• L’humour musicien ? Ça existe ! (Jacynthe)



    Accessible, amusant et parlant !

  • L’HUMOUR MUSICIEN ? ÇA EXISTE !

    L’image du musicien classique austère et rigide dans son costume noir face à son piano, ou de l’orchestre impeccablement discipliné face à une salle muette qui se garde bien d’applaudir à contre-temps s’impose à l’imagination du profane.

    Pour ce profane qui se sent ignare, musique classique rime avec sérieux, concentration, on se sent engoncé dans une sorte de carcan et tout concourt à confirmer cette première impression.

    Je vous encouragerais bien à tester les portes dérobées des théâtres où se déroulent les petits concerts de provinces s’il ne fallait pas le passe covidiste et tyranniste pour y entrer. En période bénie d’avant l’épidémie les loges des artistes étaient de vrais coins de vie. On ne pensait pas à contaminer son voisin, les rires fusaient, les instruments jouaient dans tous les coins, les bouteilles d’eau sur toutes les tables, les instruments à vents qui se chauffent, la cacophonie, les instrumentistes à cordes qui crient « silence on s’accorde », et le chef d’orchestre qui plaisante sur la taille de sa vieille mère qui pourrait passer sous la table ou il a posé son violon. L’entrée sur scène se fait dans les éclats de rires consécutifs à une énième blague sur des chamallows grillés et deux ou trois violons jouent dans l’escalier un refrain connu.

    Le public, hélas, n’a rien vu. Mais il sent combien l’orchestre est à l’aise, et un orchestre qui sait rire sait jouer.

    Il existe donc des musiciens de formation tout à fait classique, qui se sont attelés à la tâche de casser ce préjugé de raideur et de montrer au public combien un musicien s’amuse en intégrant l’humour à leurs concerts et en donnant à leur public l’envie d’écouter les pièces bien classiques qu’ils interprètent avec brio.

    Ils se placent dans la droite lignée des musiciens du Moyen-Age et de la Renaissance, arrangeurs, compositeurs et interprètes de qualités, pour ne pas mentionner un Jacques Offenbach sous le Second Empire par exemple. Ici tout lecteur est invité à écouter  « Les Cris de Paris » de Clément Jannequin pour piquer un fou rire en entendant hurler « Mes beaux poisssoooons » et autres.

    Ces musiciens modernes donc, vous donnent de vraies leçons de vie, comme le MozART Group, quatuor polonais qui tente de trouver la meilleure manière d’impressionner une femme en maniant l’archet, le violon et la raquette de ping-pong (sans compter le ballon gonflable) avec une habileté étonnante :

    Prenez exemple messieurs.

    Passons sur les musiciens indisciplinés qui se permettent de ramener la guitare en catimini pour détourner le groupe de jouer Mozart.

    Avec Le Quatuor.

    Ou de faire du hula-hoop en jouant Paganini (il fallait y penser). Merci à TwoSet Violin et Hilary Hahn de nous avoir montré que c’était possible.

    Quand ce n’est pas le pianiste asiatique qui déclare qu’aujourd’hui il interprétera la Marche Turque du même Mozart véritablement… à la turque. Au grand dam de son compère violoniste à moitié russe.

    Avec Igudesman & Joo.

    Ce même pianiste invente une méthode ingénieuse pour pallier à la petitesse de ses mains (seulement les mains svp) par rapport à celles du compositeur Serge Rachmaninoff dont il interprète le plus fameux prélude.

    Pianistes, voilà votre solution.

    Le MozART Group, décidément très inspiré, a décidé dans un projet très pédagogique d’expliquer au public les Quatre Saisons.

    Et nous entrons dans l’intimité des musiciens et de leur quotidien parfois difficile… Première chose à savoir, ne pas prendre de leçon de piano avec un Coréen, surtout quand on est un peu timide comme Igudesman face à Joo.

    Victor Borge, lui, ne se dépêtre pas de ses feuilles volantes. Morale de l’histoire ? Il vaut mieux scotcher ses partitions (dixit tous les professeurs de musique censés).

    Et enfin quand ton partenaire a décidé de faire le grand ménage et que tu voudrais répéter tranquillement :

    Ménage qui aura bien évidemment des conséquences inattendues sur l’aspirateur. Merci encore une fois à Igudesman & Joo.

    Bien entendu j’en passe et des meilleures et je ne peux que conseiller au lecteur avide de fous rires de regarder les vidéos des sketchs du MozART Group par exemple, il y en a pas mal sur YouTube. Ou de faire toutes celles du duo Igudesman & Joo. Il n’y a pas besoin d’être connaisseur pour y prendre plaisir.

    Je souligne au passage que parmi les musiciens et groupes susmentionnés, Hilary Hahn est une violoniste concertiste tout à fait classique, et n’avait point de velléités spécialement humoristiques.

    Oui, la musique classique est drôle et pleine d’humour ! Vous écouterez maintenant les productions non-humoristique avec une autre oreille… et en attendant les concerts, tissez-donc des amitiés avec les musiciens de rue.

    Ne ratez pas le dossier Histoire de la musique pour les nuls !

    Jacynthe.


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