-
Publié le par Florian Rouanet
Conférence sur le squadrisme – Extraits
Le Mouvement Social Italien (MSI) et Giorgio Almirante
– Après 1945, l’Italie a connu une période de purge et de répression à l’égard des anciens fascistes. Cependant, un certain nombre d’entre eux ont réussi à se réorganiser politiquement sous la bannière du MSI, fondé en 1946 par des partisans de Mussolini et des vétérans de la République sociale italienne (RSI).
– Le MSI se présentait comme le continuateur de l’idéologie fasciste, tout en adoptant une façade plus respectable pour s’intégrer au jeu démocratique. Giorgio Almirante, un des fondateurs et figure de proue du MSI, en devient le secrétaire national en 1969. Sous sa direction, le parti tente de gagner en respectabilité, tout en restant ancré dans une rhétorique nationaliste et autoritaire. Almirante est resté à la tête du parti jusqu’en 1987 et a été une figure centrale de la droite radicale italienne, incarnant une certaine continuité avec le fascisme historique.
La famille Mussolini
– L’héritage de Benito Mussolini a également été maintenu à travers sa famille, notamment ses descendants qui ont joué un rôle actif dans la politique italienne. Sa fille, Edda Mussolini, a eu une carrière politique marginale, mais c’est surtout Alessandra Mussolini, sa petite-fille, qui a marqué les esprits. Alessandra Mussolini a débuté sa carrière politique dans les années 1990 et a été élue députée européenne, d’abord avec l’Alliance Nationale (le successeur du MSI), puis avec Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Elle a souvent revendiqué l’héritage de son grand-père, tout en naviguant dans la politique italienne contemporaine.
La transformation sous Gianfranco Fini
– Le tournant majeur dans l’histoire de la droite italienne post-fasciste est incarné par Gianfranco Fini. En 1995, Fini, alors secrétaire du MSI, décide de dissoudre le parti pour fonder l’Alliance Nationale (AN), un parti de droite plus modéré et républicain. Cette transformation marque un rejet officiel du fascisme, avec Fini lui-même qualifiant le fascisme de « mal absolu » lors d’une visite en Israël en 2003.
– Cette évolution représente la tentative de la droite post-fasciste de s’intégrer pleinement dans la vie politique italienne en renonçant à ses racines idéologiques les plus radicales. L’Alliance Nationale fusionnera finalement avec le parti de Silvio Berlusconi, Forza Italia, pour former le Peuple de la Liberté en 2009, enterrant définitivement le lien avec le fascisme historique.
L’effacement progressif de l’héritage fasciste
– L’évolution de la droite italienne sous Fini marque le début de l’effacement progressif de l’héritage fasciste assumé dans le paysage politique italien. Cependant, des éléments de cette histoire continuent d’exister sous forme de nostalgie ou de réhabilitation par certains groupes d’extrême droite. La rémanence du fascisme dans la société italienne est donc un phénomène complexe, qui mêle mémoire, réinterprétation historique et stratégie politique.
– En résumé, après 1945, l’héritage fasciste en Italie a subsisté principalement à travers le MSI et ses figures comme Giorgio Almirante, avant d’évoluer sous l’impulsion de Gianfranco Fini vers un rejet officiel du fascisme avec la création de l’Alliance Nationale. Cette transformation a marqué une rupture avec l’ancienne idéologie, même si des traces subsistent encore aujourd’hui dans certains segments de la société italienne.


Réagissez à cet article !