• Lorsque Mgr Guérard des Lauriers rejetait la solution « conclaviste » (sic)



    Et doutait de lui-même sur le « conclave de Jean-Paul II » (resic)

  • Notes liminaires :

    Tout catholique est conclaviste. Celui qui reconnaît Bergoglio comme Pape, formaliter ou materialiter, peu nous en chaut, accepte et reconnait le résultat du conclave des « cardinaux électeurs » modernistes, conciliabullaires.

    Et tous ces termes de sédéprivationniste, guérardien ou conclaviste et tutti quanti sont  des insultes, lorsque nous visons simplement le fait de professer le catholicisme.

    Tout le monde « traditionaliste » (à l’exception des ralliés type Ecclesia Dei) s’appuie, consciemment ou non, sur l’Epikie, soit l’intelligence dans l’application dans les lois, afin de légitimer l’apostolat qu’ils fournissent. Autrement, le Tradistan serait tout bonnement impossible, dans une « Église en ordre », avec le fait d’agir individuellement et localement de la sorte – y compris pour nos évêques, ordonnés dans le rite catholique traditionnel.

    Avant d’en venir au clou du spectacle, celui dans lequel le père Guérard est allé contre ledit conclavisme, en lui donnant son nom, en son époque, et peut-être le premier a le faire d’ailleurs, au moins dans l’espace francophone: disons que celui-ci réagissait à la base à une lettre diffuse à ce sujet, relayée et popularisée, et ensuite, arrivant jusqu’à ses yeux/oreilles (documents, en fin de page), comme la missive de 1982 adressée à Mgr Lefebvre par Mgr Musey par exemple.

    Le courant guérardien dit « Non una cum » :

    Les adeptes de Cassiciacum se font un point d’honneur à rejeter l’assistance aux messes dites « una cum » d’un prêtre « lefebvriste lambda ». Pourtant, quelle différence fondamentale entre une négation, un « non » « una cum » d’un prêtre « guérardien lambda », et son Pape matériel non cité, et un lefebvriste uni au « Pape douteux » – fut-il sincère -, ecclésiologiquement parlant ?

    Pour un tel détail, pas si nette que cela (John Daly), un laïc peut en réalité se rendre aux deux messes, du bas de son échelle, non ecclésiastique faut-il le rappeler ; sous réserve d’être discret et de ne pas se trouver à équidistance d’un prêtre dans une situation ecclésiale plus sérieuse (et non un prêtre vagante/vagus non plus), certes.

    Crise de l’Autorité dans l’Église :

    De surcroît, les mêmes nous disent que seuls les modernistes (apostats, professeurs d’hérésies, etc.), s’ils se convertissent (condition sine qua non), retrouveront « pleinement » leur autorité. Et après, certains, estiment cela très diffèrent du lefebvrisme… Ce sont des frères jumeaux ou bien des demi-frères ennemis tout au plus.

    Une telle situation de (re)conversion n’est guère impossible dans l’absolu…, mais ils pensent, en outre, par ce curieux moyen, conserver l’essence/l’indéfectibilité de l’Église. Il est par ailleurs, étonnant de tomber dans un tel attentisme stérilisant et paralysant, privant, et c’est le cas de le dire, l’Église de ses propres moyens… !

    En effet, l’Église a, nécessairement, en Elle-même, la possibilité de survivre dans son essence, sans faire appelle à une contre Église, à une « église moderniste », absente du Credo du catholique. C’est par un « Concile général imparfait, des évêques restés fidèles », que nous recouvrons une autorité avec la publicité suffisante qu’un tel événement, appelé de nos veux, demande. Et cela implique de prendre ses responsabilités et d’y préparer un terrain favorable contre tout type de désunion acéphale.

    Anticonclavisme primaire :

    Alors, ce mot de « conclavisme », a fait irruption sous la plume de Mgr Guérard des Lauriers O.P., le premier, vraisemblablement, et étant devenu, par association d’idées souvent, synonyme de schisme, ou d’hérésie, voire de folie (au sens psychiatrique !) ; ce thème est mis tout entier sous le boisseau derrière et on dirait que c’est un « enfant honteux du traditionalisme ».

    Cela, car l’idée d’un conclave/concile avait germé dans l’esprit non seulement du Rév. P. Saenz y Arriaga, mais également d’évêques consacrés par Mgr Ngô-Dinh-Thuc, lui-même ou issus des lignées apostoliques « thucistes », ce que combattait Mgr Guérard.
    Dans l’esprit de ces évêques, c’était qu’il fallait que les plus hauts représentants (demeurés catholiques, et non pas passés au modernisme, à l’apostasie) de la hiérarchie de l’Église se rassemblent, condamnent le faux Pape et en élisent un légitime.

    Lors de la consécration épiscopale de Mgr McKenna, le théologien français Mgr Guérard avait averti l’assistance que seule sa thèse justifiait non seulement sa consécration épiscopale par Mgr Ngô-Dinh-Thuc, mais qu’elle seule justifiait aussi celle du dominicain américain, à savoir McKenna (page 3 du document infra). Et c’est dans ce document distribué aux témoins du sacre que Mgr Guérard y condamnait le « conclavisme » (p. 3 à 5, cf. infra) – mot jamais lu auparavant, à une date antérieure.

    Plus tard, peu ou prou, des personnalités, ecclésiastiques ou laïcs, ne se revendiquant pourtant pas nécessairement, ou pas du tout de sa thèse théologique, reprendront des arguments issus des « thèses » lefebvristes et guérardiennes, et en Europe, nous sommes toujours dans cette impasse qui, certes, a su nous donner un clergé et conserver les sacrements de la Foi en ces temps troubles.

    Des rejetons du lefebvrisme en quelques points (!) :

    – les sédéprivationnistes attendent la même chose que les lefebvristes (R&R), à savoir la conversion « des autorités » romaines, et diocésaines (expectative) ;

    – les sédéprivationnistes professent que l’épiscopat traditionaliste n’a aucun pouvoir réel de gouvernement dans l’Église (juridiction en matière de gouvernement ou d’enseignement) ;

    – ainsi, en quelque sorte, l’autorité dans l’Église est confisquée par les « modernistes-dont-on-doit-attendre-qu’ils-se-convertissent », et il n’y a rien d’autre à faire. #attentisme

    D’où l’existence de guérardiens qui sont devenus « una cum + le nom du faux pape », sans rejeter donc, les bases de la thèse de Cassiciacum (P. de Blignières, OP, qui reçut l’habit dominicain des mains du Rév. P. Guérard des Lauriers, ou bien M. l’abbé Lucien, lequel rédigea sur Cassiciacum, etc.).

    Les doutes l’envahissent (!) :

    « Et il peut être préférable pour le bien de l’Église que le Siège demeure occupé avec possibilité de rétablissement, plutôt qu’il soit vacant. Nous estimons qu’il en est ainsi ; mais nous sommes prêts à changer d’avis, s’il est établi par argument certain que le cardinal Wojtyla n’est Pape d’aucune façon. […] Concluons donc que le cardinal Wojtyla est encore pape materialiter, “en puissance” à le devenir formaliter… ; à moins qu’il soit tout simplement un personnage de comédie qui, “mis en place” par le pouvoir occulte dont le but est de ruiner l’Église, n’est Pape d’aucune façon. »

    Cahiers de Cassiciacum n°3 et 4, Études de Sciences religieuses. La conscience faussée et la pathologie de la Foi. Deuxième partie : le schisme (1980), Chapitre IV, p. 144-146

    Quelle prose nauséabonde ! Et ce n’est qu’un bref aperçu. C’est parler pour ne rien dire :
    – « Peut-être » ?
    – « préférable » ?
    – « occupé » mais devant être « rétabli » ?
    – « nous estimons » !
    – « concluons donc » qu’il est A, « à moins que », il ne soit pas A.

    Enfin, nous disons que Mgr Guérard lui-même semblait douter de ses propres conclusions par ses tournures de phrases alambiquées et conditionnelles faites de « et si, et si » sur les différentes « papautés » de Jean XIII à Jean-Paul II, ce qui donne une sorte de « vétéro-guérardisme » que l’IMBC s’est empressé d’actualiser – a contrario de l’abbé Belmont, lequel souhaite attendre le fait de trouver un « prêtre diocésain » validement ordonné pour sacrer et confirmer ses frères. Que votre oui soit oui et que votre non soit non.

    P-S. Nous compléterons ce propos avec un « historique conclaviste par rapport à Mgr Lefebvre ».

    -*-

    Document distribué, entre autres, aux témoins de la consécration épiscopale de Mgr McKenna par Mgr Guérard des Laurriers.


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 10 commentaires




    […] disions à propos des « guerardos », que nous avons gentiment dynamité – symboliquement – à la source, via leur père fondateur, en les estampillant “frères ennemis“ du lefebvrisme, car […]


    Répondre

    […] Ce que nous pensons du guérardisme aujourd’hui. […]


    Répondre

    […] de la « vacance du Saint-Siège », une portion s’est réfugiée comme « Home Aloner », une autre comme Cassiciacumistes, une autre comme Apparitionistes et que ces trois à l’unisson se font une peur bleue du « […]


    Répondre

    […] la salve précédente, pour en finir avec les bêtises de Mgr Guérard des Lauriers (noté G), nous vous invitons à lire […]


    Répondre

    […] Guérard lui-même qui chassait de sa messe tous ceux qui ne souscrivaient pas à sadite thèse, cela transparaît explicitement lors du sacre de Mgr Mc Kenna et 2), c’est là du sociabilisme « Non una cum », la croyance dans le fait d’unir la […]


    Répondre

    […] souvent d’un sobriquet hostile dénonçant bien souvent un conclavisme sauvage et anti-universel (Mgr Guérard, Mgr Lefebvre), accusation pourtant attribuable aux […]


    Répondre

    […] Lorsque Mgr Guérard des Lauriers rejetait la solution « conclaviste » (sic) […]


    Répondre

    […] Lorsque Mgr Guérard des Lauriers rejetait la solution « conclaviste » (sic) […]


    Répondre

    […] Lorsque Mgr Guérard des Lauriers rejetait la solution « conclaviste » (sic) […]


    Répondre

    […] jusqu’à considérer sa propre thèse de Cassiciacum comme norme absolue, sinon dogmatique — chassant le moindre fidèle en désaccord —, sans vouloir l’affirmer textuellement pour autant […]


    Répondre