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Publié le par Florian Rouanet
Notre ami David Veysseyre nous envoie un texte en ce jour pour mettre en avant le second travail qu’il a effectué à propos du vestiaire masculin. Pour ne pas être trop dépaysé, vous pouvez lire notre relai précédent pour le tome 1 ou bien l’article de Robert Spieler pour Rivarol.
Cette deuxième salve permet d’éviter les erreurs du débutant et d’avoir une base minimale solide (costume 3 pièce – complet moderne -, cravate, autres accessoires, etc.) pour être suffisamment paré lors de vos sorties en public.
À cet effet, nous recommandons à nos jeunes amis de se centrer d’avantage sur le 2e tome pour commencer, surtout pour un néophyte en désire d’améliorations, car même s’il se lit de façon moins fluide, le premier paraît plus décousu et agrémenté de culture générale.
Le contenu est plus utile et pratique pour le débutant qui voudrait acquérir quelques bases assez poussées selon le schéma double des tenues ville/campagne, semaine/week-end, britannique/italien…
Vous devez vous enquérir de ce numéro en quelques exemplaires et le distribuer parcimonieusement aux personnes qui sont susceptibles d’être intéressées.
Cela vaut 100 fois mieux que les discours conspi’ débiles – avec moraline à deux balles de gens ‘qui savent’ – déballés aux masses sans aucune culture générale à proposer de surcroît, dont acte !
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Écrit de Paris – Boutique Rivarol
Chers amis,
Je vous informe que l’additif que j’ai rédigé en complément au numéro spécial sur l’élégance masculine est disponible sur le site de Rivarol à Ecrits de Paris.
En raison d’impératifs d’édition et aussi de temps, je n’avais pas pu dire dans le premier numéro consacré au sujet tout ce que j’avais minuté pendant la rédaction.
Mais ce fut providentiel dans la mesure où j’ai pu prendre un peu de recul, tenir compte de quelques observations (sur le port du chapeau surtout) et surmonter certaines hésitations, quant à certains vêtements: le trench-coat et la veste Barbour par exemple, je vais y revenir.
Qu’il est difficile dans tout ce qui participe de l’esthétique de parvenir à une maturité complète et d’avoir sur chaque détail un goût éprouvé et un recul suffisant.
C’est pourquoi je dis à tout le monde de ne pas prendre la plume avant 40 ans et encore c’est trop tôt, quel que soit le sujet. La société du spectacle de boomeurs incultes qui se prennent pour l’élite, de cancres et de dégénérés née après 45 ne nous donne plus les moyens aujourd’hui de devenir des hommes accomplis et à peu près sages à 20 ans, même à 30 et à 40.
Ces numéros sur l’élégance masculine vont bien entendu beaucoup plus loin que l’élégance, le goût comme la haute culture et la culture traditionnelle sont simplement des moyens pour s’élever et échapper à la sous-humanité dans laquelle toute une civilisation moribonde, oublieuse d’elle-même et égalitaire voudrait nous voir enfermés pour le plus grand profit des imposteurs et des bons à rien qui nous gouvernent et nous détruisent. Rien n’est pis que de construire des empires en s’emparant de l’esprit des innocents et surtout en les empêchant de connaître, de faire leurs ce qui est traditionnel, admis, universel, noble et vrai. Toute l’hypocrisie moderne gît ici, on proclame ad libitum l’éducation et l’instruction, ainsi que l’épanouissement des facultés pour tous, encore faudrait-il savoir et connaître les bases à partir desquelles on va travailler dans ce sens…
De plus en plus gens ne se reconnaissent plus du tout dans nos représentants et notre civilisation, même s’ils sont loin de constituer une majorité. Il reste encore beaucoup de gens honorables et ces gens ont beaucoup plus de valeur que jadis dans la mesure où ils ont grandi et évolué dans une société où la tradition, la transmission, ce qui est admis et ne l’est pas, le beau, le bien et le vrai étaient beaucoup moins présents après les années 70, sans compter déjà la rupture de 1789 où des épiciers ambitieux avides de biens nationaux ont remplacé nos élites naturelles. Il suffit de comparer les cadres de nos armées sous l’Ancien Régime et le Ier Empire. Sous l’Ancien Régime, nous avions des officiers de race (des aristocrates le plus souvent) où le goût des armes et le service du roi étaient naturels (on rentrait alors dans l’armée plus souvent par vocation et inclination que par ambition pour y trouver un emploi), mais non sans avoir reçu une solide culture et appris les bonnes manières avant; ils étaient destinés par leur naissance et leur éducation à commander nos armées, tâche dont ils se sont très bien acquittés la plupart du temps. Ils n’étaient pas tous parfaits, le duc de Vendôme était excellent, mais malappris et sodomite, Villeroy était très médiocre, mais Villars et d’Harcourt irréprochables. Que l’on compare les généraux et maréchaux de France de Louis XIV aux maréchaux d’Empire de Napoléon, aucun ne souffre la comparaison. Les armées de Louis XIV étaient infiniment supérieures qualitativement aux armées napoléoniennes. Villars et d’Harcourt sont infiniment supérieurs à l’ambitieux Murat, au parjure Ney et au comique Lannes, généraux qui sont un peu les emblèmes de cette noblesse d’Empire passée respectivement d’aubergiste, de tonnelier ou de marchand agricole à maréchal d’Empire par la grâce à leur « courage sur le champ de bataille ». Mais ils n’avaient pas trop le choix, ils n’avaient rien à perdre, on va dire.
Il a fallu donc faire un très gros effort de réappropriation. Tous les numéros spéciaux que j’ai écrits aux Ecrits de Paris s’inscrivent un peu dans cette perspective et cet esprit. Je n’ai absolument rien inventé, j’ai essayé de circonscrire dans le numéro de l’été 2019 ce qu’était une instruction traditionnelle, il nous faut l’acquérir nous-mêmes aujourd’hui, elle n’est plus disponible nulle part. Dans les deux numéros sur l’élégance vestimentaire masculine de l’automne 2019 et du printemps 2021, je tente également d’appréhender ce qu’est peu ou prou une élégance masculine traditionnelle. Et dans un troisième numéro à paraître, j’expose dans l’état de nos connaissances actuelles l’histoire du peuplement de l’Europe de l’Ouest depuis la préhistoire. Ces trois numéros obéissent à une logique, une rationalité, un effort de systématisation pour connaître ce qui est traditionnel et ne l’est pas: l’instruction, la mise et les peuples, les cultures qui habitent ici depuis 3000 ans.
Pour rendre possible un renouveau anthropologique et permettre à une humanité saine et enracinée de renaître, il faut connaître les éléments sur lesquels on peut se fonder.
Ces trois numéros se proposent d’affermir une vision du monde, à bien entendre au sens de l’allemand Weltanschauung, c.à.d l’apprentissage d’une vision traditionnelle, à la fois haute, populaire et aristocratique de la vie, une vision fasciste. Il ne faut pas hésiter à employer le terme honni, bien qu’il soit galvaudé, il ne faut absolument pas sacrifier à la nouvelle conscience universelle (Maurice Bardèche) promue et véhiculée par lesdits cancres et bons à rien qui nous gouvernent à tous les niveaux depuis 45.
La Weltanschauung n’a rien à voir avec des formes dégénérées que l’on répute aujourd’hui supérieures comme l' »intellectuel » (ou même l’intellectuel spéculatif comme dirait l’autre…), le « professeur » qu’Evola appelle des larves blafardes, ensuite toujours selon ce dernier, le fantoche narcissique dénommé « artiste » ou cette petite machine affairée et malpropre qu’est le banquier ou le politicien. La Weltanschauung doit nous donner une forme intérieure qui nous sustente et nous donne la gravité nécessaire pour être ce que nous devons être en toute circonstance.
Je voudrais présenter ici l’additif, le tome 2 paru récemment sur l’élégance masculine aux Ecrits de Paris, ça nous fera un cas pratique.
Ce numéro est beaucoup plus « technique » que le premier. Le premier numéro est généraliste, il est, ce qu’on appelle en linguistique, diachronique, il essaie de saisir l’élégance masculine dans le temps avec toutes les problématiques qui s’y rapportent : esthétiques, morales, historiques et utilitaires (principe de raison). Celui-ci est synchronique, il essaie de saisir l’élégance actuelle et s’efforce à la circonscrire en indiquant ce qui est admis ou pas. Je ne vous cèle pas que je n’ai pas répugné à être très normatif ici. Je n’ai pas compté, je crois qu’il y a 150 et 200 règles, je pense que je les ai toutes énumérées. C’est pourquoi j’ai été beaucoup plus précis dans ce numéro que dans l’autre. Un bon exemple concerne les boutons de manchette. Dans le premier numéro, je parle des boutons de manchette, mais d’une manière générale, je ne suis pas rentré dans les détails. Ici, je suis beaucoup plus précis et je dis quels sont tous les types boutons de manchette et j’indique les plus habillés (ce sont bien entendu les perles) et ceux qui sont le moins, je parle aussi de leur dimension optimale.
Mais surtout, ce qui est novateur dans ce numéro est son économie, elle se fonde totalement sur le départ ville/campagne, semaine/week-end. Tout le numéro s’organise autour de cette distinction qui est fondamental. Je me suis avisé que ce qui était évident pour les uns, ne l’était pas pour les autres. On s’habille différemment à la ville et à la campagne, ainsi que la semaine et le week-end à la ville. J’ai donc recensé les couleurs, les formes, les motifs, les ornements, les vêtements, etc., qui pouvaient ressortir à chaque univers et les ai mentionnés au cours d’un long exposé.
C’est comme un éclair qui m’est apparu, c’est par ce truchement que l’on peut vraiment bien entendre l’élégance.
Pour donner un exemple avec les chaussures, seules trois couleurs sont admises: le marron, le bordeaux et le noir et encore j’explique quel type de chaussure sied à ces couleurs. Quant au marron par exemple, c’est une couleur de campagne, des chaussures marrons sont partant des chaussures que l’on porte à la campagne la semaine et le week-end, mais uniquement le week-end à la ville ou le vendredi. Les bouts golf sur les chaussures sont propres aux chaussures de campagne, comme les derbys. Et là vous allez tout comprendre: un derby à bout golf et même un richelieu à bout golf noir est une aberration. Un derby noir est une aberration tout court. Le noir est uniquement réservé aux chaussures de ville, l’emblème étant le richelieu à bout droit uni comme le 300 chez Weston. On peut mettre du marron à la ville, mais uniquement le week-end et comme on est sur le continent et non en Grande-Bretagne, le vendredi est autorisé.
Un mocassin à pampilles noir est donc aussi une aberration. Les mocassins à pampilles sont bordeaux normalement, il faut rester fidèle à ceux qui l’ont inventé, les Américains de la marque Alden. C’est tout le long comme ça, on peut appliquer cette méthode critique à tout le vestiaire masculin, des cols de chemise, des tissus, des costumes, des motifs de costume, des couleurs de cravate aux chaussures, à leurs motifs et à leur bout.
J’en ai profité aussi dans ce numéro pour traiter ce que je n’avais pas bien exposé dans le premier numéro, travaillant sous l’empire de l’urgence, au premier chef le titrage des costumes, c’est fondamental. Je suis très heureux d’avoir réparé cette omission. J’ai parlé aussi des matières. J’ai tout approfondi en fin de compte et j’ai invité le lecteur à faire également quelques exercices ou travaux pratiques, par exemple pour apprendre à associer les couleurs. Ce qui n’est pas du tout évident.
Et comme j’ai tout ordonnancé sur la différence campagne/ville, semaine/week-end, j’ai été conduit à reconsidérer mon enthousiasme pour la veste Barbour. Je m’en suis voulu, je me suis même consumé de dépit, car j’ai peur d’avoir fourvoyé maints lecteurs avec mes éloges sur cette veste. Le grand Anglais James Darwen, à qui j’ai dédié ce numéro, étant lui-même dithyrambique sur ce pardessus, ne dit mot sur la question non plus. Il est bien entendu constant que la veste Barbour est une veste de campagne, on ne la vêt pas avec un costume. J’ai dit dans le premier numéro qu’on pouvait la mettre avec tout. Je confesse mon erreur, mais si je m’étais déterminé à rendre universelle la veste Barbour, c’est qu’il est impossible en France de trouver des pardessus classiques comme le chesterfield, le trench-coat, le mac, ils sont hors de prix et uniquement en mesure. Un trench-coat Burberry au Printemps Bd Hausmann, c’est 2000 euros. Je ne parle même pas du cover-coat et du Chesterfield : introuvable. C’est pourquoi j’ai dit que la veste Barbour était un pis-aller.
Mais après réflexion, ce fut une erreur, la veste Barbour est une veste de campagne et il vaut mieux éviter de la porter avec des costumes en ville la semaine. Il faut vous débrouiller pour acquérir au moins un trench-coat, mac ou un manteau en laine, mais que ces derniers arrivent toujours aux genoux. Jamais à la taille, ces pardessus qui arrivent à la taille sont anathèmes et rendent l’homme trop efféminé.
Comme je parle du trench-coat, j’ai aussi réparé l’erreur le concernant. Dans le premier numéro, j’ai un peu méprisé ce pardessus, je ne sais pas pourquoi et je le regrette.
Mon autre erreur de jugement concerne le chapeau. J’ai complètement sacrifié à l’esprit du temps dans le premier numéro et même si je n’ai pas condamné le chapeau, je me suis résigné à accepter sa disparition avec brochant sur le tout un raisonnement philosophique complètement inopportun pour étayer ce sacrifice. Un homme ne peut normalement sortir dehors sans une coiffure sur son chef.
Dernier point, capital, c’est ma grande singularité, c’est un des points nodaux de mon travail, je fais le pari du prêt-à-porter. Il faut bien se reporter ici au premier tome. L’élégance fasciste est ici, nous sommes dans une forme de socialisme aristocratique, de nationalisation légitimiste des masses. N’importe qui peut rouler dans une Porsche ou une Ferrari à condition d’avoir l’argent. Vous pouvez être en revanche fortuné, mais être le pire des ploucs et des incultes. Le bon goût comme la haute culture sont gratuits en quelque sorte, mais infiniment plus estimables qu’une Ferrari.
Pour bien se vêtir, il faut connaître les canons, les règles, il y en a 170 je crois et je le répèterai à satiété, ces règles sont uniquement britanniques. C’est ainsi, l’élégance britannique est universelle, classique et indépassable depuis le XIXe siècle (j’ai d’ailleurs à ce propos réécrit, mais aussi d’une manière beaucoup plus précise et approfondie toute l’histoire de l’élégance britannique, elle est également née de la différence entre la campagne et la ville, notre costume actuel est en fin de compte une tenue de campagne britannique de la fin du XIXe siècle). Le seul pays qui a une tradition d’élégance propre en dehors de l’Angleterre est l’Italie, mais même l’Italie s’inspire de l’Angleterre depuis les années 50 environ et adapte l’élégance britannique à son tempérament et son génie propres. Ce sont par exemple les Italiens qui portent aujourd’hui le plus les vestes sport (ils en font des magnifiques), la veste britannique de campagne par excellence, sauf qu’ils la portent à la ville… Les Italiens mélangent tout, au premier chef campagne et ville, ce que je ne goûte pas trop. L’élégance italienne n’est pas universelle comme l’élégance britannique, je pense l’avoir bien attesté dans le premier tome en m’autorisant de la Critique de la faculté de juger d’Emmanuel Kant.
Une fois bien connues et maîtrisées ces règles, on peut commencer à choisir ses vêtements. Il faut simplement savoir où aller, j’indique les lieux dans le premier tome. Il faut avoir ensuite une bonne retoucheuse. Dans le premier numéro, j’ai effleuré le sujet, dans celui-ci je dis exactement ce que l’on peut faire avec une retoucheuse. Il y a simplement une servitude, sachez qu’un costume en prêt-à-porter, même de haute qualité et bien retouché, ne sera jamais un costume mesure. Il n’aura pas sa justesse. Il aura toujours un défaut, je rentre bien dans les détails ici aussi. C’est l’expérience de 25 ans de tâtonnements et d’erreurs multiples.
Mais que faut-il faire? Donner 4000 euros à un tailleur?
Connaître les règles, les tissus, les titrages, les couleurs, les formes, etc., vous serez les rois ensuite et vous pourrez vous habiller pour presque rien en allant où je vous ai conseillé d’aller. Il n’y a que pour les chaussures où il faudra consentir un effort important (entre 400 et 700 euros malheureusement et elles n’arrêtent pas d’augmenter, la 300 de Weston est maintenant à 770 euros.
L’élégance est d’abord un art de vivre, mais les moyens que je propose pour y atteindre peuvent nous aider à appréhender différentes formes de vie fasciste et la Weltanschauung susdite. L’esprit doit toujours prévaloir, jamais la matière. L’élégance bien comprise n’est pas ostentatoire et elle est gratuite. Tout le monde peut être élégant à condition de s’en donner la peine, il y a un travail important à faire en amont (j’indique là aussi comment, lecture d’ouvrages tout simplement, et je mets une bibliographie à la fin), je le répète, celui de faire sien ce qui est traditionnel, admis et universel, mais que tout le monde ignore bien entendu. Cette méthode est la même dans tous les autres domaines.
Amitiés,
David.

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