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Publié le par Florian Rouanet
« Cette étude est parue originellement dans Le Sel de la terre 71 Chi-ver, 2009-2010).
Philippe Girard est décédé le vendredi 9 mai 2014, muni des sacrements de l’Église. Ses obsèques ont eu lieu le mardi 13 mai, dans l’église du couvent de la Haye-aux-Bonshommes.
Un « In memoriam » est paru dans Le Sel de la terre 89 (été 2014). »Introduction (anticonformisme et radicalité) :
Nous avions rédigé un article à propos de la seule vidéo du net se basant sur l’ouvrage en question.
Hélas, ce travail d’historien élude trop facilement les accointances bien accueillies de l’Etat slovaque envers le IIIe Reich. Ce n’est guère plus que la ligne molle des diffuseurs larges de Chiré. L’auteur est bien ce qu’il dit, un conservateur, loin de toute radicalité, qu’à cela ne tienne ! Il sacrifie au conformisme pour donner l’image d’un régime épris de libéralité et de fédéralisme. L’auteur ne cède d’ailleurs pas aux alarmes conformistes lorsqu’il rappelle les déportations soviétiques post Seconde guerre mondiale, ou amoindri l’antisémitisme historique tchèque.
Ce qui n’est d’ailleurs point étonnant venant de l’auteur de « Dollfuss, le chancelier de Dieu », élogieux envers ce chef, ayant été contre la Grande Allemagne réunie à travers l’Anschluss (Allemagne et Autriche).C’est là un grand marqueur nette, qui nous distinguent des Yves Chiron notamment, à propos du Padre Pio (il en a fait un bon travail, sans rien mettre sur Benito Mussolini, vu que les retours auraient été très favorables, et que cela lui déplaît). Egalement la revue du Sodalitium fut décevante dans sa recension de Mgr Benigni, disant que l’entre-deux-guerres était sa période « la moins intéressante » – sic.
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Ainsi, bon grès mal grès, l’auteur s’efforce de distinguer Mgr Tiso des fascismes, et il a probablement en partie raison, car c’est son Premier Ministre qui était directement lié à l’Allemagne.
La priorité de Mgr Tiso, fut en effet de défendre les lois de Dieu, en même temps qu’une irréductible identité tchèque, nationale. Ce qui a, en soi, quelque chose de fasciste, puisque le nationalisme ne s’y oppose pas (qu’il y est oui non la conception civilisationnelle d’une grande Europe par ailleurs).
Sauf que la liaison d’avec le Reich et sa diplomatie fut bien plus lié qu’avec un Dollfus, et ses annexes sont contraintes de le reconnaître.-*-
La Tchécoslovaquie/Slovaquie :
Pays attesté au IVe siècle, comme faisant partie de la Grande Moravie au IXe siècle, puis annexé par les Hongrois pour « 1000 ans » (l’écrasement de la Hongrie par les Turcs et partir de 1526 a fini par donner une importance, plus particularisée, à ces territoires).
L’abbé Hlinka, passablement cité, fut aussi une référence du nationalisme catholique slovaque, ayant préparé le terrain à l’avènement du régime, tel qu’on le découvre dans l’ouvrage.
La Hongrie, pour des raisons impériales et parfois progressistes (maçons), anti-traditionnelles et d’enracinement, se sont longtemps opposés au panslavisme de la région, laquelle voulue obtenir son autonomie comme toutes les nations constituées d’une hiérarchie et d’un peuple.
Le peuple ethnique était encore très paysan et profondément catholique dans la période d’alors.
« Avec une superficie de 49 124 km et une population d’environ 5 500 000 habitants, la Slovaquie, l’ancienne
Pannonie de l’Empire romain, est un petit pays d’Europe centrale. Située entre la Pologne, la Bohême, la Moravie, la Hongrie et l’Ukraine, elle est au cœur du monde slave. Avec les Polonais, les Tchèques, les Croates et les Slovènes, les Slovaques forment le groupe des Slaves de l’Ouest, dont ils furent le premier peuple christianisé. (…)
En 1635, une université était fondée par les jésuites. Avec ce rôle politique, administratif et intellectuel majeur se développe progressivement l’affirmation d’une conscience nationale slovaque. (…)
En 1787, le prêtre catholique Anton Bernolak propose une première codification complète de la langue slovaque, définitivement réalisée en 1843. Et le mouvement d’émancipation nationale, illustré par Ludovit Stur, s’amplifie au 19 siècle.
En 1848, mettant à profit la succession d’insurrections armées qui, de Paris à Vienne, secouent l’Europe, et qui, sous prétexte de « libérer » les nationalités, ne traduisent en réalité que l’action concertée des libéraux et des socialistes inspirés par les sociétés secrètes révolutionnaires (franc-maçonnerie, carbonari) pour abattre les cadres traditionnels des sociétés. * »
Voir l’ouvrage de J. Crétineau-Joly, L’Église romaine en face de la Révolution, rééd. Cercle de la Renaissance française, Paris, 1976 (2 t.).
« Les gouvernements français et anglais reconnaissaient, en juin 1918, leur existence comme représentant officiel du futur État, avant même la disparition de l’Autriche-Hongrie. » *
Découvrez l’abbé Hlinka in. * les deux ouvrages capitaux de Joseph A. Mikus : La Slovaquie dans le drame de l’Europe, et : La Slovaquie, une nation au cœur de l’Europe, Lausanne, l’Age d’Homme, 1992. – Sur la personnalité trouble de Benes: La Slovaquie dans le drame de l’Europe, p. 289 et sq.
« Lors du recensement de 1921, la Tchecoslovaquie comptait 13.613.172 habitants, sur lesquels environ la moitié étaient Tchèques, 3,1 millions Allemands, 2,3 millions Slovaques, 745 000 Hongrois, 460 000 Ruthènes (Ukrainiens d’Ukraine subcarpathique), 180 000 juifs surtout germanophones et quelques dizaines de milliers de Polonais, de Roumains et de Tziganes. Dans ces chiffres est inscrit le destin de la première république tchécoslovaque, cette hétérogénéité ethnique constituant à l’évidence une menace directe pour sa stabilité. »
« Le système politique tchèque, incapable de satisfaire les demandes les plus raisonnables, figé dans ses certitudes, resta systématiquement sourd aux propositions de l’opposition menée par le Parti Populaire Slovaque (PPS) de l’abbé Hlinka, pourtant seules à même d’éviter la décomposition de la république tchè que qui se précise en 1938, année où, après avoir réalisé l’annexion de l’Autriche (Anschluss), Hitler poursuivait méthodiquement son programme d’extension territoriale, cette fois en direction de Prague.
La forte minorité allemande résidant dans le pays, dénommé Allemands des Sudètes, lasse de subir vexations et injustices, venait de lui adresser une demande de protection vis-à-vis du gouvernement tchèque. La question intérieure des minorités devenait ainsi internationale. Parmi les responsables politiques français et anglais, en dépit des manœuvres d’un fort clan belliciste, le souci de sauvegarder la paix en Europe l’emporta et conduisit aux accords de Munich du 29 septembre 1938, par lesquels l’Allemagne recevait un tiers du territoire tchèque, majoritairement peuplés de germanophones. »
Le 5 octobre, tandis que disparaissait Masaryk, Benès, qui lui avait succédé à la présidence de la République en 1935, présentait sa démission. Le lendemain, à Zilina, six partis politiques, sous l’impulsion du PPS2, déclaraient l’autonomie de la Slovaquie, reconnue par le Parlement de Prague le 19 novembre; sous la direction de Mgr Tiso, nommé Premier ministre 3, un gouvernement slovaque était proclamé 4 et la Tchécoslovaquie devenait Fédération de Bohême-Moravie, Slovaquie et Ruthénie subcarpathique. Mais cette nouvelle entité ne convenait pas à l’Allemagne, maîtresse incontestée du jeu international en Europe centrale. Une erreur de Prague allait précipiter la fin de la crise. Le 9 mars 1939, le gouvernement tchèque prononçait la dissolution du gouvernement autonome slovaque, proclamait la loi martiale en Slovaquie et arrêtait 250 personnalités slovaques, dont Mgr Tiso, placé en résidence surveillée dans un monastère de Bratislava occupé par l’armée tchèque. C’est alors qu’Hitler décida d’en finir.
Convoquant à Berlin Mgr Tiso, qui entre-temps s’était évadé, le mit en demeure d’avoir à choisir entre l’indépendance slovaque garantie par l’Allemagne et le partage de son pays entre l’Allemagne, la Hongrie et la Pologne.
Après beaucoup d’hésitations, Mgr Tiso accepta, contraint et forcé, l’indépendance à laquelle il ne tenait pas et qui fut entérinée par l’Assemblée Nationale de Bratislava, le 14 mars 1939, jour officiel de l’indépendance de la Slovaquie. Le lendemain, les troupes allemandes entraient à Prague.
Si Hitler avait imposé l’indépendance à Mgr Tiso, c’est qu’elle était la condition qui lui permettait d’installer, dans la partie tchèque de la Fédération née des accords de Munich, un satellite du Reich, le Protectorat de Bohême-Moravie. Ainsi s’acheva la désintégration de la Tchécoslovaquie née en 1918.
« Au vrai, la Tchécoslovaquie n’a pas été détruite par l’Allemagne, elle s’est décomposée. A coup sûr, l’Allemagne l’a aidée à mourir, mais sa propagande aurait été vaine si elle n’avait pu utiliser les ressentiments entre I cheques et Slovaques. * »
* Louis VILLAT, Tchécoslovaquie, Larousse mensuel, juillet 1939. Cité dans J.A. MIKUS, La Slovaquie, une nation au cœur de l’Europe, p. 54.
Mgr Joseph Tiso et l’Etat slovaque :
Parcours :
« Joseph Tiso était né à Velka Buta, petite localité au pied des Carpates Blanches, au nord-ouest du pays, le 13 octobre 1887, de Cas-pard et Thérèse Tiso, agriculteurs, deuxième d’une famille de sept enfants. Il entra au grand séminaire de Nitra et obtint son diplôme de théologie au Pazmaneum de Vienne où il fut élève de Mgr Seipel, futur Chancelier de la république d’Autriche. Ordonné prêtre en 1910, il fut vicaire de paroisses rurales puis curé du bourg de Banovce. Aumônier militaire au début de la Première Guerre mondiale, démobilisé pour raison de santé, il devint directeur de conscience au séminaire diocésain de Nitra et secrétaire de l’évêque. En 1919, il fonda la section régionale de Nitra du Parti Populaire Slovaque, créé en 1905 par l’abbé Hlinka (1864-1938, qui sera évêque de Nitra, le sanctuaire national religieux de Slovaquie) et qui se voulait l’incarnation de l’âme nationale dans le cadre de la défense des valeurs chrétiennes face au libéralisme et au socialisme. (…) Orateur, écrivain, journaliste, l’abbé Tiso fut un propagandiste efficace, ce qui lui valut six semaines de prison. Battu aux élections de 1920, il fut élu député en 1925 au Parlement de Prague et devint ministre de la santé en 1927, en accord avec la position du PPS qui recherchait un aménagement de la république tchécoslovaque sur la base des accords de Cleveland et de Pittsburgh. Cette action dans le cadre de la loi laissa indifférent le gouvernement mais fut très critiquée par les éléments les plus radicaux du parti emmenés par Votech Tuka; du coup, le PFS perdit 80 000 voix aux élections de 1929 et ses représentants au gouvernement démissionnèrent. Le 16 août 1938 mourait Mgr Hlinka et l’abbé Tiso lui succédait à la tête du parti. Le 6 octo-bre, il devenait Premier ministre du gouvernement autonome slova-que, puis, le 14 mars 1939, chef de l’État slovaque indépendant. »
« La finesse et l’habileté dont sut faire preuve le prelatano-les négociations avec Hitler, relatives aux relations germano-slovaques (…) En échange de la garantie de son indépendance par le Reich, la Slovaquie était, par le traité du 23 mars 1939, dans l’obligation de suivre l orientation allemande en politique étrangère. (…)
Un Conseil d’État de 27 membres contrôlait le fonctionnement des institutions et devait remplir, éventuellement, le rôle d’une Haute-Cour de Justice. Le travail des milieux sociaux défavorisés était protégé et la lutte des classes interdite au profit de la collaboration de toutes les forces sociales et économiques organisées en corporations largement autonomes. D’inspiration en partie libérale, la Constitution se fondait aussi sur les encycliques Rerum Novarum (1890) et Quadragesimo anno (1931).
Son préambule disposait :
«Protégée par la Providence, la nation slovaque s’est maintenue depuis des siècles sur l’espace qui lui est réservé et, avec l’aide de u tout puissant, elle s’est organisée en la mission de l’État d’unir, conformément au droit naturel, toutes les forces morales et économiques du peuple en une communauté chrétienne et nationale (d’inspiration nationale-socialiste)
Le 21 septembre 1939, Mgr Tiso avait déclaré au Parlement :
Nous ne voulons pas être et ne serons jamais les esclaves d’une idéologie, quelle qu’elle soit, qui ne plonge ses racines dans nos traditions slovaques et qui ne soit pas attachée à notre esprit slovaque et chrétien.
Notre seule idéologie est celle qui défend les intérêts matériels et spirituels de la nation slovaque. Que l’on me comprenne bien et tout particulièrement en ce qui concerne l’idéologie chrétienne dont je suis convaincu qu’elle ne peut entrer en contradiction avec les intérêts de la nation.
Au-delà de toute querelle de chapelle, il est entendu que l’idéologie chrétienne est enracinée dans notre vie nationale et politique. Nous devons toutefois en approfondir la connaissance afin d’opposer aux autres idéologies l’esprit critique qui nous évitera de devenir leurs esclaves. (…)
André Hlinka et son successeur Joseph Tiso étaient avant tout des prêtres catholiques, fortement enracinés dans la tradition millénaire de l’Église, et pour qui l’État séculier, point de départ et de tremplin des mouvements fascistes, était un scandale.
Pour eux, l’éveil de l’individualité nationale slovaque signifiait la conservation et la consolidation de l’ambiance chrétienne : ils combattaient l’influence tchèque non parce qu’elle était tchèque, mais parce qu’elle était athée. Ils nourrissaient quelque sympathie pour Mussolini et imitaient certaines de ses méthodes, ils étaient sûrement d’accord avec lui dans leur commune critique de l’État libéral démocratique; mais cette sympathie aboutissait tout au plus à un certain pro-fascisme. »
La Slovaquie et la Guerre mondiale :
« Le premier souci de Mgr Tiso, confronté au conflit mondial, sera de limiter le plus possible l’engagement militaire auquel le contraignait le traité imposé en 1939. La Slovaquie dut adhérer au pacte tripartite de novembre 1940, puis au pacte anti-komintern en novembre 1941, mais sa participation à la campagne de Pologne se limita à permettre l’utilisation de terrains d’aviation par la Luftwaffe puis, contre l’URSS, à l’envoi sur le front de l’Est d’une division de 12 000 hommes, une autre division de 8 000 hommes assurant des missions de sécurité sur les arrières du front. Mgr Tiso aurait souhaite maintenir son pays en dehors du conflit, mais la déclaration de guerre a l’URSS fut faite illégalement par le premier ministre Luka, sans consultation du gouvernement ni du Parlement. (…)
Grâce à la solidité de la monnaie, la couronne, la balance du commerce extérieur était excédentaire et l’économie nationale enregistra un taux moyen d’expansion de 6 % environ, ce qui est exceptionnel au cours d’un conflit mondial; la Slovaquie a pu être considérée comme étant en passe de devenir la Suisse du bassin danubien 1. L’amélioration de l’état social fut une vive préoccupation de Mgr Tiso qui dut se rappeler les activités multiples qu’il mena, jeune vicaire, dans les œuvres scolaires, culturelles, sociales, ses créations d’unions de crédit, de sociétés d’achat, de coopératives, de mutuelles… Les conditions d’existence furent nettement améliorées par des relèvements de salaires, des allocations familiales, le développement de l’équipement hospitalier. Durant toute la guerre, les biens de consommation de base se trouvèrent sans difficulté sur le marché. Sur le plan culturel, furent fondées une Ecole Polytechnique, une Faculté de Sciences naturelles, une Faculté de Sciences économiques, une Académie des Sciences et des Arts; du primaire à l’université, le réseau scolaire connut un accroisse ment significatif. L’édition littéraire augmenta notablement. »
Les minorités communistes et protestantes étaient combattues sans être trop inquiétés outre mesure à l’exception des Juifs :
« Sous la pression allemande et sous l’impulsion des éléments slovaques favorables à l’Allemagne, la Slovaquie se dota de quelques institutions et d’un decorum caractéristiques des régimes totalitaires 2, mais l’esprit de l’Etat slovaque était tout autre, s’inspirant, on l’a dit, de la doctrine sociale chrétienne. Entre ceux qui suivaient Mgr Tiso et ceux qui derrière Tuka, premier ministre, et en outre ministre des Affaires étrangères sur la volonté formelle d’Hitler, souhaitaient un alignement sur Berlin, il y eut des luttes d’influence dans lesquelles Mgr Tiso, surtout grâce à ses étroites relations avec le Saint-Siège et son habileté, sut maintenir pour l’essentiel sa vision équilibrée et modérée des choses. Un dossier délicat fut celui des ressortissants juifs. La législation slovaque les soumit d’abord à l’application d’un numerus clausus, en rapport avec leur pourcentage de 4 % de la population, dans certaines professions. Par la suite, un code juif entra en vigueur, malgré l’opposition de Mgr Tiso et d’une majorité de dépu-tes, si bien que le gouvernement de Tuka le publia sous forme d’un décret-loi et non d’une loi dont le vote n’avait pu être acquis. Ce code juif fut vivement critiqué par les évêques slovaques; Mgr Tiso S attacha à en limiter les effets, comme le lui permettait une de ses dispositions 3. Surtout, les juifs furent en butte aux persécutions allemandes à partir de mars 1942; »
L’Insurrection d’août 1944 et la fin de l’État slovaque :
« Depuis le début de 1914, Armée Rouge déferle vers l’Europe. L’armée allemande et ses alliés ne peuvent plus que la ralentir. »
« Le dit soulèvement est un des sujets les plus controversés de l’histoire moderne slovaque. Il ne fut ni « slovaque » ni « national ». Mais comme il a pourtant donné aux Soviétiques l’occasion de prétendre qu’ils avaient alors l’opinion slovaque pour eux, ils ont pu y trouver la justification d’imposer le système communiste dans le pays entier. *
« Une mission militaire allemande qui traversait le pays ayant été massacrée, le commandement allemand réagit aussitôt et brutalement; plusieurs divisions pénètrent en Slovaquie et, des éléments de l’armée slovaque ayant rejoint les insurgés, elles procèdent à son désarmement, puis, en moins de deux mois, écrasent l’insurrection. Alors que l’armée slovaque avait eu 2 500 tués dans la guerre contre l’URSS, il y eut 25 000 morts dans les combats et la répression qui s’ensuivit. L’Armée Rouge toute proche n’était pas intervenue et avait laissé les Allemands écraser les insurgés, exactement comme devant Varsovie, presque au même moment. ** »
* La Slovaquie, une nation au cœur de l’Europe, p. 225.
** La Slovaquie dans le drame de l’Europe, p. 185 et sq.
« Le 23 janvier 1945, le Parlement tint sa dernière réunion.
Après une ultime déclaration : «La nation slovaque, se réclamant du droit naturel qui lui a été conféré par Dieu, a été, est et sera une nation distincte et indépendante, ayant sa propre existence…», les députés se séparèrent aux accents de l’hymne national et de l’hymne pontifical.
Après avoir refusé une proposition soviétique de devenir l’allié de l’URSS 1, Mgr Tiso organisait l’évacuation puis, à Pâques, avec son gouvernement et 10 000 personnes de toutes conditions sociales, prenait le chemin de l’exil. »
Martyr de la foi et de la nation :
« Mgr Tiso ne parvint pas à se rendre à Munich, auprès du cardinal Faulhaber. En avril 1945, il était capturé par l’armée américaine. Les autorités américaines le considérèrent comme « criminel de guerre » et, en octobre, le livrèrent aux soviétiques qui le remirent aussitôt à leur ami Benès. On ne sait à quel niveau fut prise cette décision qui revenait à condamner à mort Mgr Tiso, mais à l’époque, la sympathie de certains milieux dirigeants des États-Unis et de la Grande Bretagne envers Staline était telle que c’est par dizaines de milliers que des anticommunistes furent livrés à l’URSS et à la Yougoslavie de Tito. Benès, après avoir passé la guerre à Londres puis à Mos-cou, avait organisé dès son retour l’épuration avec le concours des services policiers soviétiques; 20 000 Slovaques furent déportés en URSS, et sur place les prisons et les camps de concentration turent remplis, sous l’accusation d’avoir collaboré avec l’Allemagne, de tous ceux qui, en réalité, auraient pu s’opposer à la soviétisation du pays, conséquence inéluctable du traité d’assistance mutuelle signé par Benès le 12 décembre 1943, à Moscou. (…)
Benès n’intervint pas et Mgr Tiso, après avoir passe en prières la nuit du 17 au 18 avril [1947] et communié, fut pendu à l’aube, un crucifix et un chapelet entre les mains; un peu auparavant, il avait rédigé un ultime message au peuple slovaque.
Le 25 février 1948, « le coup de Prague » taisait entrer le pays pour plus de quarante ans dans la nuit communiste. En avril 1990, la Tchécoslovaquie devenait la république fédérative tchèque et slovaque. Mais très vite, avec les portraits de Mgr Tiso, est revenu le souvenir du temps de l’Etat slovaque et, le 1 janvier 1993, après une séparation à l’amiable d’avec Prague, l’indépendance slovaque était restaurée. »
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Voici quelques citations qui vous a été caché par la rédaction « ‘tradi fragile » collant ses lubies sur notre personnalité historique du jour :
Jozef Tiso, 28 août 1942, Holíč :
« Les gens se demandent si ce qui est fait aux Juifs est chrétien. Est-ce humain ? N’est-ce pas un vol ?… Je me demande si c’est chrétien quand une nation veut se libérer de son éternel ennemi, le Juif ?… L’amour de soi est un commandement de Dieu, et cet amour de soi m’ordonne d’éliminer… tout ce qui me nuit ou qui menace ma vie. Je ne pense pas avoir besoin de convaincre qui que ce soit que l’élément juif menaçait la vie des Slovaques.… Cela aurait été encore pire si nous ne nous étions pas ressaisis à temps, si nous ne les avions pas purgés de nous. Et nous l’avons fait selon le commandement divin : Slovaque, chasse ton parasite. »
Mgr. Tiso, dans une tribune publiée par le journal « Slovák », le 7 septembre 1941 :
« Ce sera une surprise pour beaucoup si j’affirme que les principes sociaux traduits par les encycliques du pape et les principes du national-socialisme sont les mêmes. Les principes des encycliques papales, les principes principaux sur lesquels sera fondée l’organisation sociale en Slovaquie, et les principes du national-socialisme sont identiques. Et seul celui qui n’a lu ni les uns, ni les autres, ou qui ne les a pas comparés, peut parler d’une lutte entre eux. »
Mgr Ján Vojtaššák, 1936 (source à préciser !) :
« Le catholicisme d’aujourd’hui doit être militant. En tenant le rosaire dans une main et l’épée de l’esprit dans l’autre, nous inonderons toute la Slovaquie et la libérerons du fléau marxiste et bolchevique. »
-*- ANNEXES -*-
TRAITÉ GERMANO-SLOVAQUE DU 23 MARS 1939 – ANNEXE 1 :
– L’Allemagne se charge de défendre l’indépendance et l’inviolabilité territoriale de l’État slovaque.
– Afin d’assurer la défense assumée par l’Allemagne, la force armée allemande aura le droit, en tout temps, d’établir des installations militaires dans la zone située entre la frontière occidentale de l’État slovaque et le pourtour oriental des Petites Carpates, le pourtour oriental des Carpates Blanches et le pourtour oriental du Massif des Javorniky, et de la tenir occupée par des troupes d’un effectif qu’elle jugera nécessaire. (…)
Dans cette zone, la souveraineté militaire sera exercée par la force armée allemande. Les ressortissants allemands qui seront occupés à l’établissement des installations militaires dans ladite zone relèveront de la juridiction allemande. (…)
Conformément au rapport de protection établi, le gouvernement slovaque dirigera toujours sa politique étrangère en étroit accord avec le gouvernement allemand. »
Un classique document d’entente, et de protection anti-communiste, au sujet de la géopolitique du Reich, signé Ribbentrop.
MESSAGE DE PIE XII À MGR. TISO DU 5 DÉCEMBRE 1939 – ANNEXE 2 :
« Fils bien-aimé, homme illustre et honorable, salut et bénédiction apostolique.
Par une lettre officielle du mois dernier, nous avons appris que vous avez été élu Président de la République slovaque et que vous êtes déjà entré en fonctions. Nous vous remercions de cette nouvelle en priant Dieu qu’il daigne, dans sa bienveillance, accorder à votre nation, qui nous est très chère, une véritable prospérité et fidélité.
Nous approuvons vos intentions louables, exprimées dans votre lettre, de vouloir, dans l’accomplissement de votre tâche, vous efforcer de maintenir les relations qui existent entre nous et de vouloir les approfondir. Nous vous promettons de vous appuyer de tous nos efforts dans la réalisation de ce projet.
entre temps, comme gage des dons célestes, nous vous accordons volontiers notre bénédiction apostolique dans le Seigneur, à vous, fils bien-aimé, homme illustre et honorable, ainsi qu’à la nation slovaque tout entière. (…) »
MESSAGE DE MGR. TISO AU PEUPLE SLOVAQUE PRÉCÉDANT SON EXÉCUTION – ANNEXE 3.
« Dans l’esprit du sacrifice que je vais endurer, j adresse ce message à la nation slovaque.
Restez toujours et en toutes circonstances
unanimes dans la réalisation de notre grand principe : « Pour Dieu et la Nation ! » Tel n’est pas seulement le sens évident de l’histoire slovaque, c’est aussi un ordre que Dieu a donné comme une loi naturelle à notre nation et à tous ceux qui en font partie.
Toute ma vie, j ai obéi à cette loi. Aussi, je me considère d’abord comme le martyr de cette loi divine et ensuite comme le martyr de la défense du christianisme contre le bolchevisme, dont la nation doit se protéger, par tous les moyens, non seulement afin de rester fidèle à son caractère chrétien, mais aussi dans l’intérêt de son avenir. De même que je vous prie de ne pas m’oublier dans vos prières, je vous promets d’intercéder auprès de Dieu, maître suprême de ce monde, afin qu’il ait toujours la nation slovaque en sa sainte garde, la bénisse dans sa lutte « pour Dieu et la Nation » et lui accorde de demeurer toujours fidèle à l’Eglise du Christ. »

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