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Publié le par Florian Rouanet
Ombre du passé : comme avec Dark Vador, il est possible de faire peur aux touts petits enfants, et moins petits, en leur disant que Mr. Bison est en réalité une résurrection d’Adolf Hitler !L’univers des jeux vidéo et des animés japonais regorge de références implicites ou explicites audit Chancelier. Dans Street Fighter, le personnage de M. Bison reflète une certaine imagerie d’Adolf Hitler, notamment par sa cape, ainsi que son aura autoritaire.
Cette représentation, loin d’être un cas isolé, s’inscrit dans une tendance plus large de la pop culture japonaise à intégrer des figures et des symboles inspirés du IIIᵉ Reich.
Cet article explore l’héritage de la Seconde Guerre mondiale dans la production culturelle japonaise, son lien avec l’histoire politique et patriotique du pays, et sa réception en Occident.
Sommaire :
I. Origines de M. Bison : une cape aux échos NAZIS !
II. Posture politique patriotique japonaise depuis la Seconde Guerre mondiale
III. « Méchants NAZIS » et ennemis dans l’imagerie des mangaka
IV. Fascination ambivalente pour un public (((occidental)))I. Origines de M. Bison : une cape aux échos NAZIS !
Si Balrog est basé sur Mike Tyson, dans la gamme animé, jeux et films de Street Fighter, M. Bison (nommé Vega dans la version japonaise et d’abord imaginé pour le personnage Sagat) est un antagoniste majeur, présenté comme un dictateur à la tête de l’organisation criminelle Shadaloo.
Dans son style, avec son apparence iconique, notamment sa cape, sa posture martiale et son uniforme rouge, rappelle directement l’imagerie des chefs totalitaires, en particulier Adolf Hitler.
Une célèbre illustration de Capcom montre Bison debout, cape flottant au vent, adoptant une pose qui évoque des photographies assez connues de Hitler lors de parades militaires.Loin d’être fortuit, ce choix esthétique ancre Bison dans une tradition de la pop culture qui associe l’archétype du « méchant suprême » à des figures dictatoriales reconnaissables. Les développeurs de Capcom, en concevant un personnage universellement identifiable comme maléfique, puisent dans une imagerie familière aux publics, notamment occidentaux, ce qui va leur parler à coup sûr.

II. Posture politique patriotique japonaise depuis la Seconde Guerre mondiale
A. Une absence de « contrition parfaite » anti-nationale-socialiste
Contrairement à l’Europe, où les régimes fascistes ont été largement voués aux gémonies après 1945, le Japon n’a jamais entrepris de « processus de repentance » shoahtique comparable pour son rôle dans l’Axe et ses exactions en Asie.
Si certaines excuses officielles ont été présentées (notamment par le Premier ministre Tomiichi Murayama en 1995, faisant à sa manière, son Gianfranco Fini en Italie), mais elles n’ont pas eu le même retentissement que celles de l’Allemagne d’après-guerre, ou de la France de Jacques Chirac contre Vichy (contre les refus précédents de François Mitterrand).Hirohito et classe politique japonaise :
L’empereur japonais durant la Seconde Guerre mondiale était Hirohito, également connu sous le nom d’empereur Shōwa. Né le 29 avril 1901 à Tokyo, il a régné du 25 décembre 1926 jusqu’à sa mort le 7 janvier 1989. Son règne, le plus long de l’histoire japonaise (62 ans), est marqué par l’ère Shōwa
Il est documenté qu’en 1936, le Japon a signé avec l’Allemagne le pacte anti-Komintern, marquant le début de l’Axe, qui s’est opposé aux Alliés entre 1939 et 1945.
De plus, en 1939, Hirohito a signé le pacte anti-Komintern avec Hitler et Mussolini.
La classe politique japonaise, et globalement son peuple, bien que passée à l’ère moderne et intégrée au système financier international, demeure attachés à une forme de patriotisme respectueux de l’héritage impérial. Il ne s’agit pas d’un « nationalisme pur jus », mais plutôt d’une fidélité au passé qui, tout en tournant la page, refuse une auto-flagellation totale. Ce positionnement peut être comparé au gaullisme en France, qui met en avant une vision « héroïque de la résistance » tout en assumant parfois peu leur période.
La fameuse culpabilité de Vichy en 1995 (France) :
B. Une pop culture influencée par cette posture
Dans ce contexte, la représentation des figures des fascismes dans les médias japonais prend un caractère singulier. Plutôt que de s’aligner sur une condamnation uniforme, la pop culture japonaise intègre ces figures dans des récits où elles sont utilisées, mais toutefois, comme des symboles du mal universel.
Cela s’adresse à la fois au public japonais ET occidental, sans nécessairement adopter la perspective idéologique ou historique propre à l’Europe.
III. « Méchants NAZIS » et ennemis dans l’imagerie des mangaka
Nous disions donc que le cas de M. Bison n’est pas isolé. D’autres œuvres reprennent cette tendance à recoder l’imagerie fasciste pour en faire des symboles hostiles :
A. Pokémon et la Team Rocket
Dans les versions originales surtout de l’animé Pokémon, ainsi au Japon, la Team Rocket affiche une esthétique militaire évoquant les uniformes et l’organisation des régimes fascistes.
La censure médiatique (((occidentale))) a atténué ces références, mais l’influence initiale reste visible.
B. One Piece et le méchant NAZI
Dans One Piece, certains antagonistes comme le capitaine Krieg ou des membres de l’organisation Germa 66 rappellent les idéaux militaristes et totalitaires. Ces ennemis sont évidemment systématiquement opposés aux valeurs de liberté et de camaraderie portées par Luffy et son équipage….
Quel héritage entre chef japonais et allemagne de 39-45 ?
D. Autres exemples :
•Dans Naruto, certains villages militarisés et des personnages comme Danzo incarnent des régimes autoritaires.
•Attack on Titan explore des thématiques proches, avec des références implicites à l’eugénisme et aux oppressions systémiques.
IV. Fascination ambivalente pour un public (((occidental)))
L’intégration de ces figures dans les œuvres japonaises répond aussi à une volonté de capter l’attention des spectateurs occidentaux.
Le IIIᵉ Reich est un symbole immédiatement identifiable en Europe et en Amérique du Nord. Pour les Japonais, ce choix est plus culturel qu’idéologique : il s’agit de parler un langage universel à travers des symboles partagés, et ce, dans un contexte antifasciste...
Cependant, cette approche surprend encore les puristes ultra-démocratisés, car elle affiche les symboles et manque de « condamnation morale », omniprésent dans les productions européennes ou américaines. En Asie, où la guerre a laissé des cicatrices différentes, surtout lorsque nous songeons à Hiroshima et Nagasaki (!), il n’existe pas de tabou concernant l’utilisation de ces références.



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