• « Judaïsme, Christianisme et Germanisme » : troisième sermon de l’Avent (valeurs sociales) du cardinal Faulhaber (3/5)



    Paganos et cathos gauchistes toujours plus en sueurs.

  • Voici le troisième sermon donné le 17 décembre 1933 par Mgr Faulhaber, archevêque de Munich, il a été enseigné en chaire dans la grande église Saint-Michel. Le titre du sermon est « Les valeurs sociales de l’ancien Testament » ; le document complet a été diffusé en France en 1934 sous le nom de « Judentum, Christentum, Germanentum ».

    Pour information, cette traduction française à partir de l’allemand est juste et nous pouvons nous y fier. Et sans trop se répéter nous pourrions dire : voilà un document excellent pour l’apostolat ! Par rapport à l’Ancien Testament, il faut savoir que si la « loi du talion » était encore imparfaite, elle incarnait cependant un début de législation qui enjoignait à l’individu de ne pas opérer plus de mal en retour à celui qui nous avait fait un certain mal : « œil pour œil, dent pour dent ». Disons que cette loi imparfaite constitue une première réglementation limitant la casse dans le contexte d’époque, ainsi un simple voleur d’orange ne devait pas être lynché littéralement par l’épicier concerné par le vol. Les mœurs antiques étaient d’ailleurs beaucoup plus dures, songeons à l’Empire romain qui – s’il était doux et laissait un « pouvoir subsidiaire » assez conséquent à ses vassaux – réduisait en esclavage – voir massacrait – les peuples qui n’acceptaient pas sa domination.
     
     
    Société et État :
    « Est social tout ce qui se rapporte à la vie de communauté des hommes, tout ce qui contribue à construire l’édifice de sa vie publique, tout ce qui concerne l’assistance publique, les rapports de chaque individu avec sa famille et avec l’État, les droits de l’ouvrier, la justice publique, l’économie publique. »
    « Dans l’ancien État théocratique, les lois de Dieu étaient lois de l’État. Le même livre, la Thora mosaïque, servait à la fois de livre de prière et de code civil. Les prêtres étaient à la fois les serviteurs du sanctuaire et les officiers du droit public. Les prophètes étaient à la fois les gardiens de la règles religieuses et les constructeurs de la règles sociales. » [C’est encore le cas aujourd’hui dans les systèmes talmudique et islamiste par exemple].
     
    Droit des pauvres, classes sociales :
    « La liturgie de l’ancien Testament vise également à inculquer au peuple les mêmes principes d’assistance. Les jeunes mères devaient quarante jours après la naissance de leur premier né, porter celui-ci au temple, et à cette occasion devaient offrir le sacrifice d’un agneau et de deux pigeons. Mais si elles étaient trop pauvres pour offrir un agneau, il suffisait qu’elles sacrifiassent un couple de tourterelles (Lv 12, 6-8). »
     
    Morale et droit privé :
    « Dans les préceptes « Vous ne déroberez point, vous n’userez ni de mensonges ni de tromperies envers votre prochain, vous ne ferez aucun tort à votre prochain », la propriété privée, cette puissante colonne de l’ordre social, se trouve, comme dans les dix commandements, légitimée par le sceau de Dieu et protégée par lui. Les temps ne sont pas loins où, parmi les communistes, on entendait monter ce cri : « la propriété privée est un vol, une spoliation du peuple ». Aujourd’hui, ces voix se sont heureusement tues. » [Et grâce à qui sinon aux Nationaux-Socialistes ?].
     
    Juste partage :
    « Cette répartition des terres saintes [entre tribus de Chanaan] avait, outre sa raison économique, une raison religieuse : avec sa part de terre promise, chaque famille recevait en même temps le témoignage qui lui garantissait aussi une part dans le Royaume de l’Oint. »
     
    Individualité dans le plan de Dieu :
    « La loi et les prophètes ne sont pas seulement intervenus dans la vie publique pour faire respecter les droits de Dieu, mais ils ont aussi défendu les droits des hommes, proclamé le respect de la dignité et de la personnalité humaines, le droit à l’honneur et à la liberté, l’égalité des hommes sans considération de la personne extérieure. Là où l’on rencontre la soumission aux droits de Dieu, l’on rencontre aussi le respect des droits de homme. [Par droit de l’homme il ne faut pas entendre le document révolutionnaire français ici] La personnalité morale doit conserver sa propre responsabilité en face de la famille. Si fortement lié que fût l’individu à sa famille, dans la prospérité comme dans le malheur, la loi mosaïque n’en proclame pas moins sa responsabilité personnelle. »
    « [En revanche] L’individu a le droit de repousser la dictature de la rue et de la masse. (…) Sans doute y a-t-il un abus de liberté lorsque celle-ci devient un manteau pour couvrir la méchanceté (1 Pe 2, 16), mais la liberté personnelle n’en reste pas moins un droit sacré. La personnalité morale doit conserver son intégrité vis-à-vis de l’État. » [Refus donc du faux principe de la souveraineté populaire, refus des ingérences étatiques dans la vie privée, mais également refus du personnalisme placé hors du cadre divin qui a culminé à Vatican II et dans la pensée de Jacques Maritain].
    « Dans le monde où vivaient les prophètes, la seule forme de l’État absolu, au milieu duquel l’individu était perdu comme la goute d’eau dans l’immense océan : ainsi en Egypte chez les Pharaons, ainsi à l’Est chez les Assyriens. Le droit mosaïque n’a pas libéré l’individu des liens qui l’attachent à l’État et n’a pas non plus porté atteinte à la loi fondamentale : Droit public avant Droit privé. Mais l’individu ne saurait être avili, dépossédé de ses droits et de sa personnalité pour que l’État affirme son droit. L’individu doit rentrer dans l’ordre public et se soumettre à lui, mais il ne doit pas être par là ravalé au rang d’un zéro et d’un esclave sans droit. » [Si le catholique paraît plutôt libéral sur la propriété privé il est plus « collectiviste » lorsqu’il s’agit de droit public].
    « Tu ne maudiras point un sourd, tu ne mériteras pas devant un aveugle rien qui puisse le faire tomber, tu auras la criante de ton Dieu.
    Même si le sourd ne peut entendre ton injure, le Seigneur l’a entendu. Même si l’aveugle ne peut voir la pierre sur le chemin, le Seigneur a vu te méchanceté. Et c’est pourquoi il est ajouté ici : tu auras la crainte de ton Dieu. (…) Il suffit que par ces exemples particuliers les hommes apprennent à se traiter mutuellement avec égards et acquièrent le sens social nécessaire à leur vie commune. »
     
    Droit du travail biblique :
    « Tu ne retiendras point jusqu’au lendemain le salaire du mercenaire.
    Cette magnifique parole sur la valeur sociale du travail et sur les droits sociaux du travailleur. »
    « Dans un temps, dans une société, où partout le travail était regardé comme le signe de l’esclavage, la dignité morale du travail a été reconnue dans le Livre des livres. La même loi qui a désigné le sabbat comme le jour de repos, a déclaré le travail heureux et voulu que chacun, et non seulement l’esclave, subvienne lorsque cela était possible à ses besoins par son propre travail (Ps 127, 2). » [Le christianisme a fait sortir les peuples de l’Antiquité notamment en valorisant le travail en tant que c’est une pratique pour racheter ses péchés et se sentir socialement utile, réalisé].
    « Le catéchisme parle le langage de la Bible lorsqu’il condamne la rétention du salaire gagné, comme un péché qui crie vengeance. »
     
    Justice publique et droit criminel :
    « Les prophètes ont prononcé des paroles de menaces dans leurs sermons imprécatoires contre les manquements à la justice de Dieu, contre les transgressions morales, surtout dans les grandes cités, contre la soif de jouissance et de dissipation, contre l’âpreté du gain et contre l’usure, contre l’exploitation de ceux qui sont pauvres et faibles. Mais ils ont sonné plus violemment la trompette lorsque la justice publique abandonne son impartiale équité, lorsque le pauvre est condamné en raison de sa pauvreté, le puissant acquitté en raison de sa richesse, lorsque des cadeaux achètent son jugement au juge vénal et lui font verser le sang des innocents (Ez 22, 12 et ailleurs). »
    « [Dans la loi mosaïque :] « La balance fausse est en horreur à l’éternel ». « Vous aurez des balances justes, des poids justes, des boisseaux justes, des mesures justes ». « Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain » pour agrandir son champ (…) ».
    « Le droit criminel biblique contient beaucoup de prescription qui paraissent cruelles à notre sentiment chrétien et moderne. »
    « Le droit criminel de l’ancienne Bible [lapidation jusqu’à la mort] ne s’est pas débarrassé de toutes les traces de la civilisation antique, mais il est cependant parvenu à un degrés de civilisation notoirement plus élevé, en comparaison du vieux droit babylonien. La seule peine de mort en vigueur, la lapidation, qui parait à première vue barbare, n’était applicable en réalité que pour les crimes les plus odieux, tels que le blasphème de Dieu, la profanation du sabbat, l’adultère. La lapidation, qui est la seule peine de mort, était exécutée non par un seul bourreau, mais avec l’assistance de toute la communauté. D’après la conception biblique, les crimes que nous venons d’énumérer étaient regardés comme des fautes capitales envers le peuple entier et c’est pourquoi le peuple entier devait contribuer à les effacer dans le sang. Le droit criminel biblique ne s’est pas élevé jusqu’à la hauteur de l’Évangile, mais il ne s’est pas non plus abaissé jusque dans les abîmes du paganisme. »
     
    Doctrines et règles économiques :
    « Le prophète classique parmi les prophètes, le grand Isaïe, jette une tonnante malédiction sur ces destructeurs de biens qui, en profitant dans un esprit capitaliste de la détresse économique pour racheter leur propriété aux paysans des alentours, se chargent d’un péché qui crie vengeance au ciel (Is 5, 8) (…) Cette malédiction sur la grande propriété spéculative répond tout d’abord à un souci économique : la crainte qu’avec le temps s’élève d’un côté un capitalisme insupportable et d’un autre coter un appauvrissement des masses non moins insupportable. Mais plus profondément, la malédiction du prophète traduit une pensée religieuse : en perdant leur propriété, si petite fût-elle, en terre promise, les familles perdaient en même temps le titre qui leur donnait droit à une part dans le Royaume du Messie, quand les Temps seraient accomplis. »
    « Une deuxième loi s’élève contre l’endettement excessif de l’agriculture (…). Or chez nous, en Haute Bavière, des fermes ont été vendues après la guerre, qui s’étaient transmises par héritage dans les mêmes familles depuis des siècles. Les fils étaient tombés au front, les parents trop vieux ne pouvaient continuer seuls à exploiter, et ainsi tous leurs biens sont passés dans les mains d’un homme étranger, que la guerre n’avait pas appauvri. D’après le droit mosaïque, il n’aurait pas été possible que l’héritage des aïeux fut ainsi repris aux familles dont les fils avaient sacrifié leur vie pour la patrie. »
    « Le pentateuque mosaïque interdisait d’exiger un intérêt pour un prêt fait à un compatriote malheureux (Dt 23, 20). Un intérêt ainsi réclamé était qualifié d’usuraire par les prophètes. « Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt pour lui prêter ce dont il a besoin ». (…) Dans la même époque et au même degrés de civilisation, les reconnaissances des dettes des Babyloniens et les contrats de prêts en caractères cunéiformes que l’on a déchiffrés portaient la mention d’un taux d’intérêt allant jusqu’à 30%. Sur ce point, Babel et Bible s’opposent comme nuit et jour. Dans la Bible celui qui accapare le blé est maudit (Pr 11, 26) tandis qu’à Babel l’économie est livrée aux usuriers et aux spéculateurs. »
     
    Fondements religieux de la vie sociale :
    « Les valeurs de l’ordre social, droits des pauvres, droits de l’homme, droits du travailleur, justice et règle économique représentent en même temps, pour les saintes écritures, des valeurs de l’ordre religieux, des lois du Seigneur. »
    « Vous devez inviter les pauvres à votre table parce que vous êtes vous même des hôtes à la table de Dieu (Is 58, 7-9) ! Et surtout la foi commune en Dieu apparaît ici comme un facteur social d’égalité entre le riche et le pauvre. »
    « L’ordre naturel ne sera sauvé du désordre antinaturel que là où se trouve respectée la foi en l’ordre surnaturel de la Révélation. L’ordre social et l’ordre religieux, l’ordre économique et l’ordre moral forment un tout inséparable. »
    « Nous ne voulons pas revenir à la règle de vie et aux lois mosaïques. (…) Le mariage, par exemple, cette loi sociale essentielle dans la vie sociale d’un peuple, fut rétablit par le Christ dans sa pureté et sa dignité primitives. Aux temps de l’Ancien Testament il était permis aux juifs de donner un acte de divorce à la femme de leur premier choix à cause de leur dureté de cœur, et d’en prendre une autre. « Et moi dit Jésus, je vous le déclare, celui qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère. » (Mt 19, 3-9 ; Mc 10, 2-12). »
    « Peuple allemand, garde ce que tu as ! Ne te laisse pas arracher le précieux héritage des Livres saints et ne permets pas qu’en supprimant l’enseignement biblique dans les écoles allemandes, un vol criminel soit commis envers les enfants allemands ! ».
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