politique sans le secours d’une intervention divine.»
En fait l’auteur fait explicitement le lien avec le surnaturalisme, qui est la cause de ce quiétisme politique. Il en cite trois principales : l’apparitionisme, le surnaturalisme (« une faiblesse doctrinale quant à l’interaction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, consistant en une espérance incessante dans le miracle ; saint Thomas d’Aquin explique sur l’ordre naturel : « Dieu ne peut rien faire contre cet ordre, car en ce cas il agirait contre sa prescience, ou sa volonté, ou sa bonté.[23] ». )», une mauvaise compréhension de ce qu’est la Providence et de son mode d’action »
Évidemment, cela s’applique à de l’action politique, mais cette attitude consistant à refuser de faire quoique ce soit pour doter l’Église d’un pape en disant « il n’y pas de solution humaine » ne révèle- t-elle pas également une forme de quiétisme ? Il s’agit du même attentisme et d Ève même partisanisme évaluant l’Épiscopat et l’Église comme diminuée dans ses actes.
Peut-être n’est-ce pas anodin si le quiétisme politique (« attendons le Grand Monarque ne bougeons surtout pas ») et sa version religieuse (Thèse de Cassiciacum : « attendons que Bergoglio se convertisse, ne bougeons surtout pas ») sont particulièrement développés en France où le quiétisme a eu une forte influence au XVIe siècle avec Fénelon notamment et Madame Guyon. Cela a laissé des traces jusqu’aux royalistes !
Le même site propose un article sur le surnaturalisme.
Mais continuons en citant deux extraits de l’article Wikipédia sur le quiétisme afin d’appuyer notre propos :
« Cette doctrine « accusée de mépriser l’autorité ecclésiastique et de prôner une morale relâchée » est condamnée par le pape Innocent XI dans la bulle Coelestis Pastor (le pasteur des cieux) en 1687. Molinos, obligé d’abjurer publiquement, finit sa vie en résidence surveillée dans un couvent.
(…)
L’année suivante, la femme de lettres Madame Guyon amène le débat en France en répandant une théorie du « pur amour de Dieu » assez proche du quiétisme déjà condamné. Fénelon est séduit par ces idées et se lance avec Jacques-Bénigne Bossuet dans un long affrontement idéologique. Finalement le pape Innocent XII doit intervenir et condamne Fénelon ainsi que Madame Guyon en 1699. »
Mais, finalement, cela s’est développé aussi aux États-Unis. Prenez l’initiative « Pray for a Pope », initiative d’américains de prier une dizaine du chapelet ou un chapelet entier par jour pour que l’Église ait de nouveau un chef visible. Lisez attentivement leur texte qui présente cette initiative :
« Clarification : Il ne s’agit PAS d’une tentative d’élire un Pape ou de s’engager dans un quelconque type de « solution » artificielle ou faite par des hommes [man-made peut se traduire par « artificielle » ou « fait / créé par les hommes »] au problème de la vacance du Saint-Siège. Il s’agit simplement d’un effort visant à supplier Dieu de s’empresser de fournir la solution qu’Il a déterminée de toute éternité.
Il s’agit d’une initiative laïque et non affiliée à un clerc, une paroisse ou une organisation. Cette formulation sent mauvais le quiétisme.
Cela dit, nous ne jugeons pas les intentions, et ainsi, pour y revenir, la doctrine guérardienne est « conclaviste » dans le sens où, elle sait, qu’il y aura toujours une possibilité d’élection du Pape : elle le place seulement entre les mains des modernistes, précédemment haïs et dénoncés.
Cela donne en effet un « prions pour que, dans les choux, un Pape naisse »… Chou 1er, Habemus Papam !
Tout comme avec l’idée de Concile général imparfait, surnaturalisme oblige, quand ce n’est pas du conspirationnisme débilitant : « C’est de la faute des modernistes, nous on est parfait. Et de toute façon, Dieu va pourvoyez à la situation : on attend que le Pape (matériel ou non) Bergoglio se convertisse en 2250 ! ». Tout est sous contrôle, chers amis, attendons les bras ballants. Non, les évêques de tradition doivent agir et élire universellement une tête visible : le reste relève de la branlette victimaire doublé d’absence de sens des responsabilités, qui « légitime » la soi-disant juridiction modernistes et pour-soi pas l’État macroniste comme représentation de la nation, etc.
Nous faisons effectivement ce lien décisionniste entre fascisme et conclavisme, en conjurant le surnaturalisme, tant politique que religieux, violentant les deux ordres, dans leurs réalités respectives.

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