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Publié le par Florian Rouanet
Conférence à Paris, le 19 décembre 1943
Film d’actualité diffusé le 24 décembre 1943 (Ina.fr).« Serons-nous bolchevisés ? L’Europe unie contre le bolchevisme »
Au Vélodrome d’Hiver, 30.000 Parisiens de toutes classes sociales assistent à une manifestation monstre, affirmant leur volonté de faire bloc contre le bolchévisme et de recréer l’ordre français.
Se succèdent à la tribune :
- Joseph Darnand
« Nous avons dans toute la France des troupes qui sont prêtes à se battre ! […] Nous préférons, quant à nous, mourir que de subir le triomphe d’Israël ! »
- Jean Hérold-Paquis
« Il n’y a pas de solution boiteuse ! Français et Françaises, on vous demande d’être assez courageux, assez décidés, assez français, pour tout dire, pour prendre parti. Il faut être avec les légionnaires du front de l’Est contre les assassins du front de France ! Ou bien alors, il faut entrer, et le dire, entrer dans le camp du terrorisme contre la Patrie, mais il n’est pas possible d’être hésitant entre les deux. Ou la France sera exsangue sans libération, ou elle sera libérée des tueurs moscovites ! »
- Marcel Déat
« Il faudra que dans les deux zones, les gens qui, depuis trois ans, se battent au premier rang, ne soient pas simplement des cibles offertes aux assassins ! […] Il n’est pas possible, le jour où les Anglo-Américains essaieront de mettre le pied sur le continent, il n’est pas possible que ne se dresse pas devant eux une nation compacte, rassemblée, armée ! »
- Philippe Henriot
« Les hommes sans honneur qui s’en sont allés à Londres pour vous exciter au meurtre, à la vengeance, à la haine entre Français, ce sont les fourriers de la guerre civile. Vous n’avez donc pas compris que cette radio anglaise en français, c’est une entreprise montée par des fripouilles à l’usage des imbéciles ! »
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3 coupures de presse & diverses photographies
Le Petit Parisien, 20 décembre 1943
Le peuple de Paris a dit : « Non, la France ne sera pas bolchevisée ! »Une foule ardente et vibrante a acclamé hier au Vél d’Hiv’ : Joseph Darnand, Marcel Déat, Jean Hérold-Paquis, et Philippe Henriot
Une résolution adoptée dans une unanimité enthousiaste a invité tous les Français à faire bloc contre le bolchevisme et à recréer l’ordre français ; elle a également adressé aux combattants du front de l’Est l’expression de la reconnaissance nationale
« Serons-nous bolchevisés ? »
À cette question, plus de trente mille Parisiens ont répondu en affirmant, avec les orateurs de la réunion du Vélodrome d’Hiver, leur volonté de ne pas se laisser domestiquer par les terroristes et par leurs employeurs (pour reprendre une formule très applaudie de M. Philippe Henriot).
Dès les premiers mots de Joseph Darnand, qui présidait cette manifestation, il parut clairement que la foule vibrante et enthousiaste qui emplissait l’immense nef de la rue Nélaton n’était pas venue simplement pour applaudir des discours éloquents, mais marquer son désir d’une action qu’elle considère désormais comme indispensable.
On le vit bien à l’accueil qu’elle fit à l’allocution du chef de la Milice, constatant tout d’abord :
— Aujourd’hui, nous avons dans toute la France des troupes prêtes à se battre dans un moment où il y a plus de risques à courir que de profits à gagner.
Puis, ayant rappelé que le sort de l’Europe ne se jouait pas en Italie, sur la route de Rome, mais bien sur le front de l’Est, Joseph Darnand montra qu’en France l’ennemi est le même que celui contre lequel lutte avec courage la L.V.F.
— Nous payons tous un lourd tribut aux assassins de Staline, ajouta-t-il en substance. Le bolchevisme en France n’épargnera personne, pas même les bourgeois qui évitent de se compromettre. Pour notre part, nous sommes décidés à rendre coup pour coup, à exercer les représailles qui s’imposent et qui sont déjà commencées.
Et c’est par un appel longuement applaudi à tous ceux qui considèrent que la victoire allemande sauvera l’Europe du danger qui la menace que termina Joseph Darnand.
Jean Hérold-Paquis
Une minute de silence observée en hommage aux morts du front de l’Est, et la parole passa à Jean Hérold-Paquis.
Salué par une longue ovation, l’éditorialiste de Radio-Paris se montra, comme à son habitude, ironique et mordant, surtout à l’égard de ceux qui ne savent quel subterfuge employer pour fermer les yeux devant le péril bolcheviste.
— L’heure est proche, a-t-il proclamé, du choix définitif. On ne peut pas souhaiter l’écrasement de la Russie bolcheviste et le succès des armées anglo-américaines ; on ne peut pas souhaiter l’échec de l’Allemagne et l’échec de la Russie au profit d’une seule victoire anglo-américaine. Il faut que l’un ou l’autre camp disparaisse et périsse, qu’il n’y ait qu’un vainqueur et un vaincu et non un demi-vainqueur et des demi-vaincus. Si l’Allemagne doit être bolchevique, l’Europe le sera avec elle. Si la Russie soviétique est battue, les Anglo-Américains le seront avec elle. Il n’y a pas de solution boiteuse. Français et Françaises, on vous demande d’être assez courageux, assez décidés, d’être assez français pour prendre parti. Il faut être avec les légionnaires du front de l’Est contre les assassins du front de France, ou bien être dans le camp du terrorisme contre la patrie, mais il n’est pas possible d’être hésitant entre les deux.
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Ce fut ensuite au tour de Marcel Déat de démontrer, une fois de plus, que le devoir de la France était d’être à côté de ceux qui défendent la civilisation européenne.
Après avoir durement secoué les traîtres de la dissidence et flétri toutes les manœuvres attentistes, le chef du R.N.P. dénonça les attentats terroristes.
— Le « maquis », dit-il, s’est peuplé de réfractaires dont les bolcheviks essayent de faire des bandits. Le prétexte est de préparer la « libération » !
Et Marcel Déat de demander avec fougue :
— En quoi les déraillements et les sabotages, les incendies de récoltes et les destructions d’écluses, en quoi la paralysie de la vie nationale peut-elle y aider ? Seuls les Français en souffrent. Mais on a besoin du désordre pour la bolchevisation finale. Une pareille échéance peut être évitée si les Français prouvent qu’ils sont décidés à se battre, non seulement contre le maquis et contre le terrorisme, mais, s’il le faut — le jour venu, — contre les Anglais et contre les Américains.
— L’exemple de l’unité, précisa-t-il alors, vous êtes en train de le donner dans cette salle comme nous le donnons à cette tribune. Je voudrais qu’il soit compris et que demain l’unité d’action, en attendant mieux, se réalise dans la Milice. Quand les militants révolutionnaires nationaux, tous les groupements confondus, auront jugulé le terrorisme, un grand parti sera né, qui nous rendra un État et entamera enfin la vraie révolution.
Philippe Henriot
Enfin, le président annonça Philippe Henriot qui, lui aussi, souleva les applaudissements de la foule en déclarant :
— Je suis venu non seulement pour affirmer que la lutte contre le bolchevisme est une condition essentielle de la vie nationale, mais surtout pour marquer l’unité profonde de la France malgré la barrière artificielle que certains entendaient maintenir entre la zone Nord et la zone Sud.
À son avis, la lutte pour ou contre le bolchevisme est « la ligne de partage des eaux du destin français ».
— C’en est fini des arguties, ajouta Philippe Henriot. Il ne s’agit plus de dire : « Je suis contre le bolchevisme », en faisant en même temps des sourires à l’Amérique ou à l’Angleterre. Quiconque a choisi sa place à côté du bolchevisme est condamné avec lui.
Et, après avoir stigmatisé « ces généraux qui se sont imaginé qu’en traversant la Méditerranée ils allaient conquérir de la compétence et du courage », l’orateur s’écria :
— La France ? Elle ne peut mourir que si vous la laissez mourir ! Vous ne serez pas bolchevisés si vous êtes décidés à ne pas l’être ! Les vrais patriotes sont ceux qui ne comptent que sur leur propre effort. Les victimes des attentats terroristes ne seront pas tombées en vain. Nous avons commencé de les venger (applaudissements). Et nous pouvons dire à nos adversaires : « Vous ne nous avez pas intimidés ni impressionnés. »
Et Philippe Henriot de conclure :
— Nous avons résolu de constituer les carrés de la résistance française. Nous en avons assez des foules amorphes. Nous voulons des âmes fortes, résolues, des âmes bien trempées.
Enfin, Joseph Darnand donna lecture de l’ordre du jour que l’assemblée acclama debout, la main tendue. Et la foule se retira après avoir entonné, gravement, le chant de la Marseillaise.
Voici le texte de l’ordre du jour :
« Trente mille Parisiens, réunis le 19 décembre 1943 au Vélodrome d’Hiver, à Paris, sous la présidence de M. Joseph Darnand, chef de la Milice, et après avoir entendu MM. Marcel Déat, Jean Hérold-Paquis et Philippe Henriot :
» Constatant que le bolchevisme est la plus grande entreprise de subversion de tous les temps et qu’il engendre sur notre territoire le sabotage stupide de notre ravitaillement et le plus abject banditisme ;
» Constatant que ceux qui se sont mis aux ordres du bolchevisme sont, en fait, au service d’une Internationale et d’un pays étranger : l’U.R.S.S., et qu’ils se sont volontairement retranchés de la communauté nationale ;
» Invitent tous les Français, sans aucune distinction d’opinions ou de partis, à faire bloc contre l’ennemi de la patrie et à recréer la France et l’ordre français en reconstituant l’unité de la nation ;
» S’associent à la protestation des États baltes, de la Hongrie, du protectorat de Bohême-Moravie, de la Finlande, de la Roumanie, de la Slovaquie et de tous ceux qui ont subi la domination bolcheviste contre les décisions des conférences de Moscou et de Téhéran ;
» Adressent, enfin, à tous ceux qui, sur le front de l’Est, défendent, en même temps que leur propre patrie, l’Europe et sa civilisation millénaire, l’expression de leur admiration et de leur reconnaissance.
« Vive la France ! »
L’Ouest-Éclair, 20 décembre 1943
La manifestation du Comité d’études anti-bolcheviques au Vélodrome d’Hiver
MM. Darnand, Paquis, Déat et Henriot développent le thème « serons-nous bolchevisés »
PARIS, 19. — « Serons-nous bolchevisés », tel est le thème qui a animé cet après-midi la grande manifestation organisée par le Comité d’études anti-bolcheviques au Vélodrome d’Hiver, sous la présidence de M. Joseph Darnand, chef de la Milice.
Parmi les nombreuses personnalités, on notait M. de Brinon, M. Georges Claude, le commandant Paul Chack, le professeur René Martel, M. Barthélémy et les représentants des divers partis nationaux.
M. Joseph Darnand déclare :
« La preuve est faite que le régime démocratique qui nous a conduits à la guerre et à la défaite est à tout jamais aboli. Le sort de l’Europe se joue sur le front de l’Est. Nous préférons mourir plutôt que de subir le joug de Moscou ».
M. Joseph Darnand fait l’éloge de la L.V.F. et des S.S. qui se battent dans les rangs de l’armée allemande, dont, dit-il, ils sont fiers de porter l’uniforme feldgrau.
« Comme vous, mes camarades, en zone sud, nous sommes devenus des défenseurs de l’ordre, nous sommes décidés à examiner les justes représailles qui s’imposent contre le terrorisme. N’hésitons pas pourtant à tendre la main à tous ceux qui sont convaincus que le plus grand des combats de l’humanité se déroule actuellement pour que nous ne soyons pas bolchevisés ».
En terminant, l’orateur demande à l’assistance d’observer une minute de silence à la mémoire de tous nos compatriotes tombés sur le front de l’Est.
M. Jean-Hérold Paquis
La parole est ensuite donnée à M. Jean Hérold-Paquis. « Il faut choisir, dit-il notamment. Il faut être avec les légionnaires du front de l’Est contre les assassins du front de France, ou bien entrer dans le camp du terrorisme contre la patrie, mais il n’est pas possible d’être hésitant entre les deux ».
M. Marcel Déat monte ensuite à la tribune. « Notre continent, déclare le chef du R.N.P., est coincé entre deux impérialismes différents, celui du bloc capitaliste anglo-américain, de plus en plus américain et de moins en moins anglais, et le bolchevisme russe. Celui-ci est, d’ailleurs, le fils de celui-là, avec une nuance mongole. Staline veut l’Europe et, quand il l’aura bolchevisée, il s’occupera de ses partenaires actuels qui seront bien incapables de lui disputer notre continent et imposera son hégémonie mondiale, si toutefois l’Europe n’était pas capable de se défendre ».
« Or, elle le peut et elle le doit, sous la conduite de l’Allemagne. Il faut être aveugle et sourd pour ne pas comprendre qu’aucun avenir n’est possible, pour la France, hors d’une solidarité étroite et loyale avec l’Europe en guerre.
« C’est la dernière chance pour notre civilisation.
« Nous donnons à cette tribune un exemple d’unité. Je voudrais qu’il soit compris et que demain l’unité d’action, en attendant mieux, se réalise dans la Milice.
« La majorité des Français a horreur du bolchevisme, dit-il, et veut l’ordre, mais cet ordre ne naîtra pas que de la force, il faut aussi la justice. Il faudra bon gré mal gré aller au socialisme et tout l’Europe y va à grande allure. Faire le socialisme et rallier l’Europe, c’est une seule et même politique. »
M. Déat conclut en insistant sur la nécessité pour la France d’avoir un gouvernement fort, appuyé sur le parti et la Milice, gardant le contact avec les masses populaires, confirmé dans sa légitimité, ayant rétabli l’ordre et la sécurité des personnes et des biens, et proclamant sa volonté de lutte jusqu’à la victoire aux côtés de l’Allemagne et de l’Europe.
M. Philippe Henriot
C’est M. Philippe Henriot qui a prononcé le dernier discours.
« Depuis trois ans, déclare-t-il, le monde entier a précipité un demi-milliard de combattants dans une lutte gigantesque pour ou contre le bolchevisme. Réfléchissez, mettez-vous en face de la réalité. Vous serez bolchevisés si vous ne savez pas choisir.
« Vivre, c’est choisir, mais il faut aller jusqu’au bout de son choix, se battre avec l’Allemagne qui nous a offert généreusement la collaboration européenne ».
L’orateur dresse alors un tableau du terrorisme en France :
« Ceux qui tombent, dit-il, nous les honoreront comme des héros, mais nous les vengerons comme des martyrs ».
Puis, après avoir fait le procès des bombardements terroristes des anglo-américains sur les cathédrales, sur les musées, sur les hôpitaux de l’Europe et sur nos villes de France, l’orateur demande où est notre salut :
« Le salut de la patrie exige que nous fassions la révolution. Il nous la faut faire dans le sens national et dans le sens social. Pour cette révolution, nous voulons des hommes droits pour sauver la civilisation européenne en combattant contre le bolchevisme ».
M. Joseph Darnand lit ensuite à la tribune un ordre du jour qui est adopté à l’unanimité.
La séance est levée au chant de « La Marseillaise », écouté par l’auditoire debout.
Le service d’ordre était assuré grâce à l’entente des services du P.P.F. et du R.N.P.
L’ordre du jour
Voici le texte de l’ordre du jour adopté cet après-midi à l’unanimité :
« Trente mille Parisiens, réunis le 19 décembre, au Vélodrome d’Hiver, à Paris, sous la présidence de M. Joseph Darnand, chef de la Milice, et après avoir entendu MM. Marcel Déat, Jean Hérold-Paquis et Philippe Henriot ;
« Constatant que le bolchevisme est la plus grande entreprise de subversion de tous les temps et qu’il engendre sur notre territoire le sabotage stupide de notre ravitaillement et le plus abject banditisme ;
« Constatant que ceux qui se sont mis aux ordres du bolchevisme sont, en fait, au service d’une internationale et d’un pays étranger : l’U.R.S.S., et qu’ils se sont volontairement retranchés de la communauté nationale ;
« Invitent tous les Français, sans aucune distinction d’opinions ou de partis, à faire bloc contre l’ennemi de la patrie et à recréer la France et l’ordre français en reconstituant l’unité de la nation ;
« S’associent à la protestation des États baltes, de la Hongrie, du protectorat de Bohême-Moravie, de la Finlande, de la Roumanie, de la Slovaquie et de tous ceux qui ont subi la domination bolcheviste, contre les décisions des conférences de Moscou et de Téhéran ;
« Adressent enfin à tous ceux qui, sur le front de l’Est, défendent, en même temps que leur propre patrie, l’Europe et sa civilisation millénaire, l’expression de leur admiration et de leur reconnaissance.
« Vive la France. »
Le Petit Courrier, 20 décembre 1943
Manifestation antibolchevique à Paris30.000 Parisiens acclament tour à tour Joseph Darnand, Jean Hérold-Paquis, Marcel Déat et Philippe Henriot, qui dénoncent l’immense péril menaçant l’Europe et le monde
Paris, 19. — Cet après-midi a eu lieu au Vélodrome d’Hiver, devant une assistance de plus de 30.000 personnes, une importante réunion politique.
Parmi les nombreuses personnalités, on notait M. de Brinon, ambassadeur de France, délégué du gouvernement français dans les territoires occupés, président d’honneur du comité central de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, des représentants de l’ambassade d’Allemagne, M. Georges Claude, le commandant Paul Chack, le professeur René Martel, M. Barthélémy et les représentants des divers partis nationaux.
Trois orateurs, appartenant à des organismes différents, posaient à leur auditoire cette question d’une poignante actualité : « L’Europe sera-t-elle bolchevisée ? »
M. Joseph Darnand
M. Joseph Darnand, chef de la Milice et président de cette réunion, ouvrit la séance :
« La preuve est faite aujourd’hui que nous pouvons réunir des dizaines de milliers d’auditeurs malgré les menaces des attentats. Nous avons, dans toute la France, des troupes prêtes au combat. »
Les mots « Nous avons à jamais condamné le régime démocratique » furent chaleureusement applaudis.
« L’évidence, poursuit-il, s’impose de plus en plus que l’Europe vaincra ou sera bolchevisée. »
Jean Hérold-Paquis
Après que l’assistance tout entière, debout, eut observé une minute de silence en l’honneur des patriotes tombés sur le front de l’Est ou sous les balles des assassins aux ordres de Moscou, la parole passe à Jean Hérold-Paquis, éditorialiste du Radio-Journal de Paris, qui passa en revue avec une verve mordante les dissidents repentis ou en instance de pénitence : Pucheu, Lelong, Noguès, Peyrouton, Boisson, Flandin, Muselier, Godefroy, Fernand-Laurent, Chatel, Bethouard et Giraud.
Chacun d’eux se voit, au passage, décrocher un trait ironique.
Puis l’orateur ridiculise certaines conceptions politiques du bolchevisme et fait un saisissant résumé de l’activité terroriste.
« Quel serait notre sort en cas de victoire rouge ? Je sais bien qu’il n’y a qu’une seule guillotine pour toute la France, mais je sais aussi qu’il y a une mitraillette par assassin. »
Et il conclut par ce dilemme : « La France vivra avec l’Europe ou sera bolchevisée. »
Marcel Déat
Après lui, M. Marcel Déat monte à la haute tribune tendue de rouge, derrière laquelle une toile de fond représente un triple drapeau français déployé.
Le directeur politique de l’« Œuvre » montre les États-Unis et l’Angleterre grands perdants de cette nouvelle guerre mondiale :
« Ce qui importe pour l’Europe, c’est sa bolchevisation éventuelle. Le bolchevisme est le fils mongol du capitalisme. En dépit de l’opposition apparente de ces termes, il s’agit toujours de transformer les ouvriers en machines et les bourgeois en cadavres. »
À son tour, il fait le procès de la dissidence :
« Que sont donc ces grands hommes de la dissidence ? Ils ont été impuissants à obtenir que leurs alliés cessent de bombarder les villes françaises : ils ont été impuissants à garder l’Afrique du Nord ; impuissants à maintenir l’influence française en Syrie, impuissants même à maintenir la valeur de leur propre monnaie. »
En terminant, il exprime l’espoir que la France se sauve en refaisant son unité.
« Si nous n’en sommes pas capables, dit-il, la France, en effet, sera bolchevisée et l’on pourra écrire sur la carte du monde une croix noire : « Ici fut la France ».
Franz Riedweg, [20/12/2024 15:21]
M. Philippe HenriotM. Philippe Henriot termine la réunion.
« Voici, dit-il, que devant la communauté du péril, les yeux s’ouvrent. Les Français se rassemblent. La réponse à la question : « La France sera-t-elle bolchevisée ? » dépend exclusivement des Français. La lutte pour ou contre le bolchevisme est maintenant la ligne de partage des eaux des destins français.
« Il faut choisir.
« On essaie maintenant de faire un tri prudent entre les généraux, suivant s’ils sont encore en Afrique ou déjà à Lisbonne.
« Eh bien, non, faut-il leur répondre. Mille regrets. Vous avez trouvé pour partir plus de complicités que vous n’en trouverez pour rentrer, car on n’a pas le droit de se tromper à certaines heures. L’erreur est impardonnable. »
Et dans une adjuration pathétique, l’orateur demande à la France de trouver en elle-même les moyens de son salut.
« Certains cerveaux mesquins croient encore à une question de querelle de bornage entre la France et l’Allemagne. Ils ne veulent pas voir le sens profond de cette lutte.
« La France peut mourir si vous la laissez mourir et vous serez bolchevisés si vous ne faites rien pour ne pas l’être. »
Voici le texte de l’ordre du jour proposé par le Comité d’études antibolchevistes :
« Trente mille Parisiens réunis le 19 décembre 1943 au Vélodrome d’Hiver, à Paris, sous la présidence de M. Joseph Darnand, chef de la Milice, et après avoir entendu MM. Marcel Déat, Jean Hérold-Paquis et Philippe Henriot :
« Constatant que le bolchevisme est la plus grande entreprise de subversion de tous les temps et qu’il engendre sur notre territoire le sabotage stupide de notre ravitaillement et le plus abject banditisme.
« Constatant que ceux qui se sont mis aux ordres du bolchevisme sont, en fait, au service d’une internationale et d’un pays étranger : l’U.R.S.S., et qu’ils se sont volontairement retranchés de la communauté nationale.
« Invitent tous les Français, sans aucune distinction d’opinions ou de partis, à faire bloc contre l’ennemi de la Patrie et à recréer la France et l’ordre français en reconstituant l’unité de la nation.
« S’associent à la protestation des États baltes, de la Hongrie, du protectorat de Bohême-Moravie, de la Finlande, de la Roumanie, de la Slovaquie et de tous ceux qui ont subi la domination bolcheviste, contre les décisions des conférences de Moscou et de Téhéran.
« Adressent enfin, à tous ceux qui, sur le front de l’Est, défendent, en même temps que leur propre patrie, l’Europe et sa civilisation millénaire, l’expression de leur admiration et de leur reconnaissance.
« Vive la France ! »
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