• Moderniste sans le savoir – abbé G. Lenert



    Curé de Saint-Nicolas du Chardonnet en 1912

  • Pages 4 à 6 de Moderniste sans le savoir, abbé G. Lenert, curé de Saint Nicolas du Chardonnet, à Paris, en 1912 :

    « Quels sont donc les signes diagnostiques du modernisme ? Indiquons les principaux, sans prétendre déterminer la période de la maladie, et en évitant surtout de voir des modernistes partout. A Dieu ne plaise que nous soyons jamais de ceux qui, par cette épithète, couvrent leur ignorance, s’en servent pour rabaisser le talent d’un rival et comme d’un tremplin pour essayer de s’élever au dessus des autres. Moderniste ou modernisant, 1° celui qui fait reposer la religion et la foi dans la seule sensibilité, ne regarde pas comme immuable le dogme catholique et donne à toutes les religions une égale sympathie objective. Moderniste ou modernisant, 2° celui qui admet entre la foi et la science une contradiction possible, lors même qu’il prétendrait retenir comme croyant ce qu’il rejetterait comme savant. Moderniste ou modernisant, 3° celui qui dénature ou restreint l’inspiration des Livres saints, rejetant, avec une étrange désinvolture et une joie mal contenue, l’interprétation traditionnelle. Moderniste ou modernisant, 4° celui qui, de la même manière que le précédent, ne tient aucun compte des traditions historiques dans l’étude de la vie des saints et rejette a priori tons les faits miraculeux ou surnaturels, à l’exception de quelques-uns qu’il explique d’une manière toute personnelle et parfaitement insuffisante. Moderniste ou modernisant, 5° celui qui, s’en prenant à la personne adorable de Notre-Seigneur, voudrait qu’il n’eût eu conscience de sa divinité qu’à son baptême, au début de sa vie publique. Moderniste ou modernisant, 6° celui qui ne voit dans l’Église que le côté humain et la subordonne entièrement au bon vouloir de l’État. Moderniste ou modernisant, 7° celui qui, exagérant et dénaturant la loi de l’évolution, en rend tributaires le dogme, l’Église, le culte, les Livres saints et la foi. Moderniste ou modernisant, 8° celui qui critique la solennité et la pompe qui entourent les offices et la majesté pontificale. Moderniste ou modernisant, 9° celui qui flirte sans cesse avec les non catholiques, leur prodigue son admiration et réserve ses critiques acerbes pour les catholiques et surtout leur chef suprême. Peut-être, à la lecture de ces pages, se rappellera-t-on le vers du fabuliste : Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. El qui pourra se vanter de demeurer indemne d’un miasme si répandu, si subtil et si vénéneux ? Il est donc fort opportun de le décrire et surtout d’en enseigner les causes et les remèdes. »


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