-
Publié le par Florian Rouanet
Bien que cela soit loin d’être le seul facteur, car dans l’histoire, le facteur unique n’existe jamais, certaines appréciations ou erreurs politiques peuvent se payer très cher, surtout lorsque l’on considère, avec le recul, les événements survenus des années plus tard.
« Je crois que vous vous frappez beaucoup trop de la franc-maçonnerie pour ce qui regarde la France ; elle est loin d’avoir ici l’importance qu’elle peut avoir en d’autres parties de l’Europe, par la raison que tout le monde en est. On sait ainsi tout ce qui s’y passe ; où donc est le danger ? On aurait raison de s’en alarmer si c’était une société secrète de politique ; l’art du gouvernement est au contraire de la laisser s’étendre, et ce n’est plus que ce que c’est en réalité, une société de bienfaisance et de plaisir ; on y mange beaucoup, et l’on y parle et l’on y chante, ce qui fait dire au Roi que les gens qui chantent et qui boivent ne conspirent pas. Ce n’est nullement une société d’athées déclarés, puisque, m’a-t-on dit, Dieu y est dans toutes les bouches ; on y fait beaucoup de charités, on élève les enfants des membres pauvres ou décédés ; on marie leurs filles. »
Marie-Antoinette à sa sœur Marie-Christine, Lettre du 26 janvier 1781.
Elle se réveillera, lorsque ce sera trop tard :
« Adieu, mon cher frère, il faut que je compte bien sur toute votre amitié pour ne pas craindre d’en abuser, mais en revanche comptez bien sur toute la tendresse de votre malheureuse sœur.
J’embrasse ma belle-sœur et vos enfants ; prenez bien garde là-bas à toute association de franc-maçons ; c’est par cette voie que tous les monstres d’ici comptent d’arriver dans tous les pays au méme but… »– Reine de France Marie-Antoinette, à son frère l’empereur Léopold III, le 17 Aout 1790, Joseph II und Leopold III hr Briefwechset (leur correspondance publiée par le Chevalier Alfred von Arneth, p.135), citée dans : Marie -Antoinette et le complot maçonnique, Louis Dasté.
Voici pour l’essentiel, les facteurs, ou faisceau d’éléments structurels et conjoncturels, qui ont menés à sa perte :
- Franc-maçonnerie et Lumières : Bien que le rôle direct de la franc-maçonnerie soit prépondérant, certains maçons et souvent ceux de bas grade étaient tellement installés, qu’ils n’étaient pas forcément les plus hostiles à la monarchie. Mais les idéaux du libéralisme, soutenus par les loges, ont généralement nourri la critique de la monarchie.
- Crise financière chronique de la monarchie : dettes accumulées par les guerres (notamment la guerre d’indépendance américaine) et les dépenses dites somptuaires de la cour ont exacerbé la crise.
- Disette et famine : mauvaises récoltes des années 1780 ont provoqué une hausse du prix du pain, alimentant le mécontentement populaire.
- Fiscalité rude : Le Tiers État, seul à payer les impôts, dénonçait les privilèges fiscaux de la noblesse et du clergé.
- Antipathie patriotique : surnommée « l’Autrichienne », elle était perçue comme étrangère, un peu comme Blanche de Castille l’espagnole en son temps, mère de saint Louis. La fameuse citation « Qu’ils mangent de la brioche » (probablement apocryphe !) a renforcé cette image.
- Pamphlets et propagande : intense campagne de diffamation a peint Marie-Antoinette comme une figure corrompue, licencieuse et responsable des maux du peuple.
- Montée de l’égalitarisme : la Révolution a favorisé une critique généralisée de la Monarchie et de ses symboles, dont elle était l’incarnation avec son mari. Elle symbolisait l’Ancien Régime.
- Affaire du Collier de la Reine (1785) : bien qu’elle n’y ait pas été directement impliquée, ce scandale a terni son image publique, renforçant l’idée d’une reine dépensière et immorale.
- Correspondance secrète avec les puissances étrangères : Accusée de trahison pour ses contacts avec les monarchies européennes, dont Axel von Fersen, elle a été perçue comme un danger pour la France révolutionnaire.
- Fuite à Varennes (1791) : cet événement a marqué une rupture entre le roi, la reine et une partie du peuple.
- Lutte idéologique : la Révolution a été alimentée par des courants de pensée contestant la monarchie de droit divin et prônant la souveraineté populaire.
- Hostilité envers l’Autriche : proche et issue des Habsbourg, Marie-Antoinette était soupçonnée d’œuvrer contre la patrie française en faveur de sa maison natale. Les guerres révolutionnaires franco-autrichiennes ont renforcé cette perception.
- Isolement diplomatique : le soutien de la noblesse et des monarchies européennes, considéré comme interventionniste, a accentué les accusations de trahison.
- Symbolisme de la monarchie : Marie-Antoinette était perçue comme le symbole de la décadence de la cour. Son train de vie et ses loisirs, bien qu’elle avait tenté d’ajuster le tir, au Petit Trianon ont exacerbé les tensions.
- Critique de la féminité royale : ses goûts personnels, son influence sur Louis XVI et son rôle public ont été scrutés avec un « antiféminisme » implicite voire explicite, la rendant plus vulnérable aux attaques.
- Procès politique : accusée d’intelligence avec l’ennemi, de complot contre la République et même d’inceste (une accusation infamante destinée à la discréditer !), son procès fut biaisé et trop alourdi dès le départ.
- Terreur révolutionnaire : la période de la Terreur, dirigée par Robespierre et le Comité de salut public, visait à éradiquer toute opposition à la République. Son exécution s’inscrit dans cette dynamique.
Elle fut à la fois le bouc émissaire d’un système royal en déclin, d’un contexte géopolitique et patriotique, et enfin victime des mutations idéologiques/sociales « modernisantes » de son époque.
Notre analyse :
Testament de Louis XVI
Testament de Benito Mussolini
Cérémonie blasphématrice (la fausse Scène) et offensante des Jeux Olympiques de Paris 2024

5 commentaires
Réagissez à cet article !