-
Publié le par Florian Rouanet
⁂ 𝔄rène du bon départ
Hélas, 𝔬̂ lecteur, la plupart des conciles s’achèvent mieux qu’ils ne commencent ; celui-ci fit l’inverse. Ça avait bien commencé, et c’est très mal arrivé. Avant l’ouverture, une Commission de théologiens réunie par le cardinal Ottaviani avait dressé, avec la probité des vieux métiers, l’inventaire des erreurs du temps et le remède de la doctrine. Ces schémas furent remis aux Pères, puis balayés sans débat quand une faction libérale prit les commandes de l’aula.
Si faire le premier pas c’est souvent faire la moitié du chemin – car une tâche en prend pas de temps, c’est plutôt nous qui prenons du temps à nous y mettre ! -, mais ici ce premier pas a été exécuté, dans le mauvais sens, voire en sens contraire !
Deux ouvrages du frère Pierre-Marie, dominicain d’Avrillé, publiés aux Éditions du Sel de la Terre, rendent ces textes au lecteur : l’un sur l’Église, l’autre sur le dépôt de la Foi. Son verdict tient en trois mots, péché d’omission. Nous le suivrons en nous demandant ce qu’eût été Vatican II si le bon départ avait continué, dans le sillage de Vatican I que la guerre avait interrompu, et sous l’aiguillon du Coetus Internationalis Patrum, ce dixième de l’assemblée qui portait le bon et dut s’incliner – et au lendemain de la guerre, sinon au surlendemain !
- Qui ensevelit le bon départ ouvre la bergerie au loup 🎯
- Ottaviani – Commission théologique – schéma sur le dépôt de la Foi – péché d’omission – Coetus Internationalis Patrum – Vatican I – Gaudet Mater Ecclesia – communisme – crise de la Foi 📌
Il y a très piquant. Mgr Dupanloup opposant de louis veuillot porposé lors du 1 ce que deviendra le 2 ! Les francmacons, la guerre,
l’oeucmenisme livberté relgiieuse et colleguialité vient apres !
- S’abonner à la revue Le Sel de la Terre : https://www.seldelaterre.fr/abonnements
- Frère Pierre-Marie O.P., Ce que Vatican II aurait dû enseigner. Schéma d’une constitution dogmatique sur le dépôt de la foi à conserver dans sa pureté, élaboré par la Commission de théologie pour le concile Vatican II, Éditions du Sel, 2026, 186 p. – présentation de l’auteur : tribune parue sur Le Salon beige, 17 octobre 2026.
- Frère Pierre-Marie O.P., Vatican II tel qu’il aurait dû être. Le schéma sur l’Église préparé par la commission de théologie du cardinal Ottaviani, Éditions du Sel, 18 août 2020, 192 p. – fiche de la librairie de Chiré.

📽️ Documentation audiovisuelle
« Vatican I: A FUNDAMENTAL Council », vidéo publiée le 2 octobre 2026 sur la chaîne Le Sel de la terre
Le Père Louis-Marie y présente le concile Vatican I et les études des numéros 112-113 de la revue Le Sel de la terre.☧ 𝔏exique martial
Trois mots-balises, pour ne point monter à l’assaut sans arsenal conceptuel.
« CONCILE », masculin, Religion : « Assemblée légitimement convoquée de plusieurs évêques de l’Église catholique, pour délibérer et décider sur des questions de doctrine et de discipline. » – Dictionnaire de l’Académie française, 6ᵉ édition (1835), art. concile.
« OMISSION » (OBMISSION dans l’édition de 1718), féminin, Religion : « Peché d’omission, Le peché qui consiste à ne pas faire ce qui est commandé. » – Dictionnaire de l’Académie française, 2ᵉ édition (1718), art. obmission, orthographe d’origine.
« DÉPÔT », masculin, Théologie : « Dépôt de la foi, ensemble des vérités révélées. » – Dictionnaire de l’Académie française, 9ᵉ édition, art. dépôt.
ᛟ 𝔄ncienne école
Les gardiens du dépôt parlent ici avant nous : l’Apôtre, le moine de Lérins, deux Pontifes.
« Ô Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et tout ce qu’oppose une science qui n’en mérite pas le nom. »
– saint Paul, Première épître à Timothée, VI, 20 (trad. Crampon, 1923).« […] gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres. »
– Pie IX, Pastor Aeternus, ch. IV (18 juillet 1870), DS 3070.« Le communisme est intrinsèquement pervers […] »
– Pie XI, Divini Redemptoris (19 mars 1937), n° 58.
❓Quel est le rôle d’un Concile ?
⚔️ Défendre la vraie foi, et l’enseigner pure de toute tache.
✝️ Pour préparer Vatican II, le cardinal Ottaviani avait réuni une Commission comprenant les meilleurs théologiens afin d’exposer les points les plus importants de la doctrine catholique face aux erreurs actuelles.
Le schéma fut distribué aux Pères conciliaires avant le début des travaux, mais ne fut jamais discuté dans l’aula. Il disparut avec les autres schémas préparatoires lorsque le clan libéral prit la direction du Concile.
Ce schéma, qui représente la Tradition, souligne le péché d’omission de Vatican II : sous prétexte d’être pastoral, on a omis de rappeler la doctrine sur les points les plus importants, c’est-à-dire dans les domaines où des erreurs graves se propageaient. De ce fait on a favorisé la diffusion de nouveautés erronées.
Loin d’être condamnées, ces nouveautés furent accueillies et promues par l’Eglise conciliaire : c’est le cœur de la crise dans l’Église, qui est avant tout une crise de la foi. De façon subreptice, une nouvelle conception de la foi s’est substituée à la conception traditionnelle. Et les catholiques perdent la foi sans même s’en rendre compte : « Lorsque le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8).
– Frère Pierre-Marie O.P., Ce que Vatican II aurait dû enseigner. Schéma d’une constitution dogmatique sur le dépôt de la foi à conserver dans sa pureté, élaboré par la Commission de théologie pour le concile Vatican II. Editions du Sel, 2026, 186 pages.
Contre Mgr Dupanloup (gallican moderniste) :
« Il est outillé de cinq ou six journaux, il commande une bande de journalistes, et tout cela ne chôme point tandis qu’il besogne en brochures. »
— p. 374.« Je laisse le Père du Concile et je n’aborde que l’Académicien. C’est à l’Académicien que j’en veux. »
— p. 375.
« Tel est l’opus tumultuarium, et tels sont les écrits de Mgr Dupanloup. Ils se ressentent de la décadence, de la hâte, du tumulte. Ils sont composés sans art, de pièces et de morceaux vulgaires, de lieux communs. »— p. 377.gallica.bnf+1
« Onze pages de semblable entrée en matière […] c’est beaucoup trop au point de vue épiscopal. »
« On est ennuyé, voilà le mot. »
— p. 381-382.« Faut-il inscrire le nom de Mgr Dupanloup dans le martyrologe du Concile, et, autour de ce nom retentissant, les nôtres, en forme d’instruments de torture ? »
— p. 201.– Louis Veuillot, Rome pendant le Concile, tome I, 1872
Σ 𝔓lan d’attaque
Trois manches : le schéma enseveli, le concile qui aurait pu être, la Foi dont on a changé la définition.
Sommaire
- Ⅰ. 🧭 Un schéma enseveli sans discussion
- Ⅱ. ⚔️ Si le bon départ avait continué
- Ⅲ. 🛡️ Du péché d’omission à la crise de la Foi
Où l’on repêche, dans une corbeille à papier, le concile qui avait si bien commencé
Ⅰ. 🧭 Un schéma enseveli sans discussion
Qu’est-ce qu’un concile ? Le frère Pierre-Marie le rappelle d’entrée : son rôle est « de défendre la vraie foi et de l’enseigner pure de toute tache », en dressant l’état des erreurs répandues puis en les réfutant, comme tous les conciles antérieurs. Telle fut la besogne de la Commission théologique préparatoire que présidait le cardinal Alfredo Ottaviani, préfet du Saint-Office. Son schéma sur le dépôt de la Foi, De deposito fidei pure custodiendo, parvint aux Pères avant l’ouverture. Il ne fut jamais discuté dans l’aula.
C’est ce texte que le frère Pierre-Marie édite, latin et français en regard, avec un commentaire, après l’avoir publié par livraisons dans Le Sel de la terre. Son aîné de 2020 rend le même service au schéma sur l’Église. Ce n’est point un commentaire de plus ajouté à la pile : c’est un texte-source rendu à la lecture.
Le tournant se produisit dès l’ouverture. Le 11 octobre 1962, Angelo Giuseppe Roncalli, Jean XXIII, déclara dans Gaudet Mater Ecclesia que l’Église préférait recourir au « remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité ». Le frère Pierre-Marie y discerne le premier pas vers l’omission : la condamnation écartée au profit d’une présentation néo-pastorale. Puis vint le 20 novembre.
Le schéma sur les sources de la Révélation, œuvre de la même Commission, fut mis aux voix : 1 368 votants sur 2 209 souhaitaient l’écarter, soit un peu plus de six sur dix, quand il en fallait les deux tiers. Le lendemain, le même Roncalli le fit refondre par une commission mixte. Quant au schéma sur le dépôt de la Foi, il n’obtint point l’honneur d’être discuté.Les Pères attachés à la Tradition se rassemblèrent dans le Coetus Internationalis Patrum, autour de Mgr Marcel Lefebvre, de Mgr de Castro Mayer, de Mgr Geraldo de Proença Sigaud et d’autres : plus de deux cent cinquante sur quelque deux mille quatre cents présents. Ils perdirent la manche ; ils sauvèrent l’honneur.
Ⅱ. ⚔️ Si le bon départ avait continué
Projetons-nous, 𝔬̂ lecteur, dans ce bon départ, et supposons-le tenu jusqu’au bout. Il eût d’abord renoué avec Vatican I. Le concile de 1869-1870 avait défini dans Pastor Aeternus, le 18 juillet 1870, deux dogmes : la primauté de juridiction du Pontife romain, successeur perpétuel de Pierre, et son infaillibilité lorsqu’il parle ex cathedra. Mais cette constitution s’intitule la première constitution dogmatique sur l’Église du Christ, et il restait à dire, en toute rigueur, ce que sont les évêques, successeurs des Apôtres, et le mystère de l’Église entier.
La guerre franco-prussienne éclata le lendemain du vote ; les troupes italiennes entrèrent dans Rome le 20 septembre ; le 20 octobre, Pie IX prorogea le concile sine die. Vatican II aurait dû reprendre ce travail inachevé, observe le frère Pierre-Marie : le schéma de la Commission Ottaviani y tendait, et c’est celui qu’on rejeta.Et le siècle ? Une seconde guerre venait de s’achever, qui avait remodelé la Cité. Deux vainqueurs en sortaient : à l’Est, le communisme soviétique ; à l’Ouest, le libéralisme des démocraties occidentales, américain en tête. Un concile fidèle à son bon départ eût arpenté ces deux écueils.
Il lui fallait faire le tri dans l’Église même, poser la question du nationalisme et de l’universalisme – Pie XII avait, dès 1939 dans Summi Pontificatus, traité de l’unité du genre humain et du légitime amour de la patrie – et condamner derechef ce que Pie XI avait jugé intrinsèquement pervers : le communisme.C’est la demande que formula le Coetus en octobre 1965 : 454 Pères priaient qu’on nommât le communisme et qu’on le condamnât dans le passage de Gaudium et spes sur l’athéisme. Selon Roberto de Mattei, leur pétition ne parvint même point à la commission compétente. Le mot ne figure dans aucun document du concile.
Voilà le bon départ qu’il fallait suivre : défendre la Foi, achever Vatican I, condamner les deux erreurs victorieuses. On lui substitua une aimable conversation avec le siècle.
Ⅲ. 🛡️ Du péché d’omission à la crise de la Foi
Le frère Pierre-Marie ramasse le propos en une thèse que sa tribune du Salon beige, publiée le 17 octobre 2026, formule sans détour : sous prétexte d’être pastoral, le concile a omis de rappeler la doctrine là même où de graves erreurs se propageaient. Cette omission a laissé le champ libre aux nouveautés, qui ne furent point condamnées mais accueillies et promues. Or l’Académie définissait déjà, en 1718, le péché d’omission comme celui qui consiste à ne pas faire ce qui est commandé ; il était commandé au concile de garder le dépôt. Il y a là plus qu’un manquement : une « théologie » de l’esquive, sinon de l’hérésie.
Le commentaire du schéma sur le dépôt de la Foi le montre partout. Le texte d’Ottaviani embrasse tout l’espace, de la connaissance de la vérité à la création, de la Révélation aux fins dernières. La Révélation y est une parole de Dieu qui atteste, et à laquelle l’intelligence adhère. Ce qui s’est installé depuis, selon l’auteur, est une conception nouvelle, où la Foi verse du côté de l’impression intérieure. D’où le diagnostic : la « crise de l’Église » est d’abord une crise de la Foi, et de nombreux catholiques la perdent sans même s’en apercevoir. Notre-Seigneur n’avait-il point prévenu : « quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18, 8).
Qu’opposer aux nouveautés ? La pierre de touche du moine de Lérins : tenir ce qui a été cru partout, toujours et par tous. L’avertissement de Pie IX : le Saint-Esprit n’est point promis aux successeurs de Pierre pour leur faire énoncer une doctrine nouvelle, mais pour garder et exposer le dépôt. La consigne de l’Apôtre à Timothée : garder le dépôt. Il sied de les relire, car l’écueil de nos jours n’est point l’erreur qui s’affiche, mais celle qui se glisse sans bruit, par subreption.
Les dominicains d’Avrillé font ainsi écho au Coetus : ils tiennent le flambeau que dix pour cent des Pères ont tenu, et que les habiles de prétoire ont cru éteindre. Le nombre n’a jamais fait la doctrine ; il ne fait que les scrutins, parfois les crétins !
☩ ℭoup de grâce
Gong ultime, 𝔬̂ lecteur.
Le bon départ fut tenu quelques mois, le temps que les schémas d’Ottaviani parviennent aux Pères ; puis il fut enseveli, avec les honneurs dus à la paperasse. On ne le chercha point : on le jeta.
Plus de soixante-dix ans après, les volumes du frère Pierre-Marie le repêchent dans la corbeille, et l’on mesure ce que Vatican II eût pu être s’il avait continué : un véritable concile qui garde, qui enseigne, qui condamne, et qui achève Vatican I au lieu de converser avec le siècle.
Ne nous y trompons point : l’important est la conclusion. Un concile qui ne défend point la Foi n’est qu’un colloque, et ses fruits se jugent sur pièces. Que l’on relise donc le schéma, et que l’on prononce sur le texte.
💬 Rejoindre la communauté
– La Rédaction pugilistique-lettrée !📚 Pour approfondir
- Frère Pierre-Marie O.P., Ce que Vatican II aurait dû enseigner. Schéma d’une constitution dogmatique sur le dépôt de la foi à conserver dans sa pureté, élaboré par la Commission de théologie pour le concile Vatican II, Éditions du Sel, 2026, 186 p. – présentation de l’auteur : tribune parue sur Le Salon beige, 17 octobre 2026.
- Frère Pierre-Marie O.P., Vatican II tel qu’il aurait dû être. Le schéma sur l’Église préparé par la commission de théologie du cardinal Ottaviani, Éditions du Sel, 18 août 2020, 192 p. – fiche de la librairie de Chiré.
- Pie IX, Pastor Aeternus, première constitution dogmatique sur l’Église du Christ, 18 juillet 1870.
- Angelo Giuseppe Roncalli, Jean XXIII, Gaudet Mater Ecclesia, allocution d’ouverture du concile Vatican II, 11 octobre 1962.
- Pie XI, Divini Redemptoris, lettre encyclique sur le communisme athée, 19 mars 1937 ; Pie XII, Summi Pontificatus, 20 octobre 1939.
- Philippe Roy-Lysencourt, Recueil de documents du Cœtus Internationalis Patrum pour servir à l’histoire du concile Vatican II, Institut d’Étude du Christianisme, coll. « Concile Vatican II », vol. 2, Strasbourg, 2019, 1 630 p.
- Catholic World Report, « Why Did Vatican II Ignore Communism? », 10 décembre 2012.
🥊 𝔑𝔬𝔰𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰𝔡𝔢𝔩𝔞𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢

Réagissez à cet article !