• Pensées organiques et scientifiques – Roberto Fondi



    Concepts philosophiques et scientifiques

  • « Le monde objectif simplement est, il n’advient pas ». Hermann Weyl

    « Les vivants, en somme, sont partie intégrante de la totalité cosmique quadridimensionnelle et, par là même, sont aussi inséparablement inter-connectés. «Tous les êtres vivants, dans tous les lieux comme dans tous les temps, se tiennent. L’humanité entière, dans l’espace et dans le temps, est une immense armée qui galope à côté de chacun de nous, en avant et en arrière…», écrivait le philosophe Henri Bergson. Et dans cette course galopante, qui sur le plan conscient est entièrement orientée dans une seule direction, alors que sur le plan inconscient elle commence et finit en même temps dans l’Un cosmique, les cavaliers n’avancent pas dans lin différence réciproque, mais échangent continuellement appels, gestes, clins-d’œil et informations de toutes sortes. »

    La révolution organiciste, entretien sur les nouveaux courants scientifiques – Roberto Fondi.

    Nous poursuivons, non sans un certain retard accumulé, le compte rendu, ainsi que la fiche de lecture du livre en question, et ce, après moult analyses, dont la dernière portait sur darwinisme et créationnisme.

    Notre récension :

    Révolutionnaire conservateur, l’auteur adopte une approche holiste, aristotélicienne, contre ce qui est niveleur par le bas et égalitariste, en faveur d’un Systemæ Naturæ, fondé sur un Kosmos organique et hiérarchisé, hellénique, n’empêchant pas, dans l’absolu, une certaine pluralité et individualité humaine par ailleurs, mais toujours comprises dans ce cadre.

    Ce totalisme, en effet, intègre toutes les parties ou corps de la Cité, en même temps de relever d’une démarche scientifique, physique, objective, naturelle et réaliste.
    Il défend ainsi une vision humble face à la réalité, virile et non féminisée de la vie.

    Contre l’évolutionnisme, la sociobiologie, le prétendu rationalisme et le positivisme, et même, sans vouloir vous faire tomber dans la stupeur, un certain fidéisme/créationnisme : car la Création doit être analysée comme elle est réellement, en évitant tout a priori.

    Si une Formule 1 est certes plus efficace qu’une paire de chaussure de randonnée – quoique, à la montagne non –, sans critère de dominance, au regard de la vie pure, même un microbe en fait autant partie, que l’homme ou que l’animal.

    Cet homme a une volonté ferme de rester qualitatif, réaliste et aristocratique et c’est ce que nous partageons également comme tenue.
    Il a d’ailleurs le même prénom, version italienne, que le professeur de l’exactitude (!) et vante pareillement ce principe !

    Fondi, à l’instar de Louis de Bonald (philo-sociologue qui se convertira en fin de vie) ne part d’aucun « préjugé », aucun acte de foi pour arriver à ses conclusions, mais c’est justement ce qui le fait conclure des choses sur la réalité organique et l’humain, le rangeant à tort ou à raison, dans le bocal « créationniste », traditionnaliste, contre les progressistes.

    Le seul ennui est que le post-préfacier, dans son introduction, ne tarit pas d’éloges envers René Guénon ou encore Julius Evola, ainsi des personnalités davantage catégorisable à la Nouvelle droite, voire gnostiques. Il reste que ses conclusions tombent proches du christianisme, avec l’appel à une « science neutre » traitant des phénomènes concrets.

    Fondi dénonce longuement cette conviction, cette adhésion fidéiste au scientisme, superstition moderne, avec le conformisme délétère qui s’en suit dans les milieux scientifiques. Le fait que la science supplante la religion (le vax covid en était un cas exemplaire !). Et que même les chrétiens ont tendance à ne pas voir ce rejet interne de la civilisation traditionnelle.

    Aussi, le monde apparent n’est pas tout à fait le monde réel, dans le sens où, dans ce qui est apparent, interviennent les sens et la perception humaine, du monde sensible, ce qui donne un côté anti-scientifique.
    En effet, le monde d’apparence, cela, le conspirationniste, le gnostique et la Franc-Maçonnerie en surjouent certes. Mais, typiquement, le monde microbien n’existe pas pour l’œil humain, et pourtant !
    Et cela, Galilée en avait fait la promotion contre toute science. Tandis qu’Aristote pose la complémentarité de la puissance et de l’acte contre la matière, ou encore contre le devenir « pur ». L’auteur est partant fort exigeant et demande l’exactitude en tout point de vue.

    Vient après Newton (pensée issue de Démocrite, durant la Grèce antique), pris en référence, avec sa pensée mécaniste, dont nous ne sortons pas aujourd’hui.
    Le mécanisme philosophique fait fît de la cause première (Dieu, l’acte créateur, remplacé par le hasard, le casualisme) et du libre arbitre, imagine un agrégat informe de choses à emboîter vaguement. Et si la nature est une machine : alors l’homme aussi, et sa réduction en esclavage, partielle ou entière, n’est plus très loin à l’horizon.

    Il nous faut revenir donc au principe de Totalité du Stagirite : les parties existent pour le tout et il existe des réalités distinctes pour chaque partie. C’est avoir une vision du monde unitaire et complète, une bonne cosmologie.
    Aristote pose aussi la complémentarité de la puissance et de l’acte, entre connaissance et action (nous faisons ce que l’on sait faire et aimons faire), contre la matière, ou le devenir « pur ». Galilée est anti-aristotélicien, et avec lui, toute la science « validée », qui vient après lui et jusqu’à nos jours !

    Il y a du bon, au moins par accident, dans la science humaniste des deux derniers siècles qui a permis une avancée fulgurante de la science mais en tant qu’héritiers des anciens romains et de l’homme médiéval, nous avons dégénérés. Autrement, dans ce système social bourgeois, chaque personne se conçoit comme un atome autonome, sans interaction nécessaire, avec le reste de la société.

    La science subjectiviste moderne est née avec les victoires post-mortem de Galillée, puis de Darwin, mais cela fut le fruit d’une propagande et non le résultat d’une étude directe et impartiale des choses. Après-guerre, la position de l’« anti-darwinisme » se doit d’être égalitariste, contre tout racialisme, par antifascisme primaire, ce qui est à la fois absurde et « logique ».

    Nous reconnaissons cependant au darwinisme d’être attaché à un certain vitalisme et une valorisation de la supériorité de la vie, en posant comme postulat la survie des plus aptes, ainsi que les principes de maintient et de reproduction de la vie.
    Mais cela ne nous avance guère en matière de cause motrice : Dieu ; en même temps de rester naturellement incomplet ! Car, au final, cela n’offre qu’un darwinisme de droite à la Nietzsche (pourtant plutôt « mutationniste » à l’origine).
    Ainsi, à l’image d’un Big Bang, l’ordre serait né du néant. Et ce non-Pape François-Bergoglio, vient nous vendre à leur suite, un dogme vu comme « évolutif » (sic).
    Toutefois, Darwin ne s’intéresse pas à l’origine de la vie, mais à un dit processus de transformation constant et héréditaire. On pose ici de faux problèmes, ne remontant pas à la source, et l’on se réduit à un déterminisme pur !

    Emmanuel Kant (admiré par Ratzinger) va nier la biologie en pratique au profit de la sociologie dogmatisée, réduisant la réalité à des faits sociaux, d’espace et de temps, extérieur à l’homme. Débile sous couvert d’intelligence.

    L’auteur incite surtout à reconsidérer les postulats scientifiques erronés, notamment issus de la période moderne, afin de proposer une révolution de paradigme organique et de poser ainsi les vrais problèmes qui se posent à la science et aux hommes, sans partir de préjugés, de questions déjà réglées, ni de l’abstraction pure, déconnectée de toute réalité.

    Nous laisserons l’auteur entrer dans des formulations et détails scientifiques plus conséquent sur la différence entre temps (flux continu inexorable) et espace (statique, immobile et passif), entre systèmes cybernétique, probabilisme et autres théories.

    P.-S. Déterministe ? Nous ne le sommes qu’en partie, en pensant qu’un ordre naturel s’impose à nous. Enfin, l’expression reste assez réductrice, car les lois inscrites dans le genre humain sont fixes et ont influencent le passé comme elles influenceront le futur.
    Nous acceptons un relatif déterminisme, un relatif fatalisme, en ce sens : sans nier la place du libre arbitre bien sûr, mais disons que nous agissons librement, dans un contexte donné.

    La révolution scientifique se produit lorsque des paradigmes sociaux, affirmés comme allant de soi et plus ou moins démontrés sont remplacer par un autre paradigme. Souvent nous faisons un acte de foi, et cherchons la vérité par rapport à celui-ci, dans le monde scientifique il faudrait partir plutôt de la recherche concrète et de la réalité naturelle. Le paradigme aristotélicien (forces naturelles distinctes et interdépendantes, cela fonctionne pour le corps humain, ainsi que le corps social) fut abandonné avec la Philosophie zoologiste de 1809 du transformiste pré-Charles Darwin Jean-Baptiste Monet de Lamarck.

    Cette vision ne nie pas du tout qu’il y ait des changements dans la nature; mais elle les considère comme causés par les lois qui président à toute l’architecture spatio-temporelle du «Systema Natu-rae». Ainsi sont définitivement mis de côté l’évolutionnisme, bien sûr, mais aussi un fixisme trop rigide et naïf, désormais insoutenable et anachronique.

    Il est donc faux d’affirmer, comme beaucoup l’ont fait, qu’avec Dopo Darwin j’ai simplement critiqué sans proposer d’alternative. Mon alternative n’est autre que la vision traditionnelle de la réalité, mais formulée dans la terminologie scientifique moderne.

    La révolution organiciste, entretien sur les nouveaux courants scientifiques – Roberto Fondi.


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  • 2 commentaires




    Est-ce qu'une vulgarisation de la réflexion ontologique de Joseph Mérel serait possible ?


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