• Missio et Sessio ? Ruines et destruction finale du guérardisme



    CircusGuerardicus au mépris du droit canon&divin!

  • Après la salve précédente, pour en finir avec les bêtises de Mgr Guérard des Lauriers (noté G), nous vous invitons à lire le tout, en commençans par ce passage tiré de l’entretien de G lui-même (de 87).

    G lui-même va nous apprendre ce que sont la MISSIO et la SESSIO. Ces concepts ont pu être modifiés par la suite. Concentrons-nous donc sur le texte de G.

    La MISSIO telle que définie dans l’entretien de 87 ne se réduit pas à l’ordre ! elle ne se réduit pas à la hiérarchie de l’ordre. Elle représente la mission, donnée à tous les Apôtres, mission qui comprend le magistère, le ministère et le gouvernement avec (avec les trois pouvoirs législatif, judiciaire et pénal), tel qu’il ressort des Écritures citées. Nous appellerons cela le mandat. 

    La SESSIO représente la juridiction, l’autorisation d’utiliser ces pouvoirs, qui n’est donnée que par le Christ et le Pape, tel qu’il ressort des Écritures citées.

    G considère que « la SESSIO est tenue en suspens par la vacance formelle du Siège apostolique ». C’est-à-dire qu’en l’absence d’un pape, il n’y a plus de SESSIO effective, qui donnerait juridiction, qui autoriserait la MISSIO. C’est pourquoi la MISSIO est « en état de privation ». Donc pour G, la vacance du Siège apostolique empêche l’Eglise de fonctionner. Ni la SESSIO ni la MISSIO ne fonctionnent plus.

    Voilà qui tranche un peu avec ce qu’on entend du Guérardisme habituellement, où l’on réduit la MISSIO à l’ordre et la SESSIO à la juridiction. On va plus loin même en appelant la MISSIO, la hiérarchie de l’ordre et la SESSIO la hiérarchie de juridiction. Or, ce sont deux aspects d’une même hiérarchie, il n’y en a qu’une, il ne peut pas y avoir deux hiérarchies dans l’Eglise.

    5. Canon 108, § 3 : « D’institution divine, la sacrée hiérarchie en tant que fondée sur le pouvoir d’ordre se compose des évêques, des prêtres et des ministres ; en tant que fondée sur le pouvoir de juridiction, elle comprend le pontificat suprême et l’épiscopat subordonné. »

    1re erreur : G arrive à une contradiction (l’Eglise est à l’arrêt). Il devrait arrêter là et se demander ce qui cloche dans son raisonnement, mais il continue sans retour en arrière, et c’est habituel avec lui. L’Eglise de G ne peut fonctionner que si le pape est immortel. Mais l’homme ne l’est pas, et l’Eglise qui a vécu 260 vacances, a toujours demandé à Dieu qu’Il lui fournisse un successeur. Cette idée d’un arrêt dans la MISSIO (Suspens du pouvoir d’agir) et d’une privation dans la SESSIO (absence d’autorisation à agir) lors d’une vacance pontificale contredit l’histoire bimillénaire de l’Eglise. Ni la durée, ni la cause de cette durée de la vacance ne changent rien à l’affaire. On peut dire donc que selon G, « la juridiction papale absorbe la juridiction épiscopale », tel que le réprouve Pie XI. Sans pape, plus de SESSIO, plus de MISSIO, tout est à l’arrêt…

    2e erreur : Dans la SESSIO, il faut distinguer la juridiction des évêques qui est donnée par Dieu de droit divin (Cf les Écritures) et la juridiction de droit ecclésiastique, c’est-à-dire l’allocation par le pontife romain d’une portion du bercail. Même si un diocèse n’est pas alloué à un évêque, ce dernier jouit d’un pouvoir de juridiction conféré par son sacre (Cf. évêques in partibus ou non tutélaire lors d’un concile…). La conception de l’épiscopat par G ne fait pas cette distinction, cela ressort très clairement de ses écrits, puisque pour G, en l’absence d’un pape, SESSIO et MISSIO sont à l’arrêt.

    « Le pouvoir de juridiction, qui est conféré directement au Souverain Pontife par le droit divin, les évêques le reçoivent du même droit, mais seulement à travers le successeur de saint Pierre. » (Pie XII, encyclique Ad Sinarum gentem, 7 octobre 1954.) « Les évêques le reçoivent du même droit »

    C’est-à-dire du droit divin. Ce droit de faire quoi ????? ce droit d’effectuer la MISSIO bien-sûr !!!! Prétendre donc qu’en l’absence d’un pape, il n’y a plus de SESSIO effective, qui donnerait juridiction, qui autoriserait la MISSIO, contredit la constitution de l’Église. Pourquoi ? Parce que le droit ecclésiastique ne peut pas (ne peut pas, ne peut pas !), contredire le droit divin, ce droit ecclésiastique ne sert qu’à faciliter l’application par les membres de l’Eglise du droit divin, il ne peut pas aller contre, jamais.

    Cela ressort des Écritures : « Mais Pierre et les apôtres, répondant, dirent : « Il faut plutôt obéir à Dieu qu’aux hommes. » (Act V 29) (Les pharisiens tentèrent d’empêcher que les Apôtres n’enseignent aux hommes au nom de Jésus, par le droit humain. S. Pierre, emplie de la sagesse divine les confondit en leur prouvant que c’est contre Dieu, contre le droit divin, qu’ils agissent ainsi).

    Cette erreur implique à terme la « mort de l’Église », dont la faute revient à Dieu qui a mal fait son Église. On revient à l’erreur précédente, face à une telle absurdité (blasphématoire), il aurait fallu arrêter là.

    Face à ce constat (SESSIO et MISSIO sont à l’arrêt), et au lieu de s’arrêter là !!! G nous propose deux choix A et B, et il choisit de préférence B. Mais lisez-le donc dans le texte.

    Étudions maintenant, chacune des options A (1) et B (2), ensuite le choix lui-même (3), et enfin le choix de G (4).

    (1) A : on ne poursuit pas la MISSIO (sédévacantisme solitaire/Home Aloner ?).

    En effet, si la SESSIO est absente, on ne voit pas comment on pourrait poursuivre la MISSIO. Sans le pape qui autorise la mission, la mission doit s’arrêter. C’est exactement ce que G dit au départ.

    Citons : « la SESSIO est tenue en suspens par la vacance formelle du Siège apostolique ».

    Restons logique. 

    — Cependant, G nous dit que « le seul Sacrement possible » — possible ou autorisé ? — est le baptême. Voilà qui contredit la logique de départ. Mais pour quelle raison ? il ne le dira pas. « Ce sacrement suffit pour que Dieu donne la Foi et la grâce sanctifiante. » Certes, mais cela n’est pas une raison. 

    — D’abord, le baptême est compris dans la MISSIO (Mt XXVIII 19) « Allez donc… les baptisant au nom du Père (ministère) » C’est ce sacrement et ce seul sacrement qui est cité explicitement par le Maître lorsqu’il donne au Apôtre leur MISSIO, leur mission, leur mandat. Donc on ne peut pas dire que la SESSIO est en suspens et en même concéder une partie de cette SESSIO, une partie de cette autorisation à agir, en faveur d’un seul sacrement.

    Ensuite, devons-nous comprendre que la MISSIO diminuée se réduirait qu’au baptême ? sans aucun enseignement (magistère). Dans un tel cas, si les membres de l’Eglise ne conserve que le sacrement de baptême sans recevoir l’enseignement (magistériel qui ne fait pas partie de cette MISSIO diminuée) comment ces mêmes membres peuvent-ils conserver la foi et la grâce sanctifiante à terme ? (car la foi est un enseignement, elle s’acquière par l’ouïe ET le baptême selon les Écritures)

    — Troisièmement, la MISSIO ne peut pas être morcelée, et divisée ainsi. Chacun sait en effet que le baptême a deux effets, la grâce sanctifiante, mais encore le caractère du baptême, et ce caractère donne au baptisé les droits de recevoir les autres sacrements, la confession et avant tout la confirmation et l’eucharistie, des droits qui, selon cette conception tout à fait bizarre de morcellement de la MISSIO, seraient frustrés, en contradiction avec le droit divin.

    — Quatrièmement, G prétend que cette option, la première option de l’alternative, est possible en droit*. Mais il ne le démontre pas. Or, selon sa conception de départ, en droit, la SESSIO étant en suspens, il est interdit de poursuivre la MISSIO, qui est en état de privation de la SESSIO. La MISSIO privée de la SESSIO ne peut pas s’exercer. Un tel exercice est en droit un schisme, car il fait fi de la SESSIO pontificale, un schisme doublé, en matière sacramentel, d’un sacrilège.

    *le droit dont il parle, c’est le droit divin. Lui-même devra faire appel au droit divin, et par là, le pape étant absent, la vacance étant formelle, à la juridiction du Christ, en inventant une suppléance divine qui autorise le « salus animarum ; lequel est, selon Pie XII, la lex suprema de l’Église militante » (sic). Par conséquent, en droit ecclésiastique les G sont bien schismatiques.

    (2) B : on poursuit la MISSIO. 

    On poursuit la MISSIO, donc on fait fi de la SESSIO qui est obligatoire en droit pour exercer la MISSIO, on fait fi du pape, on fait fi du mandat pontifical pour sacrer, mais plus largement de toute autorisation pour exercer tous et chacun des pouvoirs de la MISSIO, magistériel, ministériel, de gouvernement, ce qui s’appelle en droit un schisme. Pour quel motif je vous prie ? parce qu’on « estime », il « estime » (ce mot est délicieux), qu’il est impossible de conserver la grâce sanctifiante et la foi sans les sacrements, parce qu’il faut « évidemment » des évêques (le « évidemment » est succulent). Nécessité fait loi… après cela comment peut-on encore parler de droit ? Peut-on garder la foi et la grâce dans le schisme ? non. Peut-on conserver la foi et la grâce sans le pape, sans la SESSIO ? non. Attention, ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas de « faire par le Christ en dépit de la vacance pontificale » (position sédévacantiste totaliste), il s’agit de faire « sans la SESSIO », c’est-à-dire sans l’autorisation donnée par le Christ ou le Pape, ce n’est pas la même chose ; dans le premier cas, on fait avec le Christ mais sans son vicaire, absent temporairement, parce que Lui nous le commande, dans le second, on fait contre lui contre la SESSIO qui est en suspens.

    Par ailleurs, pour quelle raison ? Pour conserver la Foi et la grâce sanctifiante. Voilà qui est très anthropocentré. Quid de la justice ? Quid de la volonté du Père ? Quid de la volonté du Fils ?

    (3) À propos du choix.

    G laisse le choix, les deux sont possibles « en droit ». Mais comment peut-on laisser le choix entre poursuivre la MISSIO et ne pas la poursuivre ? Plus exactement d’ailleurs, si l’on veut être précis il faudrait dire : le choix entre poursuivre une MISSIO restreinte au seul sacrement de baptême, et une MISSIO restreinte à tous les sacrements (avec ou sans magistère, mais sans pouvoir de gouvernement (construire un séminaire est donc interdit, bâtir une Eglise est interdit, juger une cause de mariage est interdit, etc…)) (on voit les incohérences sans nombres qui se dégagent à mesure qu’on lit le texte…). C’est ou l’un ou l’autre. Si le B permet de « conserver la FOI et le VIE pour le plus grand nombre », comment peut-on choisir le A ? C’est incohérent, et immoral !

    De plus, ici aussi, G est très anthropocentré. Ce n’est pas l’homme qui choisit, mais Dieu.

    (4) Enfin, le choix de G.

    G choisit B, il choisit de poursuivre la MISSIO, donc le schisme. Les Guérardiens sont donc privé de SESSIO, mais ont choisi d’exercer la MISSIO, ou plus précisément une partie de la MISSIO, le magistère (ils professent), le ministère (jusqu’à l’épiscopat), et presque rien du pouvoir de gouvernement.

    — Cependant, le magistère n’est pas le ministère, il ne dépend pas du pouvoir d’ordre, mais du pouvoir de juridiction (la SESSIO). Pour être logiques avec eux-mêmes, les G ne devraient pas administrer les sacrements en public, ni enseigner, mais ils ne sont pas à une incohérence près. Après cela parler de MISSIO comme d’une hiérarchie d’ordre, c’est se moquer du monde.

    — Cette MISSIO diminuée, ils prétendent qu’elle est due à l’épiscopat diminué, or non, c’est eux-mêmes qui ont accaparé une partie de la MISSIO sans en assumer la totalité.

    — Troisièmement, ils prétendent que le reste de la MISSIO doit continuer d’exister, en contradiction avec le système de G de départ, car rappelons-le « la SESSIO est tenue en suspens par la vacance formelle du Siège apostolique ». Or, le siège étant toujours vacant, la SESSIO reste en suspens, et les actes de gouvernement qu’ils ont refusé de poser, n’étant donc pas posé de fait, ils ne pourront plus l’être, car l’homme n’est pas immortel, et ceux qui ont juridiction ne sont pas remplacés… (élire un pape, créer des cardinaux…)

    — Quatrièmement, comme le reste de la MISSIO doit continuer d’exister, ils inventent une SESSIO materialiter qui pourrait toujours en puissance et dans le futur exercer le reste de la MISSIO qu’ils refusent d’assumer. Cette SESSIO materialiter existerait materialiter dans la hiérarchie materialiter ennemie. Mais rien de ce qui est materialiter existe, ce groupe d’ennemis ne peut pas être appelé SESSIO, hiérarchie, catholique, succession apostolique, parce qu’il n’existe pas formellement. Autrement dit l’Eglise actuelle a déjà perdu une partie de sa MISSIO en plus de sa SESSIO. Prétendre que la succession apostolique romaine qui passerait de Pierre, Lin, jusqu’à Pie XI, Pie XII, puis Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I, Jean-Paul II, Benoît XVI, François, et le successeur pape formaliter, prétendre que cette lignée serait une vraie succession apostolique, alors que les premiers sont formellement papes, les avant derniers ne sont papes que materialiter, pour finir avec un dernier pape formaliter, prétendre que cette lignée est vraiment succession pontificale, c’est se moquer du monde, car pour succéder il faut exister et, rappelons-le encore une fois, Jean-Paul II, pour ne citer que lui, et selon G même, n’est pas et n’a jamais été Pape formaliter, il ne peut donc pas faire partie de la succession pontificale. La succession doit avoir des membres formellement membres… c’est évident. Là encore, ils ne sont pas à une incohérence près.

    Chansonnette IA MP3 – « Terres du CATHOLIFAT d’Europe avec Mgr Guérardos et Lefebvrien » :

    Conclusion : 

    Selon G l’Eglise a perdu sa SESSIO, une partie de sa MISSIO, elle ne lui reste qu’à mourir lentement. Voilà l’Eglise de G. Nous n’appartenons pas à cette Église. Tout l’enchaînement logique de G est à reprendre, il y a des incohérences à chacune des implications…


    • Dans le cas desdits totalistes, la durée anormalement longue de la vacance vient des catholiques qui sont faibles, pas de Dieu qui lui veut un successeur.
    • Dans le cas des G, la durée anormalement longue de la vacance, vient des ennemis qui ont décidé de rester ennemi (évidemment). Dieu est donc soumis aux rebelles.

    Ce qui reviendrait au problème des « ennemis » qui arriveraient à priver l’Eglise de son essence, de ses moyens de subsistance : ce qui est un non sens. #absurdité

    PS. Les « conclavistes » guérardiens et néo-guérardiens acceptent, se faisant, le résultat de l’élection moderniste romaine par ailleurs, or :

    « il serait absurde de prétendre qu’un homme exclu de l’Eglise ait quelque autorité dans l’Eglise » (Léon XIII, Satis cognitum)


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  • 10 commentaires




    […] Elles s’appuient sur le principe qu’un hérétique/professeur d’hérésies est étranger au corps de l’Eglise et ne peut donc prétendre la gouverner en citant à ce propos, effectivement, la bulle du Pape Paul IV : en prenant le soin de préciser que cette bulle n’est pas seulement d’ordre disciplinaire comme des “hérétiques et des gens mal intentionnés” essaient de le faire croire (olé!). Ainsi, on y distingue guère d’innovation, avec une quelconque adhésion audit sédéprivationnisme guérardien. […]


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    […] En effet, c’est comme s’il s’était ralliée à juste titre à “l’Eglise régulière” ! Il ne nous faut plus garder d’attaches et donner à la Rome moderniste de la légitimité “juridictionnel : chez les guérardiens/sédéprivationnistes, il aurait en quelque sorte, simplement rejoint son Eglise/Autori…… […]


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    […] questions que le sédévacantiste dit totaliste évince carrément, faisant ainsi le jeu des guérardiens qui, eux, tentent de répondre au sujet de la juridiction actu…. En effet, le sédévacantiste ne se centre que sur le constat de la vacance du Saint-Siège et sur […]


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    […] pontificale et aux questions de foi (surnaturel, surnaturaliste ?), qu’il semble même donner quelque crédit à la thèse de Cassiciacum, toutefois sans oser la […]


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    […] effet, les guérardiens (partisans du guérardisme, théorisé par Mgr Guérard des Laurriers) ne professent pas le Sede Vacante, mais le Sede Impedite. Ce qui est tout à fait autre chose ! Le […]


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    […] – Missio et Sessio ? Ruines et destruction finale du guérardisme […]


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    […] noter que, comme pour son travail sur le guérardisme (= thèse de Cassiciacum, sédéprivationnisme, Mgr Guérard des Lauriers, structures IMBC et RCI), […]


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    […] Missio et Sessio ? Ruines et destruction finale du guérardisme […]


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    […] Missio et Sessio ? Ruines et destruction finale du guérardisme […]


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    […] Missio et Sessio ? Ruines et destruction finale du guérardisme […]


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