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Publié le par Florian Rouanet
Onglet apostolat et antiquité suite,
après l'utilisation gréco-romaine ou nippone (Kenshiro) des choses !
La guérison, qu’elle relève de la santé physique, politique ou spirituelle, est un thème central dans les Évangiles et les Actes des Apôtres, bien que le troisième et dernier point soit le plus important.
Dans les sociétés indo-européennes de la « première antiquité », ce même concept de guérison était étroitement lié à le fait de rétablir un ordre harmonieux, que ce soit dans le corps humain, ou le corps de la Cité.
En nous appuyant sur les travaux de feu M. Jean Haudry et les textes anciens tels que les Vedas et les mythes gréco-romains, nous analyserons comment la racine linguistique proto-indo-européenne med- (soigner, mesurer, gouverner) traverse les langues et les ethnies, anciennes et modernes, pour exprimer ces idées.
Un parallèle se dessine entre la fonction thérapeutique du Christ (surtout de l’âme, excepté divers miracles !) dans les Écritures, et la recherche de l’équilibre dans les cités des peuples indo-européens.
Sommaire
I. Racine proto-indo-européenne med- : soins et harmonie
II. La guérison biblique : corps, âme et communauté
III. Guérison spirituelle et politique : christianisme et l’héritage indo-européen
IV. Une leçon contemporaine : soigner l’homme et la cité
I. Racine proto-indo-européenne med- : soins et harmonie
La racine med- est un pivot linguistique et culturel des peuples indo-européens – lesquels ont laissé une haute trace aristocratique et patriarcal en Europe –, évoquant à la fois le soin, la mesure et l’acte de gouverner.
Remarquons ici que la « mesure », valeur universelle oblige, est justement ce qui est demandé en politique dans la doctrine catholique, via la vertu de tempérance.
1.Origines linguistiques : le rôle de med-
•En sanskrit : medh désigne la sagesse et l’équilibre. Dans les Rig-Veda, la sagesse des prêtres (brahmanes) se manifeste par des chants sacrés qui restaurent l’ordre cosmique.
•En grec ancien : μέδομαι (medomai) signifie « prendre soin, réfléchir », tandis que μέτρον (metron) renvoie à la mesure et à l’équilibre.
•En latin : medicus (médecin), meditari (réfléchir), et moderari (modérer, gouverner).
2.Applications culturelles : soin du corps et de la Cité
La notion de med- n’est pas limitée au corps :
•Dans les hymnes védiques, la médication divine rétablit l’harmonie dans l’univers. Les mantras de guérison invoquent les forces cosmiques pour aligner l’homme et la nature.
•Dans la philosophie grecque, Platon et Aristote conçoivent le soin politique comme une « médecine de l’âme » (politike techne).
3.Résonances dans les langues modernes
•En français : médical, médecine, remède.
•En anglais : medicine, meditate.
•En allemand : Medizin.
Cette continuité montre que med- porte à la fois l’idée de soin physique et de gouvernance mesurée, établissant un lien entre guérison personnelle et équilibre collectif.
II. La guérison évangélique : corps, âme et communauté
Dans la Bible, la guérison n’est jamais purement physique. Elle englobe toujours une restauration de l’âme et de la communauté :
•Dans les Évangiles :
Les miracles de Notre Seigneur Jésus-Christ sont accompagnés de pardons des péchés, prouvant que la vraie guérison réside dans l’amitié avec Dieu.
Saint Thomas d’Aquin, dans sa profonde dévotion « dominicaine », a composé une prière avant la communion où il se présente humblement devant le Christ, le « Médecin de la Vie » :
« Dieu tout-puissant et éternel, voici que je m’approche du sacrement de votre Fils unique Notre Seigneur Jésus-Christ. Je viens comme infirme au Médecin de la Vie »
Exemple :
« Mon fils, tes péchés te sont remis. (…) Lève-toi, prends ton grabat et retourne chez toi. »
(Évangile selon Marc II, 5-11, trad. Crampon).
Ici, Jésus guérit le paralytique, mais c’est un acte symbolisant aussi et surtout, la libération de l’homme des chaînes du péché.
•Dans les Actes des Apôtres :
Les apôtres prolongent cette mission, comme Pierre guérissant un boiteux à la porte du Temple. Ce miracle est une métaphore de la restauration de l’ordre communautaire grâce à la foi chrétienne :
« Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche ! »
(Actes III, 6, trad. Crampon).
Dans ces récits, le Christ et ses disciples, soignent des cités spirituelles,
en rétablissant l’harmonie de la santé et de la morale.III. Guérison spirituelle et politique : christianisme et héritage indo-européen
Les traditions bibliques et indo-européennes convergent dans leur conception de la guérison comme un acte sacré et politique. Cela ne signifie pas que le paganisme aryen a valeur religieuse et spirituelle véritable bien sûr.
1.Le soin comme rétablissement de l’ordre
Dans les Vedas, les dieux sont des garants de l’ordre cosmique (rta), et leurs interventions restauratrices guérissent le monde. De même, dans l’Évangile, Jésus rétablit l’ordre divin en guérissant les corps et en réconciliant les pécheurs.
Ṛg-Véda, 10.85.1 :
« Les dieux, par le pouvoir du Ṛta, ont établi le soleil dans le ciel, la lune dans ses phases, et les eaux qui s’écoulent pour nourrir le monde. »Dans les Actes des Apôtres, la mission de guérison des apôtres s’étend à la fondation de nouvelles communautés chrétiennes. De même, les hymnes védiques ou les récits mythologiques grecs, comme ceux d’Asclépios, lient directement la santé des individus à celle des cités.
2.Le roi et le médecin
Chez les Indo-Européens, le roi idéal est à la fois un guerrier et un sage, capable de soigner sa cité. Jean Haudry, dans Les Indo-Européens, souligne que la fonction royale implique une dimension thérapeutique : le roi est celui qui « mesure » les lois et agit comme un médecin pour guérir les déséquilibres politiques. Cette idée est parallèle à la figure du Roi Très chrétien, souverain temporel, appuyé par le spirituel, qui soigne les pauvres et les indigents, pour un plus grand Bien.
IV. Une leçon contemporaine : soigner l’homme et la cité
L’équilibre social repose sur un soin mutuel entre les individus et leurs communautés. La médecine contemporaine pourrait s’inspirer des traditions anciennes en prenant davantage en compte la dimension spirituelle (majoritairement méprisée ou viciée dans un pays comme la France), ou du moins totale, de la guérison.
Avec Évangiles et traditions des peuples indo-européens, qui ne sont pas à mettre au même niveau, nous retrouvons une même quête universelle : guérir pour restaurer un ordre divin et humain.
Terminons par une parole intemporel du comportement à tenir envers autrui :« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
(Évangile selon Matthieu XXII, 39, trad. Crampon).Apostolat auprès des païens :
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Les Indo-européens :
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