• Bulle Cum Ex Apostolatus Officio de Paul IV : ancrage dans la Loi Divine



    Hérésie, juridiction et continuité du Droit canon à travers les siècles

  • C'est un beau travail qui a été réalisé par le Centurion romain comme souvent !

    La bulle Cum Ex Apostolatus Officio (Paul IV, 1559), souvent mal comprise et caricaturée, constitue un document juridique solide.
    Si elle relève d’un document dit disciplinaire, et en réalité juridique et judiciaire, elle s’appuie néanmoins sur des vérités dogmatiques inébranlables, concernant notamment l’incapacité d’un hérétique — ou même simplement d’un « déviant de la foi » — à détenir ou exercer une quelconque juridiction ecclésiastique, avant ou après son élection.

    Ensuite, la bulle s’intègre harmonieusement dans la loi divine et son immuabilité. Reprise dans le Droit canon du Pape Benoit XV en 1917 (notamment dans le cadre des dispositions sur la juridiction ecclésiastique et en notes de bas de page), elle illustre une continuité juridique ininterrompue depuis le IVe concile du Latran. Saint Pie V en renforça également les principes dans ses propres bulles, inscrivant ces réflexions dans une tradition canonique et doctrinale, illustrant une cohérence historique et doctrinale.

    Aussi, dans cette bulle, il faut distinguer ce qui est de droit divin et ce qui est de droit ecclésiastique.

    Enfin, l’encyclique Mystici Corporis Christi (Pie XII, 1943) témoigne également d’une synthèse magistrale de théologie et d’ecclésiologie, en clarifiant ce lien indissoluble existant entre l’appartenance au Corps Mystique et à la Foi orthodoxe.
    Ces éléments convergent pour offrir une solution contre l’anarchie théologique et disciplinaire de certaines tendances modernes, notamment le sédévacantisme dit totaliste, sans sombrer pour autant dans l’utopie guérardienne.

    Nous allons livrer quelques liens et citations en fin d'article soutenant nos vues catholiques.

    Bémols à propos de l’abbé Dutertre :

    L’abbé Dutertre, par ses années de séminaire, en se trompant sur l’interprétation de la bulle de Paul IV, s’oppose certes utilement à l’anarchisme ecclésial des sédévacantistes totalistes, mais échoue à saisir la portée de cette bulle comme solution juridique par « procédurisme concilaire ».

    Bémols à propos de l’abbé Lehtoranta :

    • Cette thèse de Cassiciacum n’était déjà pas valable en 1976, bien qu’elle ait pu sembler plus crédible à l’époque, comme le souligne l’abbé Jaqumin, faute de recul théologique.
    • La juridiction des évêques est abordée avec une certaine justesse, mais reste incomplète en ne revendiquant qu’une minime suppléance : il manque une adhésion au principe d’un Concile général dit imparfait, qui pourrait pallier la crise actuelle !
    • Dire « j’attends une solution divine » est une tautologie vide. Toute solution doit venir de Dieu par définition. Cela ne répond pas au problème et relève d’un argumentaire stérile. De plus, lorsque Dieu agira, les hommes de leurs yeux vues comprendront là qu’ils retrouvent un Pape.

    « Mt XXVIII 19 Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils,
    et du Saint-Esprit ;
    Mt XXVIII 20 Leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé : et voici que je suis avec
    vous tous les jours, jusqu’à la consommation du siècle. »

    Relisez Matthieu 28, 19-20.

    Bémols à propos de l’abbé Rolland :

    • L’idée que saint Pierre pourrait revenir pour élire un Pape est théologiquement absurde. Le Christ seul élit son Vicaire, comme il l’a toujours fait. Pourquoi un tel changement, une telle innovation sera-t-elle nécessaire ?
    • La comparaison entre le Talmud et le droit canonique est malvenue et inappropriée, tant sur le plan théologique que symbolique.
    • Affirmer que la bulle de Paul IV « n’appartient pas au magistère (extraordinaire) » est techniquement juste, mais il faut rappeler qu’elle s’appuie sur des vérités dogmatiques qui, elles, sont infaillibles !

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    Pour autant, s’il s’agit de démontrer la fausseté de la thèse de Mgr Guérard des Laurriers cette bulle n’a pas grand-intérêt :  parce que ce dernier dit bien que si Montini/Paul VI est hérétique, la thèse est impossible, il suffit donc de montrer que la raison humaine est capable de démontrer que Montini est hérétique et de le démontrer effectivement – c’est encore autre chose !

    Une compréhension correcte de Cum Ex Apostolatus Officio ne s’arrête pas à l’exégèse littérale de la bulle mais s’étend à son harmonie avec la grâce divine, notamment selon les bonnes intuitions de Myra Davidoglou, et au rôle du Christ dans l’élection de son vicaire.

    Plutôt que d’alimenter des querelles inutiles ou des lectures superficielles, car la bulle invite à redécouvrir l’autorité du droit canonique comme garde-fou contre la déviance de toute sorte et c’est chose heureuse.

    Ledit conclavisme, dans un cadre réfléchi, public, universel et légitime, devient la réponse à la fois radicale et prudente, en état de crise, trouvant une solution, en refusant à la fois le vide anarchique et les fausses solutions messianiques.

    Pour ce qui est de la seconde vidéo, chose impressionnante, tous les commentaires défavorables ont été enlevés. Le Komintern guérardien frappe fort !
    Mais c'est assez suspect lorsqu'il ne reste que les louanges !

    Le conclaveCGI par le père Guillaume Hecquard

    L’absence de Pape ne vient pas compromettre la hiérarchie monarchique de l’Eglise, se retrouvant certes sans tête visible :

    “L’Église est une société essentiellement monarchique. Mais cela n’empêche pas l’Église, peu de temps après la mort d’un pape, ou même pendant de nombreuses années, de rester privée de sa tête [visible]. Sa forme monarchique reste également intacte dans cet État. (…) Ainsi, l’Église est alors bien un corps sans tête, mais elle reste un corps monarchique, parce que le pouvoir par lequel elle est alors gouvernée est le pouvoir qui découle d’un seul Pontife romain et est même alors subordonné au pouvoir de la primauté, qui doit lui être restitué, par stricte nécessité, dans les plus brefs délais. Un tel ordre n’est véritablement ni démocratique ni aristocratique. Sa forme monarchique de gouvernement subsiste, quoique d’une manière différente, c’est-à-dire qu’elle reste incomplète et à compléter. L’ordre de soumission du tout à son Primat est présent, même si la soumission réelle ne l’est pas. C’est pourquoi on dit à juste titre que le Siège de Rome subsiste après la mort de celui qui y siège, car le Siège de Rome consiste essentiellement dans les droits de la Primauté. Ces droits sont un élément essentiel et nécessaire de l’Église. Avec eux d’ailleurs, la Primauté perdure, au moins moralement. La présence physique permanente de la personne du chef n’est cependant pas aussi strictement nécessaire.”

    Aemil Dorsch, Institutiones Theologiae Fundamentalis, vol. II: De Ecclesia Christi [Innsbruck: Felix Rauch, 1928], pp. 196-197, à partir d’une traduction anglaise de l’abbé A. Cekada.

    Principes subsidiaires obliges, ce sont des principes qui sont de l’Eglise de surcroît :

    « C’est pourquoi l’Apôtre des nations, parlant des chrétiens, proclame qu’ils ne sont plus comme des nourrissons qui vacillent (Ep 4,14), passant avec incertitude dans le sein de la société humaine. Notre prédécesseur, d’heureuse mémoire, Pie XI, dans son encyclique sur l’ordre social, Quadragesimo anno, tirait une conclusion pratique de cette même pensée en énonçant un principe de valeur universelle, à savoir que ce que les individus particuliers peuvent faire par eux-mêmes et avec leurs propres forces ne doit pas leur être enlevé pour être donné à la communauté ; un principe qui a une valeur égale dans le cas des sociétés ou groupements d’ordre inférieur et inférieur par rapport aux sociétés ou groupements d’ordre supérieur et supérieur. En effet, poursuit le sage Pontife, toute activité sociale est par nature subsidiaire ; elle doit soutenir les membres du corps social, et non les détruire et les absorber (cf. Quadragesimo anno, n. 79). Ce sont des paroles vraiment lumineuses, applicables à la vie sociale dans tous ses degrés et aussi à la vie de l’Église, sans préjudice de sa structure hiérarchique. »

    Discours de Pie XII aux nouveaux cardinaux, prononcé au Vatican, le 20 février 1946.

    Extraits autres de la bulle :

    « Nous considérons la situation actuelle assez grave et dangereuse pour que le Pontife Romain, Vicaire de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur terre, revêtu de la plénitude du pouvoir sur les nations et les royaumes, juge de tous les hommes et ne pouvant être jugé par personne en ce monde, puisse toutefois être contredit s’il dévie de la foi. »

    [Magistère] Paul IV : Cum Ex Apostolatus Officio – Fide Post

    Bulle Cum ex apostolatus officio • 15 février 1559 • Paul IV • LPL

    Que dit le magistère sur le cas d’un « Pape hérétique » ? | CDF

    PS. Contre les diaconesses modernistes, tel que Anne Soupa, laquelle fait l’éloge de Martin Luther, Machabée a fait également un très bon travail dernièrement.

    Le plus scandaleux est qu’elle refait un Notre père à sa sauce, elle revoit la propre prière enseignée par le Christ, en incluant l’humanité et Dieu au même niveau dans la Rédemption, ce qui est proprement talmudo-diabolique :


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