• Testament de Louis XVI et passion de Louis XVII



    La France en deuil.

  • Notre ami David Veysseyre a rappelé à nous ce jour infâme du 21 janvier 1793. Nous nous permettons de vous livrer en résumé ce que nous en pensons : pour avoir coupé la tête de son père, la France expie un péché continuel chaque jour qui passe.

    Hier était donc un jour maudit, c’était l’anniversaire de la mort de Louis XVI assassiné par la vermine révolutionnaire. Depuis 2 siècles, on critique à l’envi cette monarchie parasite, scélérate qui a asservi tout un peuple pendant des siècles pour ses plaisirs et ses foucades. Tout ce qu’on a aujourd’hui au pouvoir se compose de leurs épigones.

    Mais affirmer cela c’est ignorer l’esprit, la vertu, la pureté, le sens des responsabilités, la moralité des anciens rois. Ils étaient par leur éducation dotés de charismes qui les élevaient largement au-dessus de la masse.

    Louis XVI est encore réputé faible, stupide et falot. S’il on peut l’accuser d’une certaine faiblesse, d’une trop grande humilité, d’avoir trop cru aux progressisme de l’époque, ou d’avoir conservé à soi un entourage composé de traîtres, il suffit en revanche de lire ce document pour s’aviser qu’il était tout le contraire. Le simple caractère casse-cou et la formation militaire et guerrière de ses pères lui aura manqué.

    Nous ne nous lasserons pas de faire relire le Testament de Louis XVI. Dans un pays digne, tous les enfants des écoles devraient apprendre ce testament par cœur, c’est un des plus beaux textes de notre langue, que ce soit par la grâce qui se manifeste dans ce texte, le tragique insoutenable et l’expression d’un cœur pur et lettré.

    Quoi qu’on en dise, nous ne laisserons pas de dire que l’Ancien régime était réformable/amendable, ce qui n’est pas du tout le cas de la Ve république. C’est quand même autre chose que les cancres d’énarques que nous avons au pouvoir dans l’état actuel des choses…

    Ainsi parlait la France et la Chrétienté par intermédiaire de son Roy :

    TESTAMENT DE LOUIS XVI

    Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du fils et du Saint Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze.

    Moi, Louis, XVIème du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.

    Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

    Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

    Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

    Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

    Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

    Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

    Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

    Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

    Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

    Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

    Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

    Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

    Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

    Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

    Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

    Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

    Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

    En bonus – La passion de Louis XVII par l’abbé Olivier Rioult :


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  • 3 commentaires




    MECI de ce partage que je comprends aisément étant enfermée pendant 9 mois à la MAFM durant lesquels j’ ai écrit journellement mon témoignage et ressenti de mon état d’ âme à travers une belle histoire d’ amour que je souhaite pouvoir faire éditer si je trouve une édition qui n’ a pas froid aux yeux, persuadée que mon livre serait un tabac, magasin le plus fréquenté pendant cette pandémie...À bientôt en vous souhaitant bonne journée dans l’ espoir du MAINtient du lendeMAIN huMAIN.


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    Louis XVI est un roi très mésestimé : présenté comme petit, gros, instable, capricieux, colérique, bête et méchant par la première propagande révolutionnaire, il apparut aux émeutiers comme très grand (1 m 92 à l'époque ou les hommes faisaient en moyenne 1 m 65), svelte, robuste, impeccablement maître de soi et d'une courtoisie insurpassable. La contradiction était si manifeste qu'il fallut changer de registre. Alors les gazetiers façonnèrent l'image du souverain indolent, mou, incapable de toute compréhension, benêt inutile, parasite inconscient. | Louis XVI était tout sauf un benêt ; les Girault de Coursac ont montré ce que valaient les travaux « scolaires » du futur souverain, d'un haut niveau intellectuel. Roi, il battit l'Angleterre lors de la guerre d'Amérique (1778-1783 pour la participation française), et, au contraire de ce que l'on croit, ce conflit coûta bien plus au régime bourgeois de Londres qu'à la France. Néanmoins la City maîtrisait le marché de l'or, tandis qu'en France le système bancaire était embryonnaire. | Les mensonges F.·.M.·. font du déficit la cause de la Révolution. On remarque pourtant que le rôle de la secte F.·.M.·. est manifeste non seulement dans cette révolution-là, mais encore dans celles d'Angleterre au XVIIe s. (la F.·.M.·. fut officialisée en 1717, mais ses loges et son idéologie cabaliste étaient déjà omniprésents dans les hautes classes anglaises des décennies plus tôt), dans toutes celles du XIXe, dans les révolutions communistes du XXe (y compris bien sûr la bolchevique en Russie)… | En réalité plusieurs plans d'assainissement furent présentés par la cour : ils étaient fort valables, et auraient aisément résorbé la dette. Ils furent empêchés par les ennemis de la monarchie, notamment le jansénisme parlementaire, et par tous les réseaux maçonniques, lesquels transformèrent les états généraux en contestation du pouvoir royal. À cela il n'y avait aucune base populaire : c'était un pur complot de notables. Les loges en furent les matrices.| Louis XVI eut le tort de n'ètre pas Louis XIV : il aurait facilement pu imposer sa volonté. Il porte ici une part de responsabilité, qui est le seul bémol qu'on peut apporter au portait sinon parfait que les Girault de Coursac dressèrent de sa personnalité dans leurs différents ouvrages.| Louis XVI était un homme de son temps. Or les gazetiers d'Europe s'étaient faits le truchement de la propagande anti-française et anti-catholique, bourgeoise par excellence, celle des banquiers de Londres et d'Amsterdam, laquelle avait, jusqu'en France même, imposé du Roi-Soleil un portrait mensonger : l'autocrate fou de puissance. Ce que ne fut jamais Louus le Grand, bien au contraire. | L'imprégnation par les mensonges des banquiers de Londres et d'Amsterdam fut si grande qu'elle marqua la cour. D'ailleurs toute la philosophie nouvelle condamnait les principes de la monarchie absolue. Comme le fit remarquer Paul Hazard (La Pensée européenne au XVIIIe siècle, ouvrage dans le domaine public en France depuis 2014 : http://classiques.uqac.ca/classiques/hazard_paul/pensee_europe_au_18e_siecle/pensee_europe.html ), en 1680 tout le monde pensait comme Bossuet, en 1720 tout le monde pensait comme Fénelon. | Ce fut la victoire des principes apparus sous la Renaissance et qu'on trouve déjà chez le marrane Montaigne et son ami intime (très intime…) La Boétie : il faut un régime d'une classe d'élite « éclairée » (voir l'article de « La Règle du jeu », site de M. Bernard-Henri Lévy, dont j'ai donné le lien sous cet article : https://integralisme-organique.com/2021/01/michel-de-montaigne-au-coeur-de-lhistoire/ ). C'est le régime bourgeois d'assemblée de notables, perpétuel moyen de destruction des peuples de l'Antiquité à nos jours. C'est ce qui détruit nos nations.| Ce furent l'imprégnation par le libéralisme ambiant et par la déplorable idéologie de Fénelon qui désarmèrent le souverain, trahi de plus par les FF.·. jusque dans sa propre famille (le duc d'Orléans et le futur Louis XVIII, tous deux membres des loges, cousin et frère du souverain, firent tout leur possible pour saper le pouvoir royal).


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    Ma citation était inexacte, et d'ailleurs tirée de La Crise de la conscience européenne, autre ouvrage de Paul Hazard, dans le domaine public depuis 2014 ( http://classiques.uqac.ca/classiques/hazard_paul/crise_conscience_europe/crise_conscience.html ; résumé : https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1937_num_23_101_2841_t1_0536_0000_3 ). Le changement survenu entre 1680 et 1715 y est ainsi résumé : « La majorité des Français pensait comme Bossuet ; tout d’un coup, les Français pensent comme Voltaire : c’est une révolution. » Quant à l'idéologie désastreuse de Fénelon, elle servit à l'éducation du futur Louis XVI, et fut responsable de son caractète exagérément débonnaire, sans lequel la révolution des bourgeois aurait aisément été brisée. | Je rougis de mon audace, mais il faut que je dise ce que j'ai sur le cœur : j'ai un point de désaccord avec la thèse de l'excellent et incroyablement érudit Paul Hazard : au contraire de lui, je ne pense pas que la raison ait été opposée à la tradition abandonnée à ce moment précis de saint Thomas d'Aquin et d'Aristote, mais au contraire que le mysticisme le plus malsain et l'ésotérisme se sont servis des progrès de la science pour acculer les héritiers d'Aristote et de saint Thomas d'Aquin à donner tort aux principes mêmes de ceux-ci. Leurs maîtres croyaient en la concordance de la science d'une part, et de l'éthique (Aristote) ou de la religion (l'ange de la scolastique) d'aitre part, et, sottement, en pharisiens malgré eux, désireux de sauver la lettre (les conclusions) au prix de l'esprit (les principes), les disciples de la tradition de l'Église acceptèrent le rôle d'obscurantistes que les enivrés d'occultisme voulaient leur imposer. Dès lors le combat était intellectuellement et même moralement perdu.


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