• En cas de défaut de Pape, clercs et fidèles prennent le relai



    Pape Martin V et Concile de Constance

  • Le Pape Martin V a été élu lors du Concile de Constance en 1417, ce qui a mis fin au schisme d’Occident, en réunifiant l’Église catholique sous une seule Papauté. Et ses enseignements sur la question, d’une relevant d’une situation à la fois délicate et d’extrême urgence, constituent une énorme bombe pour le Tradistan et Catholifat actuel.

    Voici un extrait de la Bulle Inter Cunctas du Pape Martin V donc, que l’on se doit de connaître et de méditer, au vu de la situation cléricale actuelle :

    …Ce sont trois des trente propositions du père Jean Huss, prêtre tchèque condamné pour hérésie, et mort sur le bûcher. Il a prêché la réforme de l’Église. Ce pré-réformateur a fortement influencé un certain Martin Luther, et ce un siècle avant ce dernier ; il a, entre autres, traduit l’Évangile en tchèque et condamné les indulgences.

    En bref latin/français : 

    « (…) Article [Proposition] 27 : « Il n’y a pas une lueur de probabilité qu’il faille pour régir l’Église au point de vue spirituel une tête unique qui converse et reste avec l’Église militante elle-même ». Non est scintilla apparentiae, quod oporteat esse unum caput in spiritualibus regens Ecclesiam, quod semper cum Ecclesia ipsa militante conversetur et conservetur.

    Article [Proposition] 28 : « Le Christ gouvernerait bien mieux son Église au moyen de ses véritables disciples répandus par toute la terre, sans ces têtes monstrueuses ». Christus sine talibus monstruosis capitibus per suos veraces discilpulos sparsos per orbem terrarum melius suam Ecclesiam regularet.

    Article [Proposition] 29 [je souligne] : « Les apôtres et les prêtres fidèles du Seigneur administrèrent avec rigueur l’Église en tout ce qui est nécessaire au salut avant que ne fût introduit l’office papal. Ils en feraient autant jusqu’au jour du jugement si — ce qui est fort possible — le pape faisait défaut ». Apostoli et fideles sacerdotes Domini strenue in necessariis ad salutem regularunt Ecclesiam, antequam Papae officium foret introductum : sic facerent, deficiente per summe possibile Papa, usque ad diem iudicii. »

    (cf. Les conciles généraux et particuliers, Mgr Paul Guérin, éd. Expéditions pamphiliennes, tome 3 p. 1 à 325, p. 110)

    Commentaire personnel :

    Ils en feraient autant jusqu’au jour du jugement si — ce qui est fort possible — le Pape faisait défaut : ainsi, les évêques et les prêtres catholiques doivent continuer à administrer avec rigueur l’Église en tout ce qui est nécessaire au salut en se préoccupant véritablement et complètement de l’élection du prochain Pape [car cela fait bien partie de leur devoir d’État], et ils ne peuvent pas continuer à administrer avec rigueur l’Église en tout ce qui est nécessaire au salut en refusant de se préoccuper véritablement et complètement de l’élection du prochain Pape [car non seulement ils rejetteraient un devoir d’état – ce qui est déjà en soi problématique pour le moins -, mais ils fonctionneraient selon une proposition de Jean Huss déjà sanctionnée et condamnée par le Magistère/Droit canon…], par exemple en inventant une gymnastique « théologique » suspecte d’un Pape non-pape, mais ayant le pouvoir de créer des cardinaux matériels, eux-mêmes pouvant élire un pape matériel, là contre toute logique (1) [guérardisme], ou en inventant la théorie de l’impuissance de l’Église à condamner un faux pape ou un pape douteux [lefebvrisme], etc. 

    À noter que : 

    « Ces propositions qui, de l’aveu de Jean Huss, sont contenues dans les livres écrits de sa main, le saint Concile de Constance les condamne comme respectivement erronées, scandaleuses, offensives des oreilles pieuses, téméraires et séditieuses, notoirement hérétiques et depuis longtemps censurées par les Pères et par les Conciles généraux » 

    (cf. Les conciles généraux et particuliers, Mgr Paul Guérin, éd. Expéditions pamphiliennes, tome 3 p. 1 à 325, p. 110).

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    « Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau à se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs. Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée. Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme. Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances où la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite ; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer à ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. »

    Dom Guéranger, l’Année liturgique, 9 février, Saint Cyrille d’Alexandrie


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